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Maurice Sartre

historien français
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Maurice Sartre
Maurice sartre café st Maurice 06576.jpg
Maurice Sartre en 2017.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (75 ans)
LyonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Domaine
histoire du Proche Orient antique
Distinctions

Maurice Sartre, né à Lyon le , est un historien français spécialiste de l’histoire du monde grec et du monde romain oriental, en particulier du Proche-Orient hellénisé, d’Alexandre à la conquête islamique[1].

BiographieModifier

Études d'histoire et fouilles archéologiquesModifier

Maurice Sartre a fait ses études universitaires à Lyon, sa ville natale, et passé sa maîtrise d'histoire sous la direction de Pierre Vidal-Naquet (son mémoire traitait du thème de la frontière en Grèce ancienne). Après avoir obtenu l'agrégation d'histoire en 1968, il a participé à l'une des campagnes de fouilles d'Aï Khanoum (Afghanistan), avant de s'orienter vers l'étude du Proche-Orient hellénisé avec l'appui de Jean Pouilloux, qui a dirigé sa thèse d'État intitulée Bostra et l'Arabie romaine. Il devient alors pensionnaire de l'Institut Français d'Archéologie de Beyrouth (aujourd'hui IFPO) entre 1973 et 1974. Il est marié à Annie Sartre-Fauriat, également historienne, avec laquelle il a écrit plusieurs ouvrages et articles.

Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du Président de la République en date du 25 mars 2016[2].

Carrière universitaireModifier

Maurice Sartre a été assistant puis maître-assistant à l'université de Clermont-Ferrand de 1969 à 1978.

Il est aujourd'hui professeur émérite d'histoire ancienne à l'université François-Rabelais de Tours, ancien membre sénior de l'Institut universitaire de France[3] et ancien directeur de l'antenne tourangelle de l'UMR 5189 du CNRS « Histoire et sources des mondes antiques » (HISOMA).

Diffuseur de l'histoire au grand publicModifier

Il œuvre plus largement à la diffusion de la culture historique universitaire auprès du grand public. Il a activement participé à la création des Rendez-vous de l'Histoire de Blois, sous l'impulsion de Jack Lang, en tant que premier président du conseil scientifique de cette manifestation à vocation internationale.

Il est aussi membre du comité de rédaction du magazine L'Histoire et a été un collaborateur régulier du supplément livres du journal Le Monde chaque jeudi depuis juin 1996.

De 2003 à 2009, il exerce la fonction de président de l'Institut européen d'histoire et des cultures de l'alimentation (IEHCA), dont le siège est à Tours. Il est membre des jurys du prix du Livre d'histoire du Sénat et du prix des Rendez-vous de l'Histoire de Blois (dont il a été lauréat en 2002).

Prises de positionModifier

Dans l'édition du Monde des livres du jeudi 27 février 2009, il défend l'essai polémique[4] de Jean-Marie Salamito[5], professeur d'histoire des religions à l'université Paris IV-Sorbonne. Celui-ci dénonce « les erreurs et les parti pris » de la série télévisée L'Apocalypse de Jérôme Prieur et Gérard Mordillat, mais surtout de leurs livres, notamment de leur dernier essai Jésus sans Jésus[6], présenté comme « une vision hostile à l'Église ». Cette prise de position a suscité une réponse de la part de plusieurs universitaires de renom, dont Paul Veyne et Michel Tardieu, professeurs au Collège de France, à l'occasion d'une tribune collective publiée le 18 mars 2009 dans le journal Libération[7].

Maurice Sartre approuve également en partie la thèse controversée que l’historien israélien Shlomo Sand expose dans Comment le peuple juif fut inventé[8].

Apport à l'histoire du Proche-Orient antiqueModifier

Il a écrit de nombreux ouvrages sur l'histoire du Proche-Orient et de la Méditerranée orientale dans l'Antiquité. Il a également publié plusieurs recueils d'inscriptions grecques et latines de Syrie et de Jordanie. Actuellement chercheur associé à l'Institut français du Proche-Orient (IFPO), il est depuis 1997 le rédacteur en chef de Syria, la prestigieuse revue d'archéologie, art et histoire éditée par cet établissement.

OuvragesModifier

  • Trois études sur l'Arabie romaine et byzantine, Bruxelles, Latomus, 1982.
  • Bostra des origines à l'Islam, Paris, Geuthner, 1985.
  • Inscriptions grecques et latines de la Syrie. XIII/1 : Bostra, Paris, Geuthner, 1985.
  • L’Orient romain : provinces et sociétés provinciales en Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères (31 avant J.-C. – 235 après J.-C.), éd. Le Seuil, Paris, 1991.
  • La Méditerranée antique : IIIe siècle av. J.-C./IIIe siècle, Paris, Armand Colin, 1991, 2e éd., 1997, 190 p.
  • Inscriptions grecques et latines de la Jordanie. IV : Pétra et la Nabatène méridionale, Beyrouth, IFAPO, 1993.
  • L’Asie Mineure et l’Anatolie d’Alexandre à Dioclétien (IVe siècle av. J.-C. - IIIe siècle, Paris, Armand Colin, coll. « U », 1995, 279 p.
  • D'Alexandre à Zénobie : histoire du Levant antique, IVe siècle avant Jésus-Christ - IIIe siècle après Jésus-Christ, Fayard, Paris, 2001; 2e éd. 2003.
  • La Syrie antique, coll. « Découvertes Gallimard / Histoire » (no 426), Paris, 2002.
  • L'Anatolie hellénistique de l'Égée au Caucase (334-31 av. J.-C.), éd. Armand Colin, Paris, 2003 ; 2e éd., 2004.
  • The Middle East under Rome, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2005 (édition américaine partielle de D'Alexandre à Zénobie).
  • Maurice Sartre, Histoires grecques, Paris, Éditions du Seuil, (ISBN 2020372096).  
  • Palmyre, la cité des caravanes (avec Annie Sartre-Fauriat), éd. Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard / Archéologie » (no 523), Paris, 2008.
  • Maurice Sartre, Annie Sartre-Fauriat, Patrice Brun (dir.), Dictionnaire du monde grec antique, Paris, Larousse, coll. « In extenso », 2009, 543 p.
  • Maurice Sartre, Le Haut-Empire romain : les provinces de Méditerranée orientale d’Auguste aux Sévères, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité⁹ », (ISBN 978-2020281539).
  • Xavier Lafon, Jean-Yves Marc, Maurice Sartre, La Ville antique, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire / Histoire de l’Europe urbaine¹ », 2011, (ISBN 978-2-7578-2546-4).
  • Inscriptions grecques et latines de la Syrie. XIII/2 : Bostra (Supplément) et la plaine de la Nuqrah, Beyrouth, Ifpo, 2011.
  • Annie Sartre-Fauriat et Maurice Sartre Inscriptions grecques et latines de la Syrie. XV : Le Plateau du Trachôn, Beyrouth, Ifpo, 2013, 2 vol.
  • « Entretien : Maurice Sartre et le métier d’historien », Anabases, no 13, 2011, p. 175-206.
  • Maurice Satre et Annie Sartre-Fauriat, Zénobie : de Palmyre à Rome, Paris, Perrin, , 348 p. (ISBN 9782262040970, présentation en ligne, lire en ligne)
  • Cléopâtre : un rêve de puissance, Paris, Tallandier, , 352 p. (ISBN 1021026980, présentation en ligne, lire en ligne)

RéférencesModifier

  1. Voir la page de l’encyclopédie Universalis en ligne
  2. Décret du 25 mars 2016 portant promotion et nomination (lire en ligne)
  3. « Maurice Sartre », sur BiblioMonde.com (consulté le 10 octobre 2011)
  4. Jean-Marie Salamito, Les chevaliers de l'Apocalypse : réponse à MM. Prieur et Mordillat, Lethielleux & Desclée de Brouwer, , 158 p. (ISBN 2-283-61057-5, présentation en ligne)
  5. « "Les Chevaliers de l'Apocalypse : réponse à MM. Prieur et Mordillat", de Jean-Marie Salamito" : descente aux enfers pour "L'Apocalypse" de Mordillat et Prieur », sur lemonde.fr, (consulté le 15 janvier 2019)
  6. Maurice Sartre, « Descente aux enfers pour « L'Apocalypse » de Mordillat et Prieur », Le Monde des livres, no 19959,‎ , p. 6 (ISSN 0395-2037).
  7. « Apocalypse : pourquoi nous ne sommes pas manipulés? » (consulté le 4 avril 2016)
  8. « Maurice Sartre : « Sand n’a pas raison sur toute la ligne » », sur booksmag.fr, (consulté le 10 octobre 2011) : « Maurice Sartre exprime son accord pour l’essentiel avec la thèse de son collègue israélien Shlomo Sand […]. Il se sépare cependant de lui sur certains points. »

Liens externesModifier