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Organisation de la coopération islamique

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir OCI.

L’Organisation de la coopération islamique (OCI), en arabe : منظمة التعاون الإسلامي (Munaẓẓamat at-Taʿāwun al-islāmī), en anglais : Organisation of Islamic Cooperation (OIC), appelée Organisation de la conférence islamique jusqu'en 2011, est une organisation intergouvernementale créée le 25 septembre 1969. Son siège se situe à Djeddah en Arabie saoudite et elle possède une délégation permanente aux Nations unies.

Organisation de la coopération islamique (OCI)[1]
Drapeau de la coopération islamique Emblème des coopération islamique
Carte de l'organisation

Création
Type Organisation intergouvernementale
Siège Drapeau de l'Arabie saoudite Djeddah
Arabie saoudite
Site web Site officiel en trois langues

Regroupant 57 États membres, sa vocation est de promouvoir la coopération dans les domaines économiques, sociaux, culturels et scientifiques (grâce notamment à la Banque islamique de développement), mais aussi la sauvegarde des lieux saints de l'islam ou encore le soutien au peuple palestinien. À l'échelle mondiale, il n'existe pas d'autre organisation confessionnelle dont les membres signataires soient des États.

Ses trois langues officielles sont l'arabe, l'anglais et le français[2].

Sommaire

ButModifier

Outre des clauses de solidarité et d'entraide entre les États membres, elle est destinée à assurer la sauvegarde des lieux saints de l'islam. Elle soutient également la cause palestinienne dans le conflit israélo-palestinien.

Les buts de l'Organisation de la coopération islamique, définis par une charte élaborée à Djeddah en mars 1972, sont les suivants :

  1. consolider la solidarité islamique entre les États membres ;
  2. renforcer la coopération entre les États membres dans les domaines économiques, sociaux, culturels, scientifiques ainsi que dans les autres domaines d'importance vitale et procéder à davantage de consultations entre les pays membres au sein des organisations internationales ;
  3. œuvrer à éliminer la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes ;
  4. prendre les mesures nécessaires pour consolider la paix et la sécurité mondiale fondées sur la justice ;
  5. coordonner l'action pour sauvegarder les lieux saints, soutenir la lutte du peuple palestinien et l'aider à retrouver ses droits et à obtenir par la diplomatie, les territoires revendiqués comme leurs ;
  6. consolider la lutte de tous les peuples musulmans pour la sauvegarde de leur dignité, leur indépendance et leurs droits nationaux ;
  7. créer l'atmosphère propre à promouvoir la coopération et la compréhension entre les États membres et les autres pays.

Mais ce n'est pas une organisation strictement religieuse, car ses buts sont politiques, économiques, sociaux et culturels. Elle regroupe aussi des États plurireligeux, laïcs ou séculaires (Albanie, Azerbaïdjan, Indonésie, Kazakhstan, Kirghizistan, Liban, Ouzbékistan, Sénégal, Syrie, Tadjikistan, Tunisie, Turkménistan, Turquie), et certains États sont représentés au sein de l'organisation par des chrétiens.[réf. nécessaire] Hormis la Turquie, l'Albanie est le seul État européen membre de l'OIC[3] (depuis 1992[4]).

D'autres États comptant des dizaines de millions de musulmans ne sont pas membres de l'OCI ou ne sont que membres observateurs, comme l'Inde (dont la participation a été bloquée par le Pakistan), la Russie (observateur depuis 2005) ou la Chine qui n'a pas de liens avec cette organisation.

Et au contraire, des pays comptant une minorité de musulmans en sont membres, comme le Guyana, l'Ouganda ou le Suriname.

HistoriqueModifier

Le , plusieurs dirigeants de pays à majorité musulmane se réunissent à Rabat au Maroc à la suite de l'incendie criminel de la mosquée al-Aqsa de Jérusalem le par un fondamentaliste chrétien de nationalité australienne. Cependant, en toile de fond, la création de l'OCI est la réponse saoudienne à l'influence du Mouvement des non-alignés créé, en 1955, par Nasser, Nehru, Soekarno, et Zhou Enlai.

En mars 1970, la première conférence islamique des ministres des Affaires étrangères a lieu à Djeddah. Elle crée un secrétariat général chargé d'assurer la liaison entre les États membres et de coordonner leur action. Elle fixe son siège provisoire à Djeddah, dans l'attente de la « libération de Jérusalem ».

Le , l'OCI, réunissant les ministres des Affaires étrangères des 44 pays membres, condamnent à leur tour le livre des Versets sataniques, mais se bornent à exiger l'interdiction du livre, à recommander l'adoption « de législation nécessaire à la protection des idées religieuses d'autrui » et à affirmer que l'auteur « est considéré comme hérétique ».

Le , la conférence des ministres des Affaires étrangères du Caire adopte la Déclaration des droits de l'homme en islam qui peut être vue comme une volonté de relecture des droits de l'homme dans un cadre compatible avec la charia.

En 2004, elle soutient, avec la Ligue arabe, le projet à l'ONU d'une « Alliance des civilisations », proposé par le gouvernement Zapatero (Espagne) et le gouvernement Erdogan (Turquie)[5].

En octobre 2006, l'OCI rédige le « document de La Mecque ». Signé par des dignitaires irakiens chiites et sunnites, le texte lance un appel à la fin des violences interconfessionnelles, à la libération de tous les otages et à la préservation de l'unité de l'Irak[6].

L'Organisation de la conférence islamique prend le nom d'Organisation de la coopération islamique le .

Elle suspend la Syrie le , dans le contexte de la guerre civile syrienne[7].

MembresModifier

 
États membres de l'OCI (en rouge, les membres observateurs ; en orange, membre suspendu)
État Année Statut d'adhésion
  Afghanistan 1969 État membre
  Algérie 1969 État membre
  Arabie saoudite 1969 État membre
  Égypte 1969 État membre
  Guinée 1969 État membre
  Indonésie 1969 État membre
  Iran 1969 État membre
  Jordanie 1969 État membre
  Koweït 1969 État membre
  Liban 1969 État membre
  Libye 1969 État membre
  Malaisie 1969 État membre
  Mali 1969 État membre
  Mauritanie 1969 État membre
  Maroc 1969 État membre
  Niger 1969 État membre
  Pakistan 1969 État membre
  Palestine 1969 État membre
  Sénégal 1969 État membre
  Soudan 1969 État membre
  Somalie 1969 État membre
  Tchad 1969 État membre
  Tunisie 1969 État membre
  Turquie 1969 État membre
  Yémen 1969 État membre
  Bahreïn 1970 État membre
  Émirats arabes unis 1970 État membre
  Oman 1970 État membre
  Qatar 1970 État membre
  Syrie 1970 État membre suspendu
  Sierra Leone 1972 État membre
  Bangladesh 1974 État membre
  Gabon 1974 État membre
  Gambie 1974 État membre
  Guinée-Bissau 1974 État membre
  Ouganda 1974 État membre
  Burkina Faso 1975 État membre
  Cameroun 1975 État membre
  Comores 1976 État membre
  Irak 1976 État membre
  Maldives 1976 État membre
  Djibouti 1978 État membre
  Bénin 1982 État membre
  Brunei 1984 État membre
  Nigeria 1986 État membre
  Azerbaïdjan 1991 État membre
  Albanie 1992 État membre
  Kirghizistan 1992 État membre
  Tadjikistan 1992 État membre
  Turkménistan 1992 État membre
  Mozambique 1994 État membre
  Kazakhstan 1995 État membre
  Ouzbékistan 1995 État membre
  Suriname 1996 État membre
  Togo 1997 État membre
  Guyana 1998 État membre
  Côte d'Ivoire 2001 État membre
  Chypre du Nord 1979 État observateur
  Bosnie-Herzégovine 1994 État observateur
  Centrafrique 1997 État observateur
  Thaïlande 1998 État observateur
  Russie 2005 État observateur
  Ligue arabe 1975 Organisation internationale
  Nations unies 1976 Organisation internationale
  Mouvement des non-alignés 1977 Organisation internationale
  Union africaine (précédemment Organisation de l'unité africaine) 1977 Organisation internationale
  Organisation de coopération économique 1995 Organisation internationale

Secrétaires générauxModifier

 
Iyad bin Amin Madani a été le secrétaire général de l'OCI de 2014 à 2016.
Secrétaire général Pays Années
S.E.M. Ahmed Sékou Touré   Guinée 1969-1971
S.A. Tunku Abdul Rahman   Malaisie 1971-1973
S.E.M. Hassan al-Touhami   Égypte 1974-1975
S.E.Dr. Amadou Karim Gaye   Sénégal 1975-1979
S.E.M. Habib Chatti   Tunisie 1979-1984
S.E.M. Syed Sharifuddin Pirzada (en)   Pakistan 1985-1988
S.E.M. Hamid Algabid   Niger 1989-1994
S.E.Dr. Azzeddine Laraki   Maroc 1997-2000
S.E.Dr. Abdelouahed Belkeziz   Maroc 2001-2004
S.E.Dr. Ekmeleddin İhsanoğlu   Turquie 2005-2013
S.E.Dr. Iyad bin Amin Madani   Arabie saoudite 2014-2016
S.E. Youssouf al Ossaïmine   Arabie saoudite 2016-

Le , Iyad Madani démissionne pour raisons de santé. Il est remplacé par Youssouf al Ossaïmine[8].

Sommets islamiques mondiauxModifier

 
Monument construit à Lahore pour commémorer le 2e sommet islamique mondial qui s'y est tenu en février 1974.
Numéro Dates Pays Ville
1er 22–25 septembre 1969   Maroc Rabat
2e 22–24 février 1974   Pakistan Lahore
3e 25–29 janvier 1981   Arabie saoudite La Mecque et Taëf
4e 16–19 janvier 1984   Maroc Casablanca
5e 26–29 janvier 1987   Koweït Koweït
6e 9–11 décembre 1991   Sénégal Dakar
7e 13–15 décembre 1994   Maroc Casablanca
1er extraordinaire 23–24 mars 1997   Pakistan Islamabad
8e 9–11 décembre 1997   Iran Téhéran
9e 12–13 novembre 2000   Qatar Doha
2e extraordinaire 4–5 mars 2003   Qatar Doha
10e 16–17 octobre 2003   Malaisie Putrajaya
3e extraordinaire 7–8 décembre 2005   Arabie saoudite La Mecque
11e 13–14 mars 2008   Sénégal Dakar
4e extraordinaire 14–15 août 2012   Arabie saoudite La Mecque
12e 6–7 février 2013   Égypte Le Caire
13e 10-15 avril 2016   Turquie Istanbul

InfluenceModifier

En 2016, l'OCI impose a l'ONU d'expulser les ONG LGBT d'une conférence consacrée au sida du 8 au , conférence destinée a l'élaboration d'un plan d'éradication du VIH d'ici 2030[9]. Les États-Unis et l'Union européenne ont protesté officiellement contre la décision[10].

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier

  • Mark Zimdars, « L'Organisation de la Conférence Islamique », Verfassung und Recht in Übersee / Law and Politics in Africa, Asia and Latin America, vol. 24, no 4,‎ , p. 406-448 ([%5B%5BJSTOR%5D%5D:<span%20class="plainlinks%20noarchive">%5Bhttps://www.jstor.org/stable/43110862%2043110862%5D présentation en ligne])