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Montdauphin

commune française du département de Seine-et-Marne
Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Mont-Dauphin.

Montdauphin
Montdauphin
Église Saint-Loup
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Provins
Canton Coulommiers
Intercommunalité Communauté de communes de la Brie des Morin
Maire
Mandat
Philippe de Vestele
2014-2020
Code postal 77320
Code commune 77303
Démographie
Population
municipale
245 hab. (2016 en augmentation de 4,7 % par rapport à 2011)
Densité 25 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 51′ 07″ nord, 3° 25′ 42″ est
Altitude Min. 102 m
Max. 197 m
Superficie 9,84 km2
Localisation

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Montdauphin

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Montdauphin

Montdauphin est une commune française du département de Seine-et-Marne.

GéographieModifier

LocalisationModifier

Ce village rural d'ancienne tradition agricole est situé dans la Brie champenoise, sur un plateau dominant la vallée du Petit Morin, à environ 28,4 kilomètres à l’est de Coulommiers[1]..

Communes limitrophesModifier

HydrographieModifier

Le système hydrographique de la commune se compose de quatre cours d'eau référencés :

  • la rivière le Petit Morin, long de 86,33 km[2], affluent de la Marne en rive gauche ;
    • le ru du Luart ou ru de Montolivet, 2,98 km[3], affluent du Petit Morin ;
  • le ru des Fontaines, 0,72 km[4] ;
  • le fossé 06 des Grèves, 1,10 km[5].

La longueur linéaire globale des cours d'eau sur la commune est de 4,91 km[6].

UrbanismeModifier

Lieux-dits, écarts et quartiersModifier

La commune compte 117 lieux-dits administratifs répertoriés[7].

Montdauphin comprend, outre le village lui-même, les hameaux et lieux-dits des Boblins, du Bois-Guyot, du Bois-Retz, du Buisson, de Courtaye, de Fouchicourt, de Laulinoue, d'Ormoy-le-Bas, d'Ormoy-le-Haut et de Vaumartin.

Occupation des solsModifier

En 2018[8], le territoire de la commune se répartit[Note 1] en 76,7 % de terres arables, 9,2 % de prairies, 7,6 % de forêts et 6,4 % de zones agricoles hétérogènes[Note 2],[6].

ToponymieModifier

Le nom de la localité est mentionné sous les formes Mons Dalphin vers 1230[9] ; Mont Saint Loup en 1793[10].

L'origine de cette appellation demeure inconnue ; elle n'a, semble-t-il, aucun lien avec la province historique du Dauphiné, rattachée au royaume de France en 1349, ni avec le titre de « Dauphin » donné après cette date au fils du roi de France. Il faut plutôt envisager qu'il s'agit du nom de l'un des premiers seigneurs du lieu.

HistoireModifier

La commune portant un nom rappelant la royauté prit celui de son saint patron en 1793 et s'appela Mont Saint loup[11].

Au XVIIe siècle, la paroisse relevait du prieuré de Saint-Martin-en-Ville. À la fin de ce siècle, on y mentionnait des terres appartenant à l'abbaye de Sézanne. À la même époque, étaient recensés divers lieux - un « Langis », le Boirets (Bois-Retz), le Bois Guyot et Courté (Courtaye) -, dépendant du château de Tigecourt, près de Montmirail. Cette seigneurie fut détenue au Moyen Âge par une famille noble de Tigecourt, mal connue, puis au début du XVIe siècle par Jean Balhan, noble marchand de Château-Thierry qui rebâtit le château (dont il ne subsiste aujourd'hui qu'une tour d'angle datant de la fin du XVIe siècle); elle passe ensuite par mariage à la famille de La Croix (branche des barons de Plancy et des vicomtes de Semoine, en Champagne) puis, toujours par mariage, aux Guénégaud, qui se distingue au milieu du XVIIe siècle, avant d'être acquise en 1685 par Louvois, déjà seigneur de Montmirail.

En 1771, Montdauphin était une paroisse relevant de l'archidiaconé et doyenné de Sézanne dans l'évêché de Troyes, le prieur de La Ferté-Gaucher étant collateur et décimateur[12]. Le seigneur était celui de Montmirail, un membre de la famille Le Tellier, descendant de Louvois. Pour la justice, Montdauphin était du ressort du Parlement de Paris et pour l'administration, du bailliage de Château-Thierry et de l'intendance de Châlons.

Le village semble avoir accueilli favorablement la Révolution française : le nom du village, rappelant trop l'héritier du trône de France, fut changé en « Mont-Pelletier », probablement du nom de l'aristocrate révolutionnaire Lepeletier de Saint-Fargeau. Selon d'autres sources, le village n'aurait en fait porté que le nom de « Mont Saint-Loup ». Par ailleurs, le curé de Montdauphin en 1791, l'abbé Lion, était acquis aux idées révolutionnaires et rédigea un Abrégé des merveilles de l'Assemblée nationale[13] grâce auquel il espérait être élu sur le siège épiscopal de Meaux afin de remplacer l'évêque Camille de Polignac, qui avait émigré ; il n'obtint cependant aucune voix[12]. Enfin, d'après une tradition locale rapportée par un instituteur du village à la fin du XIXe siècle, Édouard Bourgeoisat, les archives communales de l'Ancien Régime comprenant les titres féodaux auraient été dérobées par la population révoltée au château de Domart, demeure aujourd'hui détruite de la famille Lefebvre de Maurepas, et brûlées devant l'église de Montdauphin.

En 1814, les habitants purent observer du village la bataille de Montmirail-Marchais qui se déroulait sur le plateau de l'autre côté du Petit Morin. Il s'agit de l'une des dernières victoires de Napoélon Ier, qui y défit les armées russes et prussiennes dans le cadre de la Campagne de France.

Un premier instituteur s’installa à Montdauphin en 1822 et un local spécial fut affecté à l’instruction. Auparavant, pendant les mois d'hiver, un bonnetier dispensait chez lui des leçons aux enfants de la commune, contre quelques sous. En 1845, une mairie-école plus grande fut construite, ainsi qu’un logement pour l’instituteur.

Situé à l'écart des grands axes de communication, le village disposait jadis d'une gare, située en contrebas dans la vallée du Petit-Morin, sur la ligne de La-Ferté-sous-Jouarre à Montmirail, ouverte en 1889 et fermée en 1947 : le train mettait alors Montdauphin à vingt minutes de Montmirail et à deux heures « seulement » de la Ferté-sous-Jouarre. Une « rue de la Gare » garde le souvenir de cette époque. Un autocar de Paris à Montmirail prit le relais après la dernière guerre, avant de disparaître à son tour. Désormais, la commune n'est desservie que par des cars de ramassage scolaire.

L'électrification du village fut réalisée en 1933, les travaux ayant été financés en partie par la vente de l'ancienne école-mairie (une nouvelle mairie avec école attenante et logement pour l'instituteur fut édifiée en 1921). En 1934, la carriole à cheval chargée de la distribution du courrier disparut et fut remplacée par un circuit de poste automobile rurale. Le presbytère fut vendu en 1926, le village n'ayant plus de curé en résidence depuis la fin de la guerre : le dernier prêtre, qui desservait également la paroisse de Montolivet, fut mobilisé en 1914 comme aumônier et ne fut jamais remplacé. L'église fut dès lors desservie depuis Verdelot.

La mécanisation de l'agriculture a considérablement fait baisser le nombre d'habitants de la commune - quasiment de moitié entre 1911 et 1990. La tendance s'est inversée ces dernières années - permettant même le maintien d'une école maternelle dans le village.

Lieux et monumentsModifier

Église Saint-LoupModifier

L'église Saint-Loup - premièrement consacrée à saint Antoine - a été presque entièrement reconstruite au XVIe siècle. Elle se composait alors d'une nef de cinq travées bordée de bas-côtés, se terminant par une abside pentagonale éclairée de larges baies en cintre brisé ; le bas-côté nord a cependant été abattu au XIXe siècle ou en 1924 au plus tard (les sources ne s'accordent pas). Le chœur a conservé sa charpente rayonnante d'origine, à chevrons formant fermes : elle remonte à la fin du Moyen Âge. La charpente de la nef à fermes et pannes est elle plus tardive, elle ne peut être datée d'avant le XVIIIe siècle. Mal conçue, elle est sans doute à l'origine de la fragilisation et de la démolition subséquente du bas-côté nord. Cet édifice au caractère rustique est sommé d'un petit campanile en ardoise, où une horloge a été installée[14].

Le chœur de l'église est ceint de simples boiseries du XVIIIe siècle ; le maître-autel, en bois ouvragé et peint, est de facture locale et date de la même époque. On devine encore à un endroit, sur le côté droit du chœur, la trace d'une litre funéraire, aux armes de la famille Le Tellier de Louvois, seigneurs de Montmirail et donc des terres de Montdauphin jusqu'à la Révolution française. L'église abrite, dans la chapelle de la Vierge réchappée de la destruction du bas-côté nord, un vitrail champenois du XVIe siècle, aux tons brun, or et azur sur le thème des litanies de la Vierge de Lorette : une Vierge majestueuse est entourée de figurations de ses noms litaniques - tel hortus conclusus « jardin clos »- et surmontée par une représentation de Dieu le Père. Il n'est pas certain que le vitrail se soit toujours trouvé dans l'église : sa présence n'y est attestée que depuis 1919. Dans le collatéral sud, la chapelle dédiée à saint Loup comporte un tableau ancien en piètre état représentant saint Loup, archevêque de Sens au VIIe siècle, faisant face à un chef barbare hun. L'église conserve aussi quelques gravures anciennes (notamment un Saint Michel terrassant le dragon), plusieurs charmantes statues polychromes des XVIe et XVIIe siècles (deux Christ en croix, une Vierge à l'Enfant, un saint Thibaut, un saint Eutrope, deux saints évêques et surtout une statue de saint Fiacre portant une bêche : c'est le patron de la Brie et des jardiniers), ainsi que des reliques de saint Gaudens, de sainte Marguerite et de sainte Félicienne[14], offertes à l'église au XVIIe siècle.

 
Vitrail des litanies de la Vierge - Champagne, XVIe siècle. Montdauphin, église Saint-Loup.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Philippe de Vestele   agriculteur
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[16].

En 2016, la commune comptait 245 habitants[Note 3], en augmentation de 4,7 % par rapport à 2011 (Seine-et-Marne : +4,43 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
250289314310320329313314339
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
320321352332342310304312283
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
291287300265251247238206196
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
181172199178157184207231243
2016 - - - - - - - -
245--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Statistiques de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols “Corine Land Cover”.
  2. Elles comprennent les cultures annuelles associées aux cultures permanentes, les systèmes culturaux et parcellaires complexes, les surfaces essentiellement agricoles, interrompues par des espaces naturels importants et les territoires agro-forestiers.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. « Localisation de Montdauphin » sur Géoportail (consulté le 19 septembre 2019).
  2. Sandre, « Fiche cours d'eau - Le Petit Morin (F62-0400) »
  3. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ru du Luart (F6246000) »
  4. Sandre, « Fiche cours d'eau - Ru des Fontaines (F6247800 ) »
  5. Sandre, « Fiche cours d'eau - Fossé 06 des Grèves ( F6247200 ) »
  6. a et b Site SIGES – Seine-Normandie (Système d’information pour la gestion des eaux souterraines en Seine-Normandie), consulté le 19 septembre 2019
  7. Site territoires-fr.fr consulté le 19 septembre 2019 sous le code commune 77303.
  8. Site Corine Land Cover Mises à jour.
  9. Longnon, I, n° 3836.
  10. Archives nationales, F17 10043, n° 643.
  11. Paul Bailly, 1989, Toponymie en Seine-et-Marne, (ISBN 2402033592).
  12. a et b Louis Fontaine, La Brie champenoise ancienne, aujourd'hui. Tome III : Cent localités, éditions de l'Orme Rond, 1983
  13. Abbé Lion, Abrégé des merveilles de l'Assemblée nationale ou Discours apologétique sur la législature actuelle, Meaux, F. Enguin, 1791, 114 p., in-8°, notice BNF n°30822501
  14. a et b Le patrimoine des communes de la Seine-et-Marne, éditions Flohic, 2001
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.