Chronologie des faits économiques et sociaux dans les années 1650

Années :
Décennies :
Siècles :
Millénaires :

Chronologie de l'économie

Années 1640 - Années 1650 - Années 1660

ÉvénementsModifier

  • 1647-1652 : épidémie de peste en Espagne[1].
  • 1649-1652 :
    • mauvaises récoltes en Scandinavie.
    • mauvaises récoltes de grains en France. Disettes et épidémies. La population rurale diminue.
  • 1650-1730 : « Disette monétaire » en Europe due à une chute brutale des arrivées de métaux précieux du Nouveau Monde vers l'Espagne (4 millions de piastres par an, puis 1,1 million à partir de 1660). 45 tonnes d’équivalent argent sont envoyées d’Amérique vers l’Espagne en 1650.
  • 1651 - 1686 : radoucissement du climat et vendanges précoces ou moyenne en France, excepté 1672-1675)[2].
  • 1652-1653 : peste dans le Sud-Ouest de la France. Pic de hausse des prix.
  • 1652 :
  • 1653-1655 : peste et famine en Irlande.
  • 1654 : introduction de la pomme de terre en Hongrie.
  • 1655 :
  • 1656 - 1658 : peste en Italie. Lente remontée démographique en Italie après la peste (explosion des mariages, reprise de la natalité). Les régions de latifundia (Pouilles, Latium du Nord, Maremme toscane) à forte natalité comblent leurs pertes en 30-40 ans, les régions de petites propriétés (Campanie) plus lentement.
  • 1656 :
    • crise monétaire en Suède due à l’adoption du cuivre comme étalon monétaire (les pièces deviennent énormes). Fondation de la banque de Stockholm par Johan Palmstruch.
    • crise monétaire en Russie. Le gouvernement décide de frapper des roubles de cuivre pour remplacer, avec un cours égal, les roubles d’argent (5 millions de roubles de cuivre frappés en 5 ans).
    • édit royal établissant l'Hôpital général de Paris ; plus de six mille mendiants y sont regroupés dans le but de les mettre au travail. Des hôpitaux généraux sont créés dans la plupart des grandes villes de France, dans le cadre de la politique du « Grand Renfermement » des pauvres.
  • 1657 : le déficit budgétaire en Angleterre atteint 1,2 million de £.
  • 1659 : 300 000 émigrants portugais au Brésil depuis 1580.


  • Le commerce hanséatique, qui représentait les 3/4 du trafic avec la Baltique et la Norvège en 1620, ne correspond plus qu’au tiers sous l’effet de la concurrence hollandaise.
  • À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, les Habsbourg interviendront plus fréquemment dans leur possessions afin de protéger les paysans des excès du système seigneurial, et ainsi augmenter la rentabilité de la terre selon les données du mercantilisme. Malgré cela, la corvée est maintenue, y compris pour la construction de « châteaux baroques » à la campagne, alors à la mode. L’élevage se trouve entre les mains du seigneur qui importe des bêtes de race suisse et hollandaise et le pratique de façon intensive. Les forêts sont souvent des propriétés ecclésiastiques et l’on en commence l’exploitation systématique : celles du Wienerwald, possessions du souverain, servent à la construction de bateaux et de voitures.
  • En Bohême, les corvées atteignent 150 journées par an dans les années 1650-1660.
  • Plus de 200 000 luthériens sont expulsés de Bohême après 1650.
  • La baisse de la natalité en Angleterre provoque une augmentation des salaires réels. Les progrès techniques agricoles entraînent une amélioration du rendement. Un élargissement du marché économique s’amorce. Le commerce de détail se développe rapidement.
  • Les Néerlandais contrôlent 80 % du commerce de la laine espagnole. Les échanges avec la France (vin de Bordeaux notamment) dépassent 36 millions de livres.
  • Les Hollandais pratiquent une agriculture de plus en plus intensive (abandon de la jachère, assolements, amendements, engrais obtenus par l’augmentation de l’élevage, remembrements).
  • L’État suédois, appauvri par les guerres, se trouve dans l’obligation d’aliéner les terres de la couronne qui passent à la noblesse. Les propriétés de la noblesse suédoise s’étendent alors sur 72 % des terres (22 % en 1550, 30 % en 1700).
  • La noblesse danoise possède 44 % des terres (75 % à la fin du XVIIIe siècle).
  • Essor de Hambourg.
  • Dantzig exporte 250 000 tonnes de céréales en 1649 (40 000 tonnes en 1740).
  • Les universités les plus importantes en Allemagne sont du côté protestant Iéna, Wittemberg et Leipzig et du côté catholique Cologne, Vienne et Ingolstadt.
  • En France, Colbert organise rationnellement la production nationale sous contrôle de l'État.


  • Grève des transporteurs du sel de New York. Ils sont traduits en justice[3].
  • Début de l'industrie sucrière dans les Antilles françaises.
  • 7500 esclaves noirs par an en moyenne entrent au Brésil de 1650 à 1700.
  • Épidémie de variole en Amérique du Nord : Un Hollandais parcourant la Nouvelle-Néerlande rapporte en 1656 que les Indiens affirment qu’avant l’arrivée des chrétiens et avant que la variole ne se propage chez eux, ils étaient dix fois plus nombreux. Les Indiens Wampanoag de Martha's Vineyard, épargnés par la guerre, qui étaient peut-être trois mille à l’arrivée des Anglais en 1642, ne seront plus que 313 en 1764. Ceux de Block Island, qui sont de 1200 à 1500 en 1662, ne seront plus que 51 en 1774.

DémographieModifier

  • L’Italie compte 11,5 millions d’habitants vers 1650-1660. La Plaine du a perdu plus de 22 % de sa population depuis 1600. Les pestes ont ponctionné de 10 à 15 % de la population. Les villes plutôt que les campagnes semblent avoir davantage souffert, notamment à Venise.
  • Au milieu du siècle, Alger compte 150 000 habitants, dont 15 000 vieux Algérois, 40 000 renégats, 25 000 Morisques, 10 000 Levantins, 5 000 Turcs, de 5 000 à 6 000 Juifs, 3 000 Noirs et plus de 35 000 esclaves chrétiens. On y parle le turc, l’arabe, le berbère et la « lingua franca », formée du mélange de plusieurs langues.
  • Potosí compte 160 000 habitants.
  • Istanbul compte de 7 à 800 000 habitants.

Notes et référencesModifier

  1. Raphaël Carrasco, L'Espagne des validos : 1598-1645, Toulouse, Presses Univ. du Mirail, , 212 p. (ISBN 978-2-8107-0053-0, présentation en ligne)
  2. Emmanuel Leroy-Ladurie, Histoire du climat depuis l’An Mil, vol. 1, Flammarion, (ISBN 978-2-08-081108-0), p. 71
  3. Howard Zinn, A people's history of the United States : 1492-present, Pearson Education, , 729 p. (ISBN 978-0-582-77283-0, présentation en ligne)