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La grande peste de Londres de 1665 (en anglais : Great Plague) est une épidémie de peste bubonique qui frappa la ville de Londres en Angleterre et fit environ 75 000 morts (peut-être même 100 000)[1], soit environ 20 % de sa population.

DéroulementModifier

Elle fit plusieurs victimes pendant l'hiver 1664-1665, mais les grands froids empêchèrent son extension. Par contre, le printemps et l'été 1665 furent inhabituellement chauds et l'épidémie commença à prendre de l'ampleur. Le temps froid semble calmer le fléau de la peste en hiver. Cependant, en mai et juin, le nombre de morts commence à augmenter[2].

La peste commença par frapper les milieux les plus pauvres et passa donc relativement inaperçue au départ. La première victime, Margaret Porteous[3] est enregistrée officiellement le . On compte 700 morts par semaine dès mi-juillet, et le nombre de victimes atteint 6 000 par semaine à la fin du mois d'août. Il faut attendre le mois d'octobre pour enregistrer une décrue.

Les victimes sont alors enfermées chez elles et, pour éviter tout contact avec l'extérieur, leurs familles sont enfermées à leur côté, même lorsque les membres de ces familles sont sains. Une croix rouge est dessinée sur la porte des contaminés.

Il n'y a aucune obligation de signaler un décès aux autorités. Au lieu de cela, chaque paroisse nomme deux ou plusieurs « chercheurs de morts (en) », chargés d'inspecter un cadavre et de déterminer la cause du décès. Un chercheur a le droit de facturer une somme modique aux membres de la famille pour chaque décès signalé. La paroisse nomme donc habituellement quelqu'un qui serait autrement sans ressources et qui bénéficierait du soutien du tarif des pauvres de la paroisse. En règle générale, ce sont souvent de vieilles femmes illettrées qui sont les « chercheuses », mais elles sont peu au courant de l'identification des maladies et souvent ouvertes à la malhonnêteté.

Le système de chercheurs pour signaler la cause du décès se poursuivit jusqu'en 1836.

ImpactModifier

La grande peste de Londres est la cause principale du départ d’un grand nombre de personnes. Les pauvres sont les principales victimes, alors que les riches ont la possibilité de partir, soit en se réfugiant dans leurs résidences secondaires, soit en allant habiter chez des amis ou chez leur famille, à l'extérieur de la ville.

La famille royale quitte la ville dès juillet 1665 et ne revint à Londres qu'en février 1666. La peste affecte également une partie de la région, certains villages perdant jusqu'à 50 % de leur population. La maladie se propage en France où l'épidémie s'arrête avec l'hiver 1666.

Des cas sont encore signalés à Londres jusqu'en septembre 1666. Le grand incendie de Londres aide à l'éradication de la peste en brûlant les rats et les bactéries responsables de la maladie et de sa propagation en ville — même si cette hypothèse reste contestée. Lors de la reconstruction qui s'ensuit, des normes strictes sont imposées pour améliorer l'hygiène générale.

A la suite de La grande peste et du grand incendie de Londres de 1666, la capitale de l'Angleterre est reconstruite et le Parlement promulgue la loi de 1666 sur la reconstruction de Londres.

Le plus grand impact de la peste reste le nombre de victimes. En 1650, la population de l’Angleterre était d’environ 5,25 millions d’habitants ; elle est tombée à environ 4,9 millions en 1680, pour atteindre un peu plus de 5 millions en 1700. La population de Londres, quant à elle, était d’environ 575 000 habitants.

Pour pouvoir juger de la gravité d’une épidémie, il faut d’abord connaitre la taille de la population dans laquelle elle s’est produite. Il n’existe aucun recensement officiel de la population pour fournir ce chiffre, et le meilleur compte contemporain provient des travaux de John Graunt (1620-1674).

En 2019, on sait que la peste a fait perdre à la ville de Londres près de 50% de sa population.

Pour éviter de pareils drames à l'avenir, les bâtiments sont reconstruits en briques et en pierres, les bâtiments en bois sont rasés, des trottoirs sont créés et la ville est ainsi rajeunie.

Deux témoignages de ce catastrophique épisode de la vie de Londres peut être trouvé dans le journal tenu par Samuel Pepys ainsi que dans le livre de Daniel Defoe, Journal de l'année de la peste, écrit en 1720.

Agent pathogèneModifier

Des analyses de l'ADN relevé sur des milliers de victimes de l'épidémie ont révélé que la bactérie responsable était Yersinia pestis[4].

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Elisabeth Tuttle, Les Îles Britanniques à l'âge moderne (1485-1785) Hachette 1996
  2. Daniel Defoe, Journal de l'Année de la Peste, Galimard, , 384 p. (lire en ligne)
  3. « Londres, les crimes de la maladie et du feu », sur Regard(s) sur le monde, (consulté le 6 mai 2019)
  4. (en) Nicola Stanbridge, « DNA confirms cause of 1665 London's Great Plague », BBC Today programme, 8 septembre 2016.