Vincent Ferrier

saint, prêtre de l'Ordre dominicain

Vincent Ferrier
Saint catholique
Image illustrative de l’article Vincent Ferrier
Saint Vincent Ferrier par Juan de Juanes
(entre 1445 et 1450).
prédicateur, missionnaire
Naissance 23 janvier 1350
Valence
Décès 5 avril 1419  (69 ans)
Vannes
Nationalité Aragonais
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Vénéré à Cathédrale Saint-Pierre de Vannes, Valence, etc.
Canonisation 1455 Rome
par Calixte III
Vénéré par l'Église catholique romaine
Fête 5 avril (5 mai dans le diocèse de Vannes)
Saint patron patron des constructeurs, couvreurs, plombiers

Vincent Ferrier (en valencien Sant Vicent Ferrer) est un prêtre de l'Ordre dominicain, né le près de Valence (Couronne d'Aragon) et mort le à Vannes (Bretagne) qui est resté célèbre pour ses prédications publiques et ses conversions de Juifs et de Maures.

Une partie de ses reliques sont vénérées à la cathédrale Saint-Pierre de Vannes dont il est le saint patron de la ville ainsi que du Pays valencien.

BiographieModifier

Enfance et formationModifier

Vincent est le quatrième enfant d’un homme issu de la noblesse aragonaise, le notaire Guillem Ferrer, originaire de Palamos et de Constança Miquel. Selon certaines légendes - qui iront en multipliant les signes surnaturels[1] -, son père aurait fait un rêve avant sa naissance l’informant qu’il aurait un fils dominicain. Il est le frère de Boniface Ferrier, chartreux, élu prieur de la Grande Chartreuse et général de l'ordre en 1402[note 1].

Il fut baptisé dans l’église Saint-Étienne et nommé d’après saint Vincent de Saragosse, le patron de sa ville natale, Valence.

À l’âge de 19 ans, Vincent Ferrer entre dans l’Ordre des Prêcheurs, communément appelé l’Ordre dominicain. Les premières années, il est tenté de quitter l’habit mais ses parents l’incitent à continuer sa formation. Bien leur en est puisque, dès l’âge de vingt ans, il donne des cours de logique puis écrit deux ouvrages, l'un traitant d'astronomie, l'autre de dialectique. En 1379, il est ordonné prêtre à Barcelone. Dans un premier temps, il enseigne la théologie à Barcelone puis à l’université de Lérida, où il obtient un doctorat de théologie. Il s’y fait connaître pour ses talents d’orateur.

Prédications en EuropeModifier

Son charisme et son influence populaire sont tels qu'il devient un personnage-clé dans les troubles politico-religieux liés au Grand Schisme d'Occident. Proche de Pedro de Luna, alors cardinal et futur Benoît XIII, Vincent Ferrier se rallie tout d'abord à la papauté d'Avignon, rejetant la légitimité d'Urbain VI dans son traité De moderno ecclesiae schismate. Il devient par la suite confesseur de Benoît XIII, désormais antipape et figure emblématique de la résistance à Rome. Mais, dans un souci d'union de l'Église, il finit par se résigner à abandonner la cause de Benoît pour reconnaître le pape romain. Son acte de renonciation officiel intervient en 1416, à l'époque où le Concile de Constance s'emploie à mettre fin au schisme.

 
Saint Vincent Ferrier,
détail d'un tableau de Giovanni Bellini.

Infatigable prêcheur, évangélisateur et prosélyte de l'Europe pendant vingt ans, de 1399 à sa mort, il parcourt l'Espagne, l'Italie, la Suisse, et va même jusqu'en Écosse. Il est souvent accompagné d'un nombre impressionnant de disciples, au point qu'il doit essentiellement prêcher dans de grands espaces extérieurs pour pouvoir être entendu de la foule. On lui prête le don des langues, au vu de sa capacité à communiquer avec tant de peuples différents, ainsi que celui de guérison. Il est considéré comme « le plus grand des missionnaires populaires de son temps »[2].

En dehors des questions papales, son rôle politique est particulièrement important en Espagne, où il aide Ferdinand de Castille à accéder à la couronne d'Aragon dans un contexte de succession difficile (cf. Compromis de Caspe, en 1412)[2].

Auprès des JuifsModifier

Vincent Ferrer fait partie de l'histoire antijudaïque de l'Espagne, de triste mémoire[3],[4]. Il aborde « la question juive » en Espagne en prêchant la conversion des Juifs[5]. Son œuvre prosélyte est facilité par sa connaissance de l'hébreu, des traditions et des Saintes Écritures[6].

 
Statue de Vincent Ferrier sur la fontaine de la Plaça de Sant Vicent Ferrer, à Valence, anciennement quartier juif de la ville, ayant subi un pogrom en 1391, notamment à l'instigation de Ferrier.

Dans La Foi triomphante paru en 1691, le jésuite de Gérone, Francisco Garau rapporte que Vincent Ferrier disait que les Juifs étaient « des animaux avec des queues et menstrués comme les femmes »[7]. Sa devise était : « Le baptême ou la mort »[8]. Il disait également des Juifs : « La première bête [de l’Écriture : Daniel 7:2-7] signifie le schisme des Juifs sous le règne de Jean. Les Juifs ont la cruauté du lion, mais à présent on leur a arraché leurs énormes ailes, ils ont été retirés de la terre des fidèles du Christ et rejetés dans un coin du monde où ils persévèrent dans les pensées et les effets de leur cœur dépravé »[9].

En bon communicant de masse, comme on dirait actuellement, il fait « porter la responsabilité de la mauvaise situation économique ou de la dégénération morale sur une classe aux soutiens instables ou sur celle qu’on veut priver de la position importante qu’elle occupe dans la société », à savoir celle des Juifs[2]. Il s'adresse à une population précédemment décimée par la grande peste et « marquée par un sentiment mortel d’impuissance que Vincent Ferrier invitait à la pénitence »[2].

Il est ainsi également l'un des instigateurs du pogrom de 1391 qui a fait 5 000 morts dans le quartier juif de Valence[10],[11],[12], où se trouve actuellement la Plaça San Vicente Ferrer et une statue à son effigie trônant sur la fontaine centrale. Des auteurs nient que Ferrier était à Valence en 1391 et insistent sur le fait qu'il n'approuvait pas la violence, bien qu'il pensait que « la perte était une bonne occasion d'intensifier la catéchèse »[13],[14]

En effet, Ferrier écrit au début du XVe siècle : « Les apôtres qui ont conquis le monde ne portaient ni lances ni couteaux. Les chrétiens ne doivent pas tuer les Juifs avec le couteau, mais avec la parole et pour cela les émeutes qu'ils font contre les Juifs, ils les font contre Dieu même, car les Juifs doivent venir d'eux-mêmes au baptême »[15],[16] ou « Vous autres, avez-vous une consolation quand un Juif se convertit ? Il y a beaucoup de Chrétiens assez fous pour ne pas en avoir. Ils devraient les embrasser, les honorer et les aimer ; au contraire ils les méprisent parce qu’ils ont été Juifs. Mais ils ne doivent pas l’être, car Jésus-Christ a été Juif et la Vierge Marie a été juive avant d’être chrétienne. C’est un grand péché que de les avilir. Ce Dieu circoncis est notre Dieu et tu seras damné comme l’est celui qui meurt juif. Car on doit leur enseigner la doctrine pour qu’ils soient au service de Dieu »[15],[16], [17] et aussi : « Il faut avoir pour [les Juifs] d'autant plus de sympathie que Jésus-Christ et la Sainte Vierge étaient de race juive[18]. Cette douceur nouvelle ne semble pas avoir convaincu tous les Juifs d'alors convertis de force puis, accusés de crypto-judaïsme, qui se plaignent d'avoir eu à « céder à la violence et à la nécessité et pour éviter de plus mauvais traitements » encore, et que « Ferrier soit aussi grand persécuteur que calomniateur »[19],[17].

Le controversé pape Sixte IV eut tôt fait de punir sévèrement ces Juifs convertis par le charismatique Ferrier mais si peu profondément qu'ils ont préservé leur religion première, entre pénitences, humiliations publiques, cachots et bûchers dans toutes les villes d'Espagne[20].

Ferrier prêche aussi la séparation complète des Juifs et des chrétiens et serait donc un des instigateurs de la création des « juderias » en Espagne[15].

Selon le Frère Bertrand-Marie Guillaume, « son empathie et sa bienveillance à leur égard, ainsi que sa connaissance approfondie de l’hébreu et de la Torah, lui permirent de gagner au Christ nombre d’entre eux, y compris des rabbins, tel Yeoshua ha-Lurqui qui prit le nom de Jérôme de Sainte Foi. Une fois converti, ce dernier voulut convertir un grand nombre de juifs. Dans ce but, il convoqua à Tortosa des conférences contradictoires entre rabbins et théologiens. Il semble que saint Vincent tint un grand rôle, même s’il ne participa pas à toutes les séances qui s’étalèrent sur deux années. Il contribua au mouvement massif de conversion qui toucha les juifs d’Aragon et d’autres régions d’Espagne »[1].

Dans son étude des sermons de Vincent Ferrier, Ricardo Muñoz Solla de l'université de Salamanque « a attiré l’attention sur la valeur de ces sermons comme stratégie de persuasion. L’auteur établit que probablement « les légendes ont parlé plus que les sermons eux-mêmes, car il est difficile d’imaginer que grâce à un seul sermon puissent se produire autant de conversions au christianisme, et qu’au fond ce qui s’est développé autour du travail de prédication de Vincent Ferrier, a été un bon nombre de stratégies ne faisant pas partie du discours linguistique mais dépendant essentiellement du contexte »[21]. Parmi les différentes clefs que Muñoz Solla considère importantes pour mieux comprendre la raison de l’efficacité de Vincent Ferrier, il faut mettre en exergue le style, l’usage des citations bibliques afin d’introduire des arguments négatifs contre les Juifs, la création fictive de dialogues entre l’auditoire juif et le prédicateur, et le recours à la peur »[21],[2].

En fait, de nombreux chercheurs considèrent que « l’exaltation homilétique du frère Vincent Ferrier au début du XVe siècle en Castille, en Aragon et en Catalogne, dans le but d’encourager la conversion des Juifs... incitait [théoriquement] à la violence et soutenait la mobilisation contre eux »[22],[2].

Pour l'historien Salomon Mitrani-Samarian, « tout en s'efforçant de modérer la sauvagerie des massacreurs, il faisait entrer dans le giron de l'Église les malheureux Juifs qui, pour échapper à la mort, se réfugiaient dans les églises  » et il aurait selon ses apologistes converti 25 000 à 30 000 Juifs[15]. Un rabbin de l'époque affirmait en s'en désolant, que Vincent Ferrier avait converti, au total, « plus de 200 000 Juifs »[23],[19],[24].

Appropriation de la synagogue de TolèdeModifier
 
Ancienne synagogue de Tolède convertie en église Santa María La Blanca

Les sources divergent sur la nature des événements (invasion pendant un sermon obligatoire ou bien massacres pendant le culte synagogal), sur la date (1391 ou 1411) et la part majeure ou accessoire que prit Ferrier dans l'appropriation de la grande synagogue de Tolède puis sa transformation en l'église Santa Maria la Blanca[25],[26],[24],[10].

La version du père Fages en 1901 est que prêchant un jour dans l’église d'un faubourg de Tolède devant une immense foule, Vincent Ferrier interrogea : « Est-il possible que vous supportiez de tels monuments de perfidie (les synagogues) ? Allons à la synagogue. Qu’elle devienne le plus beau sanctuaire dédié à la Mère de Dieu, dans cette ville qui lui est consacrée »[27]. Alors, il serait allé ardemment vers la grande synagogue de Tolède, son crucifix élevé, où le peuple le suit. Frappés de terreur, les Juifs assistent sans protester à la prise de possession de leur temple et par la suite, les convertis pour la plupart y reviennent, soi-disant pour « adorer celui que leurs pères avaient crucifié », écrit son biographe catholique[28].

En FranceModifier

 
Statue de Saint Vincent Ferrier, Musée d'histoire et d'archéologie de Vannes

La France n'est pas oubliée dans ses missions, il en parcourt tout le Sud avec succès. Il y a souvent foule pour venir l'écouter et il impressionne ses auditeurs. Par exemple, la localité de Puy-Saint-Vincent en Vallouise (Hautes-Alpes), qui s'appelait auparavant Puy-Saint-Romain, prend son nom après son passage dans les Alpes du Sud. En 1417, il séjourne en Bourgogne avant d'être appelé l'année suivante en Bretagne par Jean V, duc de Bretagne. Il passe par Nevers, Tours, Angers, Nantes, également l'Auvergne, et parvient à Vannes, au siège de la cour ducale. Puis, il parcourt la Bretagne en direction du nord jusqu'à rejoindre Caen afin de rencontrer le roi d'Angleterre Henri V pour l'inviter à mettre fin à la guerre de Cent Ans. Son succès ne dure que quelques semaines.

À nouveau à Vannes, il sillonne encore un peu la région, avant de revenir à son port d'attache épuisé et malade. Il y meurt le .

CanonisationModifier

Après les nombreux miracles constatés sur sa tombe, qui lui sont attribués, le duc de Bretagne Jean V (1399-1442) demande que le dominicain soit canonisé. L’enquête en vue de sa canonisation reconnaît comme authentiques 873 miracles[1]. Calixte III proclame sa canonisation le et son successeur Pie II signa la bulle de canonisation le 12 octobre 1458. Le pape désigne le prélat breton Alain de Coëtivy pour lever les reliques du tombeau ; la cérémonie a lieu à Vannes le [29][source insuffisante].

En 1955, pour le Ve centenaire de la canonisation de saint Vincent Ferrier, le pape Pie XII vante « ce héraut de la parole divine, ce prédicateur de la vertu, cet admirable médiateur de la paix »[30].

Il est fêté le 5 avril, date de son dies natalis, sa « naissance au ciel » et le 6 septembre, en mémoire de la translation de ses reliques[1].

SurnomsModifier

Elevé aux nues pour son zèle et les miraculeux exploits qu'on lui accordait, il était surnommé « l'Étoile brillante de l'Espagne, la Lumière de Valence, le Prodige de l'univers, le Modèle des Dominicains » ou « la Gloire des Saints glorifiés » quand les Juifs d'alors l'appelaient « Mummar » ou « l'Apostat » pour ce qu'il leur avait fait[19].


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ProtectionModifier

Il est le patron des travailleurs de la construction en général, et plus particulièrement des :

Dévotions particulièresModifier

PostéritéModifier

 
Plaque indiquant la place sant Vicent Ferrer à Valence

Le culte de Vincent Ferrier et de ses reliques fut entretenu sans interruption à travers les siècles. Il fut largement diffusé en Bretagne, notamment à Vannes. « Grâce aux Espagnols, son culte s’est largement répandu en Italie, spécialement à Naples, qui était une possession de la couronne de Castille ; il s’étendit en Amérique latine par l’entremise des missionnaires dominicains partis d’Espagne »[1].

À Valence, depuis 1950, sa maison natale est devenue une petite église et un lieu de formation et d'études de la vie dominicaine.

Également à Valence, existe encore aujourd'hui un orphelinat que Vincent Ferrier fonda en 1410, alors le premier du pays.

De nombreuses statues restent érigées encore en son honneur.

En iconographie, il est généralement représenté avec son index levé vers le ciel et avec une paire d'ailes derrière lui. Ce dernier attribut est dû à sa dénomination comme legatus a latere Christi (sorte de représentant personnel du Christ) et au titre d '« ange de l'Apocalypse » grâce à ses sermons au cours desquels il avait l'habitude d'aborder le thème du Jugement dernier et même d'annoncer l'arrivée imminente de l'Antéchrist (comme il le fit lors de sa prédication dans la ville de Tolède en 1411).

De nombreux lieux en Espagne portent son nom.

ReliquesModifier

Des ossements de saint Vincent Ferrier conservés dans un reliquaire (dans une timbale en argent placée dans un coffret) exposé sous une châsse placée sur l'autel) ont été volés en septembre 2020 dans l'église paroissiale Notre-Dame-des-Sept-Douleurs de Garlan[32].

ŒuvresModifier

  •  
    Lettre des députés de la Diputació del General à Vincent Ferrier, l'informant des événements et de la situation de la ville de Valence, et lui demandant d'y venir au lieu d'aller à Majorque, 13 juin 1409
    Traité de la vie spirituelle
  • Sermons, traduits du valencian par Patrick Gifreu et préfacés par Josianne Cabanas, Éditions de la Merci, 2010 (ISBN 9782953191752)
  • Questions solennelles sur l’unité de l’universel
  • Le traité des suppositions dialectiques
  • Traité pour dés aveugler les juifs

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Collectif, « Saint Vincent Ferrier (1419-2019) », Sedes Sapientiæ, no 148 (numéro spécial), Chémeré-le-Roi, Société Saint-Thomas-d'Aquin, , 120 p.
  • Collectif (préf. Najeeb Michaeel), Saint Vincent Ferrier : voix de Dieu au cœur de la guerre de cent ans, Paris, Héritage architectural, 2019, 176 p.
  • (es)Elena Dantas, Fratricidio y contricción: Breve historia del antisemitismo Cristiano, 2006, AuthorHouse, (ISBN 1420865048).
  • Pierre-Henri Fagès, Histoire de saint Vincent Ferrier, apôtre de l'Europe, Paris, Picard, 2 vol., 1901.
  • Pierre-Henri Fagès, Procès de canonisation de saint Vincent Ferrier. Enquête de Bretagne, Moulins, imprimerie bourbonnaise, 1904.
  • Pierre-Henri Fagès, Notes et documents de l’histoire de saint Vincent Ferrier, Paris, Picard, 1905.
  • Henri Ghéon, Saint Vincent Ferrier, Paris, Flammarion, 1939 (rééd. 2019, DMM).
  • Mathieu-Maxime Gorce, Bases de l'étude historique de saint Vincent Ferrier, Paris, Plon, 1923.
  • Mathieu-Maxime Gorce, Saint Vincent Ferrier (1350-1419), Paris, Plon, 1924.
  • Paul-Bernard Hodel, Le Tractatus de moderno ecclesie scismate de saint Vincent Ferrier (1380), Fribourg, Universitaires Fribourg Suisse, 2008.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Boniface Ferrier (ca.1350-1417), né à Valence, docteur in utroque jure et en théologie, père de famille, il est député aux Cortès de Monzon en 1389, et emprisonné. Veuf, il entre le 21 mars 1396 à la chartreuse de Porta Cœli. Prieur en 1400, il est légat pontifical auprès du roi de France en 1401 et élu prieur de la Grande Chartreuse en 1402. Il démissionne avec le général urbaniste, Etienne Maconi, en faveur de la réunification de l'ordre en 1410, puis reprend sa charge sur ordre de Benoît XIII, son pouvoir est borné aux maisons d’Espagne. Il est élu compromissaire pour la réunion à Caspe de 1412. Il a traduit la Bible de Valence (es).

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Frère Bertrand-Marie Guillaume Lainey, « Saint Vincent Ferrier, apôtre et homme d’action - aperçu biographique », sur FSVF, (consulté le 3 octobre 2020)
  2. a b c d e et f Moisés Orfali, « La prédication chrétienne sur les Juifs dans l’Espagne du bas Moyen Âge », Revue de l’histoire des religions, no 1,‎ , p. 31–52 (ISSN 0035-1423, DOI 10.4000/rhr.7832, lire en ligne, consulté le 7 octobre 2020)
  3. (es) Gonzalo Alvarez Chillida et Ricardo Izquierdo Benito, El antisemitismo en España, Univ de Castilla La Mancha, (ISBN 978-84-8427-471-1, lire en ligne), p. 16-17
  4. (en) Elena Dantas, Fratricidio Y Contricion: Breve Historia Del Antisemitismo Cristiano, Author House, (ISBN 978-1-4634-7306-8, lire en ligne), p. 45-46
  5. Les chrétiens comptent également qu'il convertit 8 000 Maures. Histoire universelle, op. cit., p. 521
  6. (en)Sanchis y Sivera, José (2009). Historia de san Vicente Ferrer. Charleston: BiblioLife. p. 190. (ISBN 978-1-113-38349-5).
  7. Garau, Francisco, 1640-1701., La fe triunfante, M. Font, (ISBN 84-86366-00-3 et 978-84-86366-00-1, OCLC 22957260, lire en ligne)
  8. Elena Dantas (2006) Fratricide et contrition: une brève histoire de l'antisémitisme chrétien, pp. 45-46
  9. José María de Garganta O.P. y Vicente Forcada O.P., Biografía y Escritos de San Vicente Ferrer, Madrid, 1956 (« Biblioteca de Autores Cristianos » 153), p. 460
  10. a et b Samuel Toledano, « Toledo : Capitale de Sepharad », 1989, Rencontres, 1990, pp. 37-41
  11. « Les juifs d’Oran dans Oran-Mazalquivir 1589-1639 - Beatriz Alonso Acero - La Lettre Sépharade en ligne », sur www.lalettresepharade.fr (consulté le 16 août 2020)
  12. Michèle Escamilla, « L'Unité politique aux dépens du judaïsme en Espagne », p.25-50, dans Esther Benbassa et Pierre Gisel, L'Europe et les juifs , Labor et Fides, 2002 (p.35), lire en ligne
  13. (es) Luis Suárez Fernández, Los judíos, Grupo Planeta (GBS), (ISBN 978-84-344-6779-8, lire en ligne)
  14. En Espagne comme en Italie, en Angleterre ou aux Pays-Bas, il était habituel de dépouiller de tous ses biens le Juif qui acceptait le baptême, même si une prime lui était ensuite attribuée - qu'on levait sur les autres Juifs. Lire en ligne
  15. a b c et d Salomon Mitrani-Samarian, « Revue des études juives - n°108, p.241-245, Un sermon valencien de saint Vincent Ferrer »,
  16. a et b M.-M. Gorce, Saint Vincent Ferrier, op. cit., p. 238
  17. a et b Macina, « 5. Les juifs dans la prière et l’espérance de l’église », dans Antisémitisme et mystère d'Israël, Editions Tsofim, 2013 (reprint éd. 1955) (lire en ligne)
  18. Voir Manuscrits catalans, t. VI, f° 257
  19. a b et c Histoire universelle depuis le commencement du monde jusqu'à présent, contenant l'histoire... de la dispersions Juifs et de leur triste Condition, depuis la Ruine de Jérusalem jusqu'à notre Tems (trad. de l'anglais, Livre 19), t. 23, Arkstée & Merkus, (lire en ligne), chap. VI (« Histoire des Juifs en Espagne depuis le Quinzième siècle, et leur expulsion de ce Royaume & de celui du Portugal »), p. 521
  20. Après qu'il est découvert que de nombreux Juifs convertis de force par Vincent Ferrier ont préservé leur judaïsme, le « Pontife ordonna à l'Inquisition de veiller et de punir sévèrement les délinquans, exhortant tous les Princes Chrétiens à donner main forte aux Exécuteurs. Le Décret fut affiché dans toutes les villes d'Espagne (...) on... brûla deux-mille Juifs (...) On enferma les autres dans des cachots, où ils souffrirent longtems (...) On n'épargna pas les morts ; on déterra leurs os qu'on fit brûler, on confisqua leurs biens, & on priva les familles de tous les droits qu'ils avaient à la succession de leurs Pères... », Histoire universelle, op. cit., p. 522. Lire en ligne
  21. a et b Ricardo Muñoz Solla, « Estrategias de persuasión y oyentes judíos en dos sermones de san Vicente Ferrer », El Olivo 49 (1999), p. 28-30
  22. Voir Francisca Vendrell, « La actividad proselitista de San Vicente Ferrer durante el reinado de Fernando I de Aragón », Sefarad 13 (1953), p. 87-104, doc. I ; Roque Chabás, « Estudio sobre los sermones valencianos de San Vicente Ferrer », Revista de Archivos Bibliotecas y Museos 6 (1902), p. 1-6, 155-168 ; 7 (1902), p. 131-142, 419-439 ; 8 (1903), p. 38-57, 111-126, 291-295 ; 9 (1903), p. 85-102 ; José María Millás Vallicrosa, « En torno a la predicación judaica de San Vicente Ferrer », Bulletin de la Real Academia de la Historia 142 (1958), p. 191-198 ; Ytzhak Baer, Historia de los judíos en la España cristiana, traduction de l'hébreu par José Luis Lacave, Madrid 1981, vol. II, p. 383sq ; Dolors Bramon, Contra moros i jueus, Valencia, 1981 ; Isabel Montes Romero-Camacho, « Antisemitismo sevillano en la Baja Edad Media : el pogrom de 1391 y sus consecuencias », in III Colloque de Historia Medieval andaluza, Jaén, 1984, p. 59 sq ; Pedro Manuel Cátedra García, « La predicación castellana de San Vicente Ferrer », Bulletin de la Real Academia de Buenas Letras de Barcelone 39 (1983-1984), p. 235-309.
  23. « Traité pour désaveugler les juifs - St Vincent Ferrier - Librairie française », sur www.librairiefrancaise.fr (consulté le 17 décembre 2019)
  24. a et b (en) Paola Tartakoff, « Christian kings and Jewish conversion in the medieval Crown of Aragon », sur www.medievalists.net, Journal of Medieval Iberian Studies, Vol. 3, No. 1, (consulté le 19 juin 2019).
  25. Michel Despland, « La religion en Occident: Grandes ou petites vérités? », dans Critère, no 32, automne 1981, reproduit sur L'Encyclopédie de L'Agora. Consulté le 24 août 2007.
  26. (en) Anna Foa, « The Jews of Europe after the Black Death », sur Google Books, University of California Press, p. 88
  27. Tolède était consacrée à la Sainte Vierge depuis une célèbre apparition à saint Ildefonse, originaire puis évêque de cette ville.
  28. R. Père Fages, Histoire de saint Vincent Ferrier, Louvain, 1901, tome Ier, p. 193. Lire en ligne
  29. « Saint Vincent Ferrier (Espagne), de l'Ordre des Frères Prêcheurs, missionnaire en Bretagne », sur www.infobretagne.com (consulté le 2 septembre 2016)
  30. Lettre du pape Pie XII pour le Ve centenaire (de la canonisation) de saint Vincent Ferrier, 16 juin 1955, publiée dans les Documents Pontificaux de sa sainteté Pie XII, tome pour l’année 1955, éd. Saint-Augustin, Suisse, 1957, p. 184
  31. Journal Le Figaro, n° du 28 juillet 1925, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2944578/f4.image.r=Ploudalm%C3%A9zeau?rk=643780;0
  32. Pauline Brisset, Les ossements de Saint Vincent Ferrier volés dans l'église de Garlan, journal Le Télégramme de Brest et de l'Ouest, n° du 26 septembre 2020.