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Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) est une organisation intergouvernementale ouest-africaine créée le . C'est la principale structure destinée à coordonner les actions des pays de l’Afrique de l'Ouest. Son but principal est de promouvoir la coopération et l'intégration avec pour objectif de créer une union économique et monétaire ouest-africaine. En 1990, son pouvoir est étendu au maintien de la stabilité régionale avec la création de l'ECOMOG, groupe militaire d’intervention qui devient permanent en 1999. La CÉDÉAO compte aujourd'hui 16 États membres. En 2013, le PIB global des États membres de la CÉDÉAO s'élève à 817,04 milliards de dollars US ce qui en fait la 20e puissance économique du monde[2],[3].

Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) (fr)
Economic Community of West African States (ECOWAS) (en)
Comunidade Económica dos Estados da África Ocidental (CEDEAO) (pt)
المجموعة الاقتصادية لدول غرب إفريقيا (ar)
     Membre     Membre associé
  •      Membre
  •      Membre associé

Création
Type Organisation intergouvernementale
Siège Abuja (Nigeria)
Coordonnées 9° 02′ 32″ N, 7° 31′ 31″ E
Langue Anglais, Arabe, Français, Portugais
Membres
Président Drapeau du Togo Faure Gnassingbé
Personnes clés Drapeau du Bénin Marcel Alain de Souza, président de la Commission
Drapeau du Sénégal Moustapha Cissé Lô, président du Parlement
Site web http://www.ecowas.int/

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Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) (fr)Economic Community of West African States (ECOWAS) (en)Comunidade Económica dos Estados da África Ocidental (CEDEAO) (pt)المجموعة الاقتصادية لدول غرب إفريقيا (ar)

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Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CÉDÉAO) (fr)Economic Community of West African States (ECOWAS) (en)Comunidade Económica dos Estados da África Ocidental (CEDEAO) (pt)المجموعة الاقتصادية لدول غرب إفريقيا (ar)
SomalilandCap-VertRépublique arabe sahraouie démocratiqueSoudan du SudLiberiaGuinéeSierra LeoneGhanaNigeriaGambieCôte d'IvoireBéninGuinée-BissauSénégalTogoBurkina FasoNigerMarocTunisieLibyeMauritanieAlgérieÉgypteSomalieComoresÉrythréeSoudanDjiboutiÉthiopieOugandaRwandaBurundiRépublique démocratique du CongoKenyaSao Tomé et PrincipeTchadCamerounRépublique centrafricaineCongoGabonGuinée équatorialeAngolaMozambiqueNamibieAfrique du SudBotswanaSwazilandZimbabweMauriceZambieMalawiSeychellesMadagascarTanzanieLesothoCommunauté des États sahélo-sahariensUnion du Maghreb arabeMarché commun de l'Afrique orientale et australeCommunauté d'Afrique de l'EstCommunauté économique des Pays des Grands LacsCommunauté de développement d'Afrique australeUnion douanière d'Afrique australeCommunauté économique des États de l'Afrique centraleCommunauté économique et monétaire de l'Afrique centraleUnion économique et monétaire ouest-africaineAutorité de Liptako-GourmaMaliCommunauté économique des États de l'Afrique de l'OuestAutorité intergouvernementale pour le développementUnion africaineUnion du fleuve ManoZone monétaire ouest-africaine
Diagramme cliquable montrant les relations entre divers accords et organisations multinationaux africains avant l'adhésion du Maroc à la CÉDÉAO.
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Sommaire

RôleModifier

Bien qu'au départ son rôle soit purement économique, la CÉDÉAO s'est assez vite intéressée au maintien de la paix. C'est en effet une condition essentielle pour qu'une union puisse se réaliser. Par ailleurs la CÉDÉAO crée des infrastructures régionales en matière de transport et de télécommunication.

HistoireModifier

L'union douanière de l'ouest africain formée par les 4 états du Conseil de l'Entente et le Mali en mai 1959 est l'ancêtre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest[4].

En raison de tensions entre différents pays, la CÉDÉAO a décidé en 1978 d'adopter un Protocole de non agression. Suivi en 1981 par le Protocole d'assistance en matière de défense et une Déclaration des principes politiques en juillet 1991. Mais c'est en 1990 que l'aspect sécuritaire de la CÉDÉAO a été appliqué concrètement. Lors de la Conférence des chefs d'État et de gouvernement, il fut décidé de mettre en place un groupe surveillant l'application d'un cessez-le-feu, l’Economic Community of West African States Cease-fire Monitoring Group (ECOMOG). Ce groupe de supervision est vite devenu une force d'interposition et est intervenu notamment dans les guerres civiles du Liberia, de Sierra Leone et de Guinée-Bissau.

En 1999, à la suite des différentes guerres civiles, les États membres décidèrent la création d’une force de sécurité en attente. Cette force conserve son appellation d’origine (ECOMOG) et ses principales tâches seront entre autres l’observation et la supervision des cessez-le-feu, le maintien de la paix, l’intervention humanitaire, le déploiement préventif, la construction de la paix, le désarmement et la démobilisation.

En 2000, la Mauritanie se retire de la Cedeao, pour se consacrer au développement de l'Union du Maghreb arabe. Ce projet ne s'étant pas finalisé, la Mauritanie demande en mai 2017 à réintégrer la Cédéao[5] et espère faire à nouveau partie de la zone de libre-échange au .

Le 19 janvier 2005, au cours du 28e sommet à Accra (Ghana), Mamadou Tandja, président du Niger, a été élu président de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest, en remplacement du ghanéen John Kufuor. Il a été reconduit à ce poste le 13 janvier 2006. En janvier 2007, la présidence de la CÉDÉAO a été confiée au président du Burkina Faso Blaise Compaoré.

Le , la CÉDÉAO envoie une proposition au CNDD visant à envoyer des forces d'intervention en Guinée mais ce dernier la refuse[6]. Le , à la suite du refus de Laurent Gbagbo (déclaré élu par le conseil constitutionnel de la Côte d'Ivoire) de céder le pouvoir à Alassane Ouattara (déclaré élu par la Commission électorale indépendante, la plupart des États, l'ONU et l'Union africaine) après l'élection présidentielle de 2010, l'organisation suspend la Côte d'Ivoire de l'ensemble de ses travaux[7]. Elle est réintégrée depuis la victoire d'Alassane Ouattara en avril 2011[8].

Le , le Conseil de sécurité des Nations unies charge les pays de la CÉDÉAO de définir un plan de reconquête militaire du Nord Mali[9] qui se trouve entre les mains de groupes armés islamistes comme AQMI, le MUJAO et Ansar Dine. La Mission internationale de soutien au Mali commence à se déployer fin janvier 2013.

Le , le tarif extérieur commun de la CÉDÉAO est entré en vigueur, mais il n'est appliqué que par 9 des États de la CÉDÉAO. Ce tarif extérieur commun vise à substituer au tarif extérieur commun de l'Union économique et monétaire ouest-africaine mis en place en 2000[10].

En janvier 2017, la CÉDÉAO s'engage dans la médiation de la crise gambienne survenue suite aux élections présidentielles de décembre 2016 et au refus de Yahya Jammeh de quitter le pouvoir au profit de Adama Barrow donné vainqueur. Le 19 janvier, Adama Barrow prête serment en tant que président de la République de Gambie dans l'ambassade gambienne au Sénégal[11]. Ce même jour, dans l'après-midi, suite à l'adoption de la résolution 2337 du Conseil de sécurité des Nations unies, des troupes des armées du Sénégal, du Nigeria, du Ghana, du Mali et du Togo entrent en Gambie « de partout » et en mobilisant « l'ensemble des moyens, terre, air et mer » selon les déclarations du colonel Abdoul Ndiaye, porte-parole de l'armée sénégalaise[12],[13]. Des avions de guerre et un navire nigérians sont mobilisés[14]. Le 20 janvier 2017, Yahya Jammeh accepte de quitter le pouvoir. Il part en exil le lendemain soir pour Conakry, la capitale de la république de Guinée, avant de rejoindre la Guinée équatoriale[15]. La gestion de la crise gambienne par la CÉDÉAO est considéré comme un succès, aucun mort ne fut à déplorer.

Le , le Maroc a déposé une demande d'adhésion auprès de la CÉDÉAO[16]. Le , la CÉDÉAO donne son accord de principe à la demande d’adhésion du Maroc pour son intégration à l'organisation[17].

StructureModifier

La CÉDÉAO est composée de huit institutions principales :

    • la Conférence des Chefs d'États et du gouvernement ;
    • le Conseil des ministres ;
    • le Parlement de la Communauté ;
    • le Conseil économique et social ;
    • la Cour de justice de la Communauté ;
    • la Commission :
      Lors du sommet d’Abuja le 14 juin 2006, les chefs d’État de la CÉDÉAO ont approuvé une modification de l’organisation. Le secrétariat est remplacé par une commission de neuf commissaires, issus à tour de rôle des pays membres. Le mandat de 4 ans des premiers commissaires, issus du Burkina Faso, de Côte d'Ivoire, du Ghana, du Mali, du Niger, du Nigeria, du Sénégal, de Sierra Leone et du Togo débutera en janvier 2007. Le Ghana assurera la présidence de la commission et le Burkina Faso la vice-présidence ;
    • la Banque d’investissement et de développement de la CÉDÉAO ;
    • l'Organisation Ouest-Africaine de la santé.

Liste des États membresModifier

L'adhésion de tous les membres de la CÉDÉAO date de la création de l'organisation en 1975, à l'exception du Cap-Vert, qui l'a rejointe en 1976 et du Maroc au 4 juin 2017.

RetraitModifier

  •   Mauritanie : Le pays a quitté la CÉDÉAO en 2000. Néanmoins, celui-ci a signé un accord d'association avec l'organisation le 09 août 2017 : à travers cette alliance actée par la ministre mauritanienne du Commerce, Naha Mint Moknass, et son homologue sénégalais, Alioune Sarr, la Mauritanie devient donc officiellement membre associé de l'organisation[1].

Agences spécialiséesModifier

L'organisation compte 11 institutions spécialisées :

  • Agence monétaire de l'Afrique de l'ouest (AMAO)
  • Agence régionale pour l'agriculture et l'alimentation (ARAA)
  • Autorité de Régulation Régionale du secteur de l’électricité de la CEDEAO (ARREC)
  • Centre pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique de la CEDEAO (CEREEC)
  • Système d’échanges d’énergie électrique ouest africain (EEEOA)
  • Carte Brune de la CÉDÉAO
  • Unité de Coordination des ressources en eau (UCRE)
  • Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG)
  • Centre de développement de la Jeunesse et Sports de la CEDEAO (CDJSC)
  • Institution Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (IMAO)
  • Unité de Préparation et de Développement des Projets d’Infrastructure de la CEDEAO (PPDU)

Présidents de la CÉDÉAOModifier

Président de la commissionModifier

DysfonctionnementsModifier

D'importants dysfonctionnements[Lesquels ?] apparaissent au sein de la Cédéao après les transitions démocratiques difficiles en Guinée (2009) et en Côte d'Ivoire (2010). Ils s'amplifient face à l'émergence de divers groupes djihadistes qui constituent au XXIe siècle la première menace sécuritaire dans la région. Ainsi, en 2012 différents groupes armés prennent le contrôle du Nord du Mali, une réponse lente de la part des États membres a été observée mais, néanmoins, un élan de solidarité est né par la suite. Ainsi, des pays comme le Niger et le Tchad se sont battus aux côtés de l'armée malienne et de la France. Par ailleurs, aucune réponse militaire commune n'a été mise en place face à l'insurrection djihadiste au Nigeria menée depuis 2009 par Boko Haram et Ansaru.

Notes et référencesModifier

  1. a et b « CEDEAO-Mauritanie : union scellée, malgré la réserve des chefs d’Etat », La Tribune,‎ (lire en ligne)
  2. PIB en parité de pouvoir d'achat - Fonds Monétaire International - Nigeria USD 374,323 - Maroc USD 241,7- Ghana USD 38,143 - Côte d'Ivoire USD 37,153 - Senegal USD 23,818 - Burkina Faso USD 19,717 - Mali USD 16,872 - Benin USD 14,017 - Guinea USD 10,918 - Niger USD 10,548 - Togo USD 5,901 - Sierra Leone USD 4,698 - The Gambia USD 3,384 - Cape Verde USD 1,864 - Guinea-Bissau USD 1,793 - Liberia USD 1,709 - TOTAL CÉDÉAO USD 564,86
  3. http://www.endacacid.org/fr/index.php/lancement-du-rapport-annuel-sur-l-etat-du-commerce-en-afrique-de-l-ouest-premiere-edition-2013
  4. Ahmed Mohamed Ghadhi, La longue marche de l'Afrique vers l'intégration, le développement et la modernité politique, Éditions L'Harmattan, , 572 p., p. 76
  5. La Mauritanie veut réintégrer la zone de libre-échange de la Cedeao, Jeune Afrique, 12 mai 2017.
  6. http://www.google.com/hostednews/ap/article/ALeqM5iAVjutFiNxMjNLZd6fFZMANVHAXgD9CJ1TUG0
  7. Article du « Point » du 7 décembre 2010
  8. La Côte d'Ivoire réintégrée dans la CEDEAO après la victoire de Ouattara.
  9. Libération - L'ONU donne 45 jours aux Africains pour préciser leur intervention au Mali - 13 octobre 2012
  10. La CEDEAO lance un appel pour la signature de l’APE et la mise en œuvre du TEC, ICTSD, 9 juin 2016
  11. (en) « Gambia crisis: Barrow sworn in in Senegal as Jammeh stays put », BBC News,‎ (lire en ligne)
  12. Lisa Hanoun, « Mission de la dernière chance en Gambie », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)
  13. « Les troupes sénégalaises sont entrées en Gambie », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  14. (en) « Gambie : le Nigeria déploie un navire de guerre », BBC Afrique,‎ (lire en ligne)
  15. « Gambie : sous la pression de la Cédéao, le président sortant Yahya Jammeh part en exil », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  16. [1]
  17. « Le Maroc dans la Cédéao, une aubaine pour s’imposer dans la région », France 24,‎ (lire en ligne)
  18. Alassane Ouattara, nouveau président de la CEDEAO.
  19. Le président ghanéen Mahama élu à la tête de la CÉDÉAO, Le Monde.fr, 29 mars 2014.
  20. Afrique de l'Ouest: Ellen Johnson Sirleaf nommée présidente de la Cédéao, RFI, 4 juin 2016.
  21. Ibrahima Diaby, « Le ghanéen James Victor Gbeho élu Président de la Commission de la CEDEAO », sur Pressafrik, (consulté le 3 avril 2010)
  22. Kadré Désiré Ouédraogo, président de la commission de la CEDEAO.
  23. « Marcel Alain de Souza est désormais aux manettes de la commission de la CEDEAO », sur news.abidjan.net, (consulté le 5 juin 2016)

Voir aussiModifier