Eraserhead

film américain en noir et blanc écrit, réalisé et produit par David Lynch, sorti en 1977
Eraserhead
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Affiche originale du film

Réalisation David Lynch
Scénario David Lynch
Musique David Lynch
Fats Waller
Peter Ivers
Acteurs principaux
Sociétés de production American Film Institute
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Body horror[1], fantastique, expérimental
Durée 89 minutes
Sortie 1977


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Eraserhead est un film expérimental américain relevant du body horror[1] écrit, réalisé, produit et monté par David Lynch, sorti en 1977.

Tourné en noir et blanc, il s'agit du premier long métrage du cinéaste, après plusieurs courts. Jack Nance, fidèle collaborateur de Lynch à la suite du film, y interprète Henri Spencer, un jeune père qui doit s'occuper de son enfant déformé dans un paysage industriel désolé. Charlotte Stewart, Jeanne Bates, Judith Anna Roberts, Laurel Near et Jack Fisk complètent la distribution.

Découlant d’un scénario de 22 pages[2] qualifié par son auteur d’« une sorte de poème en style libre[3] », Eraserhead est produit avec le soutien de l'American Film Institute (AFI) pendant que Lynch y étudie. Le tournage, principalement réalisé dans les locaux désaffectés de l’AFI, demande près de cinq ans à lui seul[4], notamment pour des raisons budgétaires, et ne peut être terminé que grâce à des dons de Fisk et de son épouse Sissy Spacek. Lynch et le designer sonore Alan Splet passent ensuite une année à travailler sur l'atmosphère sonore principalement constituée de bruits de machines, après avoir insonorisé leur studio. Lynch crée également la bande originale du film en collaboration d'autres musiciens, en particulier Fats Waller, pour les partitions à l'orgue, et Peter Ivers, pour la chanson In Heaven. Le budget final est estimé à 100 000 dollars[5].

À l'origine distribué à petite échelle, le film gagne en popularité grâce aux programmes nocturnes des cinémas : en tant que « midnight movies », il est élevé au fur et à mesure au rang de « film culte ». S'il a reçu un accueil mitigé de la part de la critique à sa sortie, Eraserhead est désormais considéré comme un classique du cinéma fantastique, ce qui lui vaut d'être sélectionné pour préservation par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique » en 2004[6]. Son imagerie surréaliste et son sous-texte sexuel sont considérés comme des éléments thématiques clés, et sa conception sonore complexe son point culminant technique.

SynopsisModifier

 
Le personnage d'Eraserhead évolue dans un paysage industriel désolé, inspiré par la ville de Philadelphie où le réalisateur a passé plusieurs années.

Eraserhead débute par une séquence dans l'espace. La caméra s'approche d'une planète où se trouve une petite cabane dans laquelle un homme défiguré (Jack Fisk) tire des leviers. Un des leviers déclenche la chute d’une créature à l’apparence d’un ver dans une mare. Émergeant peu à peu de la mare, la lumière devient de plus en plus intense jusqu’à un fondu au blanc.

Henry Spencer (Jack Nance) est un imprimeur « en vacances » d’allure nerveuse. Le jeune homme arpente les terrains vagues près des usines jusqu’à son appartement. Là-bas, il apprend qu’il est invité chez les parents de sa copine, Mary X (Charlotte Stewart), qui ne l’avait pas contacté depuis longtemps. Henry croyait qu’elle avait mis fin à leur relation.

Le repas chez la belle-famille prend place dans une atmosphère encline au malaise. La mère de Mary X (Jeanne Bates) talonne véritablement Henry tandis que le père de Mary (Allen Joseph) est un personnage totalement déconnecté de la situation tendue qui règne autour de la table. Après avoir tenté de découper un poulet qui s'anime et se met à suinter un liquide noir, Henry apprend qu’il est le père d’un enfant prématuré de Mary. Il se voit donc dans l’obligation de se marier avec elle.

Mary et le bébé emménagent dans l’appartement d’une pièce d’Henry. On aperçoit alors l’enfant pour la première fois. Avec une apparence proche du fœtus d'agneau et hideusement déformé, il ne cesse de gémir. Ces couinements viendront à bout de Mary qui, incapable de dormir, quitte Henry et le laisse seul avec la petite créature.

Ce départ est suivi par une suite d’événements des plus étranges, incluant la rencontre avec la « dame dans le radiateur » (« Lady in the Radiator »), une femme blonde aux joues grotesquement hypertrophiées à la Betty Boop, qui chante et vit sur la petite scène d'un music-hall caché dans le radiateur de la chambre d’Henry. Il aura, par la suite, une relation sexuelle avec sa voisine, la « jolie fille de l’autre côté du couloir » (« Beautiful Girl Across the Hall »).

Le titre Eraserhead (« tête effaceuse » en français) prend toute sa signification durant le dernier quart d'heure du film. La tête d’Henry se détache alors de son corps et s’enfonce dans une flaque de sang, tombe du ciel pour atterrir dans une ruelle où elle s’ouvre. Un jeune garçon (Thomas Coulson) trouve la tête et l’emporte dans une fabrique de crayons où Paul (Darwin Joston), un réceptionniste, appelle son patron (Neil Moran) en appuyant avec insistance sur le bouton d'une sonnette. Le patron furieux entre dans la pièce mais change aussitôt d’humeur en apercevant ce que le jeune garçon leur apporte. On transporte la tête dans une autre pièce où un opérateur de machine à faire des crayons (Hal Landon Jr.) prend un échantillon du cerveau d’Henry et l’appose sur le bout d’un crayon. Il teste cette « gomme » qui s’avère efficace, et le jeune garçon est payé par le patron de l’usine. L'image d'Henry dans son lit laisse ensuite penser que toute cette séquence n'était qu'un rêve.

Un peu plus tard, Henry aperçoit par sa fenêtre deux hommes qui se battent dans la rue[7]. Il tente d’aller voir la jolie fille de l’autre côté du couloir mais celle-ci est avec un autre homme. Le bébé est pris d'un rire sarcastique, Henry prend alors une paire de ciseaux et coupe les bandages dans lesquels l’enfant est enroulé. On s’aperçoit bien vite qu’ils donnent directement sur les organes vitaux de la créature. Pendant que celle-ci hurle de douleur, Henry plante les ciseaux dans ses poumons. Le système électrique de l’appartement disjoncte et les lampes se mettent à clignoter, puis s’éteignent. Une tête géante de l’enfant apparaît dans la chambre. Henry retourne sur la petite scène du music-hall où la dame du radiateur l'accueille tendrement dans ses bras. La scène est inondée de lumière et un bruit blanc fait un crescendo. Puis tout devient noir et silencieux pendant quelques secondes avant le générique de fin.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Autres acteurs : Jennifer Lynch, Brad Keeler, Peggy Lynch & Doddie Keeler, Gill Dennis, Toby Keeler, Raymond Walsh

ProductionModifier

PréproductionModifier

Les écrits de Franz Kafka (à gauche) et Nikolai Gogol ont été l'une des premières sources d'inspiration pour l'écriture du scénario d'Eraserhead.

Dans sa jeunesse, David Lynch étudie à l'Art Institute of Philadelphia pour devenir artiste peintre et plasticien et réalise plusieurs courts-métrages pour animer ses peintures[10]. En 1970, son attrait pour le cinéma grandit et à 24 ans, il obtient une bourse pour intégrer le Center for Advanced Film Studies à l'American Film Institute (AFI) de Los Angeles. Lynch n'aime pas le cursus et envisage d'abandonner, mais change d'avis après qu'on lui propose de produire son propre scénario. L'AFI l'autorise à disposer de l'ensemble du campus comme décor de son film. Il transforme les écuries désaffectées de l'école en une série de plateaux et décide d'y vivre[11]. Il est également autorisé à se servir du manoir Greystone, appartenant à l'AFI, pour y tourner plusieurs séquences[12].

Lynch commence à travailler sur un scénario intitulé Gardenback, basé sur une de ses peintures mettant en scène un personnage vouté, le dos recouvert de végétation. Gardenback est un scénario surréaliste traitant de l'adultère. Il met en scène un insecte grandissant sans cesse représentant la convoitise d'un homme pour sa voisine. Il aurait donné lieu à un film d'environ 45 minutes, ce que l'AFI trouve trop long pour un scénario aussi figuratif et non-linéaire[13]. À la place, Lynch propose Eraserhead, inspiré par un de ses rêves où un enfant ramène la tête d'un homme à une usine de crayon. Plusieurs membres du conseil d'administration de l'AFI sont toujours opposés au projet jugé là encore trop surréaliste mais ils acceptent à contrecœur quand le doyen Frank Daniel (en) menace de démissionner s'il est refusé[14]. Le scénario de Lynch est fortement influencé par ses lectures d'étudiant en cinéma, dont La Métamorphose (Die Verwandlung, 1915) de Franz Kafka et Le Nez (Hoc, 1836) de Nikolai Gogol[15]. Le film prend forme dans son esprit en lisant un verset de la Bible ouvert à l'aveugle — il ne se souvient cependant plus s'il s'agit de l'Ancien ou du Nouveau Testament[16]. En 2007, il affirmera « croyez-le ou non, Eraserhead est mon film le plus spirituel » sans vouloir développer outre-mesure[17].

Le scénario serait également inspiré de la peur de la parentalité de Lynch[12], notamment à la suite de la naissance de sa fille Jennifer née avec une forme sévère de pied bot, nécessitant une correction chirurgicale lourde[18]. Pour Jennifer, sa conception non désirée a été la base thématique du métrage[18]. Le ton du film trouve son inspiration dans les souvenirs du passage de Lynch à Philadelphie, où il a vécu de 1965 à 1971 et qu'il décrit comme « étrange, bizarre, à mi-chemin entre le rêve et la réalité »[19], une atmosphère de « violence, [de] haine et [de] saleté »[20]. Le décor urbain d'Eraserhead rappelle la « zone de pauvreté en proie à la criminalité » dans laquelle il a passé ses jeunes années d'adulte[12]. Pour le critique Greg Olson, c'est un revirement considérable vis-à-vis de l'enfance du cinéaste passé dans le Nord-Ouest Pacifique, lui donnant une « vision bipolaire de l'Amérique, entre le Paradis et l'Enfer » qui façonnera toute sa filmographie[20].

Le casting débute en 1971 et Jack Nance est rapidement sélectionné pour interpréter le rôle principal. Mais l'AFI a sous-estimé l'ampleur du projet en lui donnant son accord. Après avoir lu le scénario de 22 pages et se basant sur le ratio usuel dans l'industrie du cinéma d'une minute de film pour une page de scénario, ils estiment que le film ne devrait pas dépasser une vingtaine de minutes. Ce malentendu, couplé à la méticulosité de Lynch, entraine le film dans une production de plusieurs années[11]. Exemple extrême de ce laborieux calendrier : dans une scène, Nance ouvre une porte et il se passe unne année complète avant qu'il ne soit filmé entrant dans la pièce. L'acteur, cependant, est tellement enthousiaste par le film qu'il garde la coiffure peu orthodoxe de son personnage pendant toute la production[21].

TournageModifier

Lynch obtient dans un premier temps une bourse de 10 000 $ de la part de l'AFI. En 1973, l'institution demande à voir le film et Lynch leur montre la scène du dîner chez les parents de Mary, à la suite de quoi elle retire son financement[22]. Par la suite, le tournage est intermittent et s’étala au total sur une période de plus de deux ans et demi, principalement causée par (notamment l’actrice Sissy Spacek, épouse de Jack Fisk). La production d'Eraserhead ne peut se poursuivre que grâce de faibles et ponctuels apports financiers de la part d’amis et de proches de l’équipe de tournage, dont Jack Fisk, ami d'enfance de Lynch, et sa femme Sissy Spacek[23], et Catherine E. Coulson, la femme de Nance, qui travaille à l'époque en tant que serveuse et qui fait don de son salaire[24]. Lynch lui-même travaille en tant que livreur de journaux en parallèle pour financer le film[25]. Durant l'une des nombreuses pauses du tournage, Lynch réalise le court-métrage The Amputee (1974) profitant de la volonté de l'AFI de tester son matériel sur de petits projets avant de se lancer des longs-métrages[26]. Le court met en scène Coulson, qui continuera à travailler sur Eraserhead en tant que technicienne[26]. L'équipe technique se limite alors à Lynch, le designer sonore Alan Splet, le directeur de la photographie Herb Cardwell, qui quitte la production pour des raisons financières et est remplacé par Frederick Elmes, la production manager et accessoiriste Doreen Small, et Coulson, qui cumule plusieurs rôles[27]. Les décors du film sont démantelés et reconstruits à plusieurs reprises.

Les effets visuels utilisés pour créer l'enfant déformé sont encore aujourd'hui tenus secrets. Le projectionniste qui travaille sur les rushes a les yeux bandés par Lynch pour éviter de révéler la nature du trucage et refusera d'en parler en interview[28]. La créature, surnommée "Spike" par Nance, est composée de plusieurs éléments indépendants, en particulier son cou, ses yeux et sa bouche, capables de mouvements autonomes[29]. Lynch lui-même est resté cryptique à son propos, déclarant de temps à autres qu'il « est né tout près d'ici » ou « peut être qu'il a été trouvé »[30]. Pour John Patterson, journaliste à The Guardian, la marionnette a peut-être été fabriquée à partir d'un lapin écorché ou d'un fœtus d'agneau[31]. L'enfant est vu comme l'initiateur d'autres effets du même genre dans la filmographie de Lynch tel que le maquillage de John Merrick dans Elephant Man (1980) ou les vers de sable dans Dune (1984)[32].

Durant la production, Lynch expérimente plusieurs techniques visuelles et sonores, dont celle d'enregistrer un dialogue lu phonétiquement à l'envers puis reproduisant la piste audio à l'envers. La technique n'apparait pas dans la version finale du film mais Lynch s'en servira pour l'épisode Comment attraper un tueur (S01E02) de la série télévisée Twin Peaks (Lynch et Mark Frost, 1990)[33]. C'est également lors de la production d'Eraserhead que Lynch commence à s'intéresser à la méditation transcendantale[12], adoptant un régime végétarien et arrêtant de fumer et de boire de l'alcool[34].

Post-productionModifier

Lynch conçoit l'environnement sonore avec Alan Splet. Ils créent des couvertures insonorisantes pour isoler leur studio, où ils passent presque une année complète à réaliser et éditer les effets sonores du film. La bande-son est densément stratifiée, avec parfois jusque quinze sons différents, diffusés simultanément en utilisant plusieurs bobines[35]. Lynch et Splet redoublent d'imagination pour créer leurs sons. Ainsi, dans la scène où un lit se dissout lentement dans une piscine de liquide, Lynch et Splet insèrent un microphone à l'intérieur d'une bouteille en plastique, la faisant flotter dans une baignoire et enregistrant le bruit de l'air à travers la bouteille. Les sons sont ensuite retravaillés, jouant sur leur intensité, leur réverbération et leur fréquence[36].

Après une projection test à l'accueil mitigé, pour laquelle Lynch pense avoir mixé la bande sonore à un volume trop élevé, le réalisateur coupe vingt minutes de film, réduisant sa durée à 89 minutes[37]. Parmi les séquences supprimées, on trouve une séquence avec la sage-femme du bébé (interprétée par Coulson), une autre avec un homme torturant deux femmes (dont l'une est là encore interprétée par Coulson) avec une batterie de voiture, et une de Spencer s'amusant avec un chat mort[38].

Bande originaleModifier

Eraserhead

Bande originale de David Lynch, Peter Ivers et Fats Waller
Sortie 1982
Enregistré 1927, 1976-1977
Durée 37:47
Label I.R.S.
Notation des critiques
Compilation des critiques
PériodiqueNote
AllMusic     [39]
Pitchfork Media8.8/10[40]

La bande originale d'Eraserhead est sortie chez I.R.S. Records en 1982[41]. L'album ne comporte que deux pistes comprenant des extraits de musique d'orgue par Fats Waller et la chanson In Heaven (en) de Peter Ivers (en)[42]. Elle ressort le 7 août 2012 dans une édition limitée à 1 500 copies par Sacred Bones Records[43]. L'album est décrit comme un précurseur de la musique dark ambient et la présence de bruits de fond et d'éléments non musicaux comme étant « une bande de sons au sens littéral »[44]".

Thèmes et analyseModifier

Le design sonore d'Eraserhead est considéré comme l'un de ses éléments déterminants. Bien que le film comporte des éléments visuels caractéristiques, tels que le nouveau né déformé et le cadre industriel tentaculaire, ils sont assortis d'une ambiance sonore très prononcée, qualifiée de « miaulement incessant » et de « paysage auditif évocateur »[45]. Le film utilise continuellement des sons industriels, créant un arrière-plan sonore au volume faible mais constant dans chaque scène. Cela participe à la mise en place d'une atmosphère « menaçante » et « déconcertante », reprise dans des œuvres telles que le drame des frères Coen Barton Fink (1991) et le thriller de David Fincher Seven (1995)[45]. Le bruit de fond perpétuel est perçue par James Wierzbicki comme pouvant être le produit de l'imagination d'Henry Spencer. Il décrit également la bande originale comme « impitoyablement négligente de la différence entre rêve et réalité »[46]. Le film débute une tendance dans l'œuvre de Lynch où la musique diégétique se lie aux rêves, à l'instar de la longue séquence de rêve dans laquelle chante la Dame dans le radiateur. On retrouve cette idée dans l'épisode Comment attraper un tueur (S01E02) de Twin Peaks, dans lequel la musique diégétique déborde du rêve du personnage à ses pensées éveillées, et dans Blue Velvet (1986), avec une utilisation similaire de la chanson In Dreams de Roy Orbison[46].

Le film est aussi connu pour ses thématiques sexuelles très prononcées. S'ouvrant par la représentation d'une conception, le film met en scène Henry Spencer, un personnage à la fois terrifié et fasciné par le sexe. Des images de créatures à la forme de spermatozoïdes sont récurrentes, y compris chez l'enfant, et particulièrement présentes dans les scènes de sexe du film ; le charme apparent typique de la girl next door de la Dame dans le radiateur est abandonné durant son numéro musical lorsqu'elle commence à écraser violemment les créatures-spermatozoïdes de Spencer et lui oppose un regard agressif[47]. David J. Skal dit que le film « dépeint la reproduction humaine comme un spectacle de monstres (freak show) désolé, une occupation uniquement digne des damnés »[48]. Il postule également une caractérisation différente de la Dame dans le radiateur, la qualifiant de « désespérément désireuse de l'approbation d'un public invisible »[48]. Mark Allyn Stewart pense que le personnage est une manifestation du subconscient de Spencer, une représentation de sa propre envie de tuer son enfant, qui l'embrasse après qu'il l'ait fait, comme pour le rassurer d'avoir bien agi[49].

En tant que personnage, Spencer a été interprété comme la figure de « l'homme ordinaire », son expression vide et sa garde-robe faisant de lui un simple archétype[50]. Il fait preuve d'une inactivité pacifiste et fataliste tout au long du film, laissant les événements se dérouler autour de lui sans jamais prendre le contrôle. Ce comportement passif culmine dans sa seule initiative lors du climax du film : son infanticide apparent est en réalité motivé par les influences dominatrices qui l'assaillent. La passivité de Spencer est vue par les critiques Colin Odell et Michelle Le Blanc comme précurseure de la bande dessinée de Lynch The Angriest Dog in the World (1983-92)[51].

DistinctionsModifier

Sorties cinémaModifier

RéférencesModifier

  1. a et b (en) « The 10 Best Body Horror Movies Ever Made, From ‘The Fly’ to ‘Teeth’ », sur IndieWire.com, (consulté le )
  2. « The City of Absurdity: David Lynch’s Eraserhead »
  3. A kind of free-form poem[réf. nécessaire].
  4. Eraserhead - Trivia sur IMDb.
  5. a et b (en) Eraserhead sur l’Internet Movie Database
  6. « Films Added to National Film Registry for 2004 », Library of Congress, (consulté le )
  7. Ce plan est le seul vestige d'une séquence coupée.
  8. En France, le film est sorti tout d'abord sous le titre de Labyrinth Man, choisi par le premier distributeur en référence au Elephant Man du même David Lynch (1980)
  9. « Eraserhead – Box Office Data, DVD Sales, Movie News, Cast Information », sur The Numbers, Nash Information Services (consulté le )
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  14. Olson 2008, p. 59–60.
  15. Olson 2008, p. 54.
  16. (en) Richard von Busack, « Diving In », Metro Silicon Valley,‎ (lire en ligne, consulté le )
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  18. a et b Olson 2008, p. 87.
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  20. a et b Olson 2008, p. 51.
  21. Odell et Le Blanc 2007, p. 27–28.
  22. Eraserhead sur Filmdeculte.com
  23. Odell et Le Blanc 2007, p. 28.
  24. Rodley et Lynch 2005, p. 67.
  25. Rodley et Lynch 2005, p. 60.
  26. a et b Odell et Le Blanc 2007, p. 28–29.
  27. Rodley et Lynch 2005, p. 55.
  28. Hoberman et Rosenbaum 1991, p. 242–243.
  29. Odell et Le Blanc 2007, p. 35–36.
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  31. John Patterson, « Film: David Lynch's film has scarred many an innocent viewer, including a teenage John Patterson », sur The Guardian, (consulté le )
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  45. a et b Mike D'Angelo, « David Lynch shows how audio can be creepier than any image in Eraserhead », sur The A.V. Club, The Onion, (consulté le )
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  48. a et b Skal 2001, p. 298.
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  50. Olson 2008, p. 62.
  51. Odell et Le Blanc 2007, p. 33.

BibliographieModifier

Liens externesModifier