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Buoux

commune française du département de Vaucluse
Ne doit pas être confondu avec Béoux.

Buoux
Buoux
Vallée de l'Aiguebrun depuis le fort de Buoux.
Blason de Buoux
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Vaucluse
Arrondissement Apt
Canton Apt
Intercommunalité Communauté de communes Pays d'Apt-Luberon
Maire
Mandat
Philippe Roux
2014-2020
Code postal 84480
Code commune 84023
Démographie
Gentilé Buouxiens, Buouxiennes
Population
municipale
70 hab. (2016 en diminution de 42,15 % par rapport à 2011)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 49′ 55″ nord, 5° 22′ 42″ est
Altitude Min. 253 m
Max. 902 m
Superficie 17,54 km2
Localisation

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Liens
Site web http://buoux-village.com/

Buoux est une commune française située dans le département de Vaucluse, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

GéographieModifier

Environ huit kilomètres au sud d'Apt (sous-préfecture). La principale route traversant le village est la D 113.

Le territoire de la commune est situé au cœur du Luberon, massif qui culmine à 1 124 mètres d'altitude et constitue une barrière naturelle entre la vallée de la Durance et celle du Calavon. Il est « fendu » par la vallée de l'Aiguebrun, non loin de la combe de Lourmarin. Cette dernière, faille d'origine tectonique, relie Buoux à la combe de Bonnieux à l'ouest et à Lourmarin au sud.

Buoux se situe au carrefour de deux voies de passage millénaires qui allaient d'Aix-en-Provence à Apt jusqu'à ce que la route de la combe de Lourmarin obtienne son tracé actuel :

  • la vallée de l'Aiguebrun, point de passage obligé pour qui empruntait jadis la combe de Lourmarin ;
  • le chemin des Salyens (nom sans aucun doute hérité de la fédération de peuples gaulois qui dominait le pays d'Aix avant la conquête romaine) : ce chemin difficile mène de Vaugines, au sud, jusqu'au fort de Buoux au nord en reliant successivement le vallon de Vaunière (versant sud), la crête et le vallon de Serres (versant nord).

Enfin, Buoux est surtout célèbre pour ses falaises offrant de nombreuses voies d'escalade : celles-ci sont formées de molasse burdigalienne, datant du Miocène (-25 à -12 millions d'années) et ont servi de refuge à l'homme dès la Préhistoire.

Communes limitrophesModifier

Communes limitrophes de Buoux[1]
Gargas Apt Apt
Bonnieux   Sivergues
Bonnieux Lourmarin Sivergues

SismicitéModifier

Les cantons de Bonnieux, Apt, Cadenet, Cavaillon, et Pertuis sont classés en zone Ib (risque faible). Tous les autres cantons du département de Vaucluse sont classés en zone Ia (risque très faible). Ce zonage correspond à une sismicité ne se traduisant qu'exceptionnellement par la destruction de bâtiments[2].

ClimatModifier

La commune est située dans la zone d’influence du climat méditerranéen. Les étés sont chauds et secs, liés à la remontée en latitude des anticyclones subtropicaux, entrecoupés d’épisodes orageux parfois violents. Les hivers sont doux. Les précipitations sont peu fréquentes et la neige rare. Protégée par le massif du Luberon, la commune est partiellement abritée du mistral.

La station météo la plus proche est celle d'Apt[3].

Relevé météorologique d'Apt
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 3 4 6 9 13 16 19 19 16 13 7 4 10,7
Température moyenne (°C) 7 8 11 13,5 18 21,5 24,5 24,5 21,5 17 11 8 15,5
Température maximale moyenne (°C) 11 12 16 18 23 27 30 30 25 21 15 12 19,2
Précipitations (mm) 35,3 21,3 21,9 40,6 26,7 14,6 8,2 18,3 57 52,3 39,1 25,6 361,1
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
11
3
35,3
 
 
 
12
4
21,3
 
 
 
16
6
21,9
 
 
 
18
9
40,6
 
 
 
23
13
26,7
 
 
 
27
16
14,6
 
 
 
30
19
8,2
 
 
 
30
19
18,3
 
 
 
25
16
57
 
 
 
21
13
52,3
 
 
 
15
7
39,1
 
 
 
12
4
25,6
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Après une année 2007 caractérisée par une très faible pluviométrie, 435 mm d'eau en pays d'Apt, 2008 avec 1 202 mm, soit 2,8 fois plus, se place juste derrière l'année 1968. Quant à la moyenne des températures, elle augmente de 0,5°, l'hiver et le printemps ayant été très doux. Le temps pluvieux a affecté la durée de l'ensoleillement, avec une centaine d'heures en dessous de la normale[4].

Mois Janv. Fév. Mars Avr. Mai Juin Juil. Août Sept. Oct. Nov. Déc. Année
Températures moyennes (°C) 6,9 7,7 8,7 11,9 17,2 20,5 22,7 22,4 17,9 13,8 8,3 4,6 13,6
Températures normales (°C) 5,1 6,3 8,9 11,4 15,7 19,0 22,3 22,3 18,5 13,8 8,3 5,8 13,1
Écart avec la normale (°C) + 1,8 + 1,4 - 0,2 + 0,5 + 1,5 + 1,5 + 0,4 + 0,3 - 0,6 0 - 0,2 - 1,2 + 0,5
Moyenne mensuelle de précipitations (mm) 103 43 23 126 157 38 12 29 187 122 160 202 1 202
Précipitations normales (mm) 71 56 57 79 70 49 37 53 73 101 74 69 789
Écart avec la normale (mm) + 32 - 13 - 34 + 47 + 87 - 11 - 25 - 24 + 114 + 21 + 86 + 133 + 413
Source : Le Pays d'Apt, no 191, février 2009 et station de référence météo : Apt (242 m)

UrbanismeModifier

LogementModifier

En 2013, le nombre total de logements dans la commune était de 101.

Parmi ces logements, 55,6 % étaient des résidences principales, 37,9 % des résidences secondaires et 6,5 % des logements vacants.

La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s’élevait à 55 %[5].

ToponymieModifier

Le nom s'écrit : de Biol (1043), de Biolis (1158), Buols (1274), Buoulx (XVIe s.). Il signifierait : « lieu situé sur une hauteur »[6].

La dénomination occitane de Buoux est Buòus.

HistoireModifier

PréhistoireModifier

 
Baume des Peyrards à Buoux.

L'occupation du vallon de l'Aiguebrun et notamment de la commune de Buoux par l'homme remonte au Paléolithique moyen (Moustérien), comme l'ont révélé les fouilles de la baume des Peyrards. Ce vaste abri, long d'une quarantaine de mètres et profond en moyenne de 4 à 5 mètres, est creusé dans la molasse au pied d'une paroi légèrement surplombante. Son exposition au sud-est et sa situation au fond d'un vallon encaissé sur la rive droite de l'Aiguebrun[7] en ont fait un refuge de choix pour les Néandertaliens qui l'ont utilisé à plusieurs reprises comme halte de chasse puis comme habitat permanent[8].

Le site, que visita dès 1808 le naturaliste avignonnais Esprit Requien à la recherche d'ossements fossiles, fut ensuite fouillé, à partir de 1865 par Jules de Terris, puis par Émile Arnaud (1866 et 1867), Louis Jullian (1884) et Frank Moulin (1900)[9]. Il fit l'objet d'investigations plus poussées entre 1902 et 1910 par deux notables de la région, Marc Deydier et Frédéric Lazard, qui ouvrirent une coupe de trois mètres de profondeur. C'est le professeur Henry de Lumley qui reprit les fouilles et l'étude de ce gisement à partir de 1955.

L'occupation du site se situerait entre - 130 000 et - 50 000 ans environ. L'habitat devait consister selon Henry de Lumley en une cabane de 11,50 m de long sur 7 m de profondeur, adossée à la paroi et dont l'emplacement était délimité par une ligne de gros blocs. Plusieurs foyers étaient installés à l'intérieur.

Le matériel mis au jour comporte des outils en silex qui révèlent, pour un grand nombre, l'emploi de la méthode Levallois destinée à obtenir des éclats aux formes prédéterminées. Les restes de faune incluent le bouquetin, le cheval, l'aurochs, le cerf, le chevreuil, la marmotte, le lapin, le sanglier, l'ours brun et le loup, en proportions variables selon les unités stratigraphiques. Conjugués avec les apports de la sédimentologie, ils permettent de suivre l'évolution du climat sur une période allant de la fin de la glaciation de Riss jusqu'à la fin du Würm ancien.

La baume des Peyrards a livré également quelques restes humains néandertaliens : quatre dents provenant de trois adultes jeunes et d'un enfant âgé d'une dizaine d'années.

C'est au plus tard au Néolithique que le peuplement s'organise non loin de ce lieu sur les hauteurs du fort de Buoux. L'existence de cet oppidum remonte probablement au moins à cette période.

Une sépulture datée du Bronze Final a été mise au jour à côté de Buoux en 1987. La stèle gravée découverte in-situ révèle sur sa surface le dessin d'un bouclier, d'une épée et d'un casque.[10]

AntiquitéModifier

À l'époque gauloise, ce dernier a pu être un refuge des Albici. Sans doute au IXe siècle naît un premier village à Saint-Germain, sous le fort actuel. Il disparaît peut-être vers le milieu du Moyen Âge ou plus tardivement pour des raisons inconnues.

Moyen ÂgeModifier

Après 1125 et au XIIIe siècle, Buoux appartient aux Pontevès et est rattaché aux seigneurs d'Apt. Le castrum de La Roche d’Espeil y est créé dans un territoire vierge d’occupation humaine, au XIIe siècle[11].

Le fief de Buoux relevait du comté de Forcalquier au XIIe siècle. Lorsque ce comté perd son indépendance en 1209, à la mort de Guillaume II, un de ses neveux, Guillaume de Sabran tente de le relever. Après une lutte de dix ans, il passe un accord à Meyrargues le 29 juin 1220 avec Raimond Bérenger IV, comte de Provence et lui aussi héritier du comté de Forcalquier. Par cet accord, la moitié sud du comté, dont Buoux, lui est donnée. Guillaume de Sabran conserve sa moitié de comté jusqu'à sa mort, vers 1250[12].

Du XIIe au XVe siècle, l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon y possède un prieuré (au lieu-dit la Vieille-Église)[13].

Au XVe siècle, les Vaudois puis les Piémontais sont appelés par les seigneurs locaux pour repeupler et exploiter la région. Pour ces raisons, leur foi est tolérée, ce qui fait de Buoux et d'autres villages du Luberon une zone de refuge. Toutefois, avec l'édit de Mérindol (1540), François Ier ordonne leur persécution). Le fort de Buoux fut alors un lieu de résistance pour les Vaudois jusqu'à son démantèlement sous Louis XIV.

Période moderneModifier

Buoux fait partie de la quarantaine de localités, de part et d'autre du Luberon[14], dans lesquelles s'installent au moins 1400 familles de vaudois des Alpes, soit environ 6000 personnes, venues des diocèses alpins de Turin et d'Embrun entre 1460 et 1560, selon l'historien Gabriel Audisio.

La fortification du village est démolie conformément à la politique voulue par Louis XIV, en 1660.

HéraldiqueModifier

Article détaillé : Armorial des communes de Vaucluse.

Les armes peuvent se blasonner ainsi :

De gueules au pont à deux arches d'or, maçonné de sable, accompagné au premier franc canton d'une croix de Toulouse d'or.

Politique et administrationModifier

Administration municipaleModifier

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 100 et 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 11[15].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 avril 2014 Jean-Alain Cayla    
avril 2014 en cours Philippe Roux    

FiscalitéModifier

L'imposition des ménages et des entreprises à Buoux en 2009[16]
Taxe Part communale Part départementale Part régionale
Taxe d'habitation (TH) 3,50 % 7,55 % 0,00 %
Taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) 3,50 % 10,20 % 2,36 %
Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TFPNB) 20,00 % 28,96 % 8,85 %
Taxe professionnelle (TP) 4,50 % 13,00 % 3,84 %

La part régionale de la taxe d'habitation n'est pas applicable.

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[17]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[18].

En 2016, la commune comptait 70 habitants[Note 1], en diminution de 42,15 % par rapport à 2011 (Vaucluse : +2,27 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
217196196262236244221212226
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
201202183168187157161156158
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
155132100876875736761
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
44447210311811212511673
2016 - - - - - - - -
70--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[19] puis Insee à partir de 2006[20].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Buoux est une commune rurale dont la population est stabilisée après un déclin démographique lié à l'exode rural au XIXe siècle et dans les deux premiers tiers du XXe siècle.

EnseignementModifier

La commune ne possède ni école maternelle ni école primaire publique[21]. Les écoles les plus proches sont Les Sources à Gargas (7 km) ou la maternelle des Aires à Lauris(10 km)[22]. Pour les primaires publiques ils peuvent choisir les mêmes communes que pour les maternelles : Les Ocres à Gargas (7 km ou la primaire des Aires à Lauris(10 km) mais aussi : Jean-Milon à Saignon (5 km), l'école primaire de Lacoste (6 km) ou Philippe-de-Girard à Lourmarin (7 km)[23].

Les élèves sont ensuite affectés au collège[24] et au lycée[25] Charles-de-Gaulle d'Apt [26].

ÉconomieModifier

Revenus de la population et fiscalitéModifier

Pas de données INSEE pour 2013.

EmploiModifier

En 2013, le nombre total d’emploi au lieu de travail était de 58. Entre 2008 et 2013, la variation de l'emploi total (taux annuel moyen ) a été de + 9%. En 2013, le taux d’activité de la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 79,5 % contre un taux de chômage de 5,8 % [5].

 
Champ de lavande à Buoux.

Entreprises et commercesModifier

En 2015, le nombre d’établissements actifs était de vingt-trois dont cinq dans l’agriculture-sylviculture-pêche, deux dans l'industrie, un dans la construction, douze dans le commerce-transports-services divers et trois étaient relatifs au secteur administratif.

Une carrière d'extraction de pierre calcaire (Roche d'Espeil) non gélive et très prisée dans la région produit des blocs bruts, pierre à bâtir, dallages et pavages.

Agriculture et élevageModifier

Les activités traditionnelles agricoles sont la lavandiculture, l'apiculture , la trufficulture et la production de fourrage,

ainsi que l'élevage et la fabrication de fromage de chèvre : celui-ci peut encore être acheté directement à la ferme productrice.

TourismeModifier

Comme l'ensemble des communes du Luberon, le tourisme joue un rôle, directement ou indirectement, dans l'économie locale.

Site naturelModifier

 
La falaise de Buoux.

Falaise de molasse, l'un des sites d'escalade les plus réputés de France

Lieux et monumentsModifier

 
L'église paroissiale.

Programme archéologique sur le fort de Buoux (2007-2017)Modifier

Le fort de Buoux (Vaucluse) fait l'objet d'un programme d'étude et de consolidation engagé par la commune financé par ses soins et les subventions de l'État et du conseil général du Vaucluse (CG84). La direction de l'étude a été confiée au Laboratoire d'archéologie médiévale et moderne en Méditerranéenne (LA3M) affilié au CNRS et rattaché à l'Université d'Aix-Marseille. Cette phase est préalable à la restauration et la mise en valeur du site.

Entamé en avril 2007, le programme a été inauguré par un travail sur l'église médiévale qui s'est développé sur deux campagnes jusqu'en 2008. Ruiné depuis le XVIIIe siècle, l'édifice était en partie enfoui sous les décombres provenant des élévations et de la voûte. Le chœur avait été dégagé dans les années 1970 par des équipes de bénévoles. Le complément réalisé en 2007/8 a permis de déblayer totalement la nef et de mettre en évidence une architecture complexe présentant plusieurs étapes de construction, ainsi que des annexes ajoutées au cours du Moyen Âge.

Bilan des études 2007/2008.

Si un pan de mur, vers le nord, suggère une phase ancienne dont la datation reste à préciser (Antiquité tardive ou haut Moyen Âge), l'essentiel est à dater des époques romane et gothique. L'édifice roman orienté, construit en moellons assisés, était probablement couvert d'une charpente et possédait une nef unique ainsi que des portes latérales ouvrant l'une au sud et la seconde au nord. Le chœur conserve un dallage remanié dont l'attribution au Moyen Âge roman reste à confirmer. Au niveau de la travée de chœur, deux pilastres appareillés et adossés aux murs gouttereaux indiquent l'existence probable d'un mur peigne surmontant la toiture.

Un remaniement consista à créer un porche dans le mur sud et à proximité du chœur. Cet accès offrait une communication avec une chapelle latérale qui fut créée dans un second temps. Il s'ensuivit l'édification, dans le prolongement de la chapelle latérale, d'une salle voûtée dont la fonction reste énigmatique (salle de conseil, salle priorale, ...). Ces réalisations sont antérieures à la transformation de l'église qui interviendra au XIIIe siècle.

Cette étape à l'époque gothique indique le remplacement de la charpente (à la suite d'un incendie ?) par une voûte appareillée. Le renforcement nécessaire des murs romans frêles entraina la construction de plusieurs contreforts extérieurs visibles au nord. Au sud, à ces dispositifs a pu être préféré le principe d'une longue salle voûtée jouant un rôle de contrebutement similaire. À l'intérieur, des chemisages en pierre de taille contenant des arcatures aveugles au profil brisé renforcent les murs romans ainsi pris en étau. Au sommet des chemisages, une corniche marquait le départ de la voûte dont de nombreux claveaux ont été retrouvés dans les comblements. Les arcs doubleaux divisaient la nef en trois travées. La création d'une porte, ouverte vers l'ouest et décalée dans la façade, pourrait être attribuée à cette phase datée du XIIIe siècle. À l'extérieur, un bâtiment voûté sera adossé à l'église vers l'ouest : il est décalé afin de laisser libre le passage conduisant à la porte occidentale.

C'est au cours de l'époque moderne (XVIIe siècle ?) que la nef fut séparée en deux espaces consécutivement à la construction d'un mur transversal dont la fonction reste sujette à discussion. Toutefois les détails relevés (banquette adossée à l'intérieur de la travée de chœur et emplacement de stalles présumées) incitent à ne pas négliger le mur transversal entraînant sa conservation. Outre un rôle de consolidation hypothétique, exigé par un état menaçant probable, ou une réduction de l'espace rendue nécessaire par la population peu nombreuse à une date tardive, une autre proposition a été apportée par E. Sauze qui y verrait le témoignage d'une activité conduite par une confrérie, dans le but de maintenir en état un édifice en cours d'abandon suite au déplacement de la population au cours de l'époque moderne.

 
L'église du fort de Buoux.
 
Arc à plein cintre du fort

À l'issue des études, le programme de consolidation a consisté à reprendre les arases de maçonnerie et stabiliser une arcature aveugle menaçante située dans l'une des travées méridionales. En accord avec les MH, la porte d'époque gothique a été partiellement reconstituée après la découverte dans les décombres d'éléments lui ayant appartenu (claveaux et éléments du larmier mouluré. Par ailleurs, des éléments de corniche, retrouvés sur place et marquant le départ de la voûte ont pu être replacés en se référant à des clichés récents des années 1950.

Bilan des études 2009/2012.

Cette période a été mise à profit pour compléter tout d'abord le relevé tachéométrique du site en intégrant les défenses méridionales, ainsi que l'aire de l'entrée.

Différents ont fait l'objet d'études ponctuelles exigées par la nécessité de réaliser des confortements urgents. Ainsi, la porte contenue dans le second rempart transversal a-t-elle été étudiée et relevée en détail. dans le même secteur, c'est un corps de garde qui a été étudié, ainsi que le mur de rempart menacé par une brèche importante déjà visible sur des photos anciennes datées de la fin du XIXe siècle. D'importants travaux de nettoyage ont été réalisés dans le secteur des silos et dans la zone des habitats rupestres tout proches et qui étaient enfouis sous la terre végétale et envahis par la végétation. Ce travail a permis de mettre en évidence un ensemble rupestre remarquable qui désigne un habitat groupé de datation incertaine. Les modules imbriqués n'offrent aucun espace extérieur et fournissent de nombreux aménagements creusés dans le calcaire (silos, cuves, niches, ...). On remarquera l'importance de l'eau en relevant les rigoles de circulation reliées pour certaines à des réserves contenues dans les pièces de vie.

En 2012, le programme s'est concentré sur l'aire de l'entrée du fort qui révèle des interventions tardives liées à la période des conflits religieux du XVIe siècle. Notons que les travaux de dégagements et nettoyage ont fait l'objet d'une belle collaboration avec les Légionnaires du 2e Régiment Étranger de Génie basé à Saint-Christol d'Albion. Ceci dans le cadre d'une partenariat dont l'un des objectifs fut de former les militaires à la technique de la pierre sèche?

À cette période du XVIe siècle (et jusqu'au milieu du XVIIe siècle si l'on se réfère aux textes et à l'archéologie), le fort connut de profonds changements réalisés après une phase d'abandon (après le XIVe siècle). Ne contenant plus de population à cette date l'ancien village déserté est réactivé et c'est une garnison qui occupera la place forte qui officialisera la désignation de fort. Totalement reconstruite à des fins de défense, l'aire de l'entrée conserve plusieurs corps de garde ainsi que des pans de rempart. L'ensemble, construit sommairement témoigne de l'urgence à rendre le site opérationnel. Les sondages réalisés confirment cette phase de réactivation importante dont les traces se retrouvent ailleurs sur le site, notamment à l'intérieur de l'espace boisé central, peu engageant lors d'une visite, et qui conserve pourtant plusieurs murs de barrage et baraquements construits en remployant les matériaux trouvés sur place. Cette observation explique à elle seule l'absence de vestiges des maisons médiévales démantelées. Plus haut, les constructions intégrées aux remparts transversaux ont connu également des interventions que l'on repère bien notamment à l'intérieur de la "maison forte" qui ne conserve que sa façade originelle médiévale et une partie du mur sud. À cet emplacement, une ancienne fontaine recueillant les ruissellements naturels fut intégrée aux défenses comme l'indiquent les murs construits à la hâte.

À ce stade des recherches, l'impact des réalisations d'époque tardive sur les éléments médiévaux constitue un axe majeur et il est prévu de s'attarder prochainement sur le premier rempart transversal qu'animent une quarantaine de hautes et fines archères, attribuées par certains spécialistes au XVIe ou XVIIe siècle ce qui remet profondément en question les interprétations actuelles.

Après une période d'inactivité (2013/2017) la décision a été prise par la commune de reprendre en liaison avec la DRAC le programme d'étude et de restauration. Il est prévu de se concentrer sur l'aire de l'entrée moderne, en redonnant corps à cet ensemble prestigieux daté de la période des guerres de religion. Le programme prévoit également des interventions à conduire en urgence sur certaines constructions menaçantes.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Pierre Pessemesse, écrivain occitan et ancien maire.
  • René Bruni : écrivain, historien régional et du Pays d'Apt, romancier.

"Quelques notes sur la chapelle Saint Michel" 1978. " Lauze de Perret" : un Girondin provençal dans la tourmente révolutionnaire, Éd. Études, Apt, 1990. "Apt, ville d'Art et d'Histoire", Éd. O. T. Apt-Luberon, Apt, 1986. "Monographie de Buoux" "Les 4 vérités de Mestre Arnaud", "Lingots de sang" romans, "Provence des fontaines" en collaboration avec Bernard Caramante, " Le Luberon, pluriel et singulier"en collaboration avec Catherine Camus, Camille Moirenc

Pour approfondirModifier

Liens externesModifier

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BibliographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Carte IGN sous Géoportail
  2. Zonage sismique réglementaire de la France, classement des cantons (découpage fin 1989) de la région PACA, page 48
  3. « Station météo la plus proche », MSN Météo
  4. Roland Sautel, Le Pays d'Apt, n° 191, février 2009, p. 13.
  5. a et b Statistiques officielles de l’INSEE (version nov 2016).
  6. René Bruni, Buoux, 1981, p. 86.
  7. Jacques Buisson-Catil, Luberon des origines, Notices d'Archéologie Vauclusienne 4, Avignon, 1997, p. 14.
  8. Frédéric Boyer, Mémoires millénaires. Guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Nice, Mémoires Millénaires, 2006, pp. 214-215.
  9. Henry de Lumley, Baume des Peyrards (Buoux, Vaucluse) dans Henry de Lumley (dir.), Provence et Languedoc méditerranéen. Sites paléolithiques et néolithiques, IXe congrès de l'Union Internationale des Sciences Préhistoriques et Protohistoriques, livret-guide de l'excursion C 2, Nice, 1976, pp. 115-123
  10. Elle est exposée au musée Marc Deydier de Cucuron. p.229 in Le Guide des sites préhistoriques Provence-Alpes-Côte-d'Azur de Bertrand Roussel et Frédéric Boyer Ed. Mémoires Millénaires (avril 2018) (ISBN 978-2-919056-61-3)
  11. Yann Codou, « Le paysage religieux et l'habitat rural en Provence de l'antiquité tardive au XIIe siècle », Archéologie du monde médiéval, tome 21, 2003, p. 55.
  12. Mariacristina Varano, Espace religieux et espace politique en pays provençal au Moyen Âge (IXe-XIIIe siècles). L'exemple de Forcalquier et de sa région, thèse soutenue à l'université d'Aix-Marseille I, 2011, p. 486.
  13. Guy Barruol, Michèle Bois, Yann Codou, Marie-Pierre Estienne, Élizabeth Sauze, « Liste des établissements religieux relevant de l’abbaye Saint-André du Xe au XIIIe siècle », in Guy Barruol, Roseline Bacon et Alain Gérard (directeurs de publication), L’abbaye de Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, histoire, archéologie, rayonnement, Actes du colloque interrégional tenu en 1999 à l'occasion du millénaire de la fondation de l'abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon, Éd. Alpes de Lumières, Cahiers de Salagon no 4, Mane, 2001, 448 p. (ISSN 1254-9371), (ISBN 2-906162-54-X), p 216
  14. Gabriel Audisio, Guide historique du Luberon vaudois, Éditions du Parc naturel régional du Luberon mars 2002, p. 17.
  15. art L. 2121-2 du code général des collectivités territoriales.
  16. « Impôts locaux à Buoux », taxes.com
  17. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  18. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  19. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  20. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  21. « Enseignement publique primaire en Vaucluse », Académie Aix-Marseille
  22. « écoles maternelles proches de Buoux », sur actuacity.com
  23. « écoles primaires proches de Buoux », sur actuacity.com
  24. « Carte scolaire du Vaucluse », Conseil général de Vaucluse,
  25. « Cartes scolaire des lycèes de Vaucluse », Inspection académique de Vaucluse
  26. « Cité scolaire d'Apt », Académie Aix-Marseille