Tafsir

terme désignant l'exégèse du Coran

Tafsîr (arabe : تَفْسِير tafsīr, « explication ») est le terme arabe pour désigner une exégèse du Coran.

Le tafsîr du Coran, basé sur les hadîths, ne relève que du sens apparent (zahîr) du texte sacré, sans s'attacher aux interprétations ésotériques (bâtin). L'auteur d'un tafsir est un moufassir (arabe : مفسر, mufassir, pluriel : مفسرون, mufassirūn). Le travail d'interprétation est plus qu'un commentaire du sens simple des versets. Il requiert de son auteur une grande érudition en matière de tradition orale (hadîth) mais aussi une maîtrise parfaite de la langue arabe et de ses subtilités.

La science du tafsîr s'est révélée précieuse aux débuts de l'islam, un temps où le texte sacré n'était pas encore vocalisé et pouvait prêter à ambiguïté. Cependant, bien qu'utile le tafsir est à prendre avec précaution à cause, selon certaines écoles musulmanes (dont Ahmad Ibn Hanbal qui le définit comme sans fondement), de beaucoup d'exagération et de récits non authentiques[1].

Plus de 300 exégèses coraniques existent, les versets pouvant « donner lieu à diverses lectures selon le profil intellectuel (à dominante linguistique, théologique, juridique, traditionaliste ou moderniste), le tempérament (libéral, rigoriste, etc.), la sensibilité religieuse (sunnite ou shî'ite, dogmatique ou mystique), l'option méthodologique (privilégiant la lettre ou l'esprit du texte sacré), la tendance idéologique (légitimisme politique, radicalisme populiste, etc.). Par conséquent, le consensus est toujours à l'état virtuel, et jamais pleinement acquis, pas même sur des points où l'on s'attendrait à rencontrer une large convergence entre les commentateurs »[2].

Voici une liste de quelques commentaires célèbres :

Tanwir al-MiqbasModifier

Attribuée à Abdullah ibn Abbas (~700) et donc appelé « Tafsir Ibn Abbas ». Il a été recueilli par Abu Tahir Muhammad ibn Yaqub al-Fayruz Aabadi (Fairuzabadi) (1329-1414).

Tafsîr At TabarîModifier

Il fut écrit par l'imam Abû Ja'far Muhammad Ibn Jarîr At Tabarî.

Couramment appelé Tafsîr At Tabarî, Al Jâmi' Ul Bayân fî Tafsîr Ul Qur°ân - recueil des explications pour l'exégèse du Coran est considéré comme le meilleur traité de jurisprudence et d'exégèse (tafsir) par les Sunnites du fait des innombrables propos rapportés des premiers compagnons de Mahomet, des premiers savants de l'Islam, ainsi que par la multitude des domaines traités.

Pierre Godé, nous rapporte d'ailleurs les propos de l'imam Muhyi Ddîn An Nawawî qui a dit : « L'oumma est unanime pour affirmer qu'aucun ouvrage comparable au tafsir de At Tabarî ne fut jamais composé. »

Une traduction partielle des sept premières sourates faite par: Pierre Godé et imprimée en 1985 existe aux Éditions d'art les heures claires.

Tafsîr As SamarqandîModifier

Il fut écrit par Abul Layth As Samarqandî Al-Hanafî. Le titre de cet ouvrage est: Bahr Ul 'Ulûm (l'océan des sciences). De nombreuses propos des premiers compagnons de Mahomet y sont également rapportées. La jurisprudence y est abordé selon l'école hanafite, et la croyance selon le dogme maturidite[réf. souhaitée].

Tafsîr Al QurtubîModifier

Communément appelé At Tafsîr Al Qurtubî, son véritable titre est Al Jâmi' lî Ahkâm ul Qur°ân dont l'auteur est Muhammad Al Qurtubî Al Ansârî, originaire de Cordoue et savant célèbre dans le monde musulman. Cet exégèse est basé sur la jurisprudence malikite et sur la croyance acharite. De nombreuses fatwas sont puisées à partir de cette exégèse.

Tafsîr Ul KabîrModifier

Il fut écrit par Fakhr ad-Dîn ar-Râzî (1150-1209) sous l'intitulé Mafâtih al-Ghayb (Clef pour l'invisible) et fut surnommé At Tafsîr Ul Kabîr (la plus grande exégèse) à cause de sa taille volumineuse et de sa richesse d'enseignements. Ce traité est très orienté[précision nécessaire] vers les questions de jurisprudence selon l'école Acharite.

Tafsîr Ibn KathîrModifier

At Tafsîr Al BaydâwîModifier

  • Al-Baydâwî (?-1286) Anwâr at-Tanzîl wa Asrâr at-Tâ'wîl «Lumières de la déduction et les arcanes de l'interprétation».

At Tafsîr Al JalalaynModifier

Il fut écrit par Jalâl Ud Dîn As Suyûtî et par son professeur, Jalâl Ud Dîn Al Mahâlî, d'où son nom Al Jalalayn, signifiant les 2 Jalâl. Al-Mahâlî fit le commentaire de la première sourate, ainsi que celles allant de la 19e (comprise) jusqu'à la 114e. Quant à l'imam Al-Suyūtī, il termina le travail que ne put finir son professeur à la suite de son décès, et fit donc l'exégèse des sourates allant de la 2e à la 18e comprises. Il est un des tafsir de référence pour les débutants en sciences coraniques du fait de sa concision. A contrario, il est quasiment inutilisé par ceux qui cherchent à approfondir leurs connaissances dans le domaine.

Tafsîr Al ZamakhchariModifier

C'est l'un des livres de jurisprudence et d'exégèse les plus proches du texte coranique. Philologue et grammairien, Al Zamakchari (1074-1143) est aussi un Moatazilite. Son livre: Al-Kashshaaf, (الكشاف), est une mine d'informations sur la langue arabe.

Tafsîr Az ZaouaouiModifier

C'est un livre d'exégèse classique du texte coranique rédigé par le théologien malikite Sidi Brahim Boushaki (1396-1453). Son traité est titré Tafsir Az Zaouaoui ou Tafsir Sidi Boushaki[3].

Notes et référencesModifier

  1. Asmaa Godin, "Les sciences du Coran", éd. Al Qalam, 1999, p. 187
  2. Ali Merad, L'exégèse coranique, Presses universitaires de France, , p. 46.
  3. https://archive.org/stream/Dawou_Lami/Dwu_Lamea_01#page/n118/mode/2up