Isabelle Lonvis-Rome

magistrate et femme politique française

Isabelle Rome
Illustration.
Isabelle Rome en 2018.
Fonctions
Ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances
En fonction depuis le
(1 mois et 16 jours)
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Élisabeth Borne
Gouvernement Borne
Prédécesseur Élisabeth Moreno
Biographie
Nom de naissance Isabelle Lonvis
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Bourg-en-Bresse (France)
Nationalité Française
Parti politique SE
Diplômée de ENM
Profession Magistrate

Isabelle Lonvis-Rome
Ministres français chargé des Droits des femmes

Isabelle Lonvis-Rome, née le à Bourg-en-Bresse, est une magistrate, autrice et femme politique française.

Elle a été notamment juge de l'application des peines et présidente de cours d'assises au cours de sa carrière. Entre 2000 et 2002, elle conseille la garde des Sceaux Marylise Lebranchu. Devenue inspectrice générale de la Justice, elle est nommée haute-fonctionnaire à l'égalité femmes-hommes au ministère de la Justice en 2018.

Le , elle est nommée ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances au sein du gouvernement Élisabeth Borne.

BiographieModifier

Carrière de magistrateModifier

Débuts à LyonModifier

En 1987, pour son premier poste[1], elle (de son nom d'époque : Isabelle Passet) est juge d’application des peines à Lyon (1987-1992[2]), co-chargée d'une prison de 1200 détenus[3]. Toujours au tribunal judiciaire de Lyon, elle est nommée secrétaire générale de la Présidence[4] (1992-1995[5]), puis juge d'instruction (1996-1998[2]).

En administration centraleModifier

En 1998, elle rejoint la Délégation interministérielle à la ville, où elle est cheffe du bureau de la prévention de la délinquance[4] (1998-2000[6]).

Elle quitte ce poste en 2000 pour devenir conseillère technique chargée de la protection judiciaire de la jeunesse, de l’aide aux victimes et de l’accès au droit[3], au sein du cabinet de la garde des Sceaux Marylise Lebranchu (2000-2002[7]).

Retour en juridictionModifier

À son retour en juridiction, elle occupe le poste de vice-présidente chargée de l’instruction à Amiens (2003-2006[2]). De 2006 à [5], elle travaille au tribunal de grande instance de Pontoise, chargée des affaires familiales, puis des référés et juge des libertés et de la détention[4].

En 2012, elle devient conseillère à la cour d'appel de Versailles[8] et présidente des cours d'assises de Nanterre, Versailles, Pontoise et Chartres (2012-2018[5]).

Haute fonctionnaire à l'égalité femmes-hommes du ministère de la JusticeModifier

Le , elle est nommée haute-fonctionnaire à l'égalité femmes-hommes au ministère de la Justice, par la garde des Sceaux Nicole Belloubet[9]. Au ministère de la Justice, Isabelle Rome est la première haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes à exercer ce poste à temps plein[9].

Elle a pour mission d’améliorer l’accès des femmes à des postes de hiérarchie, d'assurer un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle, de lutter contre les stéréotypes et de réintroduire la mixité dans les métiers de la justice[8]. Le ministère de la Justice avait été rappelé à l’ordre en 2016 pour le manque de femmes aux postes de direction[10].

Sous l'impulsion de la garde des Sceaux Nicole Belloubet, et sous la responsabilité d'Isabelle Rome, le , le ministère de la Justice a publié son premier baromètre de l'égalité femmes-hommes[11]. Le même jour, un texte d'engagement pour une parole non-sexiste[12] a été signé et adopté par l'ensemble des directions du ministère, l'inspection générale de la justice, les quatre écoles du ministère (ENM, ENG, ENAP, ENPJJ) et par les premières structures signataires (cours, TGI, directions interrégionales de la PJJ, directions et structures de l'administration pénitentiaire)[13],[14]. Elle a publié son premier rapport d'activité en juin 2020[15],[16].

Le deuxième baromètre Égalité, sur l'accès des femmes et des hommes aux postes à responsabilité, a été publié le 8 mars 2021[17]. Le texte d'engagement pour une parole non-sexiste a été signé, le même jour, par la nouvelle directrice du secrétariat général, par la nouvelle directrice de la direction de la protection judiciaire de la jeunesse (DPJJ) et par le nouveau directeur des services judiciaires (DSJ) du ministère de la Justice[18].

Isabelle Rome est chargée par la garde des Sceaux Nicole Belloubet de coordonner un plan d'action de lutte contre les violences conjugales[19]. Elle conduit le groupe de travail du ministère de la Justice dans le cadre du Grenelle consacré à ce sujet du 3 septembre au 25 novembre 2019, et veille à la mise en œuvre des mesures qui en sont issues[20],[21],[22],[23],[24],[25],[26].

Un vade-mecum « Secret médical et violences au sein du couple »[27] a été élaboré avec le Conseil national de l'Ordre des médecins et la Haute Autorité de santé afin d'accompagner la loi du 30 juillet 2020[28] introduisant un nouveau cas de dérogation au secret médical.

Avec Éric Dupond-Moretti, Isabelle Rome présente le bilan des mesures mises en œuvre par le ministère de la Justice à la suite du Grenelle sur les violences conjugales[29],[30],[31],[32].

Ministre dans le gouvernement BorneModifier

Le , elle devient ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances au sein du gouvernement Élisabeth Borne.

Engagements associatifsModifier

À LyonModifier

Pendant ses années à Lyon (1987-1998), Isabelle Rome a été administratrice de trois associations : l’association socio-culturelle des détenus des prisons de Lyon (en qualité de vice-présidente), l'APUS (Association des praticiens de l'urgence sociale) et le Comité rhodanien d’accueil des réfugiés et demandeurs d’asile[3].

En banlieue lyonnaise, à Vaulx-en-Velin, elle a lancé, avec d'autres acteurs, en 1998, l’opération « Objectif citoyen », soit 72 rencontres organisées dans les quartiers pour sensibiliser les jeunes à la loi[3].

Dans l'OiseModifier

Elle a été présidente-fondatrice de l’association « Femmes de Liberté » (anciennement appelée « Paroles de Femmes en Picardie »[33]), qu'elle a créée dans l'Oise[34] en 2002[3]. Cette association a pour but de faciliter la parole des femmes, de tous horizons et milieux, autour des valeurs républicaines[8]. Isabelle Rome préside cette association pendant douze ans, jusqu’en 2014[4], organisant des débats, des cafés-citoyens ou des ateliers d’écriture.

ConférencesModifier

Isabelle Rome a participé à de nombreuses conférences sur les droits des femmes[35], comme sur les prisons françaises[36], le traitement judiciaire des femmes[37], ou sur les mineurs et la justice[35].


OuvragesModifier

  • Vous êtes naïve, Madame le juge, Éditions du Moment, 2012.
  • Dans une prison de femmes : une juge en immersion, Éditions du moment, 2014.
  • Plaidoyer pour un droit à l’espoir, Enrick B. Éditions, 2018, préface de Benjamin Stora.
  • Liberté, égalité, survie, Stock, 2020.
  • L'emprise et les violences au sein du couple, dir. avec Éric Martinent, Dalloz, 2021, préface d'Éric Dupond-Moretti.
  • Ensemble pour les droits des femmes !, co-écrit avec Giula Clara Kessous, Alternatives, 2022.

Notes et référencesModifier

  1. Cinq choses à savoir sur Isabelle Rome, ministre déléguée à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes, ouest-france.fr, 20 mai 2022
  2. a b et c « Le code pénal dans une main, le cœur dans l'autre », Ouest-France,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. a b c d et e « [LES ACTEURS] Isabelle Rome, Haute fonctionnaire à l’égalité femmes-hommes - Tendance Droit », Tendance Droit,‎ (lire en ligne, consulté le )
  4. a b c et d « Mme Isabelle ROME - Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes », sur www.haut-conseil-egalite.gouv.fr (consulté le )
  5. a b et c « Isabelle Rome : magistrate, écrivain, éclairée et humaniste — Courrier plus », sur lecourrierplus.fr (consulté le )
  6. « Isabelle Lonvis - Nominations au Journal officiel de la République française », sur jorfsearch.steinertriples.fr (consulté le )
  7. « Justice ; Cabinet et services rattachés au Ministre ; Cabinet (1993- 2002) », Archives nationales,‎ (lire en ligne)
  8. a b et c « Isabelle Rome : La juge va porter les droits des femmes », Le Parisien,‎ (lire en ligne)
  9. a et b « Isabelle Rome, haute fonctionnaire pour l’égalité femmes-hommes », justice.gouv.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. Mathieu Delahousse, « Une magistrate pour veiller à la promotion des femmes dans la Justice », L'Obs,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. « Égalité femmes-hommes », sur justice.gouv.fr (consulté le )
  12. [http://www.justice.gouv.fr/haute-fonctionnaire-a-legalite-femmes-hommes-12939/missions-12942/egalite-femmes-hommes-32214.html « �galit� femmes-hommes »], sur justice.gouv.fr (consulté le )
  13. « Var Matin, "Il est important d'insuffler une culture de l'égalité pour sensibiliser les jeunes générations" », sur www.pressreader.com, (consulté le )
  14. « La semaine juridique, "spécial femmes et droit", édition PDF »,
  15. « Rapport d'activité - Isabelle Rome », sur Ministère de la justice,
  16. « L’égalité, une volonté », sur LA SEMAINE JURIDIQUE,
  17. « Publication du deuxième baromètre Egalité femmes-hommes », sur justice.gouv.fr (consulté le )
  18. « Journée internationale pour les droits des femmes », sur justice.gouv.fr (consulté le )
  19. Qui est Isabelle Rome, la ministre déléguée à l’Egalité femmes-hommes ?, challenges.fr, 23 mai 2022, par Anne-Marie Rocco
  20. Laurence Neuer, « Violences conjugales : « Notre seul mot d'ordre est la protection des victimes » », sur Le Point, (consulté le )
  21. « Mission de recherche Droit et Justice » « Les violences conjugales sont un coup de poignard donné au pacte social » » (consulté le )
  22. « Comment la justice adapte ses procédures face aux violences conjugales », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  23. « Violences conjugales : vers la levée du secret médical », sur L'Obs
  24. « Contre les violences conjugales, l'Espagne à l'avant-garde », sur France Culture (consulté le )
  25. « Violences conjugales en France : le phénomène d'emprise sera pris en compte par la loi », sur France 24, (consulté le )
  26. « Violences conjugales : Isabelle Rome estime qu'il faut "agir vite" et de "manière adaptée" dans ces affaires qui sont très spécifiques », sur Europe 1 (consulté le )
  27. « Soignants et victimes de violences conjugales », sur justice.gouv.fr (consulté le )
  28. « Loi du 30 juillet 2020 visant à protéger les victimes de violences conjugales », sur Vie publique.fr (consulté le )
  29. « Isabelle Rome : « La prise de conscience sur les violences intrafamiliales est massive » (Ministère de la Justice) », sur www.ash.tm.fr (consulté le )
  30. Par Zoé Lauwereys Le 24 novembre 2020 à 17h06, « Violences conjugales : «Les téléphones d’urgence ont évité 619 agressions» », sur leparisien.fr, (consulté le )
  31. « Violences conjugales : « La prise de conscience des juges est massive, à l’image de celle de la société » », sur L'Obs (consulté le )
  32. Plana Radenovic, « Égalité femmes-hommes : après le Grenelle contre les violences conjugales, Isabelle Rome devient ministre », sur jdd.com, (consulté le )
  33. « Le trait d'union - n°39 », Journal municipal de Bailleur-Sur-Thérain,‎ (lire en ligne)
  34. « Isabelle Rome - Babelio », sur www.babelio.com (consulté le )
  35. a et b "3e Salon Livres, Justice et Droit", vendredi 16 et samedi 17 mars 2018. https://www.cnb.avocat.fr/sites/default/files/programme-salon-livres-droit-2018-2.pdf
  36. « 20es Rencontres d’été « Murs et espaces nouveaux » – Association Abraham Mazel », sur www.abrahammazel.eu (consulté le )
  37. Archives nationales France, « Accueil », sur www.archives-nationales.culture.gouv.fr/ (consulté le )

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier