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Michel Serres

philosophe et historien des sciences français
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Michel Serres [miʃɛl sɛʁ][1], né le à Agen et mort le à Paris, est un philosophe et historien des sciences français.

Membre de l'Académie française et de l'Académie européenne des sciences et des arts, il a notamment publié en tant qu'enseignant-chercheur des ouvrages faisant autorité en matière d'histoire des sciences, philosophie des sciences et épistémologie.

BiographieModifier

FamilleModifier

D’origine gasconne, il est le fils de Jean, dit Valmy Serres, batelier sur la Garonne. Il reçoit une éducation catholique[2] et pratique le scoutisme au sein des Scouts de France qui le totémisent « Renard enthousiaste »[3].

Il est le père de quatre enfants[2], dont Jean-François Serres, délégué général de l'association Petits Frères des pauvres[4].

FormationModifier

Il est reçu en 1949 à l’École navale, dont il démissionne peu après, pour préparer dans un lycée parisien le concours de l’École normale supérieure, où il est reçu en 1952[5]. Il soutient un diplôme d'études supérieures au sujet des structures algébriques et topologiques[6] avec Gaston Bachelard[5], puis est admis 2e ex aequo à l’agrégation de philosophie en 1955[7]. De 1956 à 1958, il fait son service militaire comme officier dans la Marine nationale.

ParcoursModifier

Michel Serres réalise une carrière universitaire, d'abord à l'université Blaise-Pascal[5], où il fréquente Michel Foucault et Jules Vuillemin. Ils confrontent alors régulièrement leurs idées et points de vue sur des thèmes qui prendront corps dans le livre Les Mots et les Choses[8][source insuffisante]. Il est ensuite nommé à l'université Paris-VIII, où il participe brièvement à l’« expérience de Vincennes »[9].

En 1968, il soutient une thèse de doctorat de lettres, intitulée Le Système de Leibniz et ses modèles mathématiques[10],[5], et est nommé en 1969, professeur d’histoire des sciences à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il enseigne également aux États-Unis, d'abord à l'université Johns-Hopkins, à Baltimore, à l'invitation de René Girard, puis il suit ce dernier à l’université Stanford[5], où il est nommé professeur en 1984[11].

Il est élu le à l’Académie française, où il occupe le fauteuil no 18, précédemment occupé par Edgar Faure. Il y fut reçu le 31 janvier 1991 par Bertrand Poirot-Delpech[12].

Il fonde en 1984 et dirige le Corpus des œuvres de philosophie en langue française aux éditions Fayard[13],[14]. Il parraine la bibliothèque universitaire de l’École centrale de Lyon[15].

Dans les années 1980, il apparaît dans certains films du cinéaste québécois Pierre Perrault.

En 1994, il est nommé président du conseil scientifique de La Cinquième, la chaîne de « télévision de la connaissance, du savoir et de l'emploi », lancée par Jean-Marie Cavada, sur décision du gouvernement d'Édouard Balladur[16].

Le philosophe s’engage dans une voie proprement littéraire et artistique en avril 2008, alors qu’il prépare une œuvre-spectacle pour la ville du Mans. Le thème est la conservation du patrimoine, de la cathédrale, du vieux-Mans et du bestiaire représenté dans la ville. La représentation unique eut lieu le 11 mai.

Michel Serres participe chaque dimanche, de 2004 à 2018, à la chronique de France Info Le Sens de l'info avec Michel Polacco.

Il est un enthousiaste de Wikipédia comme lieu de rassemblement gratuit de connaissances, entreprise « non gouvernée par des experts » de connaissance partagée[17],[18].

Michel Serres meurt le , à l'âge de 88 ans, à Paris[5]. Ses obsèques se déroulent en la cathédrale d'Agen le 8 juin 2019. Il est inhumé le même jour au cimetière de Gaillard[19].

Présentation de l'œuvreModifier

La première partie de l'œuvre de Michel Serres, consacrée à la philosophie des sciences, se concentre sur la problématique morale des progrès de la science et de ses effets. Comment créer une éthique, envisager une déontologie quand science et violence s'allient[20] ? Réfutant tout déterminisme scientifique, la philosophie de Michel Serres s'appuie sur le principe d'incertitude de Werner Heisenberg comme métaphore de la liberté et de l'inattendu. Après avoir participé à la réédition du Cours de philosophie positive d'Auguste Comte, en 1975[21], le premier livre publié de Michel Serres est consacré à à l'oeuvre de Leibniz. Il donne l'ouverture de son approche philosophique du côté des sciences, et se place sous l'égide de la philosophe Simone Weil[22] et de Henri Bergson[23] pour aborder les problèmes moraux de la violence, de la condition ouvrière et du messianisme marxiste face à la science.

En 1977, il publie deux études importantes. La première, intitulée La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce, présente le De rerum natura de Lucrèce, philosophe latin, comme un ouvrage scientifique, à l'encontre de sa lecture habituelle comme poème métaphysique, jetant ainsi un doute sur le concept de coupure épistémologique[21].

La seconde thématique, présente le dépassement de l'industrie manufacturière par l'impact de la communication issue et transformée par les découvertes scientifiques. Présente dans ses cinq livres consacrés à Hermès, dieu grec des commerçants et de la communication, Michel Serres y tente une herméneutique des impacts de la science dans le monde contemporain. Le thème des messagers est également présent dans son livre consacré aux anges en 1993. La Légende des Anges peut-être lu comme une métaphore du rôle du philosophe qui annonce et montre l'état du monde contemporain.

Mais l'un de ses thèmes majeurs, décliné depuis sur plusieurs livres (Le Mal propre, Biogée, La Guerre mondiale), est attaché au Contrat naturel, publié en 1990. Dix ans auparavant, le philosophe est invité au Japon à une conférence organisée en marge du G7, avec une vingtaine de scientifiques et intellectuels venus du monde entier, dont Jean Dausset (futur) prix Nobel de médecine et François Gros, qui dirigeait l'Institut Pasteur. L'échec de cette réunion, qui avait pour ambition de réfléchir aux fondements d'une éthique universelle, amènera Serres à interroger la question écologique à travers la philosophie du droit. Il remarque que tout ce qui n'est pas le genre humain est exclu de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. D'où son idée de poser le principe d'un nouveau droit, non exclusivement réservé à l'espèce humaine. Pas de droit de la nature, dit-il, sans un « contrat naturel ». La nature, affirmait-il, doit devenir un sujet de droit[24].

Profondément optimiste[25],[26], sa philosophie a pu être critiquée pour sa naïveté, son scientisme[27], ou ses approximations[28]. Usant d'un vocabulaire choisi[29],[30], parfois difficile et métaphorique, elle repose sur une volonté de transposer des théories mathématiques ou physiques, qui permettent à ses yeux de transformer et éclairer notre monde. Cherchant à décloisonner le savoir, Michel Serres tente d'établir des liens, de lancer des ponts, d'entremêler savoirs scientifiques et littéraires pour réconcilier deux cultures qui pour lui n'en font qu'une.

Dans Esthétiques sur Carpaccio, Michel Serres se prononce pour une langue ouvertement poétique et présente sa philosophie comme un voyage autour des passions et des tribulations d'Hermès à travers les catégories de cartographie, de topologie et d'isomorphisme par l'analyse sémiologique des tableaux de Vittore Carpaccio.

Sokal et Bricmont[31], partisans de la philosophie analytique anglo-saxonne, ont critiqué son style dans leur livre polémique Impostures intellectuelles (Sokal et Bricmont y critiquent la manière dont les philosophes et les sociologues convoquent des notions et des théories scientifiques pour les intégrer à des analyses relevant des sciences humaines, où ces notions et ces théories scientifiques n'ont aucune validité)[32]. Michel Serres peut en effet rassembler en un même paragraphe une allusion scientifique, une référence à l'Antiquité gréco-romaine (Hermès en est un bon exemple), l'étymologie d'un mot, une notion forgée par le philosophe à partir d'étymons grecs ou latins, par exemple « hominescence », construit à partir du latin homo et du suffixe « -escence », lequel désigne un processus (comme dans les mots incandescence : fait d'émettre de la chaleur ; luminescence : fait d'émettre de la lumière ; phosphorescence ; adolescence ; etc.)[33], pour décrire un nouvel âge de l'homme, d'une nouvelle humanité annoncée qui se crée elle-même par la technique un nouveau corps face à la mort et à la douleur et une nouvelle relation à la nature[34]. Dès Statues, Michel Serres aborde le thème de la mort, du fétiche, de l'art, de la religion, dans une suite d'articles qui commence par une réflexion sur l'explosion de la navette Challenger. Il veut y montrer comment notre monde contemporain résulte à la fois de la civilisation gréco-romaine — par exemple à travers la fonction sacrificielle de la statue chez les romains — et des inventions techniques faites vers la fin du XIXe siècle, notamment la voiture, au travers d'une analyse du plan de Paris, que Michel Serres compare à celui d'une ville romaine tout en montrant l'impact des découvertes scientifiques et artistiques sur la topographie ; la tour Eiffel ou La Porte de l'enfer de Rodin[35].

La réflexion entamée par Michel Serres sur les sciences, leurs histoires et leurs impacts[36], amène le philosophe à concevoir son écriture et sa pensée comme autant de projections, de déplacements, de transpositions du domaine scientifique vers le domaine littéraire. Il développe ainsi sa réflexion sur la topologie dans Hominescence (2001) ou selon la thèse de l'auteur « notre habitat se fait topologie » grâce à l'internet et au portable. Le message confond voix et écrit, et celui-ci se met au service de la voix démocratique par une profonde mutation anthropologique. L'écriture de Michel Serres se fait alors plus légère, personnage médiatique il fait régulièrement passer son optimisme philosophique dans des émissions de radio[37] où il parle volontiers un langage qui le situe dans le prolongement d'un Gaston Bachelard[38]. Grand orateur, il a donné des conférences aux quatre coins du monde.

Le , en séance solennelle à l'Académie sur le thème « Les nouveaux défis de l'éducation », Michel Serres prononce le discours « Petite Poucette », en référence à une génération dont il explique qu'elle connaît des mutations profondes, des transformations hominescentes rarissimes dans l'histoire[39] : « Il ou elle n’a plus le même corps, la même espérance de vie, n’habite plus le même espace, ne communique plus de la même façon, ne perçoit plus le même monde extérieur, ne vit plus dans la même nature ; né sous péridurale et de naissance programmée, ne redoute plus la même mort, sous soins palliatifs. N’ayant plus la même tête que celle de ses parents, il ou elle connaît autrement. » Il tirera un livre de cette conférence, Petite Poucette, énorme succès d'édition avec plus de 270 000 exemplaires vendus en France[40]. Dans cette courte fable il décrit l'ensemble des changements induits par la révolution numérique, qui affecte tout ce à quoi était habitué l'être humain. Cette révolution est incarnée par une jeune fille qui de ses pouces habiles pianote sur le clavier de son portable[24].

En février 2014, Michel Serres a également publié Pantopie, un livre d'entretiens avec Martin Legros et Sven Ortoli, journalistes à Philosophie Magazine, qui récapitule l'ensemble de son œuvre à ce jour et fait le portrait d'un homme qui a connu la guerre et vécu, parfois anticipé, les grandes révolutions du XXe siècle. Dans son ouvrage Yeux, paru au mois d'octobre 2014, il renverse le mythe de la caverne platonicienne et propose de prendre la nuit étoilée, plutôt que le jour, comme modèle de notre savoir.

Dans son ouvrage Le Gaucher boiteux, Michel Serres entreprend un long voyage au cours de l'Histoire en contant à ses lecteurs le « Grand Récit de l'Univers ». Ce dernier commence avec le big-bang et le développement des premières formes de vie sur Terre, se poursuit à travers les âges et les métamorphoses du monde pour finalement arriver au XXIe siècle de Petite Poucette. Le philosophe gascon effectue un éloge de la pensée et de l'invention en s'attachant à démontrer que ce « Grand Récit de l'Univers » est émaillé d'innovations, de bifurcations, d'inventions. Ainsi, à l'instar de Copernic et Galilée (qui furent les premiers à postuler que c'était la Terre qui tournait autour du soleil, s'opposant de facto au géocentrisme porté par l’Église alors en vigueur à cette époque), de Darwin (qui fut le premier à proposer une théorie sur l'évolution fortement critiquée à son époque) ou encore de Wegener (qui fut le premier en géologie à proposer l'existence de plaques tectoniques mouvantes), l'Histoire n'est rien de plus que le récit des innovations, des bifurcations et des hommes et femmes qui ont pensé. L'allégorie du gaucher boiteux, véritable incarnation de la puissance de la pensée, permet à Michel Serres de mettre en lumière que tout inventeur est un gaucher boiteux. La figure singulière du gaucher, notamment abordée dans une chronique du Sens de l'Info avec Michel Polacco, est un thème cher à l'académicien, lui-même gaucher. Obligés constamment d'évoluer dans un monde conçu pour les droitiers, les gauchers ont pour Michel Serres un grand mérite : ils sont nés dans une sorte d'instabilité, bifurquent et sont donc portés à innover notamment pour mieux s'adapter. La thèse de Serres consiste à affirmer que toute invention suppose par essence une sortie des sentiers battus, une rupture avec le conformisme. Dès lors, la personne qui invente doit nécessairement se mettre en marge, bifurquer et penser par elle-même ce qui se traduit par cette formule magnanime de Michel Serres pour qui « penser, c'est inventer, pas imiter, ni copier ! » Toutefois, la réflexion de Michel Serres ne cherche pas à faire de l'imitation ou du mimétisme, quelque chose d'honni ou de non souhaitable. En effet, l'académicien postule qu'il faut dans un premier temps que l'Homme apprenne les savoirs par imitation, par mimétisme (exemple : l'enfant à l'école apprend les connaissances, les bases de l'argumentation et de la réflexion en répétant ce que fait son professeur, c'est-à-dire en imitant) puis que ce dernier, une fois qu'il dispose des fondements requis, développe une réflexion personnelle, c'est-à-dire pense. L'ouvrage de Michel Serres insiste ainsi sur une idée majeure, celle de la puissance de la pensée : la pensée est puissante parce que la pensée est mère de toute innovation.

Tel que promis dans Le Gaucher boiteux : puissance de la pensée, Michel Serres développe une philosophie de l'Histoire dans son livre Darwin, Bonaparte et le Samaritain : une philosophie de l'histoire publié en 2016.

ŒuvresModifier

LittératureModifier

  • 1968 : Le Système de Leibniz et ses modèles mathématiques, Paris, Presses universitaires de France ; ouvrage tiré de sa thèse de doctorat, 4 rééditions
  • 1969 : Hermès I, la communication, Paris, Éditions de Minuit ; réédition en 1984
  • 1972 : Hermès II, l'interférence, Paris, Éditions de Minuit
  • 1974 : Hermès III, la traduction, Paris, Éditions de Minuit
  • 1974 : Jouvences. Sur Jules Verne, Paris, Éditions de Minuit
  • 1975 : Auguste Comte. Leçons de philosophie positive, (en collaboration), tome I, Paris, Hermann
  • 1975 : Esthétiques sur Carpaccio, Paris, Hermann
  • 1975 : Feux et signaux de brume. Zola, Paris, Grasset (ISBN 2-246-00258-3)
  • 1977 : Hermès IV, La distribution, Paris, Éditions de Minuit ; réédition en 1981
  • 1977 : La Naissance de la physique dans le texte de Lucrèce, Paris, Éditions de Minuit
  • 1980 : Hermès V, Le passage du Nord-ouest, Paris, Éditions de Minuit
  • 1980 : Le Parasite, Paris, Grasset
  • 1982 : Genèse, Paris, Grasset
  • 1983 : Détachement, Paris, Flammarion
  • 1983 : Rome. Le livre des fondations, Paris, Grasset
  • 1985 : Les Cinq Sens, Paris, Grasset ; réédition, Paris, Fayard, 2014
  • 1987 : L'Hermaphrodite, Paris, Flammarion
  • 1987 : Statues, Paris, François Bourin
  • 1989 : Éléments d'histoire des sciences, (en collaboration), Paris, Bordas, réédition en 1997, Larousse
  • 1990 : Le Contrat naturel, Paris, François Bourin
  • 1991 : Le Tiers-instruit, Paris, François Bourin
  • 1991 : Discours de réception de Michel Serres à l'Académie française et réponse de Bertrand Poirot-Delpech, Paris, François Bourin
  • 1992 : Éclaircissements, (entretiens avec Bruno Latour), Paris, François Bourin
  • 1993 : La Légende des Anges, Paris, Flammarion
  • 1993 : Les Origines de la géométrie, Paris, Flammarion
  • 1994 : Atlas, Paris, Julliard
  • 1995 : Éloge de la philosophie en langue française, Paris, Fayard
  • 1997 : Nouvelles du monde, Paris, Flammarion
  • 1997 : Le Trésor. Dictionnaire des sciences, (en collaboration), Paris, Flammarion
  • 1997 : À visage différent, (en collaboration), Paris, Hermann
  • 1999 : Paysages des sciences, (en collaboration), Paris, Le Pommier
  • 2000 : Hergé, mon ami, Bruxelles, Éditions Moulinsart
  • 2001 : Hominescence, Paris, Le Pommier
  • 2002 : Variations sur le corps, Le Pommier, Paris, 1999 ; édition texte seul, Paris, Le Pommier
  • 2002 : Conversations, Jules Verne, la science et l'homme contemporain, 1re version, Revue Jules Verne 13/14, Amiens, Centre international Jules-Verne
  • 2003 : L'Incandescent, Paris, Le Pommier
  • 2003 : Jules Verne, la science et l'homme contemporain, Paris, Le Pommier
  • 2004 : Rameaux, Paris, Le Pommier
  • 2006 : Récits d'humanisme, Paris, Le Pommier
  • 2006 : Petites chroniques du dimanche soir, Paris, Le Pommier
  • 2006 : L'Art des ponts : homo pontifex, Paris, Le Pommier
  • 2007 : Le Tragique et la Pitié. Discours de réception de René Girard à l'Académie française et réponse de Michel Serres, Paris, Le Pommier
  • 2007 : Petites chroniques du dimanche soir 2, Paris, Le Pommier
  • 2007 : Carpaccio, les esclaves libérés, Paris, Le Pommier
  • 2008 : Le Mal propre : polluer pour s'approprier ?, Paris, Le Pommier, coll. « Manifestes »
  • 2008 : La Guerre mondiale, Paris, Le Pommier
  • 2009 : Écrivains, savants et philosophes font le tour du monde, Paris, Le Pommier, coll. « Les Essais »
  • 2009 : Temps des crises, Paris, Le Pommier, coll. « Manifestes » (ISBN 978-2746505926)
  • 2009 : Van Cleef et Arpels, Le Temps poétique, avec Franco Cologni et Jean-Claude Sabrier, Paris, Cercle d'Art, coll. « La collection »
  • 2009 : Petites chroniques du dimanche soir 3, Paris, Le Pommier
  • 2010 : Biogée, Éditions-dialogues.fr/Le Pommier, Brest/Paris
  • 2011 : Musique, Paris, Éditions Le Pommier (ISBN 978-2746505452)
  • 2012 : Petite Poucette, Paris, Éditions Le Pommier (ISBN 978-2746506053)
  • 2012 : Andromaque, veuve noire, Paris, Éditions de l’Herne
  • 2013 : Les Temps nouveaux (coffret), Paris, Le Pommier
  • 2014 : Pantopie, de Hermès à Petite Poucette (avec Martin Legros et Sven Ortoli), Paris, Le Pommier
  • 2014 : Petites chroniques du dimanche tome VI, Paris, Le Pommier
  • 2014 : Yeux, Le Pommier (ISBN 978-2746507791)
  • 2015 : Le Gaucher boiteux : Puissance de la pensée, Paris, Le Pommier
  • 2015 : Écrivains, savants et philosophes font le tour du monde, Paris, Le Pommier
  • 2015 : Du bonheur, aujourd'hui (avec Michel Polacco), Paris, Le Pommier
  • 2015 : Solitude. Dialogue sur l'engagement (avec Jean-François Serres), Paris, Le Pommier
  • 2016 : De l'impertinence, aujourd'hui (avec Michel Polacco), Paris, Le Pommier
  • 2016 : Darwin, Bonaparte et le Samaritain : une philosophie de l'histoire, Paris, Le Pommier
  • 2017 : De l'Amitié, aujourd'hui (avec Michel Polacco), Paris, Le Pommier
  • 2017 : C'était mieux avant !, Paris, Le Pommier
  • 2018 : Défense et illustration de la langue française aujourd'hui, (avec Michel Polacco), Paris, Le Pommier
  • 2019 : Morales espiègles, Paris, Le Pommier

TélévisionModifier

DistinctionsModifier

PrixModifier

FrançaisModifier

ÉtrangersModifier

HommagesModifier

  • Avenue Michel Serres dans sa ville natale d'Agen (Lot-et-Garonne).
  • Rue Michel Serres à Franqueville-Saint-Pierre (Seine-Maritime).
  • Docteur honoris causa de l'Université Catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve, Belgique) en 1992.
  • L'Institut Michel-Serres, institut de recherches sur les biens communs situé à Lyon, est nommé en son honneur et il en fut le parrain.
  • Le Centre Michel Serres, centre de formation à l'interdisciplinarité et à l'innovation pour les étudiants en niveau Master et Post-Master, créé en 2013 par HESAM Université.
  • Médiathèque Michel Serres de la ville de Saint-Avertin dans le département d'Indre-et-Loire (37). La médiathèque située dans le domaine du Château de Cangé est renommée ainsi en l'honneur de sa passion des nouveaux modes d’accès à la connaissance[51].

Notes et référencesModifier

  1. Prononciation en français de France standardisé retranscrite selon la norme API.
  2. a et b « Michel Serres, l'encyclopédiste visionnaire », sur la-croix.com, (consulté le 2 juin 2019).
  3. Robert Maggiori, « Mort de Michel Serres, penseur de la nature », Libération, 2 juin 2019
  4. « Comment lutter contre l'isolement des seniors ? », sur rtl.fr, (consulté le 2 juin 2019).
  5. a b c d e et f Christian Delacampagne et Roger-Pol Droit, « Le philosophe et académicien Michel Serres est mort », sur lemonde.fr, (consulté le 2 juin 2019).
  6. Roman 2009.
  7. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 | Ressources numériques en histoire de l'éducation », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le 3 novembre 2016).
  8. Le philosophe Michel Serres est mort à l'âge de 88 ans Midi-Libre
  9. Charles Soulié, « Histoire du département de philosophie de Paris VIII. Le destin d’une institution d’avant-garde », Histoire de l'éducation,‎ , p. 47-69. (lire en ligne)
  10. Thèse de doctorat d'État, notice du Sudoc [1], publiée aux PUF la même année (« Hommage à Michel Serres », sur PUF, )
  11. (en)Biographie de Michel Serres.
  12. « Réponse au discours de réception de Michel Serres | Académie française », sur www.academie-francaise.fr (consulté le 6 juin 2018).
  13. Roger-Pol Droit, « Michel Serres : une forme française d’universalité », sur lemonde.fr, (consulté le 2 juin 2019).
  14. « [Compte rendu] Chevillé au Corpus », sur liberation/fr, (consulté le 2 juin 2019).
  15. Noël Cordonier, « Michel Serres, patriote de la langue française », Raison présente, vol. 129,‎ , p. 43-62 (lire en ligne)
  16. Monique Sicard, « Télévision, éducation, science : un entretien avec Michel Serres », Réseaux. Communication, Technologie, Société, vol. 74,‎ , p. 111-116 (lire en ligne)
  17. « Le sens de l'Info, France info », sur www.fabriquedesens.net,  : « Je suis un enthousiaste de Wikipédia. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas un dictionnaire. Nous, à l’académie nous faisons un dictionnaire tandis que là c’est une encyclopédie. C’est-à-dire une collection de connaissances, pas de mots mais de connaissances. Je suis un enthousiaste de Wikipédia pour plusieurs raisons […] »
  18. « Michel Serres, l'encyclopédiste visionnaire », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le 2 juin 2019)
  19. « [VIDEO] Obsèques : Michel Serres a rejoint sa patrie, Agen, définitivement », sur ladepeche.fr (consulté le 11 juin 2019)
  20. Guillaume Chérel, « Michel Serres : "Mon expérience d’enseignant m’a montré la victoire des femmes" », sur www.humanite.fr, (consulté le 24 août 2014).
  21. a et b Bernadette Bensaude-Vincent, Michel Serres, historien des sciences. texte à paraître dans le numéro des Cahiers de l'Herne sur Michel Serres (2009). 2006. <halshs-00350777>.
  22. Reçu à L'Académie par Bertrand Poirot-Delpech, celui-ci lui rappelle alors la dette qu'il a envers Simone Weil dans son discours de réception, auquel Michel Serres répond par « Dieu est notre pudeur ». in Michel Serres Discours de réception à l'Académie française, Paris 1991
  23. voir http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-reception-michel-serres.
  24. a et b Robbert Maggiori, « Mort de Michel Serres, penseur de la nature », Libération,‎ (lire en ligne)
  25. « Le savoir rend heureux, le savoir rend libre » in [2], TV8 Info.
  26. « Les lamentations prophétiques selon lesquelles nous allons perdre notre âme dans les laboratoires de biochimie ou devant les ordinateurs s'accordent sur cette haute note : Que nous fûmes heureux dans notre petite cabane ! […] Quel bonheur : nous ne pouvions guérir les maladies infectieuses, et, les années de grand vent, la famine tuait nos enfants ; nous ne parlions point aux étrangers de l'autre côté du ruisseau et n'apprenions pas de sciences difficiles. […] Jamais la croissance de nos moyens ne s'accompagna d'un tel concert de regrets de la part de ceux qui ne travaillèrent jamais sur ces moyens. L'extrême difficulté à se délivrer de ce petit œuf de finitude — que je sache, il nous en reste assez — explique et excuse le contresens. Homo universalis commence de vivre au grand air de cette relative infinitude. » in Michel Serres L'Hominescence.
  27. Michel Serres re-publiait Auguste Comte et une étude sur Jules Verne tournée en particulier sur les catégories universitaires du savoir
  28. un exemple de critique sévère : http://skhole.fr/petite-poucette-la-douteuse-fable-michel-serres.
  29. Michel Serres est un infatigable défenseur de la langue française jusqu'à le faire de manière polémique comme quand il déclare : « Il y a plus de mots anglais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands sous l’Occupation» http://www.lechorepublicain.fr/michel-serres-je-suis-un-academicien-illettre-,537.html.
  30. « Michel Serres: «Je lance un appel pour faire la grève de l'anglais» »
  31. « Sokal-Bricmont: Non, ce n'est pas la guerre », sur www.physics.nyu.edu.
  32. « Interrogé par Forum sur cet escamotage, M. Sokal affirme que « Michel Serres n'est pas à la hauteur de sa réputation de grand historien des sciences ». Comme les autres, l'intellectuel français a commis des impostures (particulièrement en ce qui concerne le temps et le théorème de Gödel), mais elles sont plus difficiles à démontrer aux non-spécialistes. Aussi a-t-il été épargné par les auteurs » in http://www.forum.umontreal.ca/numeros/1997-1998/Forum98-01-12/article06.html.
  33. « De même qu'en la luminescence ou l'incandescence, croît ou décroît, par éclats et occultations, une lumière dont l'intensité se cache et se montre en frémissant de commencer […] ; de même que l'adolescence ou la sénescence s'avancent vers l'âge mûr ou la vieillesse franche en régressant toutes deux vers les involutions d'une enfance ou d'une vie qu'elles regrettent mais quitteront vite ; […] de même un processus d'hominescence vient d'avoir lieu de notre propre fait, mais ne sait pas encore quel homme il va produire, magnifier ou assassiner. Mais l'avons-nous jamais su ? » in Michel Serres L'Hominescence .
  34. « La terre, jadis notre mère, est devenue notre fille ». in Michel Serres, Le Temps des crises, Le Pommier, 2009.
  35. « L'histoire des techniques et des sciences avance vers ses origines. Plus elle monte, mieux elle descend. » in Statues, Flammarion, Paris 1999 p. 46.
  36. « La science, c'est ce que le père enseigne à son fils. La technologie, c'est ce que le fils enseigne à son papa » indique-t-il dans un entretien avec Michel Alberganti, « Le virtuel est la chair même de l’homme », Le Monde, , [lire en ligne].
  37. Le Sens de l'info de Michel Polaco, France Info, depuis 2011, 2012, 2013.
  38. Gaston Bachelard est présenté dans Hermès, tome 1 La Communication par Michel Serres comme le dernier des symbolistes qui sature l'espace de symboles au croisement de la science et de la culture. Gaston Bachelard avait en son temps enregistré une émission de radio- lecture : https://www.franceinter.fr/emission-nous-autress-reveries-radiophoniques-de-gaston-bachelard.
  39. Petite Poucette, discours de Michel Serres, le 1er mars 2011 en séance solennelle sur le thème « Les nouveaux défis de l'éducation ».
  40. « Disparition: Michel Serres, le libre penseur de la nature et de l'éducation », sur RFI, (consulté le 11 juin 2019)
  41. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=2FC3D04A72C0C2B0C54183B9EFFF9BF2.tplgfr24s_3?cidTexte=JORFTEXT000022496900&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000022476891
  42. Décret du 11 avril 2001 portant promotion, JORF no 90 du 15 avril 2001, p. 5879–5880 (5880), NOR PREX0104792D, sur Légifrance.
  43. Décret du 29 mars 1993 portant promotion et nominationJORF no 86 du 11 avril 1993, p. 6230–6238 (6237), NOR PREX9310954D, sur Légifrance
  44. https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000568610&categorieLien=id
  45. Décret du 10 novembre 1997 portant promotion et nomination, JORF no 265 du 15 novembre 1997, p. 16539–16568 (16540), NOR PREX9702135D, sur Légifrance.
  46. Décret du 10 août 1987 portant promotion et nomination, JORF no 184 du 11 août 1987, p. 9103–9140 (9127), sur Légifrance.
  47. http://www.academie-francaise.fr/prix-roland-jouvenel
  48. « Premier prix Tapis rouge qui illustre et défend la langue française », sur Avenir de la langue française, (consulté le 30 novembre 2018).
  49. Il est le deuxième Français à le recevoir après Claude Lévi-Strauss décerné en 2003.
  50. https://www.dandavidprize.org/laureates/2013
  51. « A Saint-Avertin, le château s'est mué en médiathèque », La Nouvelle République du Centre-Ouest,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • (en) Michael Shortland, « Michel Serres, passe-partout », The British Journal for the History of Science, vol. 31, pt. 3:110, septembre 1998, p. 335-353
  • (en) Niran Abbas (dir.), Mapping Michel Serres, University of Michigan Press, Ann Arbor, 2005, 259 p. (ISBN 0472030590)
  • (en) Sydney Levy (dir.), « An ecology of knowledge : Michel Serres », Sub-Stance, University of Wisconsin Press, Madison, 1997, n° spécial 83, vol. 26, no 2
  • (fr) Jean-Marie Auzias, Michel Serres : philosophe occitan, Fédérap, Mussidan, 1992, 167 p. (ISBN 2857920679)
  • (fr) Anne Crahay, Michel Serres : la mutation du cogito. Genèse du transcendantal objectif, Préface de Jean Ladrière, Éditions universitaires, Paris ; De Boeck Université, Collection "Le point philosophique",Bruxelles, 1988, 103 p. (ISBN 2804111466)
  • (fr) Wassim Ladki, L’Espace du discours littéraire dans les essais philosophiques de l’écrivain Michel Serres, Université de Nancy 2, 1997, 408 p. (thèse)
  • (fr) Michel Polacco, Michel Serres : petites chroniques du dimanche soir, Le Pommier (ISBN 2746502895)
  • (fr) François L'Yvonnet et Christiane Frémont, Cahier de L'Herne, Michel Serres, L'Herne, 2010, 320 p. (ISBN 9782851971555)
  • (fr) Benjamin Pichery et François L'Yvonnet, Regards sur le sport, ouvrage collectif, Le Pommier - INSEP - 2010, 256 p. (ISBN 978-2-7465-0484-4)
  • (fr) Autour du Tiers-Instruit, entretien de Michel Serres avec Bernard Defrance, les Cahiers pédagogiques, du no 264-265 au no 270, mai-juin 1988 à janvier 1989 [3]
  • (fr) Bertrand Poirot-Delpech, Discours de réception de Michel Serres à l'Académie française, le 31 janvier 1991 http://www.academie-francaise.fr/reponse-au-discours-de-reception-de-michel-serres
  • (it) Gaspare Polizzi, Michel Serres. Per una filosofia dei corpi miscelati, Liguori Ed., Napoli 1990 (ISBN 978-88-207-1938-8)
  • Joël Roman, « Serres (Michel) », dans Jacques Julliard et Michel Winock (dir.), Dictionnaire des intellectuels français : les personnes, les lieux, les moments, Paris, Le Seuil, (ISBN 978-2-02-099205-3), p. 1279-1280.
  • (it) Francesco Bellusci, Mundus non est fabula. Leggere Michel Serres, Trieste, Asterios 2012 (ISBN 978-88-95146-57-7)
  • (it) Michel Serres, a cura di Mario Porro e Gaspare Polizzi, numero monografico di Riga, no 35, 2014 (ISBN 978-8871686967)
  • (it) Orsola Rignani, Umano? Una domanda per Italo Calvino e Michel Serres, Parma, Mattioli 1885, 2012
  • (it) Orsola Rignani, Metafore del corpo postumanista: Michel Serres, Milano, Mimesis, 2018

FilmographieModifier

  • (fr) Tours du monde, tours du ciel, mini-série documentaire de dix épisodes réalisés par Robert Pansard-Besson, Paris, 1991 : Michel Serres y a participé comme consultant
  • (fr) Regards sur le sport : Michel Serres, philosophe, en compagnie de François L'Yvonnet, philosophe, film réalisé par Benjamin Pichery, INSEP, Paris, 2007-2009, 180 minutes (double DVD)

Liens externesModifier