Cheikh al-Islam

Cheikh al-Islam (en turc Şeyhülislam[a]) est un titre de haute autorité vis-à-vis des questions traitant de l'Islam.

Cheikh al-Islam

Ce titre a été accordé aux adeptes de l'Islam érudits du Coran et des enseignements de Ahmad Ibn Hanbal, Mâlik ibn Anas, Al-Nawawi, Ash-Shâfi'î, et Ibn Taymiyya. Il a été également donné aux hommes d'âge, sages et honorables comme Cheikh Ibrahim Niass (Senegal). Sa plus grande fonction était la fonction mufti, le Cheikh al-Islam n'est qu'en réalité le mufti d'Istanbul, la capitale.

Dans la cour de la mosquée Fatih, Ali Haydar Efendi (tr) lit la fetva du « Şeyhülislam » Mustafa Hayri Efendi appelant au djihad contre la Triple-Entente, le .

En 1424 ce titre est devenu une fonction à part entière dans l'Empire ottoman des califes, qui avait une hiérarchie stricte d'oulémas. Le Cheikh al-Islam avait la plus haute fonction religieuse dans l'Empire, il était nommé par le Sultan parmi les cadi. Il avait le pouvoir de confirmer ou non un nouveau Sultan, mais ce dernier validé, le souverain ottoman redevenait l'autorité spirituelle la plus importante. Au XVIe siècle son influence a fortement augmenté, il s'occupait de la charia et éditait des fatwa.

Après l'établissement de la Grande Assemblée nationale de Turquie en 1920, les pouvoirs du Cheikh al-Islam ont été incorporés dans le Ministère Shar'iyya wa Awqaf. Remplacé en 1924 par la Présidence des Affaires Religieuses (en turc Diyanet işleri), en conséquence de la loi de séparation de la Religion et de l'État. Elle reste aujourd'hui l'autorité la plus proche de l'ancienne fonction ottomane de Cheikh al-Islam.

Parmi les plus connus, on peut citer Mustafa Hayri Efendi, auteur du djihad ottoman[2] contre la Triple Entente lors de la Première Guerre mondiale exécuté pour s'être opposé au génocide arménien[3].

Mehmed Nouri Efendi (en) fut, quant à lui, le dernier Cheikh al-Islam de l'Empire ottoman.

RéférencesModifier

  1. Johann Strauss et Malek Sharif, The First Ottoman Experiment in Democracy, Wurzburg, (lire en ligne), « A Constitution for a Multilingual Empire: Translations of the Kanun-ı Esasi and Other Official Texts into Minority Languages », p. 21–51 (info page on book at Martin Luther University) - Cited: p. 40 (PDF p. 42)
  2. « Grande Guerre, le djihad au service de l’Allemagne ? : épisode 4/4 du podcast Quand la religion tue », sur France Culture, (consulté le )
  3. George N. Shirinian, « Turks Who Saved Armenians: Righteous Muslims during the Armenian Genocide », Genocide Studies International, vol. 9, no 2,‎ , p. 208–227 : Hayri Bey, the sheikh ul-Islam, “had the temerity to criticize his colleagues’ policy of massacre of the Armenians.” For this and other disagreements with the government, he was arrested, tried in civil court, and executed. Whether one was an opponent of the CUP or a CUP insider, failure to support the party’s policy toward the Armenians meant one’s own demise. (ISSN 2291-1847, lire en ligne, consulté le )

NotesModifier

  1. Dans les langues minoritaries de l'Empire Ottoman (en)[1]: