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Ahmad Ibn Hanbal

théologien sunnite
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Ahmad Ibn Hanbal
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 74 ans)
BagdadVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
أحمد بن حنبلVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Enfants
Abdûllâh ibn Aḥmad ibn ḥanbal (d)
Salih ibn Ahmad ibn Hanbal (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaines
Religion
Maîtres
Ash-Shâfi'î, Abou Yoûsouf, Ibn Maīn, ‘Abd Arrazzâq as-San‘âny (en), Sûfyân ibn ’unaynah (en), Bihz ibn Asad (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Titre honorifique
Imam
Ahmad bin Hanbal Name.png
blason
Œuvres principales
Musnad Ahmad ibn Hanbal (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Aḥmad Ibn Muḥammad Ibn Ḥanbal Abū ʿAbdullāh Ash-Shaybānī (arabe : احمد بن محمد بن حنبل ابو عبد الله الشيباني), né en Rabi’ al-Awwal 164 AH / novembre 780 à Bagdad, et mort le 12 Rabi’ al-Awwal 241 AH / dans la même ville, souvent mentionné par ses formes courtes Aḥmad ibn Ḥanbal ou simplement Ibn Ḥanbal et l'imam Aḥmad par les sunnites, était un faqîh musulman arabe, théologien, ascète, traditionaliste (muhaddith) et fondateur de l'école de jurisprudence (madhhab) sunnite Hanbalite - l'un des quatre principaux madahib orthodoxes de l'islam sunnite[1] avec le Shafî'îsme, le Malikisme et l'Hanafisme.

Un érudit très influent et actif au cours de sa vie[1], Ibn Hanbal est devenu « une des figures intellectuelles les plus vénérées » de l’Histoire de l'islam[2], qui a eu une « profonde influence sur presque tous les domaines du traditionalisme (perspective axée sur le littéralisme) » au sein de l’islam sunnite[3]. Ibn Hanbal, l'un des plus grands partisans classiques de l'utilisation des sources scripturaires comme fondement de la loi et du mode de vie islamiques, a rassemblé l'une des plus importantes collections de ahadith sunnites : le Mousnad[4], qui a continué d'exercer une influence considérable dans le domaine de l'étude du hadîth jusqu'à présent[1].

Ayant étudié le fiqh et le hadîth auprès de nombreux enseignants durant sa jeunesse[5], Ibn Hanbal devint internationalement célèbre par la suite pour son rôle crucial dans la Mihna (en), inquisition instituée par le calife abbasside Al-Ma’mūn vers la fin de sa règne, dans lequel le souverain donna son soutien officiel au dogme mutazilite du Qorʾān crée, une hérésie pure pour les sunnites et les chiites[note 1] selon qui le Qor'an est la parole incréée d'Allah[1]. Souffrant de persécution physique (flagellation notamment) sous le calife pour son adhésion sans faille à la doctrine traditionnelle, le courage d'Ibn Hanbal lors de cet événement particulier n'a fait que renforcer sa "réputation retentissante" dans les annales de l'histoire islamique[1].

Tout au long de l'histoire islamique, Ibn Hanbal a été vénéré comme une figure exemplaire dans toutes les écoles traditionnelles de la pensée sunnite[1], à la fois par les oulema exotériques et par les mystiques, ces derniers le désignant souvent comme un saint parmi les saints dans leurs hagiographies[6]. Le maître des ahadith du XIVe siècle, Al-Dhahabi, qualifia Ibn Hanbal de « véritable cheikh al-Islam et chef des musulmans de son temps, maître des ahadith et preuve de la religion »[7].

À l'époque contemporaine, le nom d’Ibn Hanbal est devenu controversé dans certaines parties du monde islamique, parce que le mouvement de réforme hanabila connu sous le nom de wahhabisme l’a cité comme son influence principale, au côté du réformateur hanbalite du XIIIe siècle Ibn Taymiyya. Cependant, certains savants ont fait valoir que les croyances d’Ibn Hanbal n’ont en fait joué "aucun rôle réel dans l’établissement des doctrines centrales du wahhabisme"[8], car il y a des preuves, selon les mêmes auteurs, que "les autorités hanbalites plus anciennes avaient des préoccupations doctrinales très différentes de celles des wahhabites"[8]. En témoigne la richesse de la littérature hanbalite médiévale en référence aux saints, aux visites des tombeaux, aux miracles et aux reliques[9]. À cet égard, les oulema ont cité le propre soutien d’Ibn Hanbal à l’utilisation des reliques comme étant simplement un des points importants sur lesquels les opinions du théologien divergeaient de celles du wahhabisme[10].

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

La famille d’Ahmad ibn Hanbal était originaire de Bassorah, en Irak, et appartenait à la tribu arabe des Banu Shayban (en)[11]. Son père était officier dans l’armée du califat abbasside au Khorassan et s’installa plus tard avec sa famille à Bagdad, où Ahmad est né 164 AH / 780[12].

Ibn Hanbal avait deux femmes et plusieurs enfants, dont un fils plus âgé, qui plus tard est devenu un juge à Ispahan[13].

Éducation et travailModifier

L’Imam Ahmad étudia longuement à Bagdad, puis voyagea pour poursuivre ses études. Il a commencé à apprendre la jurisprudence (Fiqh) sous l'autorité du célèbre juge hanafite Abou Yoûsouf, étudiant et compagnon de l’imam Abû Hanîfa. Après avoir terminé ses études avec Abou Yoûsouf, Ibn Hanbal a commencé à voyager à travers l’Irak, la Syrie, et l’Arabie pour recueillir des ahadith, ou les traditions du prophète Muhammad. Ibn al-Jawzi affirme que l’imam Ahmad avait 414 maîtres dans la science du hadith, desquels il narrait. Avec cette connaissance, il est devenu une autorité dans le hadith, laissant derrière lui une immense encyclopédie du hadith, le Musnad (en). Après plusieurs années de voyage, il est retourné à Bagdad pour étudier le droit musulman sous l'autorité d'Ash-Shâfi'î. Il est devenu mufti dans sa vieillesse, et a fondé le madhhab Hanbalite, ou école de droit islamique, qui est prédominant en Arabie saoudite, au Qatar, et aux Émirats arabes unis[14],[15],[16]. Contrairement aux trois autres écoles de jurisprudence islamique (Hanafisme, Malikisme et Shafî'îsme), le madhhab hanbalite est demeuré largement traditionaliste ou Athari en matière de théologie[17]. Cependant, il est arrivé que des fuqaha hanbalites soient acharites dans la 'aqîda, comme ce fut le cas d'Ibn al-Jawzi[18].

En plus de ses activités scolaires, ibn Hanbal était un soldat (ghazi) aux frontières du Dar al-Islam (Ribat) et a fait le Hajj cinq fois dans sa vie, dont deux fois à pied[19].

MortModifier

Ahmad Ibn Hanbal est décédé le vendredi 12 Rabi’ al-Awwal 241 AH / à l’âge de 74-75 années juliennes à Bagdad, en Irak. Selon les historiens, 800 000 hommes et 60 000 femmes ont assisté à ses funérailles et 20 000 chrétiens et juifs se sont convertis à l’islam ce jour-là[20].

Une doctrine rigoureuseModifier

Après avoir étudié le fiqh et la science du hadith sous différents maîtres à Bagdad (il y suivit entre autres les enseignements de l'imâm al-Châfi'î et d'Abou Youssouf, lui-même disciple d'Abou Hanîfa et reçut des hadîth écrits de Mouhammad Al-Shaybânî) puis en Syrie et au Yémen, Ibn Hanbal s'en émancipe progressivement pour fonder une école de pensée rigoureuse lui paraissant la plus conforme au Coran et à la Sunna[21].

 
Questions de droit se rapportant à Ibn Hanbal, manuscrit daté (octobre 879).

On lui doit un important recueil de traditions, le Musnad ("fondé"), où les ahâdîth sont classés suivant les chaînes de transmetteurs, remontant jusqu'à un des compagnons de Mahomet, et en fonction de leur authenticité considérée comme "parfaite" (sahîh), bonne ("hasan") ou "faible" (da'îf). Ibn Hanbal a également écrit des ouvrages de commentaires sur la Tradition et sur les principes moraux dans l'islam, ainsi que des éloges des premiers califes rachidun, "les bien guidés". On doit enfin à ses disciples, dont l'un de ses fils, 'Abdullâh (mort en 903), une compilation des "réponses" qu'il donnait aux questions qui lui étaient posées sur les sujets les plus divers.

La doctrine hanbalite, attachée au strict respect du Coran et de la Tradition, récuse la tentation de l'innovation (bid'a), le "stratagème" (hîla), et condamne les déviations religieuses et/ou politiques apparues dans l'histoire du califat, à commencer par le kharidjisme et toutes les formes de chiisme, etc.

Il eut pour épouse Oumm abi 'Abbassa qui lui donna son fils Sâlih (mort en 873) et quand son épouse décéda, il épousa Rayhânah qui lui donna Abdullah (mort en 903).

Parmi les élèves de Ahmad ibn Hanbal figurent ses deux fils ainsi que l'imam Boukhari, Mouslim, grands savants du hadith et compilateurs des recueils de hadîth éponymes.

Sa position hostile envers l'anthropomorphisme (tajsîm)Modifier

Comme l'ensemble des savants musulmans, l'Imâm Ahmad avait une aversion envers la doctrine anthropomorphiste qui consiste à croire qu'Allâh serait un corps ou qu'Il serait incarné dans un endroit. Ainsi il a dit :

« Les noms sont pris de la religion (charî’ah) et de la langue arabe, or les spécialistes de la langue ont mentionné que le mot « corps » (jism) est attribué pour tout ce qui présente une longueur, une largeur, une épaisseur, une composition et une image, et Allâh ta’âlâ est exempt de tout ceci. Il n’est donc pas permis de Lui attribuer le corps (jism) car Il en est exempt, en plus ce terme n’a pas été cité dans la religion (charî’ah) comme nom de Allâh, ce qui montre que cela est infondé ». [rapporté de lui par l’Imâm Abou l-Fadl At-Tamîmi dans son livre « I’tiqâdou l-Imâmou l-Mounabal Abî ‘Abdi l-Lâhi Ahmad bni Hanbal »][22]

L’Imâm Az-Zarkachi rapporte de l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal sa parole :

« Celui qui dit qu'Allâh est un corps pas comme les autres corps, il devient [quand même] mécréant » [Dans le livre « Tachnîfou l-Maçâmi’ »][23]

Dans son livre « al-Minhajou l-Qawîm » le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami a dit :

« Sache qu'Al-Qarâfi et d’autres ont rapporté de Ach-Châfi’i, de Mâlik, de Ahmad [Ibn Hanbal] et de Aboû Hanîfah, qu'Allâh les agrée, que ceux qui disent [à propos de Allâh] qu’Il est dans une direction ou qu’Il est un corps ont commis de la mécréance, et ils [ces savants] ont raison en cela »[24]

De nombreux savants comme l'Imâm Ibnou l-Jawzi[25], Qâdî Badrou d-Dîn Ibnou Jamâ’ah[26] et le Chaykh Ibnou Hajar Al-Haytami[24] ont confirmé que l'Imâm Ahmad n'a jamais attribué de direction à Allâh.

L'Imâm Ahmad et l'interprétation (tawîl)Modifier

Tout comme d'autres savants de sa génération (Salaf), l'Imâm Ahmad a eu quelquefois recourt à l'interprétation détaillée. En effet, dans son livre d’histoire « Al-Bidâyah wa n-Nihâyah » Ibnou Kathîr rapporte l’interprétation de l’Imâm Ahmad Ibnou Hanbal. Il a dit :

« Al-Bayhaqi rapporte de Al-Hakîm qui le tient de Abou ‘Amr ibn As-Sammâk qui le tient de Hanbal que Ahmad ibn Hanbal a interprété la parole de Allâh : {وَجَآءَ رَبُّك } « wa jâ-a Rabbouka » [Soûrat Al-Fajr / 22] en disant que Sa récompense viendra.

Puis, Al-Bayhaqi a dit: « Cette chaîne de transmission est incontestable »[27]

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. J'ai interrogé Muhammad al-Bâqir sur le Qorʾān. Il m'a dit : "Ce n'est pas le créateur (Khaliq) et il n'a pas été créé (Makhluq) mais c'est la parole du Créateur (al-Khaliq)."
    Sources : Tafsir Ayyashi (en), Vol.1, Pages 6-7 et Bihar ul-Anwar, Vol.89, Page 120

RéférencesModifier

  1. a b c d e et f H. Laoust, "Ahmad b. Hanbal," in Encyclopedia of Islam, Vol. I, pp. 272-7
  2. Mohammed M. I. Ghaly, "Writings on Disability in Islam: The 16th Century Polemic on Ibn Fahd's "al-Nukat al-Ziraf"," The Arab Studies Journal, Vol. 13/14, No. 2/1 (Fall 2005/Spring 2006), p. 26, note 98
  3. Holtzman, Livnat, “Aḥmad b. Ḥanbal”, in: Encyclopaedia of Islam, THREE, Edited by: Kate Fleet, Gudrun Krämer, Denis Matringe, John Nawas, Everett Rowson.
  4. 1st ed., Cairo 1311; new edition by Aḥmad S̲h̲ākir in publ. since 1368/1948
  5. Manāḳib, pp. 33-6; Tard̲j̲ama, pp. 13-24
  6. Christopher Melchert, The Ḥanābila and the Early Sufis, Arabica, T. 48, Fasc. 3 (Brill, 2001), p. 356
  7. Gibril F. Haddad, The Four Imams and Their Schools (London: Muslim Academic Trust, 2007), p. 301
  8. a et b Michael Cook, “On the Origins of Wahhābism,” Journal of the Royal Asiatic Society, Third Series, Vol. 2, No. 2 (Jul., 1992), p. 198
  9. Christopher Melchert, The Ḥanābila and the Early Sufis, Arabica, T. 48, Fasc. 3 (Brill, 2001); cf. Ibn al-Jawzī, Manāqib al-imām Aḥmad, ed. ʿĀdil Nuwayhiḍ, Beirut 1393/1973
  10. Gibril F. Haddad, The Four Imams and Their Schools (London: Muslim Academic Trust, 2007), p. 390
  11. Gibb, H. A. R. (Hamilton Alexander Rosskeen), 1895-1971. et Bearman, P. J. (Peri J.), The encyclopaedia of Islam., Brill, 1960-2009 (ISBN 900416121X, 9789004161214 et 9004081143, OCLC 399624, lire en ligne), p. 272
  12. Roy Jackson, "Fifty key figures in Islam", Taylor & Francis, 2006. p 44
  13. Foundations of the Sunnah, by Ahmad ibn Hanbal, pg 51-173
  14. « Imam Ahmad Ibn #longliveasaptia Hanbal », sur islamawareness.net
  15. al-Dhahabi, Siyar A`lam al-Nubala’ 9:434-547 #1876 & Tadhkira al-Huffaz 2:431 #438
  16. « Islamic schools of thought (madhabs). », sur tripod.com
  17. Jeffry R. Halverson, Theology and Creed in Sunni Islam: The Muslim Brotherhood, Ash'arism, and Political Sunnism, Palgrave Macmillan, (lire en ligne), p. 34 :

    « "The Hanbalite madhhab, in contrast, largely maintained the traditionalist of Athari position." »

  18. J.A. Boyle, The Cambridge History of Iran, Vol. 5: The Saljuq and Mongol Periods (Volume 5), Cambridge University Press, , 299 p.
  19. « Imaam Ahmad ibn Hanbal » [archive du ]
  20. Adamec, Ludwig W., Historical dictionary of Islam, Scarecrow Press, (ISBN 9780810863033 et 0810863030, OCLC 434040868, lire en ligne), p. 136-137
  21. L'orthodoxie musulmane, la "Tradition authentique" [du Prophète], d'où le mot "sunnisme" (par opposition à "chi'isme")
  22. « L’Imâm Ahmad Ibn Hanbal dit que Allâh n’est pas un corps [rapporté par Abou l-Fadl At-Tamîmi] », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)
  23. « L’Imâm Ahmad Ibn Hanbal déclare mécréant celui qui attribue le corps à Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)
  24. a et b « Les quatre Imâms déclarent mécréants ceux qui attribuent la direction ou le corps à Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)
  25. « L’Imâm Ibn Al-Jawzi rapporte que l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal n’a jamais attribué de direction à Allâh », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)
  26. « L’Imâm Ahmad Ibn Hanbal n’a jamais attribué de direction à Allâh [rapporté par Ibn Jamâ’ah] », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)
  27. « Ibn Kathîr rapporte l’interprétation de l’Imâm Ahmad au sujet du verset « wa jâ-a Rabbouka » », Islam Sunnite,‎ (lire en ligne, consulté le 8 février 2018)

Voir aussiModifier