Ouvrir le menu principal

Contribution polonaise à la Seconde Guerre mondiale

L’équipage du sous-marin ORP Sokół affichant un Jolly Roger marquant le nombre de navires ennemis coulés ou endommagés.
Un PZL.37 Łoś, bombardier moyen polonais, bimoteur, construit à l'usine PZL à Mielec.
ORP Dragon, en service dans la marine polonaise depuis janvier 1943
Batterie anti-aérienne, avec trois canons polonais Polsten.

Le théâtre européen de la Seconde Guerre mondiale s'ouvrit avec l'invasion de Pologne par l’Allemagne le vendredi 1er septembre 1939 et l'invasion soviétique de la Pologne le 17 septembre 1939. L'armée polonaise fut vaincue après plus d'un mois de féroces combats. Après que la Pologne eut été vaincue, un gouvernement en exil (basé en Grande-Bretagne), des forces armées et un service de renseignement furent établis en dehors des frontières de la Pologne. Ces organisations contribuèrent à l'effort allié tout au long de la guerre. L'armée polonaise fut recréée à l’Ouest, ainsi qu'à l'Est (après l'invasion allemande de l'Union soviétique).

Les Polonais contribuèrent de manière significative à l'effort allié tout au long de la guerre, combattant sur terre, sur les mers et dans les airs. L'armée de l'air polonaise fut notable, non seulement dans la victoire alliée dans la bataille d'Angleterre, mais aussi dans la guerre aérienne postérieure. Les troupes terrestres polonaises furent présentes dans la campagne de l'Afrique du Nord (siège de Tobrouk); la campagne d’Italie (y compris la capture de la colline du monastère à la bataille de Monte Cassino); et dans les batailles suivant le débarquement en France (la bataille de la poche de Falaise, un parachutage d’une brigade aéroportée pendant l'opération Market Garden et une division dans la campagne d'Allemagne). Les forces polonaises à l'est, se battant aux côtés de l'armée rouge et sous le commandement soviétique, prirent part aux offensives soviétiques en Biélorussie, en Ukraine et en Pologne ; à travers la Vistule et vers l'Oder puis vers Berlin. Certaines contributions polonaises furent moins visibles, notamment le déchiffrement avant-guerre et durant la guerre des machines de chiffrement allemandes Enigma par le cryptologue Marian Rejewski et ses collègues. Le réseau de renseignement polonais s'avéra très utile pour le renseignement allié.

Contrairement à la France, les Nazis ne mirent pas en place un gouvernement collaborationniste. Au lieu de cela, la Pologne fut directement gouvernée par une administration purement allemande connue sous le nom de Generalgouvernement. À cette administration s’opposa l'État polonais clandestin, qui non seulement représentait l'une des trois plus grandes forces existantes de partisans,[b] mais était un exemple rare d'un gouvernement souterrain, phénomène qui ne fut pas observé dans de nombreux autres pays occupés.

Les forces polonaises dans leur ensemble furent considérées comme la quatrième plus grande armée alliée en Europe, après l'Union soviétique, les États-Unis et le Royaume-Uni.[a]

Sommaire

Invasion de PologneModifier

Article détaillé : Campagne de Pologne (1939).

L'invasion de la Pologne par les forces militaires de l'Allemagne nazie, l'Union soviétique et par un petit contingent slovaque allié de l’Allemagne marqua le début de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Conformément aux termes secrets du protocole additionnel du pacte Molotov-Ribbentrop, l'Allemagne informa l'Union soviétique que ses forces se rapprochaient de la zone d'intérêt soviétique en Pologne et exhorta donc, l'Union soviétique à venir s'installer dans sa zone. Les Soviétiques avaient été pris par surprise par la vitesse de l'avance allemande car ils s'attendaient à avoir plusieurs semaines pour se préparer à une invasion plutôt que quelques jours seulement. Ils promirent de faire mouvement le plus rapidement possible[1]. Le 17 septembre, les Soviétiques envahirent l'est de la Pologne, obligeant le gouvernement polonais et les militaires à abandonner leurs plans pour une défense à long terme dans la région de la tête de pont roumaine. Les dernières unités de l'armée polonaise capitulèrent au début du mois d’octobre.

Conformément à leurs obligations contractuelles, le Royaume-Uni et la France déclarèrent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre. Hitler avait parié de manière incorrecte que la France et la Grande-Bretagne lui permettraient d'annexer des parties de la Pologne sans réaction militaire. La campagne commença le 1er septembre 1939, une semaine après la signature du pacte Molotov-Ribbentrop qui contenait un protocole secret pour le partage de l'Europe du Nord et de l'Europe centrale en deux sphères d'influence, une allemande et une soviétique. Elle se termina le 6 octobre 1939, l'Allemagne et l'Union soviétique occupant l'ensemble de la Pologne.

Les unités allemandes et soviétiques participèrent à un défilé militaire à Brest-Litovsk, suivi du défilé commun de la victoire dans les rues de Lwow. Une coopération accrue entre l'Allemagne et les Soviétiques prit la forme d'un échange de prisonniers de guerre polonais. Sur l'ordre de Lavrenti Beria donné à la NKVD le 3 octobre 1939, 46 000 prisonniers polonais détenus dans des camps soviétiques furent échangés contre 44 000 prisonniers de guerre détenus par les Allemands[2].

Les pertes de l’armée allemande atteignirent environ 16 000 morts au combat, 28 000 blessés, et 3 500 disparus, plus de 200 avions et 30 % de ses véhicules blindés. Les pertes polonaises s’élevèrent à environ 66 000 morts et 694 000 prisonniers. Bien que l'attaque allemande fût un succès, les pertes furent supérieures à celles prévues. Il fut estimé qu'au cours de la campagne de septembre en Pologne, la Wehrmacht utilisa plus du double des munitions utilisées en France au printemps suivant.

Aide aux JuifsModifier

 
Prisonniers juifs du camp allemand de Gęsiówka libérés par l'armée de l’intérieur lors de l'insurrection de Varsovie en 1944

Il y eut un groupe important de Polonais risquèrent leur vie pendant l'occupation allemande pour sauver des juifs. La Pologne occupée par les Nazis fut le seul territoire où les Allemands décrétèrent que toute aide apportée aux Juifs était punissable de mort pour son auteur et toute sa famille. Cependant, la Pologne fut un cas unique dans les pays occupés par les Allemands car elle abrita la seule organisation qui aida le peuple juif.

Connu sous le nom de Żegota ("Conseil pour l'aide aux Juifs"), l'organisation fournit abris, nourriture, médicaments, argent et faux documents aux Juifs à travers le pays qui pouvaient passer en tant que Polonais et Catholiques. La plupart des fonds de Żegota provenaient directement du gouvernement polonais en exil. Les Polonais à titre individuels, cléricaux[3] et laïcs, offrirent également diverses formes d'aide au peuple juif. Par exemple, la section des enfants de Żegota dirigée par Irena Sendler sauva 2 500 enfants juifs avec la coopération de familles polonaises et de l'orphelinat de Varsovie des Sœurs de la famille de Marie, des couvents catholiques romains tels que celui des petites sœurs servantes de la Sainte Vierge Marie Immaculée Conception[4].

La plupart des juifs qui survécurent à l'occupation allemande de la Pologne furent sauvés par des Polonais sans rapport avec Żegota. Les estimations des survivants juifs en Pologne vont de 40-50 000 à 100-120 000. Les historiens estiment qu'il a fallu l’intervention de dix Polonais pour sauver la vie d'un Juif[5]. Parmi les individus récipiendaires de la médaille de Juste parmi les Nations (donnés par l'État d'Israël à des non-Juifs qui sauvèrent des Juifs de l'extermination pendant l'Holocauste), les citoyens polonais furent les plus nombreux[6]. 6 339[7] hommes et femmes polonais furent reconnus comme «Juste» à ce jour, représentant plus de 25 % du nombre total des 22 765 Justes déjà reconnus[8].

Résistance polonaiseModifier

La principale force de résistance dans la Pologne occupée fut l'Armia Krajowa («Armée de l’intérieur», en abrégée «AK»), qui compta quelque 400 000 combattants à son apogée et beaucoup plus de sympathisants[9]. Pendant la majeure partie de la guerre, l’AK fut l'un des trois plus grands mouvements de résistance de la guerre.[b] L'AK coordonna ses opérations avec le gouvernement polonais en exil à Londres et son activité se concentra sur le sabotage, la diversion et la collecte de renseignements[10]. Son activité de combat resta faible jusqu'en 1943[9],[11], l'AK évitait une guerre suicidaire et conservait ses ressources très limitées pour les combats ultérieurs qui augmentèrent fortement lorsque la machine de guerre nazie commença à s'effondrer à la suite des succès de l'Armée rouge sur le Front de l'Est. Ensuite, l'AK initia un soulèvement national (Opération Tempête) contre les forces nazies[10]. Avant cela, les unités de l'AK menèrent des milliers de raids, d’opérations de renseignement, plastiquèrent des centaines de trains, participèrent à de nombreux affrontements et combats contre la police allemande et des unités de Wehrmacht. Elle mena des dizaines de milliers d'actes de sabotage contre l'industrie allemande[12] L’AK mena également des opérations «punitives» pour assassiner des dirigeants de la Gestapo responsables de la terreur nazie. A partir de 1941, après l'attaque allemande contre l'URSS, l'AK aida l'effort de guerre de l'Union soviétique en sabotant l'avance allemande vers le territoire soviétique et fournit des informations sur le déploiement et les mouvements des forces allemandes[10]. Après 1943, son activité de combat direct augmenta fortement. Les pertes allemandes dues aux partisans polonais furent en moyenne de 850 à 1 700 par mois au début de 1944 à comparer à aux 250 à 320 hommes perdus mensuellement en 1942.

 
Partisan dans la forêt polonaise de Zdzisław de Ville "Zdzich", membre de l'AK Jędrusie avec un Browning wz.1928.

En plus de l'Armée de l’intérieur, il y avait une force de résistance ultra-nationaliste clandestine[9] appelée Narodowe Siły Zbrojne (NSZ ou "Forces armées nationales"), qui était férocement anticommuniste. Elle participa à la lutte contre les unités allemandes, remportant de nombreuses escarmouches. À partir de 1943, certaines unités participèrent à la lutte contre la Gwardia Ludowa, un mouvement de résistance communiste. À partir de 1944, l'Armée rouge progressant fut également considérée comme une force d'occupation étrangère, provoquant des escarmouches avec les Soviétiques ainsi qu’avec des partisans soutenus par les Soviétiques. Dans la dernière partie de la guerre, lorsque les partisans soviétiques commencèrent à attaquer les partisans, les sympathisants et les civils polonais, toutes les formations polonaises non communistes furent (de plus en plus) impliquées dans des actions contre les Soviétiques[13].

L'Armia Ludowa, une force de combat pro-soviétique[14], était un autre groupe de résistance qui n'était pas apparenté au gouvernement polonais en exil, mais plutôt alliée à l'Union soviétique. En juillet 1944, elle incorpora une organisation similaire, la Gwardia Ludowa, et comptait environ 6 000 soldats (bien que les estimations varient)[14].

Il y eut aussi des groupes de résistance séparés organisés par des juifs polonais[9]: le mouvement de droite Żydowski Zwizzek Walki ("Union de combat juive") (ŻZW) et celui d’obédience soviétique Żydowska Organizacja Bojowa, (Organisation de combat juive) (ZOB). Ces organisations coopérèrent peu les unes avec les autres et leurs relations avec la résistance polonaise varièrent entre la coopération occasionnelle (principalement entre ZZW et AK) aux affrontements armés (principalement entre ŻOB et NZS).

D'autres organisations de résistance polonaises notables comprenaient le Bataliony Chłopskie (BCh), une organisation essentiellement paysanne alliée à l'AK. À son apogée, le BCh comprenait 115543 membres (en 1944, avec le LSB et le PKB-garde de l’AK, les forces totales estimées s’élevaient à 150 250 hommes, estimation non confirmé)[15]. D'autre part, le rôle de la police polonaise («Granatowa Policja») dans le gouvernement général (Generalna Gubernia), une force semi-étatique sous le contrôle total de l'Allemagne reste une question discutable. Il y eut une certaine coopération entre la police polonaise et les Nazis dans la persécution de la communauté juive, alors que certains agents soutenaient secrètement le mouvement de résistance clandestin. Tout au long de la guerre, l'État allemand fut contraint de détourner une partie substantielle de ses forces militaires pour garder le contrôle de la Pologne:

 
Henryk Dobrzański "Hubal", premier partisan de la Seconde Guerre mondiale et son unité de partisans - Hiver 1940.
 
Char Panther allemand capturé - peloton blindé du bataillon Zośka sous le commandement de Wacław Micuta.
 
Membres de AK "Wiklina" entrant dans Zamość en 1944.
 
Cyprian Odorkiewicz, commandant du régiment Krybar (deuxième à partir de la gauche) inspectant les munitions pour l'arme antichar PIAT appartenant à l'unité "Rafałki" lors de l'insurrection de Varsovie de 1944.
 
Insurrection de Varsovie en 1944 - Patrouille du lieutenant Stanisław Jankowski ("Agaton") du bataillon Pięść, le 1er août 1944 à l‘heure W" (17:00)
Effectifs de la Wehrmacht et de la police stationnées dans le Gouvernment Général (Ne comprend pas les territoires annexés de la Pologne et des parties de Kresy)[16]
Période Wehrmacht Police et SS

(Forces allemandes seulement)

Total
Octobre 1939 550 000 80 000 630 000
April 1940 400 000 70 000 470 000
Juin 1941 2 000 000

(Invasion de l'Union soviétique)

50 000 2 050 000
Février 1942 300 000 50 000 350 000
Avril 1943 450 000 60 000 510 000
Novembre 1943 550 000 70 000 620 000
Avril 1944 500 000 70 000 570 000
Septembre 1944 1 000 000 80 000 1 080 000
Sabotage et actions de diversion de l'Union du combat armé (ZWZ) et de l'Armée de l’intérieur (AK) du 1er janvier 1941 au 30 juin 1944[17]
Type d'action Nombre total d’actions
Locomotives endommagées 6 930
Réparation différée de locomotives 803
Transport déraillés 732
Transports en feu 443
Wagons de chemin de fer endommagés 19 058
Ponts ferroviaires soufflés 38
Interruption de la fourniture électrique du réseau de Varsovie 638
Véhicules militaires endommagés ou détruits 4 326
Avions endommagés 28
Réservoirs de carburant détruits 1 167
Carburant détruit (en tonnes) 4 674
Puits de pétrole bloqués 5
Wagons de laine de bois détruits 150
Magasins militaires incendiés 130
Perturbations de production dans les usines 7
Moteurs d'avion sabotés 4 710
Canons sabotés 203
Projectiles d'artillerie sabotés 92 000
Stations de radio aérienne sabotées 107
Condenseurs sabotés 70 000
Tours (industriels) sabotés 1 700
Machines d'usines importantes sabotés 2 872
Divers actes de sabotage effectués 25 145
Assassinats prévus d’Allemands 5 733

RenseignementModifier

Articles détaillés : Biuro Szyfrów et Opération Most III.
 
Le général Jacob Devers avec le major Mieczysław Słowikowski, lui attribuant la légion du mérite pour ses précieuses contributions à la campagne alliée d’Afrique du Nord.
 
Witold Pilecki, officier de l'Armée polonaise et agent de renseignement pendant la Seconde Guerre mondiale, auteur du rapport de Witold, le premier rapport exhaustif du renseignement allié sur le camp de concentration d'Auschwitz et sur l'Holocauste.

Durant plus de six ans et demi, de fin décembre 1932 jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale, trois mathématiciens cryptologues (Marian Rejewski, Henryk Zygalski et Jerzy Różycki) du bureau de chiffrement de l'état-major polonais à Varsovie développèrent des techniques et des dispositifs, y compris la méthode du « grill », l’ « horloge » de Różycki, le « cyclomètre » de Rejewski et le « catalogue de cartes », les « feuilles perforées » de Zygalski et la « bombe cryptologique » de Rejewski (en polonais, « bomba », précurseur de la "Bombe" britannique, nommé d'après son prédécesseur polonais), pour faciliter le décryptage des messages produits par la machine de chiffrage allemande Enigma. Seulement cinq semaines avant le début de la Seconde Guerre mondiale, le 25 juillet 1939, près de Pyry, dans les bois de Kabaty, au sud de Varsovie, la Pologne révéla ses réalisations à la France et au Royaume-Uni qui, jusqu'à ce moment-là, avaient échoué dans leurs efforts pour casser le chiffre militaire allemand Enigma[18].

Si la Pologne n'avait pas partagé ses résultats de déchiffrement d’Enigma à Pyry, le Royaume-Uni n'aurait pas pu lire les chiffres d'Enigma[19]. Le renseignement tiré de cette source, nom de code Ultra, fut extrêmement précieux pour la poursuite alliée de la guerre. Alors que l'influence précise d’Ultra sur son cours reste un sujet de débat, Ultra modifia indubitablement le cours de la guerre[20].

 
Rapport des renseignements de l'armée de l’intérieur avec des dessins schématiques des V1 et V2.
 
L'Armée de l’intérieur récupérant un V-2 dans la rivière Bug.

Le renseignement produit par l’armée polonaise de l'Armée de l’intérieur (Armia Krajowa, AK) fut vitale pour localiser et détruire (18 août 1943) l'installation d’essai et de production de fusées allemandes à Peenemünde et pour recueillir des informations sur la bombe volante V-1 et la fusée V-2. L'Armée de l’intérieur livra au Royaume-Uni des pièces clés du V-2 après qu'une fusée, tirée le 30 mai 1944, se fut écrasée près d'une installation d'essai allemande à Sarnaki sur la rivière Boug et fut récupérée par l'Armée de l’intérieur. Dans la nuit du 25 au 26 juillet 1944, les pièces cruciales furent transportées de la Pologne occupée au Royaume-Uni dans un avion de la RAF, ainsi que des plans détaillés de pièces trop volumineuses pour pouvoir être chargées dans l'avion (voir L'Armia Krajowa et les V-1 et V-2). L'analyse de la fusée allemande fut essentielle pour améliorer les défenses alliée contre les V-2 (voir Opération Most III)[21].

En juillet 1941, Mieczysław Słowikowski (utilisant le nom de code "Rygor" – rigueur en polonais) mit en place l’"Agence Afrique", l'un des organismes de renseignement les plus performants de la Seconde Guerre mondiale[22]. Ses alliés polonais dans ces efforts comprenaient le lieutenant-colonel Gwido Langer et le major Maksymilian Ciężki. Les informations recueillies par l'Agence furent utilisées par les Américains et les Britanniques dans la planification du débarquement de l'opération amphibie Torch[23] en novembre 1942 en Afrique du Nord. C'étaient les premiers débarquements alliés à grande échelle de la guerre et leur succès ouvrit la voie à la campagne italienne des Alliés.

Le renseignement polonais fonctionna dans tous les pays européens et fut l'un des plus grands réseaux de renseignement dans l'Allemagne nazie. Beaucoup de Polonais servirent également dans d'autres services de renseignement alliés, dont le célèbre Krystyna Skarbek ("Christine Granville") au sein du SOE britannique. De tous les rapports reçus par les services secrets britanniques d'Europe continentale de 1939 à 1945, 43 % provenaient de sources polonaises[24]. Jusqu'en 1942, la plupart des renseignements britanniques provenant d'Allemagne proviennent des rapports polonais de l'Armée de l’intérieur. Jusqu'à la fin de la guerre, l'AK restera la principale source de renseignement britannique d'Europe centrale et orientale. Les services de renseignement de l’AK fournirent de l'information aux Alliés non seulement sur la bombe volante V-1 et la fusée V-2, mais aussi sur les camps de concentration allemands. Dès 1940, les agents polonais (dont Witold Pilecki) pénétrèrent dans les camps de concentration allemands, y compris Auschwitz, et informèrent le monde des atrocités nazies. Jan Karski fut un autre combattant important de la résistance polonaise qui informa au gouvernement polonais en exil et aux alliés occidentaux de la situation en Pologne occupée, en particulier de la destruction du ghetto de Varsovie et des camps d'extermination secrets nazis.

Forces polonaises (à l’Ouest)Modifier

Article détaillé : Armée polonaise de l'Ouest.

Armée de terreModifier

Forces armées polonaises à l'Ouest
à leurs apogées[25]
Déserteurs de la Wehrmacht 89 300
Evacués d'URSS 83 000
Evacués de France en 1940 35 000
Prisonniers de guerre libérés 21 750
Échappés de l'Europe occupée 14 210
Recrutement en France libérée 7 000
Polonais d'Argentine, du Brésil et du Canada 2 290
Polonais du Royaume-Uni 1,780
Total 254 830
En juillet 1945, lorsque le recrutement fut arrêté, quelque 26 830 soldats polonais furent déclarés mort au combat, disparu au combat ou morts de leurs blessures. Après cette date, 21 000 anciens prisonniers de guerre polonais supplémentaires furent recrutés.

Après la défaite du pays dans la campagne de 1939, le gouvernement polonais en exil organisa rapidement en France une nouvelle armée d'environ 75 000 hommes[26]. En 1940, une Brigade des Highlands polonaise participa à la bataille de Narvik, et deux divisions polonaises (Première division de grenadiers et Seconde division d'infanterie) participèrent à la défense de la France alors qu'une brigade motorisée polonaise et deux divisions d'infanterie étaient en cours de formation[27]. Une brigade indépendante de chasseurs des Carpates fut formée en Syrie mandataire française, à laquelle participèrent de nombreuses troupes polonaises échappées via la Roumanie[28]. L'armée de l'air polonaise en France avait 86 avions avec un escadron et demi pleinement opérationnels, et les deux et demi autres à différents stades de formation[28].

À la chute de la France, environ 6 000 polonais étaient morts dans les combats et environ 13 000 avaient été internés en Suisse. Néanmoins, environ 19 000 polonais, dont environ 25 % étaient des équipages, furent évacués de France, la plupart avec d’autres troupes transportées de l'ouest de la France vers le Royaume-Uni[26]. En 1941, à la suite d'un accord entre le gouvernement polonais en exil et Joseph Staline, les Soviétiques relâchèrent des citoyens polonais, à partir desquels fut formée une armée de 75 000 hommes en URSS sous le commandement du général Władysław Anders. Sans soutien des Soviétiques pour former, équiper et ou entretenir cette armée, le gouvernement polonais en exil suivit le conseil d'Anders pour transférer quelque 80 000 soldats (et environ 20 000 civils), en mars et août 1942, à travers la mer Caspienne et l'Iran permettant aux divisions soviétiques qui occupaient l’Iran d’être libérées pour le combat[29]. Au Moyen-Orient, cette « Armée d'Anders » rejoignit la 8e Armée britannique, où elle forma le IIème Corps polonais[30].

 
Le Premier ministre britannique Winston Churchill passant en revue les troupes polonaises en Angleterre, en 1943.

Les forces armées polonaises de l'Ouest se battirent sous le commandement britannique et comptèrent 195 000 hommes en mars 1944 et 165 000 à la fin de cette année, dont environ 20 000 personnes dans l'armée de l'air polonaise et 3 000 dans la marine polonaise. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les forces armées polonaises à l'Ouest comptent 195 000 hommes et, en juillet 1945, elles augmentèrent pour atteindre 228 000 soldats, la plupart des nouveaux arrivants étant des prisonniers de guerre libérés et d’ex-détenus de camps de travail.

Armée de l’airModifier

La Force aérienne polonaise combattit d'abord lors de l'invasion de Pologne en 1939. En grande partie dépassé en nombre et avec ses chasseurs dépassés en qualité par des chasseurs allemands, elle resta active jusqu'à la deuxième semaine de la campagne, infligeant des dégâts importants à la Luftwaffe[31]. La Luftwaffe perdit, toutes causes opérationnelles confondues, 285 avions, plus 279 endommagés, tandis que les Polonais perdirent 333 avions[32].

Après la chute de la Pologne, de nombreux pilotes polonais s’échappèrent en France via la Hongrie. L'armée de l'air polonaise combattit dans la bataille de France avec un escadrille de chasse (GC 1/145), et avec plusieurs petites unités détachées dans les escadrilles française. Elle effectua de nombreux vols de défense de l'industrie (au total, 133 pilotes, qui connurent 53 à 57 victoires pour la perte de 8 hommes au combat, ce qui représentait 7,93 % des victoires alliées)[33].

Plus tard, des pilotes polonais combattirent dans la bataille d'Angleterre, où la 303e escadrille de chasse polonaise revendiquèrent le plus grand nombre de victoires que n'importe quelle escadrile alliée. Dès le début de la guerre, la Royal Air Force (RAF) avait accueilli les pilotes étrangers pour compléter le contingent de pilotes britanniques. Le 11 juin 1940, le gouvernement polonais en exil signa un accord avec le gouvernement britannique pour former une armée polonaise et une force aérienne polonaise au Royaume-Uni. Les deux premiers escadrilles de chasse polonais entrèrent en action en août 1940. Quatre escadrilles polonais finalement prirent part à la bataille d'Angleterre (300e et 301e escadrille de bombardement, 302e et 303e escadrille de chasse polonaise et 303), avec 89 pilotes polonais. Avec plus de 50 Polonais qui se battent dans les escadrilles britanniques, 145 pilotes polonais défendirent le ciel britannique. Les pilotes polonais furent parmi les plus expérimentés durant la bataille, la plupart d'entre eux ayant déjà combattu dans la campagne de Pologne en septembre 1939 et la bataille de France en 1940. En outre, la Pologne d'avant-guerre avait établi un niveau de formation au pilotage très élevé. Le 303e escadrille, nommé d'après le héros polono-américain, le général Tadeusz Kościuszko, revendiqua le plus grand nombre de victoire (126) de tous les escadrilles de chasse engagées dans la bataille d'Angleterre, même s'il n'a fait que rejoindre le combat le 30 août 1940[34] Ces pilotes polonais, ne constituant que 5 % des pilotes actifs pendant la bataille d'Angleterre, furent responsables de 12 % du total des victoires durant la bataille.

En 1943, l'armée de l'air polonaise combattit également en Tunisie avec l'équipe de chasse polonaise (surnommée le "Cirque de Skalski"). Elle lança des raids sur l'Allemagne de 1940 à 45. Dans la deuxième moitié de 1941 et au début de 1942, les escadrilles polonaises de bombardiers formèrent un sixième des forces disponibles du Bomber Command de la RAF, mais plus tard, ils subirent de lourdes pertes, avec peu de possibilités de réapprovisionnement.

Les pertes d'équipage polonais qui servaient pour le Bomber Command de 1940 à 1945 s’élevèrent à 929 morts. En fin de compte, huit escadrilles de chasse polonaises furent formés au sein de la RAF. Ils revendiquèrent 629 avions de l’Axe détruits en mai 1945. À la fin de la guerre, environ 19 400 Polonais servaient dans la RAF[35].

 
126 avions allemands abattus par la 303e escadrille de chasse pendant la bataille d'Angleterre. Peint sur un Hurricane.
 
Drapeau polonais flottant sur les ruines du monastère de Monte-Cassino conquit, en mai 1944.

Escadrilles polonaises au Royaume-Uni:

Avions abattus par des escadrons polonais sur le front Ouest pendant la Seconde Guerre mondiale[36][37]
1940 1941 1942 1943 1944 1945 total
Détruits 266 1/6 202 90 114¾ 103 38½ 769 5/12
Probable 38 52 36 42 10 2 177
Endommagés 43⅔ + 3/5 60½ 43 66 27 18 252 1/6

MarineModifier

A la veille de la guerre, trois destroyers, représentant la plus grande part des navires capitaux de la marine polonaise, avaient été mis en sécurité au Royaume-Uni (Opération Pékin). Ils combattirent aux côtés de la Royal Navy. À diverses étapes de la guerre, la marine polonaise était constituée de deux croiseurs et d’un grand nombre de navires plus petits. La marine polonaise reçut un certain nombre de navires et de sous-marins britanniques qui, autrement, n'auraient pas été utilisés en raison du manque d'équipes britanniques formées. La marine polonaise combattit avec honneur aux côtés des autres marines alliées dans de nombreuses opérations importantes et réussies, dont celles menées contre le cuirassé allemand, Bismarck[38]. Pendant la guerre, la marine polonaise, qui comprenait 27 navires (2 croiseurs, 9 destroyers, 5 sous-marins et 11 torpilleurs), navigua au total 1,2 million de milles marins, escorta 787 convois, mena 1162 patrouilles et opérations de combat, coula 12 navires ennemis (dont 5 sous-marins) et 41 navires marchands et en endommagea 24 autres (dont 8 sous-marins) et abattit 20 avions. 450 marins sur les plus de 4 000 personnes qui servirent dans la Marine périrent au combat[39],[40].

 
ORP Grom, un destroyer de la marine polonaise

Cette liste ne comprend pas un certain nombre de navires mineurs, de transports, de navires auxiliaires marchands et de bateaux de patrouille. La marine marchande polonaise contribua pour environ 137 000 tonneaux à l'expédition alliée. Perdant 18 navires (d’une capacité de 76 000 tonneaux) et plus de 200 marins pendant la guerre[41].

Forces polonaises (à l’Est)Modifier

 
L’aigle "Piast" (spécimen 43) porté par les soldats de la 1ère Division d'infanterie polonaise Tadeusz Kościuszko des Forces armées polonaises de l'Est.

D'une manière générale, il y avait deux formations composant les forces armées polonaises à l'Est. D'abord, l'armée d’Anders loyale au gouvernement polonais en exil, créée au second semestre de 1941 après l'invasion allemande de l'URSS. En 1943, cette formation fut transférée aux Alliés occidentaux et devint connue sous le nom de IIème Corps polonais. En outre, les forces polonaises restantes en URSS furent réorganisées dans le Ier Corps polonais contrôlé par les Soviétiques en Union soviétique qui, à son tour, fut réorganisé en 1944 dans la Première armée polonaise (1944–45) (Armée de Berling) et la Deuxième armée polonaise, toutes deux faisant partie intégrante de l'Armée populaire polonaise (Ludowe Wojsko Polskie, LWP). En 1944, à la suite de la reprise de la Pologne par les Soviétiques à l'Allemagne nazie, l'armée populaire polonaise fut réorganisée dans une formation militaire basée en Pologne.

Au lendemain de l'opération Barbarossa, Staline accepta (accords Sikorski-Maïski) de libérer des dizaines de milliers de prisonniers de guerre polonais détenus dans des camps soviétiques à partir desquels une force militaire fut formée. L'armée d’Anders, nom sous laquelle elle devint connue, était fidèle au gouvernement polonais en exil, et en tant que tel, sa formation était entravée par les Soviétiques. Finalement, avec environ 40 000 combattants et 70 000 civils, elle fut transférée au commandement britannique au Moyen-Orient en Égypte, devenant le IIème Corps polonais et une partie des Forces armées polonaises à l'Ouest.

Pour utiliser le potentiel des autres soldats polonais en URSS, sans leur permettre de devenir indépendants du contrôle soviétique, une situation qui permit à l'armée d’Anders de quitter l'URSS, l'Union soviétique créa une Union des patriotes polonais (ZPP) en 1943 comme une marionnette communiste opposée[42][43] au gouvernement polonais en exil. En même temps, une armée parallèle (armée populaire polonaise ou LWP) fut créée. À la fin de la guerre, elle comptait environ 200 000 soldats[43]. La force de guérilla créée par les soviétiques appelée Armia Ludowa fut intégrée à l'armée populaire polonaise à la fin de la guerre. Ces unités contrôlées par les Soviétiques sur le front de l'Est comprenaient les première, deuxième et les troisièmes armées polonaises (cette dernière fut ensuite fusionnée avec la seconde) et la Force aérienne de l'armée polonaise avec 10 divisions d'infanterie, cinq brigades blindées et quatre divisions de l’armée de l’air.

La première armée polonaise fut versée au 1er Front biélorusse avec lequel elle entra en Pologne depuis le territoire soviétique en 1944. Elle reçut l’ordre de conserver ses positions par sa direction soviétique, elle n'avança pas vers Varsovie alors que les Allemands réprimaient l'insurrection de Varsovie. Elle participa aux batailles pour Bydgoszcz, Kołobrzeg (Kolberg), Gdańsk (Danzig) et Gdynia perdant 20 000 combattants durant l'hiver 1944-1945, libérant des territoires polonais aux côtés des Soviétiques[43]. En avril-mai 1945, la 1re armée combattit pour la capture finale de Berlin. La deuxième armée polonaise battit avec le 1er Front ukrainien soviétique et participa à l'offensive sur Prague. Dans les dernières opérations de la guerre, les pertes des deux armées du LWP s'élèvent à 32 000 hommes.

Ressortissants polonais dans les forces allemandesModifier

Article détaillé : Volksdeutscher Selbstschutz.

Avant le déclenchement de la guerre, la Pologne était un État multi-ethniques avec les Polonais composant environ 68 % de la population. Environ 500 000 personnes qui étaient citoyens de la Pologne avant 1939 furent recrutées dans les forces armées allemandes pendant la guerre[44]. Ce sont surtout des membres de la minorité allemande en Pologne qui furent considérés par les autorités nazies comme ethniquement allemands (Volksdeutsche). En 1939, lors de l'invasion de Pologne, ils avaient créé l'organisation paramilitaire Volksdeutscher Selbstschutz et avaient soutenu activement les forces allemandes dans la Pologne occupée[45].

Les forces armées allemandes comprenaient également des personnes de souche polonaise (assimilés à divers degrés dans la société allemande) qui étaient citoyens du Troisième Reich avant le début de la guerre en septembre 1939. Elles faisaient partie de la minorité polonaise en Allemagne, principalement concentrée en Silésie, Poméranie et Prusse-Orientale. Ces personnes étaient soumises à la conscription comme les autres ressortissants allemands à l'époque. Le degré de fidélité de ces soldats à la cause nazie variait. Des dizaines de milliers d'entre eux se portèrent volontaires pour rejoindre les formations polonaises après avoir été prisonniers par les Alliés (15 000 les rejoignirent en 1944, seulement pendant les combats en Europe occidentale)[44].

BataillesModifier

 
Infanterie polonaise en 1939

Principales batailles et campagnes auxquelles participèrent les forces régulières polonaises:

Invasion de la PologneModifier

Bataille Date Localisation Pologne et ses alliés Ennemis Résultat
Invasion de la Pologne (1939)
Invasion de la Pologne 1 septembre au 6 octobre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand
  Union soviétique
  République slovaque
Défaite
Bataille de Westerplatte 1 au 7 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand
  Ville libre de Dantzig
Défaite
Bataille de Mokra 1 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Victoire
Bataille de la frontière 1 au 4 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite
Raid sur Fraustadt 2 septembre 1939 Allemagne   Pologne   Reich allemand Victoire
Bataille de Wizna 7 au 10 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite
Bataille de Varsovie 8 au 28 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite
Bataille de la Bzura 9 au 19 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite
Bataille de Lwów 12 au 22 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand
  Union soviétique
Défaite
Bataille de Tomaszów Lubelski 17 au 26 septembre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite
Bataille de Wilno 18 au 19 septembre 1939 Pologne   Pologne   Union soviétique Défaite
Bataille de Grodno 20 – 24 septembre 1939 Pologne   Pologne   Union soviétique Défaite
Bataille de Szack 28 septembre 1939 Pologne   Pologne   Union soviétique Victoire
Bataille de Kock 2 – 5 octobre 1939 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite

Combats à l'OuestModifier

Bataille Date Localisation Pologne et ses alliés Ennemis Résultat
Armée polonaise de l'Ouest
Bataille de l'Atlantique 3 septembre 1939 au 8 mai 1945 Océan Atlantique   Royaume-Uni
  États-Unis (à partir de 1941)
  Canada
  Pologne
  Pays-Bas
  Belgique
  France (à partir jusqu'à 1940)
  France libre (à partir de 1940)
  États-Unis du Brésil (à partir de 1942)
  Reich allemand
  Italie (jusqu'en 1943)
Victoire
Campagne de Norvège 9 avril – 10 juin 1940 Norvège   Norvège
  Royaume-Uni
  France
  Pologne
  Reich allemand Défaite
Bataille de Narvik 9 avril au 8 juin 1940 Norvège   Norvège
  Royaume-Uni
  France
  Pologne
  Reich allemand Défaite
Bataille de France 10 mai au 25 juin 1940 France   France
  Belgique
  Pays-Bas
  Royaume-Uni
  Canada
  Pologne
  Tchécoslovaquie
  Luxembourg
  Reich allemand
  Italie
Défaite
Bataille de Dunkerque 26 mai au 4 juin 1940 France   Royaume-Uni
  Canada
  France
  Pologne
  Belgique
  Pays-Bas
  Reich allemand Retraite
Bataille d'Angleterre 10 au 31 octobre 1940 Royaume-Uni (espace aérien)   Royaume-Uni
  Canada
avec des pilotes venant de:
  Pologne
  Tchécoslovaquie
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Union d'Afrique du Sud
  France libre
  Norvège
  États-Unis
  Irlande
  Rhodésie du Sud
  Jamaïque
  Barbade
  Dominion de Terre-Neuve
  Rhodésie du Nord
  Reich allemand
  Italie
Victoire
Campagne d'Afrique du Nord 10 juin 1940 au 13 mai 1943 Afrique du Nord   Royaume-Uni
  Canada
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Union d'Afrique du Sud
  Rhodésie du Sud
  Raj britannique
  États-Unis
  Pologne
  Tchécoslovaquie
  France libre
  Royaume de Grèce
  Italie
  Reich allemand
  État français
Victoire
Siège de Tobrouk 10 avril au 27 novembre 1941 Libye   Australie
  Pologne
  Tchécoslovaquie
  Royaume-Uni
  Raj britannique
  Reich allemand
  Italie
Victoire
Opération Crusader 18 novembre au 30 décembre 1941 Libye   Royaume-Uni
  Raj britannique
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Union d'Afrique du Sud
  Pologne
  Tchécoslovaquie
  Reich allemand
  Italie
Victoire
Débarquement de Dieppe 19 août 1942 France   Canada
  Royaume-Uni
  États-Unis
  France libre
  Pologne
  Reich allemand Défaite
Campagne d'Italie 10 juillet 1943 au 2 mai 1945 Italie   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Pologne
  Pays-Bas
  Belgique
  France libre
  États-Unis du Brésil
  Tchécoslovaquie
  Norvège
  Royaume de Grèce
  Raj britannique
  Royaume d'Italie (depuis septembre 1943)
  Reich allemand
  Royaume d'Italie (jusqu'en septembre 1943)
  République sociale italienne (depuis septembre 1943)
Victoire
Bataille de Monte Cassino 17 janvier au 18 mai 1944 Italie   Royaume-Uni
  Pologne
  États-Unis
  Canada
  France libre
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Union d'Afrique du Sud
  Raj britannique
  Royaume d'Italie
  Reich allemand
  République sociale italienne
Victoire
Débarquement de Normandie 6 juin 1944 France   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Pologne
  Pays-Bas
  Belgique
  France libre
  Tchécoslovaquie
  Norvège
  Danemark
  Royaume de Grèce
  Luxembourg
  Reich allemand Victoire
Invasion of Normandy 6 juin au 30 août 1944 France   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Australie
  Nouvelle-Zélande
  Pologne
  Pays-Bas
  Belgique
  France libre
  Tchécoslovaquie
  Norvège
  Royaume de Grèce
  Luxembourg
  Reich allemand Victoire
Prise d'Ancône 16 juin au 18 juillet 1944 Italie   Pologne
  Royaume-Uni
  Reich allemand Victoire
Opération Totalize 8 au 9 août 1944 France   Canada
  Pologne
  Royaume-Uni
  Reich allemand Victoire
Bataille de la poche de Falaise 12 au 21 août 1944 France   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Pologne
  France libre
  Reich allemand Victoire
Opération Tractable 14 au 21 août 1944 France   Canada
  Pologne
  Royaume-Uni
  Reich allemand Victoire
Campagne de la ligne Siegfried 25 août 1944 au 7 mars 1945 France/Allemagne   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Pologne
  France libre
  Reich allemand Victory
Bataille du Mont Ormel 12 au 21 août 1944 France   Pologne   Reich allemand Victoire
Opération Market Garden 17 au 25 septembre 1944 Pays-Bas/Allemagne   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Pologne
  Pays-Bas
  Reich allemand Défaite
Bataille d'Arnhem 17 au 26 septembre 1944 Pays-Bas   Royaume-Uni
  Pologne
  Reich allemand Défaite
Bataille de l'Escaut 2 octobre au 8 novembre 1944 Belgique/Pays-Bas   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Pologne
  France libre
  Belgique
  Pays-Bas
  Norvège
  Reich allemand Victoire
Ligne gothique fin août 1944 au début mars 1945 Italie   Royaume-Uni
  États-Unis
  Canada
  Pologne
  Raj britannique
  Nouvelle-Zélande
  Union d'Afrique du Sud
  États-Unis du Brésil
  Royaume de Grèce
  Royaume d'Italie
  Reich allemand Indécise
Campagne d'Allemagne 22 mars au 8 mai 1945 Allemagne   États-Unis
  Royaume-Uni
  Canada
  France libre
  Pologne
  Norvège
  Danemark
  Pays-Bas
  Belgique
  Reich allemand
  Royaume de Hongrie
Victoire
Offensive de printemps 1945 en Italie 6 avril au 2 mai 1945 Italie   États-Unis
  Royaume-Uni
  Pologne
  Royaume d'Italie}
  États-Unis du Brésil
  Raj britannique
  Nouvelle-Zélande
  Union d'Afrique du Sud
  Reich allemand
  République sociale italienne
Victoire
Prise de Bologne 9 au 21 avril 1945 Italie   Pologne
  Royaume-Uni
  États-Unis
  Royaume d'Italie
  États-Unis du Brésil
  Reich allemand Victoire

Combats à l'EstModifier

Bataille Date Localisation Pologne et ses alliés Ennemis Résultat
Armée polonaise de l'Est
Bataille de Lenino 12 au 13 octobre 1943 Union soviétique (Biélorussie)   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Indécise
Operation Bagration 22 juin au 19 août 1944 Union soviétique/Pologne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Offensive Lvov-Sandomir 13 juillet au 29 août 1944 Ukraine/Pologne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand
  Royaume de Hongrie
Victoire
Offensive Lublin-Brest 18 juillet au 2 août 1944 Biélorussie/Pologne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand
  Royaume de Roumanie
Victoire
Bataille de Studzianki 9 au 16 août 1944 Pologne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Offensive Vistule-Oder 12 janvier au 2 février 1945 Pologne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Siège de Posen 24 janvier au 23 février 1945 Pologne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand
  Royaume de Hongrie
Victoire
Offensive de Poméranie orientale 24 février au 4 avril 1945 Pologne/Allemagne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Bataille de Kolberg 4 au 18 mars 1945 Allemagne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Bataille de Berlin 16 April au 2 mai 1945 Allemagne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Bataille de Seelow 16 au 19 avril 1945 Allemagne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Bataille de Bautzen 21 – 30 avril 1945 Allemagne   Union soviétique
  Pologne
  Reich allemand Victoire
Offensive Prague 6 au 11 mai 1945 Tchécoslovaquie   Union soviétique
  Pologne
  Tchécoslovaquie
  Royaume de Roumanie
  Armée Vlassov
  Reich allemand
  Royaume de Hongrie
  République slovaque
Victoire

Actions clandestinesModifier

Bataille Date Localisation Pologne et ses alliés Ennemis Résultat
Mouvement de résistance polonais pendant la Seconde Guerre mondiale
Combat d'Hubal Octobre 1939 au 30 avril 1940 Pologne   Pologne   Reich allemand Défaite
Soulèvement de Czortków 21 au 22 janvier 1940 Pologne   Pologne (Etudiants polonais anti-soviétiques)   Union soviétique Défaite
Résistance polonaise en France 1940 à 1944 France   France libre
  (résistance polonaise)
  Reich allemand Victoire
Soulèvement de Zamość Décembre 1942 à la mi-1944 Pologne   État polonais clandestin
avec l'appui de:
  Partisans soviétiques
  Reich allemand Victoire
Opération Główki 1943 à 1944 Pologne   Pologne (État polonais clandestin)   Reich allemand Succès partiel
Soulèvement du Ghetto de Varsovie 19 avril au 16 mai 1943 Pologne   Żydowska Organizacja Bojowa
  ŻZW
assisté par
  État polonais clandestin
  Gwardia Ludowa
  Reich allemand Défaite
Opération Taśma 20 – 21 août 1943 Pologne   État polonais clandestin   Reich allemand Victoire
Opération Chain fin novembre 1943 Pologne   État polonais clandestin   Reich allemand Victoire
Opération Tempête Janvier à octobre 1944 Pologne   État polonais clandestin   Reich allemand Succès partiel
Bataille de Murowana Oszmianka 13 au 14 mai 1944 Pologne/Biélorussie   État polonais clandestin   Force lituanienne de défense territoriale Victoire
Bataille de Porytowe Wzgórze 14 au 15 juin 1944 Pologne   État polonais clandestin
  Partisans soviétiques
  Reich allemand Victoire
Bataille d'Osuchy 25 au 26 juin 1944 Pologne   État polonais clandestin   Reich allemand Défaite
Opération Ostra Brama 7 au 15 juillet 1944 Pologne/Lituanie   État polonais clandestin
  Union soviétique
  Reich allemand Victoire tactique
Insurrection de Lwów 23 au 27 juillet 1944 Pologne/Ukraine   État polonais clandestin   Reich allemand Victoire
Insurrection de Varsovie 1 août au 2 octobre 1944 Pologne   État polonais clandestin
  Armée polonaise de l'Est
aide aérienne de:
  Royaume-Uni
  États-Unis
  Union d'Afrique du Sud
aide symbolique de:
  Union soviétique
  Reich allemand Défaite
Bataille de Kuryłówka 7 mai 1945 Pologne   État polonais clandestin   Union soviétique Victoire
Attaque du camp du NKVD à Rembertów 21 mai 1945 Pologne   État polonais clandestin   Union soviétique Victoire
Rassemblement d'Augustów 20 au 25 juillet 1945 Pologne   État polonais clandestin   Union soviétique
  Pologne
Défaite

TechnologieModifier

 
Le périscope de char à 360 degrés de l'inventeur polonais Rudolf Gundlach fut d'abord utilisé dans le char 7TP polonais.
 
Le détecteur de mines polonais de Józef Kosacki utilisé près d'un transporteur universel détruit par une mine, à Tilly-sur-Seulles, en France (juin 1944).
  • Józef Kosacki inventa le détecteur de mines polonais, qui sera utilisé par les Alliés pendant toute la guerre.
  • Le périscope de char Vickers Mk.IV fut inventé par l'ingénieur Rudolf Gundlach et breveté en 1936 sous le nom de Gundlach Peryskop obrotowy[46]. Initialement, il fut monté sur des chars polonais tels que le 7TP et le TKS. Par la suite, le brevet de conception fut acheté par les Britanniques et utilisé dans la plupart des chars de la Seconde Guerre mondiale, y compris dans les blindés soviétiques T-34, les Crusader, Churchill, Valentine et Cromwell britanniques, et M4 Sherman américain. Le principal avantage du périscope était que le commandant du char n'avait plus à tourner la tête pour regarder en arrière. La conception fut ensuite largement utilisée par les Allemands.
  • Pistolet wz. 35 Vis, souvent appelé simplement "Radom" en anglais, est un pistolet de calibre 9mm, pistolet semi-automatique à simple action. Il avait été adopté en 1935 comme arme de poing standard de l'armée polonaise. Les Allemands s’approprièrent la conception et de 1939 à 1945, 312 000 à 380 000 pistolets VIS furent produits et utilisés par les allemands, les parachutistes et la police, sous le nom de Pistole 35(p) de 9 mm.
  • Le PZL.37 Łoś était un bombardier moyen bi moteur polonais conçut au milieu des années 1930 à l'usine de PZL à Varsovie par Jerzy Dąbrowski et utilisé en opération lors de l'invasion de la Pologne en 1939. Grâce à ses ailes à flux laminaire, il s'agissait d'un des bombardiers les plus modernes au monde avant la Seconde Guerre mondiale.
  • Le éjecteur de bombes de Swiatecki fut inventé par Władysław Świątecki en 1925 et breveté en 1926 en Pologne et à l'étranger[47],[48]. Certains composants furent utilisés dans le bombardier polonais PZL.37 Łoś d'avant-guerre. En 1940, l'invention de Świątecki fut reprise par les Britanniques, qui l'utilisèrent sur le bombardier Avro Lancaster. En 1943, une mise à jour fut créé par Jerzy Rudlicki pour le B-17 Flying Fortress américain[49].
  • Le fusil antichar wz.35, de calibre 7,92 mm développé en secret et utilisé par l'armée de terre polonaise lors de l'invasion de la Pologne avait été inventée par Józef Maroszek. Ce fusil antichar était un développement du fusil Mauser avec sa propre cartouche de 7,92 mm avec une vitesse de bouche de plus de 1 000 mètres par seconde. Avec une portée de 300 mètres, il était très efficace contre tous les chars allemands de l’époque (les Panzer I, II et III, ainsi que les LT-35 et LT-38 fabriqués en république tchèque) à 100 mètres.
  • Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il fallait absolument tenir compte des transmissions radio à haute fréquence utilisées par la Kriegsmarine allemande. Le fonctionnement de ces systèmes de localisation à haute fréquence à bord des navires présentait de graves problèmes techniques, principalement en raison des effets de la superstructure sur le front d'onde des signaux radio en approche. Cependant, l'ingénieur polonais Waclaw Struszynski proposa des solutions à ces problèmes. Il dirigea également l'équipe qui développa le premier système pratique à Admiralty Signal Establishment, en Angleterre. Ces systèmes furent installés sur des navires d'escorte de convois et furent très efficaces contre les sous-marins allemands durant la bataille de l'Atlantique[50]. Le père de Wacław Struszyński était le professeur Marceli Struszyński, membre de la résistance polonaise, qui analysa le combustible utilisé par la fusée V2, la formule étant ensuite envoyée en Angleterre.
  • Un essuie-glace en caoutchouc fut inventé par le pianiste polonais Josef Hofmann.
  • Henryk Magnuski, un ingénieur polonais travaillant pour Motorola, co-conçut la radio SCR-300 en 1940. C'était le premier petit émetteur/récepteur radio avec un réglage manuel des fréquences. Il fut largement utilisé par l'armée américaine et était surnommé le talkie-walkie.

ArmesModifier

Les ingénieurs polonais s’échappèrent de la Pologne occupée par l'Allemagne contribuèrent aux développements d'armes pendant la guerre. Une équipe polono-tchéco-britannique rendit le canon de 20 mm Polsten plus simple et moins coûteux à produire, mais il fut un dérivé efficace du canon de 20 mm Oerlikon.

L'Armée de l’intérieur polonaise était probablement le seul mouvement de résistance de la Seconde Guerre mondiale qui fabriqua de grandes quantités d'armes et de munitions. En plus de la production de modèles d'avant-guerre, elle développa et produisit pendant la guerre les pistolets mitrailleurs Błyskawica, Bechowiec, KIS et des Sten polonaise, ainsi que les grenades à main Filipinka et Sidolówka. Au cours de l'insurrection de Varsovie, les ingénieurs polonais construisirent plusieurs automitrailleuses, comme le Kubuś, qui fut engagé dans les combats. Le KIS fut conçu et fabriqué dans l'unité de guérilla « Ponury » de Jan Piwnik (« Grim ») qui opérait dans la région des montagnes de la Sainte croix. C'était probablement le seul type d'arme à feu moderne qui pourrait être fabriquée dans la forêt sans avoir besoin d'outils sophistiqués et d'équipements industriel pendant la Seconde Guerre mondiale.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

a ^  De nombreuses sources affirment que l'armée polonaise était le quatrième plus grand contingent combattant allié. Steven J. Zaloga a écrit que « à la fin de la guerre, l'armée polonaise était le quatrième contingent le plus important de la coalition alliée après les forces armées de l'Union soviétique, des États-Unis et de la Grande-Bretagne »[51]. Jerzy Jan Lerski écrit « Toutes réunies, les unités polonaises, bien que divisées et contrôlées différentes orientations politiques, constituaient la quatrième force alliée, après les armées américaines, britanniques et soviétiques[52]. Marian Kamil Dziewanowski a noté que « si les forces polonaises sui se battaient à l'est et à l'ouest était ajoutés aux combattants de la résistance, la Pologne a eu la quatrième plus grande armée alliée dans la guerre (après l'URSS, les États-Unis et la Grande-Bretagne) »[53].

La revendication de la quatrième force alliée doit être mise en perspective. Lorsque la guerre commença en septembre 1939, l'armée polonaise était la deuxième plus grande armée alliée (et la quatrième plus grande d'Europe), après les Français, les Allemands et les Soviétiques, mais avant les Britanniques[54],[55]. Avant la bataille de la France, l'armée polonaise en France comptait environ 75 000 hommes[26].

Après la chute de la France en juin 1940, les Français libres n'avaient qu'un contingent fort de 3 000 hommes en Grande-Bretagne, et qui atteignit 7 000 hommes à la fin de l'année[56],[57]. La Pologne évacua environ 19 000[26] à 35 000 hommes[25]. À la fin de 1940, le Ier Corps polonais comptait environ 14 000 soldats[58], les forces polonaises au Moyen-Orient, environ 3 000[59]; cela n’incluait pas les équipages polonais (au moins 4 000) et le personnel de la marine polonaise[26]. Après la chute de la France, les effectifs des forces françaises sont derrière ceux des Polonais. Ce n'est qu'après le jour J et la libération de la métropole française que les forces françaises augmentèrent à 550 000 hommes, dépassant l'armée polonaise en Occident, mais pas la somme des forces polonaises occidentales, orientales et partisanes[60]. Jusqu'en 1944, les forces polonaises dépassaient les forces françaises. En 1942, la résistance française comptait environ 10 000 hommes[56], (la taille de la résistance polonaise est discutée dans la note b ci-dessous) et en 1943, le nombre de français libres s’élevait à environ 70 000[61]. Avec l'entrée de l'Union soviétique dans la guerre en juin 1941, la Pologne devint à nouveau la troisième force allié, et avec l'entrée des États-Unis en décembre 1941, la quatrième. Cependant, l'implication japonaise a également marqué la connexion des théâtres européens et africains à la deuxième guerre sino-japonaise, et les estimations citées ci-dessus ignorent la Chine, dont les armées totalisait environ deux millions d’hommes à la fin de la guerre[62]. Ainsi, pendant environ un an, la Pologne put être considérée comme le deuxième plus grand allié, après la Grande-Bretagne. Il fut ensuite remplacé par la Chine, l'Union soviétique et les États-Unis. En tenant compte de la Chine, à partir de la fin de 1941, la Pologne était le 5e plus grand allié. Près de la fin de la guerre, la contribution polonaise, en termes de nombres, était dépassée par celle de la France.

La taille totale des armées polonaises à l’Ouest et à l'Est fut estimée à 700 000 hommes (environ un demi-million à l'Ouest[53] et 200 000 à l'Est[43])[63]. La résistance polonaise comptait plus de 400 000 hommes[9]. Par conséquent, avec l'augmentation des effectifs dans les armées à mesure que la guerre progressait et que le nombre de résistants diminuait après l'opération Tempête, la contribution armée polonaise peut être estimée, à son apogée, à un million de soldats.

b ^  Les sources varient à propos de ce qui fut le plus grand mouvement de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale. Au fur et à mesure que la guerre progressait, des mouvements de résistance augmentaient et d'autres diminuaient. Les territoires polonais furent principalement libérés du contrôle nazi dans les années 1944-1945, ce qui élimina la nécessité de forces partisanes (anti-nazies) en Pologne (bien que les soldats maudits continuèrent à se battre contre les Soviétiques). Plusieurs sources notent que l’Armia Krajowa polonaise était le plus grand mouvement de résistance en Europe occupée par les Nazis. Par exemple, Norman Davies écrivit « L’Armia Krajowa (l’armée de l’intérieur), qui pourrait prétendre être la plus grande résistance européenne »[64]; Gregor Dallas écrivit « L’armée de l’intérieur à la fin de 1943, comptait autour de 400 000 hommes, ce qui en fait la plus grande organisation de résistance en Europe »[65]; Mark Wyman écrivit « L’Armia Krajowa était considérée comme la plus grande unité de résistance clandestine en Europe durant la guerre »[66]. Certes, la résistance polonaise fut le plus grand mouvement de résistance jusqu'à l'invasion de la Yougoslavie par l'Allemagne et l'invasion de l'Union soviétique en 1941. Après ce moment-là, le nombre de partisans soviétiques et de partisans yougoslaves augmenta rapidement. Le nombre de partisans soviétiques s’accru rapidement et était très semblable à celui de la résistance polonaise[67],[68]. Le nombre de partisans yougoslaves de Tito était à peu près similaire à celui des partisans polonais et soviétiques dans les premières années de la guerre (1941-1942), mais augmenta rapidement au cours des dernières années, dépassant les partisans polonais et soviétiques d’un facteur 2 ou plus (Les estimations donnent aux forces yougoslaves environ 800 000 hommes en 1945, aux forces polonaises et soviétiques 400 000 hommes en 1944)[68],[69].

RéférencesModifier

  1. (en) « The Avalon Project : Nazi-Soviet Relations 1939–1941 », Yale.edu (consulté le 23 octobre 2009)
  2. letter dated March 3, 2006, by Col. A.Wesolowski, Ministerstwo Obrony Narodowej, Director of Centralna Biblioteka Wojskowa, Warsaw
  3. Paldiel 2006, p. 209-210
  4. (en) « Archived copy » [archive du ] (consulté le 30 avril 2013)
  5. Lukas 2005, chapitres V et VI et Lukas 1994, Chapitre VI.
  6. (en) « Righteous Among the Nations - per Country & Ethnic Origin January 1, 2008 »
  7. (en) « Yad Vashem actual statistic by country »
  8. “Righteous Among the Nations” by country at Jewish Virtual Library
  9. a b c d et e (en) Steven J Zaloga, Polish Army, 1939–1945, Oxford, Osprey Publishing, (ISBN 978-0-85045-417-8, lire en ligne), « The Underground Army »
  10. a b et c (en) « Encyklopedia PWN » [archive du ], Encyklopedia.pwn.pl (consulté le 23 octobre 2009)
  11. (en) The Polish army 1939–45 - Google Books, Books.google.com (lire en ligne)
  12. (en) « M. Ney—Krwawicz, The Polish Underground State and Home Army », Polishresistance-ak.org (consulté le 23 octobre 2009)
  13. (en) « Sowjetische Partisanen in Weißrußland: SR, April 2006 », Ruf.rice.edu (consulté le 23 octobre 2009)
  14. a et b (en) « Encyklopedia PWN » [archive du ], Encyklopedia.pwn.pl (consulté le 23 octobre 2009)
  15. (en) Radosław Butryk Butryński, « Bataliony Chłopskie. Geneza rozwoju (Peasant Battalions. Genesis) », Polska Podziemna (Poland's Underground), (consulté le 5 janvier 2013)
  16. Czesław Madajczyk. Polityka III Rzeszy w okupowanej Polsce page 242 volume 1, Państwowe Wydawnictwo Naukowe, Warszawa, 1970
  17. Bohdan Kwiatkowski, Sabotaż i dywersja, Bellona, London 1949, vol.1, p.21; as cited by Marek Ney-Krwawicz, The Polish Underground State and The Home Army (1939–45). Translated from Polish by Antoni Bohdanowicz. Article on the pages of the London Branch of the Polish Home Army Ex-Servicemen Association. Retrieved March 14, 2008.
  18. Władysław Kozaczuk, Enigma: How the German Machine Cipher Was Broken, and How It Was Read by the Allies in World War Two, edited and translated by Christopher Kasparek, passim.
  19. Former Bletchley Park mathematician-cryptologist Gordon Welchman has written: "Ultra would never have gotten off the ground if we had not learned from the Poles, in the nick of time, the details both of the German military... Enigma machine, and of the operating procedures that were in use." Gordon Welchman, The Hut Six Story, 1st ed., 1982, p. 289.
  20. Hinsley et Stripp 1993, p. 12–13.
  21. Michał Wojewódzki, Akcja V-1, V-2 (Operation V-1, V-2), passim.
  22. Tessa Stirling et al., Intelligence Co-operation between Poland and Great Britain during World War II, vol. I: The Report of the Anglo-Polish Historical Committee, London, Vallentine Mitchell, 2005
  23. Major-General M.Z. Rygor Slowikowski, In the Secret Service: the Lighting of the Torch, translated by George Slowikowski and Krystyna Brooks, with foreword by M.R.D. Foot, London, The Windrush Press, 1988
  24. Kwan Yuk Pan, Polish veterans to take pride of place in victory parade, Financial Times, July 5, 2005. Retrieved 31 March 2006.
  25. a et b Dr Mark Ostrowski: To Return To Poland Or Not To Return" - The Dilemma Facing The Polish Armed Forces At The End Of The Second World War.Chapter 1
  26. a b c d et e (en) Steven Zaloga, The Polish Army 1939–45, Osprey Publishing, (ISBN 978-0-85045-417-8, lire en ligne), p. 15
  27. (en) Kenneth Koskodan, No Greater Ally: The Untold Story of Poland's Forces in World War II, Osprey Publishing, , 51–52 p. (ISBN 978-1-84603-365-0, lire en ligne)
  28. a et b (en) Andrew Hempel, Poland in World War II: An Illustrated Military History, Hippocrene Books, (ISBN 978-0-7818-1004-3, lire en ligne), p. 26
  29. Zaloga p17
  30. Anders 1948
  31. Steven J. Zaloga, Ramiro Bujeiro, Howard Gerrard, Poland 1939: the birth of blitzkrieg, Osprey Publishing, 2002, (ISBN 978-1-84176-408-5), Google Print, p.50
  32. Overy, Richard J., The Air War: 1939–1945, London, Europa Publications, 1980. p. 28
  33. Bartłomiej Belcarz counts 53 victories, including 19 shared with the French, or 57 according to data given by Jerzy Cynk. 53 victories makes 7.93% of 693 allied victories—Bartłomiej Belcarz: Polskie lotnictwo we Francji, Stratus, Sandomierz 2002, (ISBN 978-83-916327-6-5)
  34. Despite a number of 126 kills was overestimated, but according to recent British historians, 303 Squadron was fourth best fighter squadron with at least 44 kills, and the best Hawker Hurricane–equipped squadron. According to Jerzy Cynk, it however scored some 55–60 victories—see No. 303 Polish Fighter Squadron.
  35. (en) « WWII Behind Closed Doors - PBS », sur WWII Behind Closed Doors - PBS
  36. Cynk, Jerzy Bogdan: The Polish Air Force at War: The Official History, Vol.1 1939–1943. Atglen, PA: Schiffer Books, 1998. (ISBN 0-7643-0559-X)
  37. Cynk, Jerzy Bogdan: The Polish Air Force at War: The Official History, Vol.2 1943–1945. Atglen, PA: Schiffer Books, 1998. (ISBN 0-7643-0560-3)
  38. (en) Michael Alfred Peszke, Poland's Navy, 1918–1945, Hippocrene Books, (ISBN 978-0-7818-0672-5), p. 37
  39. « 86 years of the Polish Navy »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 1er août 2017). Retrieved on 31 July 2007.
  40. « The Battle of the Atlantic and the Polish Navy »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 1er août 2017). Retrieved on 31 July 2007.
  41. (en) « Świat Polonii », Wspolnota-polska.org.pl (consulté le 23 octobre 2009)
  42. (en) « Encyklopedia PWN » [archive du ], Encyklopedia.pwn.pl (consulté le 23 octobre 2009)
  43. a b c et d (en) Steven J Zaloga, Polish Army, 1939–1945, Oxford, Osprey Publishing, (ISBN 978-0-85045-417-8, lire en ligne), « The Polish People's Army »
  44. a et b (en) « Wyborcza.pl », sur wyborcza.pl
  45. Christian Jansen, Arno Weckbecker: Der “Volksdeutsche Selbstschutz” in Polen 1939/40. München: R. Oldenbourg, 1992. (ISBN 3-486-64564-1).
  46. (en) « Periscope for armored vehicles », sur www.freepatentsonline.com
  47. Cynk, Jerzy B. The P.Z.L. P-23 Karas (Aircraft in Profile number 104). Leatherhead, Surrey, UK: Profile Publications, 1966
  48. Jerzy B. Cynk: Samolot bombowy PZL P-37 Łoś. Warszawa: Wydawnictwa Komunikacji i Łączności, 1990. (ISBN 83-206-0836-8)
  49. Cynk, Jerzy B. Polish Aircraft, 1893-1939. London: Putnam & Company Ltd., 1971. (ISBN 978-0-370-00085-5)
  50. (en) « HF/DF An Allied Weapon used against German U-Boats 1939–1945 © Arthur O. Bauer » [PDF] (consulté le 23 octobre 2009)
  51. Zaloga et Hook 1982, p. 3–
  52. (en) Jerzy Jan Lerski, Historical dictionary of Poland, 966-1945, Greenwood Publishing Group, , 18– p. (ISBN 978-0-313-26007-0, lire en ligne)
  53. a et b (en) E. Garrison Walters, The other Europe: Eastern Europe to 1945, Syracuse University Press, , 276– p. (ISBN 978-0-8156-2440-0, lire en ligne)
  54. Olson et Cloud 2003, p. 50
  55. (en) Julian Jackson, The Fall of France: The Nazi Invasion of 1940, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-280550-8, lire en ligne), p. 74
  56. a et b (en) Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow, Sixty million Frenchmen can't be wrong: why we love France but not the French, Sourcebooks, Inc., , 89– p. (ISBN 978-1-4022-0045-8, lire en ligne)
  57. (en) Pierre Goubert, The Course of French History, Psychology Press, , 298– p. (ISBN 978-0-415-06671-6, lire en ligne)
  58. (pl) Pierwszy Korpus Polski, WIEM Encyklopedia, accessed November 2011.
  59. (en) Bogusia J. Wojciechowska, Waiting to Be Heard: The Polish Christian Experience Under Nazi and Stalinist Oppression 1939-1955, AuthorHouse, (ISBN 978-1-4490-1370-7, lire en ligne), p. 63
  60. Philippe Buton, La France et les Français de la Libération, 1944-1945: vers une France nouvelle?, Musée des deux guerres mondiales, Universités de Paris, 1984, p.95
  61. (en) Pierre Goubert, The Course of French History, Psychology Press, , 298– p. (ISBN 978-0-415-06671-6, lire en ligne)
  62. (en) David Murray Horner, The Second World War: The Pacific, Taylor & Francis, , 14–15 p. (ISBN 978-0-415-96845-4, lire en ligne)
  63. (en) Vladimir Tismaneanu, Stalinism Revisited: The Establishment of Communist Regimes in East-Central Europe, Central European University Press, , 206– p. (ISBN 978-963-9776-63-0, lire en ligne)
  64. Norman Davies, God's Playground: A History of Poland, Columbia University Press, 2005, (ISBN 0-231-12819-3), Google Print p.344
  65. Gregor Dallas, 1945: The War That Never Ended, Yale University Press, 2005, (ISBN 0-300-10980-6), Google Print, p.79
  66. Mark Wyman, DPs: Europe's Displaced Persons, 1945-1951, Cornell University Press, 1998, (ISBN 0-8014-8542-8), Google Print, p.34
  67. Leonid D. Grenkevich in The Soviet Partisan Movement, 1941-44: A Critical Historiographical Analysis, p.229 or Walter Laqueur in The Guerilla Reader: A Historical Anthology, New York, Charles Scribiner, 1990, p.233.
  68. a et b (en) Velimir Vukšić, Tito's partisans 1941–45, Osprey Publishing, , 11– p. (ISBN 978-1-84176-675-1, lire en ligne)
  69. Anna M. Cienciala, THE COMING OF THE WAR AND EASTERN EUROPE IN WORLD WAR II., History 557 Lecture Notes

BibliographieModifier

Liens externesModifier