Serge Korber

cinéaste

Serge Korber (pseudonyme utilisé : John Thomas) est un réalisateur français, né le dans le 18e arrondissement de Paris.

BiographieModifier

Né à Paris d’une modeste famille d’origine juive, Serge Korber passe une partie de la guerre caché par une famille protestante du Chambon-sur-Lignon, ses parents étant réfugiés en zone libre à Montauban[1]. Ayant quitté l’école dès 14 ans après le certificat d’études pour devenir apprenti tapissier, il découvre, par ses amis au sein des Jeunesses communistes qu’il intègre un temps, la lecture et les grands poètes, notamment au travers des chanteurs poétiques et prolétariens de l’époque. Fréquentant assidument les bars de la Contrescarpe dont le bistrot La Choppe, il y rencontre bon nombre des artistes débutant alors dans les nombreux cabarets du quartier (Ricet Barrier, Boby Lapointe, Daniel Laloux, Henri Serre, Jacques Florencie, …). Avec l’un d’entre eux, Jean-Pierre Suc et quelques amis, il créé dans une ancienne bonneterie de la rue Descartes Le Cheval d’Or où ne seront programmés que des auteurs-compositeurs-interprètes, souvent humoristiques dont Raymond Devos qui y fait ses débuts. Il y côtoie aussi François Truffaut, cinéaste débutant, qui y engagera notamment Henri Serre pour Jules et Jim, Boby Lapointe pour Tirez sur le pianiste et bon nombre des artistes du lieu pour le film Tire au flanc 62 qu'il coréalise avec Claude de Givray, ce qui l’introduit pleinement dans le milieu de la Nouvelle Vague.

À l’automne 1958, alors que celui-ci vient lui-même d’ouvrir, avec la complicité de son épouse Michèle Bernstein et de leur ami chanteur Jacques Florencie, le cabaret La Méthode situé également rue Descartes mais à la carrière plus éphémère que Le Cheval d’Or, il se rapproche de Guy Debord, le fondateur de l'Internationale situationniste, qu’il connaît par leur fréquentation commune des mêmes cafés de la Contrescarpe. Celui-ci, qui cherche par ailleurs à nouer des contacts en vue de réaliser à nouveau des films, se trouve intéressé par les relations de Serge Korber , très introduit dans le milieu cinématographique et qui va ainsi l'aider à recruter son équipe technique. Debord le prend alors comme premier assistant du court-métrage Sur le passage de quelques personnes à travers une assez courte unité de temps dont la première partie du tournage s'effectue en [2]. En août, au moment de débuter le montage, un différend éclate entre les deux hommes et Serge Korber se trouve écarté par Debord qui le remplace et ne le fera pas figurer au générique[3].

Après cet épisode, il réalise, entre 1962 et 1966, une dizaine de court-métrages[4] avant son premier long-métrage Le Dix-septième ciel. Très remarqué, il se voit confier par le producteur Alain Poiré la réalisation de l'adaptation par Michel Audiard du roman de René Fallet, intitulée Un idiot à Paris. Satisfait de cette collaboration, Audiard lui offrira par la suite le scénario de La Petite Vertu. Suivent deux films avec Louis de Funès et deux avec Annie Girardot, grandes stars de l'époque. Avec la dernière, Korber adapte un roman de Catherine Paysan, Les Feux de la Chandeleur, un beau drame dans lequel Girardot incarne en 1972 la mère de Claude Jade et de Bernard Le Coq, délaissée par son mari Jean Rochefort.

En 1975, Serge Korber change radicalement de direction. Il délaisse la comédie populaire pour la pornographie. Alain Saury, Gabriel Pontello et Richard Allan jouent les rôles principaux dans ces films. Pendant 3 ans, il devient John Thomas (son pseudonyme). Quand il retrouve son nom et revient à la comédie, il peine à retrouver le succès. Il tente de relancer Les Charlots, fait jouer l'humoriste Roland Magdane… rien qui retienne l'attention. Il se tourne dans les années 1980 vers la télévision. En 1996, il revient au cinéma avec l'adaptation de la bande dessinée de Binet, Les Bidochon. Dans les années 2000, Serge Korber a réalisé quelques documentaires, sur Maurice Béjart, Jean Gabin ou Boris Vian.

Il est notamment connu pour avoir tenté de moderniser le personnage de Louis de Funès dans deux films qui seront des échecs, vu la popularité de l'acteur à cette époque : L'Homme orchestre et Sur un arbre perché en 1970.

Il est marié à Marie-Claire Korber[5] ; ils ont un fils, Thomas, qui est scénariste[6]. Sa femme Marie-Claire a notamment monté son film Je vous ferai aimer la vie, réalisé en 1979.

FilmographieModifier

RéalisateurModifier

Longs métrageModifier

Courts-métrageModifier

TélévisionModifier

DocumentairesModifier

  • 2004 : Paris romance
  • 2005 : Béjart !... Vous avez dit Béjart ?...
  • 2006 : Gabin intime, aristocrate et paysan
  • 2007 : Louis de Funès intime
  • 2010 : Boris Vian, swing à Saint-Germain des Prés
  • 2012 : Jean-Louis Trintignant, pourquoi que je vis

ScénaristeModifier

ActeurModifier

PornographieModifier

Serge Korber a réalisé dans les années 1970, sous le pseudonyme de John Thomas, quelques films pornographiques avec comme interprètes réguliers Richard Darbois, Bob Asklöf, Emmanuelle Parèze, Sylvia Bourdon.

Il réalise en 1975 L'Essayeuse, un film qui sera d'abord autorisé, classé X, puis, dénoncé le 15 octobre 1976 par deux associations de défense de la famille pour apologie du vice, censuré[8]. Bien que, selon les “spécialistes”, le film ne soit pas plus obscène et de mauvais goût que les autres films de ce genre, les plaignants ayant surtout voulu faire un exemple, le réalisateur et les acteurs sont d'abord condamnés à des amendes de 400 à 10 000 francs pour outrages aux bonnes mœurs. La condamnation sera confirmée et amplifiée en appel le , les amendes allant alors de 3 000 à 18 000 francs, et la cour d'appel ordonnant, pour la première fois en France depuis la guerre, « la saisie et la destruction du négatif et de toutes les copies du film ayant servi à commettre le délit »[9].

Filmographie (John Thomas)Modifier

DécorationsModifier

2013 : médaille d'or de la Ligue universelle du bien public[10].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. Pour tout ce paragraphe se référer à l’émission Étonnez-moi, Benoît de Benoît Duteurtre du 6 mars 2021 sur France Musique : https://www.francemusique.fr/emissions/etonnez-moi-benoit/avec-serge-korber-jean-louis-trintignant-dialogue-entre-amis-editions-de-la-martiniere-92559
  2. Jean-Marie Apostolidès, Debord, Le naufrageur, Flammarion, Paris, 2015, pp. 201-202.
  3. cf. le développement de cet incident in Guy Debord, Correspondance, volume 1, librairie Arthème Fayard, Paris, 1999, pp. 248-249 et 251 à 257.
  4. « Serge Korber - IMDb », sur imdb.com (consulté le 29 septembre 2020).
  5. « Serge Korber : 50 ans de passion fidèle pour le cinéma », ladepeche.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 janvier 2017)
  6. AlloCine, « Thomas Korber », sur AlloCiné (consulté le 22 janvier 2017).
  7. http://www.unifrance.org/film/36245/un-jour-un-tueur
  8. « Les infortunes de la liberté », Positif, no 190, février 1977, p. 58
  9. Histoire juridique des interdits cinématographiques en France, 1909-2001, Albert Montagne.
  10. « REMISE DU 21 SEPTEMBRE 2013 », sur bien.public.over-blog.com, (consulté le 28 août 2015)

Liens externesModifier