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La blanchitude ou blanchité, voire whiteness en anglais, est un concept des sciences humaines contemporaines qui permet de penser le blanc comme une couleur de peau qui produit les autres[évasif]. Surtout utilisée par les cultural studies et la sociologie, ainsi que par l'anthropologie dans une moindre mesure, elle pose la question de la construction socioculturelle de ce qui n'était jusqu'ici pensé que comme une donnée naturelle évidente seulement déterminée par la biologie.

Sommaire

HistoriqueModifier

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Les « whiteness studies » se présentent comme un domaine intellectuel des années 1990 qui investit les raisons sociologique, historique et culturelle de l’identification de personnes comme « Blanc ». Il s'agit de faire comprendre que identifier quelqu'un comme blanc est l'identifier dans une construction sociale. La blanchitude est donc une construction sociale. Les auteurs influents du domaine désignent le « whiteness » comme une construction idéologique liée au statut social, donnant droit à des privilèges sociaux sur la base de l’aspect phénotypique.

Toni Morrison est une auteure pionnière des whiteness studies, qui dans Playing In The Dark: Whiteness and the litterary Imagination, réalise une méta-analyse critique de l’expression de la « blanchitude » et du « blackness » dans la littérature canonique américaine dont les auteurs sont « Blancs ». Elle y présente le whiteness comme une construction sociale de l’Occident.

Ruth Frankenberg, quant à elle, est un auteur de terrain qui réalise des interviews entre 1984 à 1986 où elle analyse le discours de femmes « blanches » qu’elle interviewe. Dans White Women, Race Matters: The Social Construction of Whiteness, elle soutient que la race est un élément modeleur de la vie des femmes blanches tout comme celle des femmes noires.

Dans l'ouvrage Dans le blanc des yeux. Diversité, racisme et médias, Maxime Cervulle présente une généalogie des whiteness studies et rend compte des débats qui agitent ce domaine de recherche, notamment l'opposition en son sein entre les approches inspirées du marxisme (Noel Ignatiev, David Roediger) et celles inspirées des théories féministes (Ruth Frankenberg, Peggy McIntosh).

Dans la cultureModifier

  • Le film documentaire parodique autrichien de 1992, Das Fest des Huhnes, présente un groupe d’anthropologues subsahariens étudiant la population de haute Autriche. Leurs observations du comportement de la population leur font conclure que le poulet est devenu le nouvel animal sacrificiel.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Nell Irvin Painter, Histoire des blancs, Max Milo, 2019
  • Maxime Cervulle, Dans le blanc des yeux. Diversité, racisme et médias, Paris, Éditions Amsterdam, 2013
  • Sylvie Laurent et Thierry Leclère (dir.), De quelle couleur sont les blancs ? Des "petits blancs" des colonies au "racisme anti-Blancs", Paris, La Découverte, 2013
  • Wulf D. Hund, Jeremy Krikler, David Roediger (eds.), Wages of Whiteness & Racist Symbolic Capital, Berlin : Lit., 2010
  • (en) Noel Ignatiev, How the Irish became white, Routledge, 2009
  • (en) Matthew Frye Jacobson, Whiteness of a different color, Harvard University Press, 1999
  • (en) David R. Roediger, The Wages of Whiteness: Race and the making of the American working class, Verso, 1999
  • Richard Dyer, White, New York et Londres : Routledge, 256 p., 1997
  • Ruth Frankenberg, White Women, Race Matters: The Social Construction of Whiteness, Minneapolis MN: University of Minnesota Press, 1993
  • Bell Hooks, Black Looks: Race and Représentation. Representation of Whiteness in Black Imagination, Boston : South End Press, 1992
  • Toni Morrison, Playing in the Dark : Whiteness and The Literary Imagination, New York : Vintage Books, 91 p., 1990

Article connexeModifier