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Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1660

Années :

16601661166216631664
16651666166716681669

Décennies :

1640 · 1650Années 16601670 · 1680

Siècles :

XVIe siècleXVIIe siècleXVIIIe siècle

Millénaires :

 Ier millénaire • IIe millénaireIIIe millénaire 

Chronologie de l'économie

Années 1650 - Années 1660 - Années 1670

Sommaire

ÉvénementsModifier

  • 1661 : première émission d'un billet de banque en Europe par la Banque de Stockholm en Suède.
  • 1662 :
    • Cadastre au Danemark.
    • En Irlande, les catholiques peuvent accéder aux corporations et entrer dans l’armée (5000 en 1688 sur un total de 16 500 hommes).
  • 1664 :
    • Espagne : dévaluation des vellon (billon), pièces composées d’un alliage d’argent et de cuivre[1].
    • Bohême : établissement d’une manufacture de drap à Brno.
  • 1665 :
    • Apogée de l’industrie textile de Leyde. La production atteint 10 millions de florins après une croissance de trente années.
    • Établissement d’une poste publique en Russie par le Hollandais Johann van Sveden.
  • 1665-1666 : grande peste de Londres.
  • 1666 :
    • Crise monétaire en Pologne due à la production de monnaie de cuivre. Le grosz, l’unité de compte, a chuté de 50 % depuis 1659.
    • Premières assurances incendie suite à l’incendie de Londres[2].
  • 1666-1669 : épidémie de peste en Alsace du Nord[3].
  • 1667 : début d'une guerre des tarifs douaniers entre la France et les Provinces-Unies.
  • 1668 :
  • 1669 :
    • Selon Alonso Nuñez dans son Solo Madrid es Corte, le total annuel des revenus de la couronne de Castille s’élèverait à 15 750 000 ducats mais ils seraient engagés de telle façon qu’un tiers seulement serait versé au trésor.
    • L’économie vénitienne sort épuisée de la guerre contre les Turcs à laquelle s’ajoute un contexte économique défavorable.


  • Russie : l’émission massive de monnaie de cuivre ayant même cours que la monnaie d’argent provoque une forte inflation et un renchérissement du coût de la vie.
  • Aliénation des biens de la Couronne danoise, pour 6,3 millions de rixdalers de 1661 à 1673.
  • Amsterdam possède 60 raffineries de sucre, qui travaillent pour l’exportation en France et en Angleterre.
  • Les Anglais profitent du retour à l’indépendance des royaumes pour frapper les produits écossais de lourds droits de douane.
  • Chute de la production du nombre de pièces de draps à Venise, face à la concurrence des lainages français, anglais et hollandais exportés vers le Levant : -42 % dans la décennie 1661-1670 par rapport à la décennie 1551-1560.
  • La part de l’armée correspond en 1660 aux ¾ des dépenses du budget de l’empire ottoman.
  • De 1660 à 1670, la balance commerciale du Brésil devient déficitaire au point que les exportations ne couvrent plus que deux tiers des importations. La concurrence du sucre et du tabac des Antilles, produits par les Français et les Hollandais qui cassent les prix, en est la cause. De 1650 à 1688, la baisse est de 40 % pour le sucre, 73 % pour le tabac, 72 % pour le gingembre.


  • La flotte des Provinces-Unies est estimée à 2 millions de tonneaux, répartie en 10 000 vaisseaux et montée par 160 000 marins.
  • La flotte marchande anglaise est de 162 000 tonnes (environ 200 000 tonneaux). La marine anglaise comprend 4 000 vaisseaux en 1668.
  • La flotte marchande française est estimée à 150 000 tonneaux. La flotte royale compte 9 vaisseaux de ligne. L’armée compte moins de 100 000 hommes.
  • La flotte marchande espagnole est estimée à 100 000 tonneaux.

EspagneModifier

  • Déclin de l’industrie : Séville ne garde que le dixième de ses métiers à tisser du début du siècle.
  • La noblesse espagnole représente près d’un dixième de la population. Une centaine de grands, très riches, occupent les hautes fonctions dans les conseils. Ils sont issus des titulados (nobles titrés), dont le nombre augmente car l’octroi de titre renfloue les finances de l’État. À la base, les hidalgos, souvent peu fortunés, et les caballeros, mieux nantis, sont en quête de fonctions administratives ou d’un bénéfice clérical plutôt que d’une activité liée au négoce et à l’industrie.
  • Les classes moyennes de l’artisanat ou du commerce sont réduites. Les laboureurs (labradores) souffrent de l’inégale répartition des terres (Castille) et nombreux sont les paysans sans terre (métayers, salariés, bergers). La pression fiscale chasse les paysans vers les villes, qui deviennent domestique ou marginaux (peut-être 150 000 mendiants). Le nombre des pícaros ne cesse d’augmenter.

FranceModifier

  • À partir de 1659, les intendances de province, jusqu’alors destinées à financer la guerre (1635-1659), deviennent des instruments de centralisation dans une période de paix relative (1661-1672). Les intendants sont chargés de liquider les arriérés de dettes contractées par les villes depuis les années 1630 du fait des épidémies et des guerres, et d’imposer aux municipalités des budgets équilibrés. Ces règlements généralisés dans les années 1660 conduisent à figer et scléroser les gestions urbaines, à contrôler leurs impôts locaux. Privées de leurs moyens financiers, les oligarchies municipales dépérissent et perdent leurs prérogatives politiques, militaires et fiscales qui leur permettaient de consolider leurs remparts et d’entretenir des milices. Les murailles des villes seront bientôt abattues et leurs fossés transformés en boulevards.
  • 1660-1662 : crise de l'avènement. Séries de mauvaises récoltes, disette et épidémies responsable de plus d'un million de morts[5]
  • 1660 : soixante mille élèves dans les collèges jésuites, oratoriens ou doctrinaires en France.
  • 1661-1683 : Colbert principal ministre de Louis XIV met en place une bureaucratie. Il poursuit la politique de ses prédécesseurs en transformant les pays d'états en pays d'élection administrés par des intendants, directement rémunérés par l’État, qui résident de façon permanente dans leur généralité. Ils sont 32 à la fin du règne[6].
  • 1661-1671 : le revenu net de l’État se situe à 58 millions de livres par an. Les dépenses moyennes annuelles se stabilisent à 66 millions de livres, soit 58 % du niveau de la période de guerre 1635-1659. Le déficit est pratiquement jugulé (4,5 millions en moyenne).
  • 1663-1666 : la peste fait en France 110 000 morts[7]. Les tailles (impôt direct) représentent 55 % du budget. Colbert les fera baisser de 31 % à 41 %, selon les années, demandant la différence de revenus aux impôts indirects (gabelle, aides sur les boissons, traites sur la circulation des marchandises), qui frappent également les privilégiés.
  • 1664 : Colbert organise Conseil royal du Commerce ; il fait triompher sa conception de l’économie, le Colbertisme, variante française du mercantilisme, qui favorise principalement le commerce et l'exportation et justifie la politique coloniale[6].
  • 1664-1691 : plafond du salaire des maçons à Paris (grands chantiers, croissance démographique de la capitale).
  • 1665-1685 : série bonnes récoltes. Les cours des céréales sont relativement bas de 1665 à 1690 et il n’y a plus de famines jusqu’en 1691. Les prix sont stables jusqu’en 1692. Le volume moyen des vendanges françaises s’est accru du tiers à la moitié depuis 1550.
  • 1665 : il y a 46 047 officiers au minimum dans le royaume ; il y en avait 4041 en 1515[8].
  • 1666 : Colbert dissout par arrêt du Conseil la guilde des tisserands toiliers du Mans, afin d’ouvrir leur métier aux nouveaux venus dans les zones rurales du Maine et de l’Alençonnais[9].
  • 1666-1692 : croissance régulière de la production lainière (0,58 % par an)[10].
  • 1669 : création d’un corps d’inspecteurs des manufactures chargé de fixer et de contrôler les normes pour améliorer la qualité des produits destinés à l’exportation, principalement dans l’industrie textile[6]. Il permet à Colbert de mettre au point une statistique industrielle.


  • Développement de l’industrie de la soie (Lyon, Vivarais, Nîmes). À Nîmes, le nombre de moulins à soie décuple entre 1661 et 1681. La fabrique de soierie triple à Lyon de 1661 à 1690.

DémographieModifier

  • La Pologne est dans un état lamentable : toutes les villes ont été incendiées et pillées. La population a diminué d’un tiers face aux épidémies (peste bubonique) et aux disettes, passant de dix à six ou sept millions d’habitants. Les exportations de seigle et de froment par Dantzig ont chuté de moitié depuis 1600. La production agricole a chuté de 25 % à 75 % selon les régions, surtout en Ukraine, razziée par les Tartares, et en Mazovie, ravagée par les Suédois. 20 % des réserves du domaine royal n’ont plus de cheptel.
  • Hongrie : la population de Transylvanie, décimée par les guerres du début du siècle, rattrape son niveau de la fin du XVIe siècle, soit 955 000 habitants au maximum. Elle est composée de six nationalités : une majorité magyare et sicule (500 000), la nation saxonne (90 000), les Roumains appelés Valaches (280 000), les Serbes appelés Rács, les Ukrainiens et d’autre groupes divers (85 000). On y parle cinq langues et y pratique six religions, sans compter les Juifs et les sectes comme celles des sabbataires ou abrahamites.
  • La Chine compte 104 700 000 habitants en 1661[11]. Cet accroissement de la population est dû aux mesures en faveur de la petite propriété au détriment du système latifundiaire.
  • L’empire espagnol d’Amérique compte 10 380 000 habitants dont 80 % d’Indiens, 6 à 7 % de Blancs, le reste est composé de Noirs et de Métis.
  • Moins de 2000 habitants d'origine européenne en Nouvelle-France en 1660. Ils sont 2500 en 1663. Jean Talon vient en Nouvelle-France en 1665 et établit de nouvelles mesures natalistes afin de favoriser la colonisation intégrale. Le premier recensement de 1666 compte 3 215 habitants d'ascendance européenne, soit 2 034 hommes et 1 181 femmes[12]. La colonie compte 6 282 personnes en 1668, 7 833 en 1675[13].
  • La Nouvelle-Angleterre compte 80 000 habitants d'origine européenne en 1663.

Notes et référencesModifier

  1. Alfredo Alvar Ezquerra, La Economía en la España Moderna, Ediciones AKAL, (ISBN 9788470904721, présentation en ligne)
  2. Jean-Baptiste Ferrari, Économie de la prévention et de l'assurance: Des risques bénins aux risques majeurs Emploi, industrie et territoire, Éditions L'Harmattan, (ISBN 9782296543713, présentation en ligne)
  3. Météo Wimmenau
  4. Alexandre Saint-Léger, Revue du Nord, vol. 46, Université de Lille, (présentation en ligne)
  5. Robert Muchembled, Michel Cassan, Les XVIe et XVIIe siècles, Éditions Bréal, (ISBN 9782853947305, présentation en ligne)
  6. a b et c Gérard Noiriel, Une histoire populaire de la France : De la guerre de Cent Ans à nos jours, Agone, (ISBN 9782748903027, présentation en ligne)
  7. Michel Peronnet, Alain Molinier, Henri Michel, Mireille Laget, Yves-Marie Bercé, Le XVIIe siècle 1620 - 1740 De la Contre-réforme aux Lumières, Hachette Éducation Technique, (ISBN 9782011814340, présentation en ligne)
  8. Emmanuel Le Roy Ladurie, Henry Méchoulan, André Robinet, L'Etat baroque: regards sur la pensée politique de la France du premier XVIIe siècle, Vrin, (ISBN 9782711608935, présentation en ligne)
  9. Emmanuel Le Roy Ladurie, L'Ancien Régime : L'absolutisme en vraie grandeur (1610-1715), Hachette, (ISBN 9782010209376, présentation en ligne)
  10. Tihomir J. Markovitch, Les industries lainières de Colbert à la Révolution, vol. 1, Librairie Droz, coll. « Histoire des industries françaises », , 501 p. (ISBN 9782600040754, présentation en ligne), p. 486
  11. Guerres et paix, Numéros 7 à 10, Institut français de polémologie, (présentation en ligne)
  12. Thomas Chapais, Jean Talon : intendant de la Nouvelle-France (1665-1672), S.-A. Demers, (présentation en ligne)
  13. Esdras Minville, Visions d'histoire du Canada et du Canada français, Les Éditions Fides, (ISBN 9782762115864, présentation en ligne)