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Rama IX

roi de Thaïlande
(Redirigé depuis Bhumibol Adulyadej)

Rama IX
รามาธิบดีที่เก้า
Illustration.
Le roi Rama IX en 2010.
Titre
Roi de Thaïlande

(70 ans, 4 mois et 4 jours)
Couronnement
Régent Rangsit Prayurasakdi
Premier ministre Pridi Banomyong
Thawal Thamrong Navaswadhi
Khuang Abhaiwongse
Plaek Pibulsonggram
Thanom Kittikachorn
Sarit Thanarat
Sanya Dharmasakti
Seni Pramoj
Kukrit Pramoj
Tanin Kraivixien
Kriangsak Chomanan
Prem Tinsulanonda
Chatichai Choonhavan
Anand Panyarachun
Suchinda Kraprayoon
Chuan Leekpai
Banharn Silpa-archa
Chavalit Yongchaiyudh
Thaksin Shinawatra
Surayud Chulanont
Samak Sundaravej
Somchai Wongsawat
Abhisit Vejjajiva
Yingluck Shinawatra
Niwattumrong Boonsongpaisan (intérim)
Prayut Chan-o-cha
Prédécesseur Rama VIII
Successeur Prem Tinsulanonda (régent)
Rama X
Président du conseil suprême de l'État de Thaïlande

(21 ans, 4 mois et 21 jours)
Prédécesseur Rangsit Prayurasakdi
Héritier présomptif du trône de Thaïlande

(11 ans et 7 jours)
Monarque Rama VIII
Prédécesseur Ananda Mahidol
Biographie
Dynastie Chakri
Nom de naissance Bhumibol Adulyadej
Date de naissance
Lieu de naissance Cambridge (États-Unis)
Date de décès (à 88 ans)
Lieu de décès Hôpital Siriraj
Bangkok (Thaïlande)
Nature du décès Insuffisance rénale
Nationalité thaïlandaise
Père Mahidol Adulyadej, prince de Songkla
Mère Srinagarindra
Fratrie Galyani Vadhana, princesse de Naradhiwas
Rama VIII Red crown.png
Conjoint Sirikit Kitiyakara
Enfants Princesse Ubolratana Rajakanya
Rama X Red crown.png
Princesse Maha Chakri Sirindhorn
Princesse Chulabhorn Walailak
Héritier Maha Vajiralongkorn
Religion Bouddisme theravāda
Résidence Palais royal de Bangkok

Signature de Rama IXรามาธิบดีที่เก้า

Rama IX
Monarques de Thaïlande

Bhumibol Adulyadej (en thaï : ภูมิพลอดุลยเดช ; Écouter ou RTGS : Phumiphon Adunyadet), né le à Cambridge (Massachusetts) et mort le à Bangkok, couronné en 1950 sous le nom dynastique de Rama IX, est roi de Thaïlande de 1946 à 2016. Souverain constitutionnel, il est le chef de l'État et protecteur des religions de Thaïlande. À sa mort, il est le plus ancien chef d'État en exercice, étant resté sur le trône pendant 70 ans, 4 mois et 4 jours. Son fils Maha Vajiralongkorn, désigné en 1972 héritier du trône, lui succède.

Sa fortune, estimée à 21 milliards d'euros, fait de lui l'un des hommes les plus riches de la planète[1]. Adulé dans son pays à l'image d'un souverain exceptionnel, son rôle social et politique suscite également des critiques sévères, remettant en question ses décisions politiques comme le culte de la personnalité qui lui est consacré.

Historique dynastiqueModifier

Fondée en 1782, la dynastie Chakri succède aux rois d'Ayutthaya défaits par les Birmans. Ce changement dynastique se matérialise également par la fondation de Bangkok, déclarée capitale du Royaume. Les rois Chakri prennent le nom dynastique de « Rama » ; dix d'entre eux se sont succédé sur le trône depuis 1782, Bhumibol Adulyadej étant le neuvième. En 1932, la monarchie absolue est devenue constitutionnelle sur le modèle britannique, à la suite d’une révolution militaire et populaire (en).

BiographieModifier

 
Rama IX le jour de son couronnement (5 mai 1950).

Avant son couronnementModifier

Le prince Bhumibol Adulyadej, fils de Mahidol Adulyadej, prince de Songkla, est né le à Cambridge (Massachusetts) (États-Unis) où son père étudiait la médecine.

En 1933, il suit sa mère à Lausanne (Suisse) avec son frère, le prince Ananda Mahidol, et sa sœur aînée, la princesse Galyani Vadhana (morte le ). Le prince Bhumibol effectue ses études en Suisse, montrant une grande aptitude pour la musique, le français, l'anglais et le dessin.

En 1935, son frère le prince Ananda, alors âgé de dix ans, est appelé sur le trône, mais il ne rejoint la Thaïlande qu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en décembre 1945. Il ne règne effectivement que quelques mois sous le nom de Rama VIII et disparaît, dans des circonstances tragiques et controversées, d'un accident avec une arme à feu dans le palais royal.

 
Le couple royal en 1963 par Erling Mandelmann.

Régence et mariageModifier

Le prince Bhumibol lui succède le 9 juin 1946. S'ouvre une période de régence, le temps, pour le prince, de terminer ses études en Suisse. Le , au volant d'un coupé décapotable Delahaye sur la route Genève-Lausanne, il percute l'arrière d'un camion à hauteur de Préverenges[2]. Entre autres blessures, ce grave accident provoque la cécité totale et définitive de l'œil droit du prince, qui a heurté le rétroviseur de son véhicule. Bhumibol revient en Thaïlande en 1950 pour se marier avec la princesse Sirikit Kitiyakorn (la fille de l'ambassadeur de Thaïlande en France qu'il a rencontrée à Paris avant de discrètement se fiancer avec elle à Lausanne) et pour être couronné[3].

RègneModifier

Années 1970Modifier

Le rôle joué par le roi dans le massacre de l'université Thammasat le 6 octobre 1976, au cours duquel des dizaines d'étudiants sont tués par des militants ultraroyalistes assistés par la police et l'armée[4], reste très controversé[5]. Ce jour-là, le roi rencontre l'ancien dictateur militaire Thanom Kittikhachon lors de son retour d’exil. Quelques heures après le massacre, il approuve un coup d’État militaire qui met fin à trois années de démocratie[4].

Jubilé de diamant et fin de règneModifier

En juin 2006, le roi Bhumibol Adulyadej, âgé de 78 ans, fête le soixantième anniversaire de son accession au trône. De grandes fêtes se déroulent à Bangkok, de nombreuses membres des familles royales et chefs d'État sont présents et trois jours fériés ont été décrétés à cette occasion. La même année, les Thaïlandais portaient des tee-shirts jaunes en l'honneur du roi tous les lundis[6], jour de la naissance du roi. Par tradition, le jour anniversaire du roi est aussi celui de la fête des pères en Thaïlande, tout comme celui de l'anniversaire de la reine est celui de la fête des mères[7].

Selon le quotidien The Independent, le roi était en 2009 le dirigeant politique le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 23 milliards d'euros[8].

À sa mort, le 13 octobre 2016[9], il est le plus ancien chef d'État en exercice, toutes nations confondues, avec 70 ans de règne. Son fils, le prince Maha Vajiralongkorn, 64 ans, lui succède sur le trône sous le nom de Rama X[10].

Sa crémation a lieu le 26 octobre 2017 sur la place Sanam Luang à Bangkok[11].

La famille royaleModifier

Le couple régnant a quatre enfants :

  1. la princesse Ubol Ratana Rajakanya, née le 5 avril 1951. La princesse a perdu son prédicat d'altesse royale (Chao Fa) quand elle a épousé le roturier étranger Peter Ladd Jensen ;
  2. le roi Rama X, né le 28 juillet 1952 ;
  3. la princesse Maha Chakri Sirindhorn, née le 2 avril 1955 qui a une formation en sciences historiques et a obtenu un doctorat en études développementales. Elle a aussi effectué ses études supérieures en France. Elle est également professeur invité à l'École militaire ;
  4. la princesse Chulabhorn Walailak, née le 4 juillet 1957, qui a obtenu son doctorat en chimie. Également professeur invité dans plusieurs universités publiques.

PostéritéModifier

La constitution thaïlandaise précise que la personne du roi est inviolable, toute expression d'une opinion défavorable envers la famille royale étant un crime de lèse-majesté[12], crime dont n'importe quel citoyen peut accuser n'importe quel autre[5]. Au-delà de la protection qu'offre ce statut, le roi Bhumibol, qui a beaucoup fait pour restaurer le prestige de la monarchie, jouit à titre personnel d'une réelle popularité au sein de la population thaïlandaise où il reste vénéré comme un demi-dieu[13],[14]. La longueur de son règne, son intérêt constant pour le développement des zones défavorisées du royaume, son attitude conciliatrice et sage lors des nombreux coups d'État militaires qu'il a eu à traverser sont les principaux points qui forment cette aura. Cette protection royale contre le mal s'étend à la lutte contre le communisme et à la réussite économique thaïlandaise de la fin du XXe siècle[5].

La dévotion dont il fait l'objet, bien aidée par une propagande omniprésente (les médias consacrant une bonne partie de leurs nouvelles aux activités de bienfaisance du monarque et de sa famille) le place parmi les souverains thaïlandais les plus respectés, en compagnie de son aïeul Chulalongkorn Rama V. Lors de chaque cérémonie, les Thaïlandais, selon le principe de la charité collective, font des offrandes à la famille royale, ce qui a fait de Rama IX le monarque le plus fortuné du monde, ouvrant le flanc aux critiques. Le culte de la personnalité qui lui est consacré est d'ailleurs comparé par les opposants à la monarchie à celui de la dynastie Kim, qui dirige la Corée du Nord depuis sa création[5].

Des voix discordantes, se basant sur les travaux d'historiens dissidents, lui reprochent entre autres son rôle dans l'instauration des successives dictatures militaires. Son intérêt pour les blogs et les forums des exilés politiques thaïlandais est également pointé du doigt. Certains estiment qu'au contraire de la vision d'un roi au-dessus de la politique, légende entretenue durant la scolarité des Thaïlandais, le pouvoir royal reste absolu, sans respect pour la constitution ni la démocratie. Son paternalisme et sa vision de la société thaïlandaise, où chacun devrait rester à sa place, déplaît également fortement à ses opposants, regroupés pour une bonne partie dans le mouvement des Chemises rouges. Le renversement du premier ministre Thaksin Shinawatra, condamné pour crime de lèse-majesté et exilé, lui est également imputée - Rama IX n'aurait pas accepté que la popularité de Shinawatra puisse lui faire de l'ombre[5].

ŒuvresModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Voici les rois les plus riches du monde », Challenges,‎ (lire en ligne, consulté le 17 janvier 2019)
  2. « 217 – LA VIE EN SUISSE DES DEUX FUTURS ROIS DE THAÏLANDE, RAMA VIII ET RAMA IX. », sur alainbernardenthailande.com, 30 janvier 2016.
  3. « Bangkok : visite royale », sur lextension.com, 10 mai 2008.
  4. a et b « Thaïlande : Thammasat, le massacre oublié », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 8 juin 2019)
  5. a b c d et e Anatole Perrot, « Ceux qui osent défier le roi », Le Nouvel Observateur, no 2583,‎ (lire en ligne)
  6. Dans la tradition culturelle thaïe, chaque jour de la semaine a une couleur déterminée : lundi, jaune ; mardi, rose ; mercredi, vert ; jeudi, orange ; vendredi, bleu ; samedi, violet ; dimanche, rouge.
  7. « Fêtes et jours feriés en Thaïlande », sur fr-thai.com, 8 juillet 2015.
  8. « Des dirigeants fortunés », Courrier international, 28 mai 2010.
  9. « Le roi Bhumipol de Thaïlande est mort », sur lemonde.fr, consulté le 13 octobre 2016.
  10. « Le roi de Thaïlande Bhumibol Adulyadej est décédé », Le Progrès,‎ (lire en ligne, consulté le 13 octobre 2016).
  11. « Thaïlande : dernier hommage au roi Rama IX », Franceinfo,‎ (lire en ligne, consulté le 7 novembre 2017).
  12. « En finir avec le crime de lèse-majesté », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  13. « Le roi Bhumibol reste indiscutablement le pilier du pays, et la ferveur du peuple à son encontre est pour l’heure inaltérable », Le Monde diplomatique, novembre 2006.
  14. « Rama IX le roi de marbre », L'Express, 17 août 2007.
  15. « Thaïlande : emprisonné pour avoir insulté le chien du roi », Le Soir,‎ (lire en ligne).
  16. « On ne badine pas avec la chienne du roi de Thaïlande », blog.lemonde.fr, 15 décembre 2015.

AnnexesModifier

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Article connexeModifier

Liens externesModifier