Umaro Sissoco Embaló

homme d'État de Guinée-Bissau

Umaro Sissoco Embaló
Illustration.
Umaro Sissoco Embalo
Fonctions
Président de la République de Guinée-Bissau
En fonction depuis le
(4 mois et 3 jours)
Élection 29 décembre 2019
Premier ministre Nuno Gomes Nabiam
Prédécesseur José Mário Vaz
Premier ministre de Guinée-Bissau

(1 an, 2 mois et 13 jours)
Président José Mário Vaz
Prédécesseur Baciro Djá
Successeur Artur Silva
Biographie
Nom de naissance Umaro Mokhtar Sissoco Embaló
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Bissau (Guinée portugaise)
Nationalité bissau-guinéenne
Parti politique PAIGC puis MADEM G-15
Conjoint Dinisia Reis Embaló
Diplômé de université technique de Lisbonne
université complutense de Madrid
Religion islam[1]

Umaro Sissoco Embaló
Premiers ministres de Guinée-Bissau
Présidents de la République de Guinée-Bissau

Umaro Sissoco Embaló, né le à Bissau, est un homme d'État Bissau-guinéen. Il est Premier ministre du au et président de la République depuis le .

BiographieModifier

Famille et formationModifier

Peul musulman, de mère d'origine malienne et de père burkinabè[2],[3],[4], Umaro Sissoco Embaló[5]est titulaire d'une licence en relations internationales, obtenue à l'Institut supérieur des sciences sociales et politiques à l'université technique de Lisbonne, puis d'une maîtrise en sciences politiques à l'Institut d'étude internationale de Madrid en Espagne et d'un doctorat en relations internationales à l'université complutense de Madrid[réf. nécessaire]. Par ses origines, et ses études en Espagne et au Portugal, il maîtrise plusieurs langues telles que le portugais, l'espagnol, le français et l'arabe[2],[3].

Marié à une chrétienne, il est père de trois enfants[6].

Carrière professionnelleModifier

Général de brigade, de l'armée de réserve (il a quitté l'armée dans les années 1990)[2], Umaro Sissoco Embaló est un spécialiste des aspects de défense, et de relations diplomatiques[2]. Il dispose d'un réseau à l'international, ayant été représentant en Afrique de l’Ouest d’un fonds d’investissement libyen, la Libyan African Investment Company (Laico), et chargé de mission diplomatique pour le président Nino Vieira[2],[3].

Parcours politiqueModifier

Premier ministreModifier

Il a été surtout Premier ministre du président José Mário Vaz, du au , date à laquelle il démissionne[2],[3]. Nommé par consensus suite à l'accord de Conakry[7], sa nomination est cependant contestée par le PAIGC[8], ce qui mène à sa démission à la demande de la Cédéao[9].

Élection présidentielle de 2019Modifier

Il devient ensuite vice-président du Madem-15[10].

Il est candidat à l'élection présidentielle de 2019[11]. Durant la campagne, il porte un keffieh, qui devient l'une de ses marques[12]. Durant la campagne, il estime que les forces armées nationales peuvent se substituer aux forces de la CEDEAO[10]. Il arrive deuxième du premier tour, derrière Domingos Simões Pereira, le dirigeant du parti longtemps au pouvoir à partir de l'indépendance, le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC)[13]. Il réussit à rallier plusieurs prétendants à lui pour le second tour, notamment le président sortant José Mário Vaz, l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Júnior[14] et Nuno Gomes Nabiam[15]. Embaló revendique sa victoire le lendemain du scrutin[16] et l'emporte finalement[2],[3],[17]. Son rival conteste cependant les résultats auprès de la Cour suprême, sans avoir toutefois déposé de réclamation auprès de la commission électorale[18]. Celle-ci doit s'exprimer dans les sept jours[19]. Le recours est rejeté le pour ce vice de forme[20]. Le , peu après la confirmation des résultats par la commission électorale, la Cour suprême appelle à une recomptage des voix[21]. Le , elle appelle à une vérification[22].

La commission électorale a de nouveau donné, le , Umaro Sissoco Embaló vainqueur du scrutin, après une vérification des procès-verbaux du second tour demandée par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) pour tenter de sortir le pays de l'impasse politique[23].

Il annonce prendre ses fonctions le [24]. Le , la CEDEAO donne à la Cour suprême jusqu'au pour trancher de la question[25]. Le , la Cour suprême rejette la demande du PAIGC d'annuler le second tour[26]. Par ailleurs, rejetant la médiation de la CEDEAO, celle-ci appelle de nouveau la commission électorale à vérifier les procès-verbaux[27]. Tout en prenant acte de la publication des résultats définitifs, la CEDEAO appelle la Cour suprême et la commission électorale à régler le contentieux[28]. Les procès-verbaux sont de nouveau vérifiés le [29]. Il reçoit notamment les soutiens du président nigérian Muhammadu Buhari, de son homologue sénéglais Macky Sall et du président congolais Denis Sassou-Nguesso[30].

Président de la RépubliqueModifier

InvestitureModifier

Son investiture, non approuvée par la majorité des membres du Parlement, a lieu le à 11 heures du matin dans un hôtel de Bissau[31]. Il prête serment en présence du président sortant Vaz, du premier vice-président de l'Assemblée nationale populaire, Nuno Nabiam, du président de la commission électorale, du procureur général, du chef d'état-major[32] et des députés membres du Parti du renouveau social et du Mouvement pour l'alternance démocratique G-15. La cérémonie se déroule sous protection militaire et en l'absence de tout chef d'État ou représentant de la communauté internationale, malgré la présence des ambassadeurs de Gambie et du Sénégal[33],[34]. Elle est suivie par la passation de pouvoir au palais présidentiel[35].

Premières mesuresModifier

Le Premier ministre Aristides Gomes, nommé par le prédécesseur d'Umaro Sissoco Embaló, dénonce une « tentative de coup d'État »[36]. Aristides Gomes est limogé le lendemain de l'investiture et Umaro Sissoco Embaló nomme comme Premier ministre Nuno Gomes Nabiam, un des candidats malheureux du premier tour de la présidentielle, qui l'avait rallié lors du second tour[36]. Le nouveau président justifie cette décision par l'impossible cohabitation entre les deux hommes[37]. En réaction, 54 députés de l'Assemblée nationale sur 102 investissent[38] le président Cipriano Cassamá comme président par intérim, alors qu'Embaló réside au palais présidentiel[39]. L'armée prend le contrôle du siège de la télévision et de la radio[40] (rouverts le [41]), ainsi que le siège du gouvernement, le palais de justice[42], le Parlement et la Cour suprême[43]. Le 1er mars, Cassamá annonce renoncer à la présidence par intérim, évoquant des menaces de mort[44]. Le nouveau gouvernement est assermenté le [45].

Politique intérieureModifier

Le , il refuse l'entrée sur le territoire national de la mission d'experts constitutionnalistes de la CEDEAO et annonce la fin de la mission militaire ouest-africaine d'ici la fin du mois[46].

Le , face à la pandémie de maladie à coronavirus de 2019-2020, il ordonne la fermeture des frontières terrestres, aériennes et maritimes[47]. Un confinement partiel est décrété le [48]. Le , l'état d'urgence est décrété. Par la suite, le Premier ministre, le ministre de la Santé et celui de l'Intérieur ont été contaminé, alors que le commissaire principal du pays est décédé[49].

Le 12 mai, conformément à ses engagements électoraux, il forme une commission d'expert sur une révision de la Constitution. Le panel dispose de 90 jours pour proposer les amendements qui seront soumis à référendum[50].

Le 25 mai, il mène des consultations parlementaires et déclare caduc l'accord de coalition de 2019. Il estime par ailleurs détenir la majorité, alors que 4 des 5 députés de l'APU refusent de soutenir le gouvernement. Il menace alors de dissoudre l'Assemblée[51]. Le 26 juin, cinq députés du PAIGC rejoignent la coalition au pouvoir[52].

Politique étrangèreModifier

Son premier voyage officiel a lieu au Sénégal[53], dans le cadre d'une tournée qui l'a aussi mené au Niger[54] et au Nigeria[55].

Le , il est reconnu par la CEDEAO, qui lui demande cependant de nommer un nouveau Premier ministre d'ici le . L'organisation préconise également une réforme de la constitution dans les six mois, alors qu'Embaló évoque des législatives anticipées[56]. Sa victoire est reconnue par l'Organisation des Nations unies (ONU) dans la foulée[57].

GalerieModifier

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RéférencesModifier

  1. « Guinée-Bissau : pourquoi Pereira a-t-il décidé de contester la victoire d'Embalo? », sur La Tribune (consulté le 4 janvier 2020).
  2. a b c d e f et g « Guinée-Bissau : victoire de l’opposant Umaro Sissoco Embalo, contestée par son adversaire », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. a b c d et e Tanguy Berthemet, « Un opposant à la tête de la Guinée-Bissau », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  4. [« Le Premier ministre de Guinée Bissau en visite au Mali : "Je viens au pays de mes oncles" », malijet.com,‎ (lire en ligne)
  5. « Guinée Bissau : Umaro Sissoco Embalo vient « profiter de l’expérience du Burkina », Burkina24.,‎ (lire en ligne)
  6. « En Guinée Bissau, Umaro Embaló va se tailler une Constitution lui accordant plus de pouvoirs », sur L'Opinion, (consulté le 6 avril 2020).
  7. « Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo nommé Premier ministre – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 10 février 2020).
  8. « L'ONU exhorte le président de Guinée-Bissau à nommer un nouveau Premier ministre », sur VOA, VOAAfrique (consulté le 10 février 2020).
  9. « Guinée-Bissau: démission du Premier ministre – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 10 février 2020).
  10. a et b « Guinée-Bissau – Umaro Sissoco Embaló : « Les forces de la Cedeao ne sont pas mieux placées que notre armée pour sécuriser le pays » – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 6 avril 2020).
  11. « Bissau : le président Vaz se représentera en indépendant (entourage) », Africanews,‎ (lire en ligne).
  12. « Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo, le "général" élu président », TV5 Monde,‎ (lire en ligne).
  13. « Présidentielle en Guinée-Bissau : un second tour opposera Domingos Simões Pereira à Umaro Sissoco Embaló », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne).
  14. « Guinée-Bissau : le candidat indépendant Carlos Gomes Junior déclare son soutien à Umaro Sissoco Embalo au second tour de la présidentielle », sur french.xinhuanet.com (consulté le 22 décembre 2019).
  15. « Élections en Guinée-Bissau: Sissoco Embalo engrange le soutien de Nuno Nabiam », Radio France internationale,‎ 4 décembre2019 (lire en ligne).
  16. « Guinée-Bissau-Embalo revendique la victoire à la présidentielle », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  17. « Guinée-Bissau : l'opposant Umaro Sissoco Embaló élu président », TV5 Monde,‎ (lire en ligne).
  18. « Guinée-Bissau : le PAIGC conteste les résultats du 2nd tour de la présidentielle », Radio France internationale,‎ (lire en ligne).
  19. AfricaNews, « Présidentielle en Guinée-Bissau : le perdant introduit des recours en annulation », sur Africanews, (consulté le 10 janvier 2020).
  20. « Guinée-Bissau: vers la proclamation des résultats définitifs de la présidentielle - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 14 janvier 2020).
  21. « Guinée-Bissau : la Cour suprême appelle à un recomptage des voix », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 19 janvier 2020).
  22. « Guinée-Bissau – Umaro Sissoco Embalo : à peine président, déjà contesté », sur Le Point, lepoint.fr, (consulté le 22 janvier 2020).
  23. « Journal de l'Afrique - Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo de nouveau donné vainqueur de la présidentielle », sur France 24, FRANCE24, (consulté le 6 février 2020).
  24. « Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo affirme qu'il prendra ses fonctions de président le 27 février (médias) », sur french.xinhuanet.com (consulté le 8 février 2020).
  25. « La Cédéao donne 6 jours à la Guinée-Bissau pour régler le contentieux électoral », sur RFI, RFI, (consulté le 11 février 2020).
  26. « Guinée-Bissau : la Cour suprême rejette la demande de nullité du second tour des élections présidentielles », sur french.xinhuanet.com (consulté le 16 février 2020).
  27. https://www.facebook.com/RFI, « Guinée-Bissau: la Cour suprême s'oppose à toute médiation de la Cédéao », sur RFI, RFI, (consulté le 16 février 2020).
  28. « Impasse post-électorale en Guinée Bissau : la Cedeao hausse le ton – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 26 février 2020).
  29. « Présidentielle en Guinée-Bissau: Simoes Pereira attend le recomptage des voix », sur fr.news.yahoo.com (consulté le 26 février 2020).
  30. « Guinée-Bissau : les soutiens africains d’Umaro Sissoco Embaló – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 26 février 2020).
  31. « Guinée-Bissau : investiture à haut risque pour Umaro Sissoco Embaló – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 27 février 2020).
  32. I, « Présidentielle en Guinée-Bissau: Umaro Sissoco Embalo se fait «investir» », sur RFI, RFI, (consulté le 27 février 2020).
  33. AFP, « Bissau: Embalo se fait investir président malgré le recours de son adversaire », sur VOA, VOAAfrique (consulté le 27 février 2020).
  34. Braima Darame, « Em meio a contencioso judicial, Sissoco toma "posse simbólica" como Presidente da Guiné-Bissau », DW (consulté le 28 février 2020)
  35. (pt) https://www.facebook.com/NoticiasAoMinuto/, « Umaro Sissoco Embaló toma posse simbólica como presidente da Guiné-Bissau », sur Notícias ao Minuto, NoticiasAoMinuto, (consulté le 27 février 2020).
  36. a et b « Umaro Embalo nomme un nouveau Premier ministre en Guinée-Bissau », VOA , .
  37. AFP, « Umaro Embalo nomme un nouveau Premier ministre en Guinée-Bissau », sur VOA, VOAAfrique (consulté le 1er mars 2020).
  38. http://www.slateafrique.com/auteur/104480, « Bissau: démission d'un des deux présidents rivaux après des "menaces de mort" », sur Slate Afrique (consulté le 2 mars 2020).
  39. « Deux présidents investis en Guinée-Bissau », sur RFI, RFI, (consulté le 1er mars 2020).
  40. « La Guinée-Bissau, abonnée aux coups de force politiques, a deux présidents », .
  41. https://www.facebook.com/RFI, « Guinée-Bissau: l'imbroglio continue à la tête du pays », sur RFI, RFI, (consulté le 5 mars 2020).
  42. « Guinée-Bissau : le président de l'Assemblée nationale populaire investi comme président par intérim », sur french.xinhuanet.com (consulté le 1er mars 2020).
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  47. « (COVID-19) Guinée-Bissau : fermeture immédiate de toutes les frontières terrestres, maritimes et aériennes face au coronavirus », sur french.xinhuanet.com (consulté le 23 mars 2020).
  48. « (COVID-19) La Guinée-Bissau annonce le confinement partiel du pays (officiel) », sur french.xinhuanet.com (consulté le 19 avril 2020).
  49. « En Guinée-Bissau, le chef du gouvernement et trois ministres contaminés par le coronavirus », sur Le Monde.fr, Le Monde, (ISSN 1950-6244, consulté le 4 mai 2020).
  50. « Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embaló initie la révision de la Constitution – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, jeuneafrique1, (consulté le 13 mai 2020).
  51. « Guinée-Bissau: la bataille pour le contrôle de l'Assemblée nationale », sur fr.news.yahoo.com (consulté le 1er juin 2020).
  52. « Guinée-Bissau: le camp présidentiel s'assure une majorité au Parlement », sur Le Figaro.fr, lefigaro, (ISSN 0182-5852, consulté le 30 juin 2020).
  53. « Guinée-Bissau: Umaro Sissoco Embalo entame au Sénégal sa tournée des pays amis », sur RFI, RFI, (consulté le 11 mars 2020).
  54. « Guinée-Bissau : Umaro Sissoco Embalo, président non officiel, cherche des soutiens hors de ses frontières », sur Franceinfo, (consulté le 12 mars 2020).
  55. (en) « You Have Nigeria's Support, Buhari Assures New Guinea Bissau President - THISDAYLIVE », sur THISDAYLIVE, thisdaylive, (consulté le 14 mars 2020).
  56. « Présidentielle en Guinée-Bissau: la Cédéao reconnaît la victoire d’Umaro Sissoco Embalo », sur RFI, RFI, (consulté le 26 avril 2020).
  57. Momar Dieng. Sputnik France, « Guinée-Bissau: les dessous d’une reddition ouest-africaine au profit du Président Embalo », sur fr.sputniknews.com, (consulté le 1er mai 2020).