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Shining (film)

film sorti en 1980
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Shining.
Shining
Description de cette image, également commentée ci-après
Logo original du film

Titre original The Shining
Réalisation Stanley Kubrick
Scénario Stanley Kubrick
Diane Johnson
d'après l'œuvre de Stephen King
Acteurs principaux
Sociétés de production Hawk Films
Peregrine
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Horreur
Durée 119 minutes (Version européenne)
146 minutes (Version américaine)
Sortie 1980

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Shining [ ʃaɪnɪŋ][1] Écouter (The Shining), ou L'Enfant lumière au Québec, film d'horreur américano-britannique sorti en 1980, est le onzième long métrage réalisé par Stanley Kubrick, avec Jack Nicholson, Shelley Duvall et Danny Lloyd dans les rôles principaux.

L'écrivain américain Stephen King (dont le roman Shining, l'enfant lumière sert de base) affirma à la fois adorer et détester l'adaptation réalisée avec la romancière Diane Johnson, leur scénario trahissant, selon lui, l'esprit du livre et les thèmes majeurs qu'il aborde, tels que la désintégration de la famille et l'alcoolisme.

Aujourd'hui considéré comme un classique du cinéma d'horreur, le film s’inscrit dans la lignée de Rosemary’s Baby ou de L'Exorciste. Il intègre trois concepts: la maison isolée et hantée, un personnage central prêt à exterminer toute sa famille et les perceptions extrasensorielles (événements présents, passés et futurs, télépathie).

SynopsisModifier

Le film commence par des vues panoramiques du parc national de Glacier (situé dans le Montana) ; la caméra rattrape une petite Volkswagen jaune sur la route escarpée et déserte de la montagne. La voiture disparaît dans un tunnel et, lorsqu'elle atteint le sommet, un immense hôtel apparaît, perdu dans la montagne enneigée.

Jack Torrance (Jack Nicholson), ex-professeur qui se voudrait écrivain, est reçu à un entretien d'embauche pour le poste de gardien de l'Overlook, un palace isolé dans les montagnes Rocheuses du Colorado, vide et coupé du reste du monde durant l'hiver. Le directeur de l'hôtel avertit Jack que le précédent gardien, Grady, a sombré dans la folie et massacré sa femme et ses deux filles jumelles avec une hache avant de se suicider avec une arme à feu. Jack accepte malgré tout le poste consistant à entretenir l’hôtel durant l'hiver : il profitera de la solitude pour écrire enfin son livre. À des centaines de kilomètres de l’hôtel, son fils Danny a des visions sanglantes qui l'avertissent d'un danger.

Le jour de la fermeture, le directeur fait visiter l’hôtel au couple Torrance, ainsi que le labyrinthe végétal qui le jouxte. Les jumelles Grady apparaissent à Danny dans la salle de jeux. Il communique également avec le cuisinier Halloran (Scatman Crothers) par télépathie, ce dernier lui interdit d’approcher la chambre 237[2] qui a, autrefois, abrité les corps de la famille Grady. Halloran explique à Danny qu'ils sont tous deux doués d'un don de voyance télépathique qu'il nomme le « shining ».

L'hôtel se vide et les trois protagonistes se retrouvent seuls. Jack, inspiré, tape à la machine. Les lignes téléphoniques sont coupées par la tempête de neige un mois après leur arrivée. Wendy ne peut communiquer avec l’extérieur que par la radio.

Danny tente d’entrer dans la chambre 237[2], mais la porte est fermée. Dans les couloirs de l'hôtel, il rencontre les jumelles qui l’invitent à jouer avec elles « à jamais ». La vision fugitive des jumelles massacrées terrifie le garçon, tandis que Jack donne les premiers signes de dérangement mental. Il répète la même fin de phrase que les jumelles Grady : « Je voudrais que nous restions ici à jamais, à jamais... »

Alors que Danny roule avec sa petite voiture dans le couloir, une balle roule à ses pieds : le couloir est pourtant vide. Mais à quelques mètres, la porte de la chambre 237[2] est entrouverte. Danny y entre ; pendant ce temps, Jack, endormi dans son fauteuil, fait un cauchemar dans lequel il massacre toute sa famille. Ses cris alertent Wendy, qui accourt. Alors qu'elle tente de le calmer et qu'il lui raconte son rêve, Danny apparaît dans l'embrasure de la porte. Wendy, remarquant des traces de strangulation sur son cou, accuse Jack et sort de la pièce avec son fils, paniquée.

Furieux, Jack déambule dans les couloirs. Il entre dans la salle de bal (la Gold Room) et s'arrête devant le bar vide dont les miroirs reflètent son image. Il ferme les yeux, puis les rouvre. Les étagères du bar sont maintenant couvertes de bouteilles et un barman lui fait face. Jack semble le connaître car il l'appelle par son prénom, Lloyd. En dégustant un bourbon, il avoue à Lloyd qu'il a démis l'épaule de Danny trois ans auparavant (par accident selon lui), mais affirme qu'il n'a jamais plus touché son fils. La scène est interrompue par l'arrivée de Wendy. Elle lui annonce qu’une femme a agressé Danny dans la chambre 237[2]. Jack s'y rend. Dans la salle de bain, il découvre une jeune femme nue dans la baignoire, qui l'invite à approcher. Mais alors qu’ils s’embrassent, la jeune femme revêt l'aspect d'un cadavre en décomposition. Jack prend la fuite. À son retour, il dit à Wendy qu'il n'a rien trouvé dans la chambre et ils se disputent.

À des centaines de kilomètres de l’hôtel, Halloran a une vision. Il tente d’appeler l’hôtel sans résultat. Inquiet, il prend l'avion.

Jack retourne fulminant à la Gold Room. La salle est remplie d'invités en tenue de soirée des années 1920-30. Il bouscule par accident un serveur qui lui dit être monsieur Grady et lui recommande d'être vigilant car son fils « s'évertue à faire venir quelqu'un de l'extérieur ». Grady conseille à Jack de mieux tenir sa famille, voire de la corriger comme lui-même l'a fait avec sa propre famille. Jack se laisse manipuler et sabote la radio et la chenillette, le seul véhicule qui permet de partir de l'hôtel.

Tout bascule lorsque Wendy découvre les pages du « roman » de son mari, entièrement remplies de la phrase « All work and no play makes Jack a dull boy » – expression idiomatique signifiant « Trop de travail et pas de plaisir font de Jack un enfant terne » et sans équivalent en français mais qui est sous-titrée « Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras » dans la version française. Jack s'enfonce dans une psychose meurtrière. Il tente une première fois de tuer sa femme, qui l'assomme avec une batte de baseball et l'enferme dans la réserve alimentaire de l'hôtel.

Mais Jack est libéré de la réserve par Grady au terme d'une conversation dans laquelle il confirme sa volonté d'éliminer sa femme et son fils. La confrontation finale entre Jack et Wendy se produit, le mari fou poursuivant sa femme en boitant après une chute, armé d'une hache dont il se sert pour fracasser les portes des pièces dans lesquelles se réfugient Danny et Wendy. « Coucou, Chérie ! » lance-t-il, après avoir brisé une porte.

Très inquiet à cause de ses visions et de ses contacts télépathiques avec Danny, qui répète et écrit partout « redrum » - en français « ertruem » - (ce qui donne à l'envers « murder », en anglais, soit « meurtre », en français), le cuisinier Halloran arrive en chenillette à l'hôtel Overlook. Mais Jack, embusqué, se rue sur lui et le tue d'un coup de hache. Wendy profite de l'arrivée d'Halloran pour s'échapper et déambule dans l'hôtel. Entendant les cris d'Halloran, Danny hurle à son tour et sort de sa cachette. Jack le poursuit en dehors de l'hôtel.

L'enfant se réfugie dans le labyrinthe. Par ruse, il revient en arrière en marchant dans ses propres empreintes dans la neige et réussit à semer son père qui se perd. Jack meurt gelé, prisonnier dans l’hôtel Overlook, tandis que Wendy et Danny s'enfuient dans la chenillette de Halloran. Un dernier travelling montre une photographie ancienne accrochée au mur de l’hôtel. On y voit Jack en tenue de soirée, au milieu des invités. Le cliché porte la légende : « Overlook Hotel, July 4th Ball, 1921 » (Hôtel Overlook, bal du 4 juillet 1921).

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
Jack Nicholson en 1976

Jack Nicholson : Jack TorranceModifier

(VF : Jean-Louis Trintignant)

Après Vol au-dessus d'un nid de coucou, Jack Nicholson s'impose comme la figure incontournable de la démence. En 1980, Nicholson est un des acteurs les mieux payés d'Hollywood. Pour Kubrick, l'acteur avec qui il souhaitait travailler depuis longtemps est de toute évidence le meilleur interprète qu'on puisse imaginer pour le rôle[5].

Kubrick dira tout simplement : « Nicholson est sans doute le plus grand comédien d'Hollywood aujourd’hui, l’égal des plus grands acteurs de composition du passé, comme Spencer Tracy et James Cagney. »

Pour Shining, sa performance sera à la hauteur des exigences du réalisateur : un mélange de folie débridée et d'extrême contrôle. Sourcils, grimaces, rictus, il joue à fond de tous ses moyens, de tous ses tics. Assurément, l'un de ses plus grands rôles et la preuve qu'il est l'un des plus brillants acteurs de sa génération avec Robert De Niro ou Dustin Hoffman.

 
Shelley Duvall en 1977

Shelley Duvall : Winifred « Wendy » TorranceModifier

(VF : Evelyne Buyle)

Kubrick a vu tous les films de Shelley Duvall. Bien que, dans son roman, Stephen King décrive Wendy comme une femme séduisante et sûre d'elle, Kubrick choisit tout son opposé avec Shelley Duvall. Son excentricité se voit sur son visage comme dans ses mouvements et, selon Kubrick, seule une femme comme elle pouvait rester avec Jack pour la vie[6].

Le tournage de près d'un an est particulièrement difficile pour Shelley Duvall. Alors que Kubrick laisse une certaine latitude dans l’interprétation à Jack Nicholson, Shelley Duvall doit répéter de 40 à 50 fois la même scène. Plus tard Shelley Duvall dira : « Ce fut une expérience formidable, mais si cela était à refaire, je n'accepterais pas le rôle… ».


Danny Lloyd : Danny TorranceModifier

(VF : Jackie Berger)

Kubrick demande à Leon Vitali, acteur dans le film Barry Lyndon, de parcourir les États-Unis avec une caméra vidéo à la recherche d'un jeune garçon pour l'interprétation de Danny. De retour au Royaume-Uni, il va visionner avec le réalisateur cinq mille figurants. Danny Lloyd, alors âgé de six ans, est retenu. Pendant tout le tournage du film, Kubrick ne révéla jamais à Danny qu'il s'agissait d'un film d'horreur, pour que le jeune acteur (âgé de 6 ans à l'époque) ne soit pas déstabilisé par l'horrible scénario. Danny ne découvrit la teneur du film que lorsqu'il le visionna pour la première fois, à l'âge de dix ou onze ans[7].


 
Le costume des jumelles

Lisa et Louise Burns : Les jumelles GradyModifier

Elles sont caractérisées par une petite robe bleue, barrette dans les cheveux, peau diaphane, regard oppressant. Kubrick se serait inspiré de la photographie de Diane Arbus, Identical Twins (1967)[8], pour créer les jumelles qui hantent les couloirs de l’hôtel[9]. Ce cliché de 1967, qui a pour nom Jumelles identiques, montre deux fillettes, vêtues de la même manière, robe en velours à large col blanc, fixant le spectateur dans les yeux, en souriant légèrement.


 
Scatman Crothers à gauche en 1975

Le resteModifier

Légende : VF : Voix françaises[10]

Origine et ProductionModifier

Le scénarioModifier

 
La machine à écrire du film

Kubrick veut réaliser un film d’horreur où le diable n’est pas en cause. La référence pour le genre est, à l’époque, L'Exorciste, énorme succès de 1973. Dans un premier temps, Kubrick s'intéresse au roman de Diane Johnson, The Shadow Knows (1975)[11]. Puis la Warner Bros lui fait parvenir un manuscrit intitulé The Shining. Il s'agit du dernier roman du « maître moderne de l'horreur »[12] Stephen King, écrit en 1977.

Après l'échec commercial de Barry Lyndon, l'adaptation d'un auteur à succès est moins risquée financièrement et répond aux exigences du box-office. Le choix final se porte sur le livre de Stephen King. Pourtant, c'est Diane Johnson qui va cosigner le scénario avec Kubrick. Le travail d'adaptation s'étale sur plus de onze semaines.

À quatre mains, ils vont modifier profondément le livre. Le scénario sera un savant mélange de la psychanalyse (relation père, fils, mère), la schizophrénie, thème de prédilection de Kubrick, le roman gothique, la spécialité de Diane Johnson[11] (le sentimental, le macabre, personnages victimes du passé) et enfin de l'intrigue du livre avec ses phénomènes surnaturels[13], sujet de base du roman de Stephen King, le fond du roman étant ailleurs.

Les différences avec le livreModifier

Film Roman
Jack Torrance semble déjà atteint de schizophrénie dès son arrivée à l'hôtel. Jack, ancien alcoolique, est la victime des forces qui hantent l'hôtel maléfique et qui se font de plus en plus menaçantes au fil du temps (divergence principale entre King et Kubrick).
Wendy est une femme excentrique et moyennement attirante. Wendy est une femme séduisante et sûre d'elle (seconde divergence entre King et Kubrick).
Le numéro de la chambre interdite est 237. Le numéro de la chambre est 217.
Un immense labyrinthe occupe une place prédominante dans le déroulement des événements. Le labyrinthe n’existe pas. Dans le livre les animaux de buis prennent vie.
Danny est confronté aux filles de l'ancien gardien. Il ne les rencontre pas dans le roman.
Tony parle à travers la bouche de Danny et son doigt. Danny s'évanouit et Tony apparaît pour lui parler. Il a également une apparence propre.
Dick Halloran a des visions allongé sur son lit. Dick Halloran sent une odeur d'orange qui lui annonce une vision imminente.
Le film ne mentionne jamais l'épisode des guêpes... ... pourtant très présent dans le livre (toute une partie).
Jack recopie toujours la même phrase « All work and no play makes Jack a dull boy ». Jack travaille normalement.
Jack se fait servir du Jack Daniel's au bar (détail amusant, le fils de Jack s'appelle Danny). Jack se fait servir du Martini.
L'ascenseur déverse des flots de sang L'ascenseur prend vie et libère des fantômes dans tous les étages. On découvre d'ailleurs des confettis, guirlandes et autres décorations à l'intérieur de l'ascenseur.
Vers la fin, Wendy a plusieurs visions de fantômes dans l'hôtel. Wendy ne rencontre pas de fantôme. Cependant, un fantôme (un homme-chien, le visage barbouillé de sang) menace Danny pour qu'il ne puisse pas rejoindre son père.
Jack est sur le point de tuer sa famille armé d'une hache. Jack se sert d'un maillet de roque.
Dick Halloran, le chef cuisinier, est tué d'un coup de hache par Jack. Il ne meurt pas. Il est frappé à la mâchoire par Jack à l'aide de son maillet.
Jack poursuit Danny avec sa hache dans les couloirs de l'hôtel puis dans le labyrinthe enneigé. Il meurt congelé, prisonnier de l’Overlook. Wendy, Halloran et Danny parviennent à s'enfuir avant l'explosion de l'hôtel maléfique, qui disparaît après l'explosion de la chaudière. La dernière page du livre raconte la vie de Wendy et Danny vivant avec Dick après la mort de Jack.


 
Le Stanley Hotel à Estes Park dans le Colorado, lieu qui, suite à un séjour sur place, va inspirer Stephen King pour le roman d'horreur Shining, l'enfant lumière (1977).


L'avis de Stephen KingModifier

Le spectateur Stephen King trouve le film excellent, mais le romancier est extrêmement mécontent : le scénario trahit l'esprit du livre. Le livre est chaud, alors que le film est froid ; le livre se termine dans le feu, le film dans la glace. Dans le livre, Jack Torrance, en voulant devenir bon, glisse peu a peu vers la folie; dans le film, Jack est fou dès la première scène. Il refuse donc d’apparaître au générique final du film car pour lui, le thème le plus important du livre est qu'un bon père peut se transformer en un monstre par l'abus d'alcool (plus tard, il dira même que le livre est en partie autobiographique[14]).

C'est pourquoi, en 1997, il co-produira et scénarisera une seconde adaptation pour la télévision intitulée Shining sous la forme d'un téléfilm en trois parties de 87 minutes. Paradoxalement, King a eu besoin de l'autorisation de Stanley Kubrick, qui lui a en échange demandé d'arrête de faire des commentaires publics sur son film[15]. L'écrivain, déçu par la décision du réalisateur de s'inspirer des intérieurs d'un autre hôtel, demandera même de filmer l'intégralité de la série au Stanley Hotel, d'architecture georgienne coloniale et inauguré en 1909, il a la réputation d'être le lieu de phénomènes étranges rapportés par de nombreux employés et clients au fil des années.

 
Photo du Timberline Lodge sur les flancs du Mont Hood près de Portland, qui servit de décor pour quelques scènes d’extérieur



Tournage du filmModifier

Le tournage débute le 1er mai 1978 et finit en avril 1979[16]. Plus que tout autre film, Shining va consolider la réputation de « mégalomane perfectionniste» du réalisateur. Kubrick rôde dans les immenses studio de l'Estree, la barbe et les cheveux longs, les yeux cernés, tout comme son héros Jack Torrance qui erre sans inspiration dans l'hôtel Overlook[17]. Pour tourner la scène de la bagarre dans l'escalier, il faudra plus de trois semaines de tournage et 87 prises.


 
L'hôtel Ahwahnee dans le parc national de Yosemite, en Californie servira de modèle pour les décors de l'hôtel Overlook

Lieux de tournageModifier

Même si aujourd'hui encore, certains croient que l'hôtel Ahwahnee a vraiment servi de décor pour toutes les scènes d'intérieur[18], ces dernières, de même que le labyrinthe, on en réalité été tournées aux studios d'Elstree au nord de Londres dans des décors reproduits à l'identique comme l'a été la façade principale du Timberline Lodge, en plus de bénéficier lui d'un vrai tournage sur place grâce à une deuxième unité, qui est également allé filmer à Bretton Woods dans le New Hampshire, au Glacier National Park dans le Montana ainsi que dans l'État du Colorado[16] pour les scènes d'ouverture[19].

Les immenses tas de neige des scènes en extérieur, autour de l'hôtel, étaient constitués de petites billes de polystyrène, aussi utilisées pour les chutes de neige[19]; du sel était utilisé pour les plans serrés[19].


SteadicamModifier

À la demande de Kubrick, qui voulais des mouvements de caméras en continu, fluides et pouvant quelques fois même raser les murs ou coller au plus près du sol pour les scènes complexes (la bagarre dans l'escalier, la marche dans le labyrinthe ou le parcours rapide des étages de l’hôtel en tricycle par Danny) l'opérateur Garrett Brown manipulera des caméras ArriFlex 35mm avec optiques Zeiss montées sur Steadicam, un système fixé via un un harnais munis de contrepoids ayant déjà été utilisé lors des travelling sur les films Rocky et Marathon Man, qui est ici utilisé sous une version améliorée.

La musiqueModifier

Après Barry Lyndon, film d'une grande beauté visuelle, Kubrick apportera un soin particulier à la bande son du film. Les musiques originales sont composées par Rachel Elkind et Wendy Carlos (alors appelé Walter Carlos)[20] avec laquelle il avait déjà travaillé pour Orange mécanique. Comme pour 2001, l'Odyssée de l'espace Kubrick va utiliser abondamment la musique classique et, pour Shining, le foxtrot inventé au début des années folles.

Musique classiqueModifier

  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : adaptation au vocodeur de Songe d'une nuit du Sabbat de la Symphonie fantastique de Hector Berlioz (générique du film)
  • Wendy Carlos et Rachel Elkind : Montagnes Rocheuses, composition originale (le trajet de la famille dans les montagnes Rocheuses)
  • György Ligeti : Lontano pour orchestre (Danny voit les jumelles dans la salle de jeu)
  • Béla Bartók : Musique pour cordes, percussion et célesta, Adagio (Wendy et Danny dans le labyrinthe, Jack semble les observer depuis le salon)
  • Krzysztof Penderecki : Le Rêve de Jacob (Jack se réveille sous son bureau terrifié par un cauchemar)
  • Krzysztof Penderecki : Polymorphia pour 48 instruments à cordes (Wendy découvre les écrits de Jack sur la machine à écrire)
  • Krzysztof Penderecki : Canon pour orchestre à cordes (Jack défonce la porte à coup de hache)
  • Krzysztof Penderecki : Utrenja (Jack poursuit Danny dans le labyrinthe)
  • Krzysztof Penderecki : De natura sonoris no 1 & 2 (Jack mort dans le labyrinthe)

Les chansons du filmModifier

  • Jack Hylton : Masquerade (1932) (déambulation de Jack dans le couloir qui mène au bal)
  • Henry Hall : Home (1re partie de la conversation entre Jack et Delbert Grady dans les toilettes)
  • Ray Noble : It's All Forgotten Now (2e partie de la conversation entre Jack et Delbert Grady dans les toilettes)
  • Ray Noble : Midnight, the Stars and You (1934) (le bal dans la Gold Room, zoom de la caméra sur la photo finale et générique de fin)

AnalyseModifier

Au-delà du film d’horreur, Shining est un film complexe dont l’analyse est délicate en raison des nombreuses scènes sans réponse, de l’absence de toute explication rationnelle, et de la rupture totale du récit pour passer à l’imaginaire du spectateur. Rodney Ascher en fera un film documentaire, Room 237, lequel propose de recueillir plusieurs témoignages interprétatifs qui tendent à révéler des indices cachés du film.

Le récit repose sur l'emprise maléfique de l’hôtel sur Jack, personnage cérébral en manque d'inspiration qui se laisse manipuler par les fantômes et la répétition du passé dans le présent. Progressivement, la notion de temps disparaît complètement dans le film. Contrairement à la plupart de ses films où il utilise une voix off, Kubrick a, ici, recours aux cartons pour marquer le passage du temps[21] (des jours, pour finir par indiquer des heures).

Jack, surmené par son manque d'inspiration, n'a pas le don de son fils, le shining, il ne perçoit pas encore les influences du passé sur son avenir. Tout bascule quand sa femme Wendy l'accuse d'avoir frappé son fils comme par le passé quand il lui a démis l'épaule sous l'emprise de l'alcool. Mais cette fois-ci, il n'a rien fait. Sous l'influence de l’hôtel, il se dirige vers le bar pour trouver de l'alcool, c'est à ce moment précis que le film tombe momentanément dans une réalité hallucinatoire avec l'apparition du barman Lloyd que Jack, nullement surpris, reconnaît comme un vieux compagnon de beuverie.

L'avis de KubrickModifier

« Shining est un film optimiste. C'est une histoire de fantômes. Tout ce qu'il dit, c'est qu'il y a une vie après la mort, c'est optimiste[22]. »

L'hôtelModifier

Shining recycle l’univers du film d’horreur, l’Overlook Hotel est un château hanté par des fantômes et des forces démoniaques, un vaste dédale spatio-temporel où d'étranges et mystérieuses apparitions ressurgissent dans le présent. Tout est carré et symétrique dans l’hôtel, même son labyrinthe. Le passé va se répéter dans le présent, les personnages ne pourront pas échapper a leurs destins.

Le labyrintheModifier

Le labyrinthe, absent du roman, est une invention de Kubrick et de Diane Johnson. Il symbolise un dédale spatio-temporel, un parallèle avec l’hôtel. Lors de sa première visite de l’hôtel, Wendy dira : « On dirait un énorme labyrinthe. » La scène du labyrinthe doit son intensité à la mobilité de la caméra, l'objectif semble survoler Wendy et Danny et donne la sensation d’une présence, du vol en suspension d’un esprit invisible qui surveille leurs faits et gestes.

Les miroirsModifier

Les miroirs sont très importants dans le film Shining. Les miroirs permettent à Kubrick de « matérialiser » la vie intérieure de Jack, ils sont les témoins de sa perte du sens de la réalité, accentuée par les « mondes parallèles » présents dans l'hôtel.

Stanley Kubrick expose un dialogue imaginaire entre Jack et un barman dénommé Lloyd au bout de 47 minutes de film. Le spectateur est alors entraîné dans la folie de Jack Torrance. Au bout d'h 7 de film, après avoir retrouvé Lloyd dans une élégante réception, Jack discute avec celui qui semble avoir été l'ancien gardien, Delbert Grady (l'assassin de ses deux filles et de sa femme se nommait Charles Grady), qui nettoie ses vêtements dans les sanitaires après avoir involontairement renversé un verre sur lui. Là encore, de nombreux miroirs ornent la pièce. Le spectateur se trouve à nouveau plongé dans les visions démentes de Jack Torrance. De plus, Jack semble parler à Grady en regardant son reflet dans le miroir plutôt que directement.

Par ailleurs, c'est à travers un miroir que Wendy découvre à son réveil la signification réelle du mot « REDRUM » (« MURDER ») écrit par Danny à l'aide d'un bâton de rouge à lèvres.

La photo finaleModifier

À la fin du film, la caméra se déplace lentement vers un mur de l'hôtel où est accrochée entre autre une photo au milieu de laquelle figure Jack participant à une réception donnée en 1921, soit 59 ans plus tôt. Cette ancienne photo réelle sur laquelle a été incrusté le visage de Jack Nicholson à été créé par un Kubrick qui n'a jamais donné une réponse définitive, préférant laisser les spectateurs libre d'interpréter cette fin tout aussi mystérieuse et ambiguë que celle de 2001, l'Odyssée de l'espace.

La fin coupéeModifier

Il existe deux fins à cette histoire. Celle du livre où l’hôtel maléfique explose, celle du film où Jack meurt perdu et congelé dans le labyrinthe enneigé de l'hôtel, après quoi le plan final du film montre une photo exposée dans le hall d'entrée où l'on voit Jack participant à une réception donnée à l'hôtel soixante ans plus tôt. Kubrick a pourtant tourné une scène finale[23] qui sera coupée par la suite. Le directeur de l’hôtel rend visite à Wendy à l’hôpital et lui explique que la police n'a rien trouvé de particulier et que c'est elle qui a tout imaginé. Avant de quitter l'hôpital, il donne à Danny la balle de tennis qui l'avait attiré dans la chambre 237. Le film se termine par un « carton » : « L'hôtel Overlook allait survivre à la tragédie, comme il l’avait déjà fait de si nombreuses fois. Il est toujours ouvert chaque année du 20 mai au 20 septembre. Il est fermé l’hiver. »[23]

Autour du filmModifier

Pendant le générique de début en plan aérien, la caméra suit la voiture des personnages principaux dans les lacets de la montagne. Certains cinéphiles égratignent le perfectionnisme légendaire de Kubrick car on aperçoit l'ombre de l'hélicoptère en bas à droite[24] et, plus tard, les pales de l'appareil[25]. L'explication vient du fait que le tournage a été effectué au format 1.37:1 pour une diffusion censée être en 1.85:1, avec les bandes noires qui masquent une partie de l'image ; seule une diffusion dans le format de tournage laisse donc entrevoir cette « erreur »[26].

La phrase tapée des centaines de fois par Jack sur sa machine à écrire a été traduite en diverses langues par Kubrick lui-même.

Dans la version française, il y a une erreur de traduction, le surnom de Danny est « canard » alors qu'en version originale c'est « Doc » (les interprètes ayant compris « duck » au lieu de « doc »). Wendy Torrance explique qu'elle et son mari l'appellent ainsi à cause du dessin animé Bugs Bunny et sa phrase fétiche « What's up, doc? » (« Quoi d'neuf, docteur ? »).

Jack Nicholson et Danny Lloyd interprètent tous deux un personnage qui porte le même prénom qu'eux.

« Heeeeeere's Johnny » est une référence à l'entrée en scène de Johnny Carson lorsqu'il animait le Tonight Show[27].

Barry Nelson, qui joue le directeur de l'hôtel, a été le premier acteur à interpréter James Bond à l'écran en 1954, dans une adaptation du roman Casino Royale de Ian Fleming présentée par la série télévisée d'anthologie Climax!, huit ans avant Sean Connery.

SortiesModifier

Sauf mention contraire, les informations suivantes sont issues de l'Internet Movie Database[28].

Distribution en sallesModifier

À l'origine, Shining est sorti en salles aux États-Unis dans sa version complète, d'une durée de 146 minutes, mais trois jours après sa sortie[29], Kubrick et la Warner Bros demandèrent aux projectionnistes de couper deux minutes de séquences de la fin du film, réduisant sa durée à 144 minutes[29]. Toutefois, en raison d'un résultat décevant au box-office sur le territoire américain et aux mauvaises critiques[30], le réalisateur continua de remonter le film pour la sortie en salles destiné au marché européen[29], réduisant la durée à 113 minutes. Les scènes supprimées concernent les événements dans le monde extérieur et se réfèrent à Tony, l'ami imaginaire de Danny ainsi que les séquences de Tony Burton et Anne Jackson, qui jouaient dans la version complète, mais leurs noms figurent tout de même au générique[30].

Premières nationalesModifier

Sorties vidéoModifier

  • 1990, 1999 et 2001 - VHS, durée : 150 minutes
  • 6 septembre 2001 - DVD, durée : 115 minutes
  • 12 décembre 2007 - Blu-ray, durée : 119 minutes

AccueilModifier

Box officeModifier

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
  États-Unis
  Canada
44 360 123 $[31] n/a -
  France 2 359 705 entrées[32] n/a -

Aux États-Unis, Shining démarre moyennement lors de son premier week-end d'exploitation dans dix salles, il totalise 622 337 $[33], se classant en quatrième position[34], mais par la suite, le film parvient à se redresser puisqu'il engrange finalement un total de 44 360 123 $[33] en fin d'année 1980, rencontrant ainsi un succès commercial.

En France, le long-métrage trouve également son public, puisqu'il démarre à la première place du box-office parisien avec 131 287 entrées[35] et finit avec 501 028 entrées en fin d'exploitation sur Paris[36]. Sur le reste du territoire, le film engrange 1,8 million d'entrées, faisant un cumul de 2 359 705 entrées. Shining est classé à la quatorzième place des plus grands succès de l'année 1980 en France[37].

Shining a rencontré initialement des critiques mitigées lors de sa sortie aux États-Unis, notamment dans le magazine Variety qui écrit : « Kubrick a fait équipe avec l'irritant Jack Nicholson pour détruire tout ce qui était si terrifiant dans le best-seller de Stephen King »[38]. Le film va même jusqu'à être nommé à deux reprises aux Razzie Awards (pire actrice pour Shelley Duvall et pire réalisateur pour Stanley Kubrick)[39].

Mais au fil des années, les réactions des critiques furent plus positives, le film obtenant 93 % d'avis favorables sur le site Rotten Tomatoes, pour 68 critiques avec une moyenne de 8,510[40], et une moyenne de 61100 sur le site Metacritic, basé sur dix critiques[41].

De nos jours, le film est considéré comme l'un des meilleurs films d'horreur jamais réalisés. En 2001, il a été classé 29e de la liste 100 Years... 100 Thrills[42]. En 2003, le personnage de Jack Torrance a été nommé 25e plus grand méchant de la liste AFI's 100 Years... 100 Heroes and Villains[42]. Le film a été nommé le film le plus effrayant de tous les temps par la chaîne Channel 4 la même année et Total Film le classe 5e plus grand film d'horreur en 2004. Bravo TV le classe 6e de la liste 100 Scariest Movie Moments en 2005[42].

Le réalisateur Martin Scorsese le classe septième parmi les onze films les plus effrayants du cinéma[43].

DistinctionsModifier

Prix Sujet Nomination Résultat
Razzie Award pire actrice Shelley Duvall Nommés
pire réalisateur Stanley Kubrick
Saturn Award meilleur réalisateur
Meilleur second rôle Scatman Crothers Lauréat
Meilleur film d'horreur Nommés
Meilleure musique Wendy Carlos
Rachel Elkind

Impacts sur la culture populaireModifier


SuiteModifier

Il était initialement prévu que Doctor Sleep, l'adaptation tirée du roman éponyme et suite du film de 1980, sorte en 2020 au cinéma. Sa sortie a été avancée au 30 octobre 2019.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le R signifie que les mineurs (17 ans ou moins) doivent être accompagnés pour pouvoir assister à la projection du film.
  2. À l'origine, Shining fut interdit aux moins de 13 ans, puis fut réévaluée en interdit aux moins de 12 ans avec le changement de classification.

RéférencesModifier

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. a b c et d Bruno Icher, « Le fol amour de Shinging », sur liberation.fr, (consulté le 20 septembre 2019).
  3. http://www.elstree.co.uk/shining.html
  4. Charlie Vandekerkhove, « Les 7 scènes inoubliables de "Shining", le film culte de Stanley Kubrick », sur rtl.fr,
  5. Michel Ciment, op. cit. p. 188.
  6. Michel Ciment, Kubrick, 1980 p. 189
  7. (en) Cath Clarke, « Danny Lloyd – the kid in The Shining: ‘I was promised that tricycle after filming but it never came’ », The Guardian, (consulté le 27 avril 2019)
  8. « Les jumelles de Shining inspirées par une photo de Diane Arbus ? | MonFilmCulte », sur monfilmculte.com (consulté le 20 octobre 2015)
  9. Claire Colin, "Diane Arbus, la grande illusion", le 15 décembre 2011, article à lire sur L'Intermède
  10. « Fiche de doublage de « Shining » », Voxofilm (consulté le 30 mars 2012)
  11. a et b Michel Ciment (préf. Martin Scorsese), Kubrick, Calmann-Lévy, Paris, 2004, (ISBN 2-7021-3518-8), p. 291.
  12. Marcello Walter Bruno (trad. Sylvia Guzzi), Stanley Kubrick, Gremese International, 2001 (ISBN 978-8873014508) p. 23.
  13. Michel Ciment, op. cit. p. 135-146.
  14. Stephen King, traduit par William Olivier Desmond, Écriture : Mémoires d'un métier, Le Livre de Poche, 2003 (ISBN 978-2-2531-5145-6)
  15. George Beahm, Stephen King de A à Z, Vents d'Ouest, (ISBN 2-8696-7903-3), p. 223-224
  16. a et b « Fiche film : The Shining (1980) - Tournage », Ciné ressources (consulté le 10 octobre 2010)
  17. Marcello Bruno Walter, op. cit. p. 23.
  18. (en) Kubrick's An In-depth Analysis of Stanley Kubrick's Film The Shining : The Interview - Juli Kearns, Idyllopus Press
  19. a b et c (en) The Shining - TheStudioTour.com
  20. « Fiche film : The Shining (1980) - Générique technique », Ciné ressources (consulté le 10 octobre 2010)
  21. Michel Ciment, op. cit. p. 135
  22. Conversation entre Jack Nicholson et Stanley Kubrick, Stanley Kubrick : Une vie en image, documentaire réalisé par Jan Harlan en 2000.
  23. a et b La fin coupée de «Shining» n'est plus un mystère - Jean-Marie Pottier, Slate, 24 janvier 2013
  24. Shining (1980) : Capture erreur 811 - Erreursdefilms.com
  25. Shining (1980) : Capture erreur 812 - Erreursdefilms.com
  26. (en) « Shining (1980) - FAQ : I've heard something about a helicopter shadow. To what does it refer? », IMDb
  27. (en) Here's Johnny - Know Your Meme
  28. https://www.imdb.com/title/tt0081505/releaseinfo
  29. a b et c (en) Shining sur l’Internet Movie Database
  30. a et b https://www.imdb.com/title/tt0081505/trivia?tab=cz
  31. (en) « The Shining (1980) », sur Box Office Mojo (consulté le 23 mars 2018)
  32. « Shining (1980) », sur JP's Box-Office (consulté le 23 mars 2018)
  33. a et b (en) « Shining », Box office mojo.
  34. (en) « Box-office américain du week-end du 23 mai 1980 », sur TheNumbers.com (consulté le 28 mars 2012).
  35. (fr) « Box-office parisien du 22 au 28 octobre 1980 », sur Box Office Stars (consulté le 28 mars 2012).
  36. « Fiche film : The Shining (1980) - Exploitation », Ciné ressources (consulté le 10 octobre 2010)
  37. JP, « The Shining (1980)- JPBox-Office », sur www.jpbox-office.com (consulté le 22 octobre 2016)
  38. Review: ‘The Shining’ - Variety, 31 décembre 1979
  39. (en) The Shining : Awards - IMDb
  40. (en) « The Shining », Rotten Tomatoes, chiffres octobre 2016
  41. (en) « The Shining », Metacritic, chiffres octobre 2016
  42. a b et c (en) The Shining : Trivia - IMDb
  43. (en) Martin Scorsese, « 11 Scariest Horror Movies of All Time », The Daily Beast,
  44. a b et c « « The Shining » : Liens avec d'autres œuvres », sur IMDb.com (consulté le 30 mars 2012)
  45. Le Monde de Nemo, Autour du Film, onzième point, Wikipédia.
  46. (en) Malcolm in the middle

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier