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Charles Ier d'Albret

Charles Ier d'Albret
Charles Ier d'Albret
Charles d'Albret, représenté dans l'Armorial de Gilles Le Bouvier, vers 1455

Naissance décembre 1368
Décès
Azincourt
Mort au combat
Origine Blason France moderne.svg France
Grade Connétable de France
Conflits Guerre de Cent Ans
Faits d'armes Bataille d'Azincourt
Autres fonctions Seigneur d'Albret
Comte de Dreux
Seigneur de Sully-sur-Loire
Seigneur de Craon

Emblème

Charles Ier, sire d'Albret, né en décembre 1368[1] et mort à la bataille d'Azincourt le a été connétable de France.

BiographieModifier

Charles Ier est le fils de Arnaud-Amanieu d'Albret et de Marguerite de Bourbon, sœur de la reine Jeanne de Bourbon. Il est donc un cousin germain de Charles VI, avec lequel il est élevé. Il participe à l'expédition menée contre Mahdia en 1390 par Louis II de Bourbon pour la République de Gênes. Il est présent lorsque Charles VI est frappé par sa première crise de folie dans la forêt du Mans en 1392. Il mène une campagne en Frise en 1396. Il succède à son père comme seigneur d'Albret en 1401. Le 6 février 1403, le roi Charles VI le fait connétable de France. Le même mois, il tient le futur Charles VII sur les fonts baptismaux en tant que parrain[2].

En tant que connétable, il mena plusieurs campagnes contre les positions anglaises en Guyenne entre 1404 et 1407. Il est à Paris le jour de l'assassinat du duc d'Orléans, en 1407. Dans la guerre civile qui s'ensuit, qui oppose Bourguignons et Armagnacs, il finit par se ranger dans le parti Armagnac, et est déchu de son office de connétable à l'instigation des Bourguignons en 1411. Il défend Bourges avec le duc de Berry contre l'armée royale et bourguignonne à l'été 1412. Ne pouvant récupérer son poste de connétable, il refuse de reconnaître la Paix d'Auxerre signée cette même année, et négocie avec le duc de Clarence, représentant du roi Henri IV d'Angleterre. Finalement, lorsque les Armagnacs reprennent le pouvoir à Paris, en 1413, il est rétabli dans ses fonctions. Il commande l'armée française à Azincourt, avec le maréchal Boucicaut, mais il semble n'avoir pu imposer ses vues aux autres grands seigneurs. Il meurt pendant la bataille d'Azincourt, et est enterré au Vieil-Hesdin.

Il fut un des membres fondateurs de la cour amoureuse dite de Charles VI et de l'ordre de l'écu vert à la dame blanche.

Union et descendanceModifier

Le 27 janvier 1400, il épouse Marie de Sully, veuve de Guy VI de La Trémoille dit Le Vaillant († 1398 ; d'où Georges de La Trémoille). Elle est l'héritière par son père Louis de Sully et par sa mère Isabeau de Craon de très nombreuses seigneuries, dont Orval (cf. l'article consacré à son gendre Jean de Foix). Elle avait été fiancée à Charles, comte de Montpensier, fils aîné de Jean de Berry, mais mort en 1382 avant le mariage.

De cette union naquirent :

  • Jeanne Ire d'Albret (c. 1402–1435), qui épousa en premières noces Charles de Montagu (1396-1415 à Azincourt), seigneur de Marcoussis, vidame de Laon. Conclu en 1405, le mariage fut célébré le 30 juillet 1409 à Melun. Monstrelet, qui écrit des décennies après, parle erronément du mariage de Catherine d'Albret[3], et cette erreur fut recopiée après lui par d'autres chroniqueurs et reprise tous les généalogistes, mais le contrat de mariage mentionne clairement Jeanne[4], tandis qu'aucune Catherine n'est connue dans les documents d'archives qui mentionnent les enfants du connétable[5]. Quelques mois après ce mariage, le père de Charles de Montagu, Jean de Montagu (v. 1349–1409), seigneur de Montagu-en-Laye (à Poissy) et de Marcoussis, vidame de Laon en 1390, surintendant des finances de France, grand maître de l'hôtel du roi Charles VI de France, fut décapité à Paris le . Les terres des Montagu furent saisies et les clauses du mariage rendues caduques. Jeanne épousa en secondes noces, en 1422 Jean Ier, comte de Foix : d'où la suite des comtes de Foix, plus tard rois de Navarre (le roi Henri IV en descend), des Foix-Etampes-Nemours, et des Foix-Lautrec ;
  • Charles II (1401[6]–1471 ; sire d'Albret) : ses descendants poursuivirent la lignée des sires d'Albret (aboutissant Jeanne d'Albret, puis à Henri IV). Les d'Albret d'Orval sont aussi ses descendants (par exemple le petit-fils de Charles II, Jean, dont la fille Charlotte épouse Odet de Foix-Lautrec) ;
  • Guillaume d'Albret (m. en 1429), seigneur d'Orval tué lors de la Journée des Harengs ; sans descendance.
  • Jean d'Albret, mort sans descendance.

Notes et référencesModifier

  1. Jean Froissart, Chroniques, édition Siméon Luce, Gaston Raynaud, Léon et Albert Mirot, Paris, Société de l'Histoire de France, 1869-1975, 15 vol., vol. VII, p. 93 et 323-324
  2. Vallet de Viriville Auguste, « Note sur l'état civil des princes et princesses nés de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. », Bibliothèque de l'école des chartes, no tome 19,‎ , pp. 473-482.
  3. Monstrelet, Chroniques, éd. L. Douët d'Arcq, vol. II, p. 33
  4. Arch. dép. des Pyrénées-Atlantiques, E 55/7 (contrat de mariage du 6 janvier 1405 (n. st.))
  5. Pierre Courroux, Charles d'Albret. Le connétable d'Azincourt, Bordeaux, Editions Ausonius, (ISBN 2356132503), p. 178 et 225-226
  6. Arch. dép. du Loiret, 5 J 52, f. 244v, commenté dans P. Courroux, Charles d'Albret, op. cit., p. 161

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier