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Le groupe aérien mixte 56 Vaucluse est une unité de transport de l'Armée de l'air française. Cette unité fut créée sous le nom d'Escadrille de Liaison aérienne (ELA) 1/56 à Alger en février 1944, avant de devenir en 1967 le Groupe aérien mixte 56 Vaucluse.

Unité militaire peu connue et secrète, elle est l'unité de transport et de liaison des services spéciaux français, le SDECE puis aujourd'hui la Direction générale de la Sécurité extérieure (DGSE). Elle est essentiellement utilisée par le Service Action. L'essentiel de son fonctionnement ou de ses activités reste inconnu.

D'abord stationnée sur la base aérienne 218 de Persan-Beaumont, elle l'est depuis 1967 sur la base aérienne 105 d'Évreux-Fauville.

Groupe aérien mixte 56 Vaucluse
Création
Pays Drapeau de la France France
Branche Roundel of France.svg Armée de l'air
Type escadron
Rôle transport
Garnison Base aérienne 105 Évreux-Fauville
Ancienne dénomination ELA 1/56
Décorations croix de guerre 1939-1945 - croix de la valeur militaire
Commandant historique Boris Delocque-Fourcaud


Sommaire

HistoireModifier

L'ELA 1/56Modifier

OrigineModifier

L'unité est né de la volonté du Général de Gaulle de disposer d'une escadrille de missions spéciales indépendante des Anglais. Le Bureau central de renseignements et d'action crée une unité en février 1944 avec deux avions Westland Lysander récupérés au Moyen-Orient auprès de la Royal Air Force. Constituée à Alger, l'escadrille travaille en pool avec le 148th Squadron of special duties britannique à partir de Brindisi, puis de la Corse pour préparer puis participer au débarquement de Provence, en août 1944[1].

Elle est décorée le 22 août 1946 de la croix de guerre 1939-1945.

OrganisationModifier

En septembre 1944, l'unité stationne sur l’aéroport du Bourget et le 1er mai 1945 devient l'ELA 1/56. Début 1946, l'unité s’installe à Persan-Beaumont.

Elle est commandée par Boris Delocque-Fourcaud, le créateur de cette formation qui devient la branche aérienne du « Service Action » du SDECE, le service de renseignement extérieur français créé à la fin de la guerre[2]. Tous les pilotes qu’il aura sous ses ordres à Persan ont fait leurs preuves durant le conflit : Roger Laty, Christophe Delmer ou encore Gabriel Mertzisen (dit « Gaby »), pilote de chasse du Normandie-Niemen [3].

L'escadrille dispose d'une quinzaine d’avions, souvent des modèles anciens mais à la robustesse éprouvée : Junkers Ju 52, Douglas C-47 Dakota, Fairey Barracuda, Siebel 204, Westland Lysander, Hurel-Dubois HD-321, Messerschmitt Bf 108, Fieseler Storch, etc.

En 1950, Robert Roussillat, ancien des Forces aériennes françaises libres (FAFL) prend le commandement de la base aérienne de Persan-Beaumont[4]. Il quitte son commandement après avoir été impliqué dans la mort d'une jeune spectatrice lors d'un meeting aérien organisé à Saumur en août 1953. Charles Christienne[5], son camarade de l'École de l'Air et son navigateur pendant la guerre sur le « Ville de Lorient » au groupe de bombardement Lorraine, lui succède. Charles Christienne conserve ce poste jusqu'en octobre 1956[6]. Il a pour successeur le commandant Fernand Nourigat[6].

L'année 1956 voit l'affectation d'un Hurel-Dubois HD-321 et de plusieurs Broussard. Des Nord 2501 Noratlas sont basés à Persan-Beaumont de 1963 jusqu'à la fermeture de la base en 1967.

L'ELA 1/56 est dissoute le 31 octobre 1967. L'unité devient le GAM 56 et stationne sur la Base aérienne 105 Évreux-Fauville.

L’opération MinosModifier

L'une des opérations les plus secrètes est poursuivie entre 1949 à 1954. Le SDECE dépose clandestinement des agents de renseignement dans les différents pays de l'Est, derrière le rideau de fer. Ces volontaires avaient été recrutés dans des camps de réfugiés d’Allemagne de l’Ouest. Ils avaient été ensuite formés par le SDECE dans des centres d’instruction camouflés dans la banlieue parisienne.

Parachutés de nuit dans leur pays d’origine avec tout le matériel nécessaire, ils devaient chercher à organiser des réseaux de renseignement. Si aucun pilote ne fut tué en mission, Gabriel Mertzisen périt lors d’un vol d’entraînement sur un Barracuda accompli en Allemagne en septembre 1951[3].

Le GAM 56Modifier

Ses appareils sont transférés au Groupe Aérien Mixte (GAM) 56 Vaucluse, créé sur la Base aérienne 105 d'Evreux. Le GAM 56 comprend des avions et des hélicoptères, ce qui explique la mention « Mixte ». Le 1er janvier 1969, le GAM 56 est rattaché au commandement du transport aérien militaire.

Aujourd'hui, l'unité dépend administrativement du commandement des forces aériennes (CFA) et est placée pour emploi aux ordres de la Direction des opérations de la DGSE[7].

Les opérations en LibyeModifier

En 2012, l'unité reçoit la croix de la valeur militaire avec palme de bronze, à la suite des opérations sur le front libyen l'année précédente. Durant la guerre de Libye, le GAM-56 s'est trouvé fortement mis à contribution pour transporter des personnalités libyennes (Conseil national de transition) hors du pays et pour livrer des armes aux rebelles, notamment en les parachutant dans le djebel Nefoussa[8].

Le 31 mai 2012, sur la base aérienne 105 d'Evreux, le général Jean-Paul Paloméros, chef d'état-major de l'armée de l'Air, en présence du préfet Erard Corbin de Mangoux, directeur général de la sécurité extérieure, a remis la croix de la valeur militaire - palme de bronze à l'unité[7].

MoyensModifier

BaseModifier

De 1946 à 1967, l'unité est stationnée sur la base aérienne 218 de Persan-Baumont. Depuis 1967, l'unité est stationnée sur la base aérienne 105 d'Evreux.

Le GAM 56 utilise aussi d'autres aérodromes dont le terrain militaire de Perpignan-la-Salanque et station d'écoute de la DGSE[9] à Saint-Laurent-de-la-Salanque. Le terrain set à l'entrainement des commandos du CIPS.

AppareilsModifier

Le GAM 56 est doté d'hélicoptères Caracal et d'avions de transport tactique de type Transall et Twin Otter.

Deux hélicoptères H225M Super Puma en service jusqu'en 2017 au sein de la flottille 32F de la Marine Nationale lui ont été transférés[10].

Incidents signalésModifier

Un Transall du GAM-56 Vaucluse a connu un début d'incendie lors d'un entraînement à la chute à grande hauteur, en 2014. D’après le rapport du BEAD-Air, l'avarie sur la turbine basse pression du moteur gauche a entraîné un début d'incendie et des dégâts sur la cellule. Par chance, les deux extincteurs ont joué leur rôle. L'âge de l'avion, mais aussi les pièces du moteur et l'usage du régime moteur maximal sont cités dans l'enchaînement fatal. 54 personnes occupaient l'appareil, entre l'équipage (cinq hommes), les largueurs, et les parachutistes de la DGSE[11].

Cette dernière a connu plusieurs accidents aériens ces dernières années : un mécanicien navigant de Cougar est mort en mars 2011[12], trois autres membres de l'unité ou de la DGSE dans un crash d'hélicoptère en Libye en juillet 2016.

On peut sans doute rattacher au GAM 56 le crash de l'avion de CAE Aviation, un Fairchild SA 227 Merlin IV qui s'est écrasé au décollage de l'aéroport international de Luqa, à Malte, le . Les cinq personnes à bord ont été tuées sur le coup. Le pilote et le copilote étaient des salariés de CAE-Aviation et d’après certaines sources de jeunes retraités de l'unité[13]. Les trois passagers étaient des agents de la DGSE, ainsi que l'a annoncé le ministère français de la Défense. L’avion était affrété par le gouvernement français pour des missions de surveillance en mer Méditerranée[14],[15].

DrapeauModifier

Le drapeau du GAM 56 reprend les armoiries de la ville d'Avignon avec leurs trois clés d'or et un rapace qui les survole. En héraldique : De gueules à trois clefs d'or posées en face l'une sur l'autre, au chef de sable chargé d'un épervier d'or au vol en barre.

À côté de la croix de la valeur militaire se trouve également la Croix de guerre 1939-1945 avec étoile de bronze.

Notes et référencesModifier

  1. http://www.aha-helico-air.asso.fr/unites.htm#vaucluse
  2. Roger Faligot et Pascal Krop, La piscine : Les Services Secrets Français, 1944-1984, Seuil, (ISBN 2-02008-743-X, EAN 978-2-02008-743-8).
  3. a et b https://devirisillustribusblog.wordpress.com/2017/09/21/le-colonel-roussillat-et-les-operations-homo-i/
  4. Georges Balsa (stagiaire) et Françoise de Ruffray, ARCHIVES DE LA DÉFENSE. Témoignages Oraux de l’Armée de l’Air. ÉTAT DES FONDS - SOUS-SÉRIE AI 8 ZP, Vincennes, Service historique de la Défense, (lire en ligne).
  5. Marcel Catillon, Mémorial aéronautique : qui était qui ?, Nouvelles Editions Latines, , 221 p. (ISBN 2-72330-529-5, EAN 978-2-72330-529-7, lire en ligne), p. 48-49.
  6. a et b « Charles Christienne », sur Les Français Libres, de juin 1940 à juillet 1943 (consulté le 14 avril 2019).
  7. a et b https://www.defense.gouv.fr/espanol/dgse/tout-le-site/remise-de-la-croix-de-la-valeur-militaire-palme-de-bronze-au-gam-00.056
  8. http://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/l-unite-aerienne-de-la-dgse-recoit-la-croix-de-la-valeur-militaire-04-06-2012-1468984_53.php
  9. https://www.lindependant.fr/2015/07/17/le-departement-quadrille-par-les-sites-militaires-sensibles,2060467.php
  10. [1]
  11. http://lemamouth.blogspot.com/2018/01/quand-la-dgse-failli-perdre-un-c-160.html
  12. http://www.helico-fascination.com/flash/1350-chute-mortelle-d-un-cougar-du-gam-56.html
  13. https://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/crash-d-un-avion-a-malte-la-dgse-perd-cinq-hommes-24-10-2016-2078242_53.php
  14. Loïc, « Des membres des services de renseignement français décèdent dans le crash de leur appareil à Malte », sur Defens'aero, (consulté le 4 mai 2018).
  15. « Crash d’un avion CAE à Malte : la piste des services secrets se confirme », Le Quotidien,‎ (lire en ligne).

Voir aussiModifier