Hernán Siles Zuazo

homme politique bolivien

Hernán Siles Zuazo
Illustration.
Fonctions
Président de la République de Bolivie

(2 ans, 9 mois et 27 jours)
Élection
Prédécesseur Guido Vildoso Calderón
Successeur Víctor Paz Estenssoro

(4 ans)
Prédécesseur Víctor Paz Estenssoro
Successeur Víctor Paz Estenssoro

(5 jours)
Prédécesseur Hugo Ballivián
Successeur Víctor Paz Estenssoro
Biographie
Nom de naissance Hernán Siles Zuazo
Date de naissance
Lieu de naissance La Paz (Bolivie)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Montevideo (Uruguay)
Nationalité bolivienne
Parti politique MNR, MNRI
Conjoint María Teresa Ormachea de Siles
Profession avocat

Hernán Siles Zuazo
Liste des présidents de Bolivie

Hernán Siles Zuazo (, La Paz - , Montevideo) est un homme d'État bolivien. Il est élu président à deux reprises, de 1956 à 1960 et de 1982 à 1985 et est également vice-président entre 1952 et 1956 sous la présidence de Víctor Paz Estenssoro. Il est aussi président provisoire quelques jours en 1952.

Siles Zuazo est le fils de l'ancien président bolivien Hernando Siles Reyes et le demi-frère de Luis Adolfo Siles Salinas, également ex-président bolivien en 1969[1].

Il sert dans l'armée bolivienne lors de la guerre du Chaco et complète ses études en droit à l'Université de San Andrés de La Paz lors de son retour de la guerre.

Vie politiqueModifier

Après avoir remporté les élections générales de 1951 comme candidat du Mouvement nationaliste révolutionnaire (MNR) à la vice-présidence en compagnie de Víctor Paz Estenssoro, le pouvoir en place ne reconnaît pas les résultats et le président Mamerto Urriolagoitía remet le pouvoir entre les mains des forces armées alors dirigées par le commandant Hugo Ballivián.

Le Mouvement nationaliste révolutionnaire renverse le gouvernement Ballivián le , ce qui permet à Siles Zuazo de devenir président provisoire jusqu'au , moment du retour de Paz Estenssoro alors en exil. Ce jour-là, les résultats des élections de 1951 sont confirmés et Siles Zuazo devient vice-président[2]. La constitution bolivienne de l'époque empêche un président de se présenter pour un autre mandat consécutif, Siles Zuazo se présente donc aux élections de 1956 qu'il remporte sans difficulté.

Lors de son mandat comme président, le climat économique est marqué par une production alimentaire et minérale en baisse et une inflation qui monte en flèche. Son plan de redressement économique est critiqué par plusieurs secteurs de la société civile. Après la réélection de Paz Estenssoro en 1960, Siles est nommé ambassadeur bolivien en Uruguay.

En 1964, des luttes internes déchirent le MNR lorsque Paz Estenssoro manifeste son intérêt pour se représenter comme président, Siles Zuazo, alors ambassadeur en Espagne, revient en Bolivie pour tenter de réconcilier en vain les membres du parti. Lors de la réélection de Paz Estenssoro, celui-ci l'envoie en exil, ce qui marqua la rupture définitive entre les deux têtes dirigeantes du parti.

Le climat politique en Bolivie entre 1964 et 1985 est caractérisé par une suite de coups d'état et de dictatures militaires. En 1971, Siles Zuazo forme le Mouvement nationaliste révolutionnaire de gauche (Movimiento Nacionalista Revolucionario de Izquierda) (MNRI) et se présente aux élections générales de 1978, 1979 et 1980. Les deux premières élections sont marquées par de graves irrégularités en faveur du pouvoir ou des résultats non concluants[3]. Siles Zuazo termine premier en 1980, sans toutefois obtenir la majorité, mais un coup d'état a lieu peu de temps après. En 1982, la dictature militaire s'effondre et le Congrès national (maintenant l'Assemblée législative plurinationale) décide de considérer les résultats des élections de 1980 valides.

Lors du retour de Siles Zuazo en 1982 au sein de l'alliance politique Unité démocratique et populaire, les nombreux coups d'état avaient eu raison du contexte économique, social et politique qui se retrouve particulièrement instable. L'économie bolivienne est au bord de l'effondrement, ce qui entraîne une hyperinflation détruisant le pouvoir d'achat des salariés. Pour éviter une guerre civile, Siles Zuazo démissionne avant la fin de son mandat et appelle à de nouvelles élections. Malgré un échec économique, le gouvernement de Siles Zuazo réussit à préserver la démocratie dans le pays.

Après 1985, il retourne en Uruguay, où il avait auparavant vécu en exil et meurt en 1996.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en-US) Lynette Holloway, « Hernan Siles Zuazo, Ex-President of Bolivia, Is Dead at 83 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 26 décembre 2019)
  2. « Vicepresidencia de la República de Bolivia » (version du 16 avril 2009 sur l'Internet Archive), sur www.vicepresidencia.gob.bo,
  3. Alain Labrousse, « Gouvernement de transition ou nouveau pouvoir militaire ? », sur Le Monde diplomatique,