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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Eco.

Eco
Unité monétaire moderne actuelle
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CEDEAO :

Banque centrale Banque centrale ouest-africaine
Chronologie de la monnaie

L'Eco est le nom d'un projet de monnaie unique des quinze pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) datant des années 1960. Son introduction, initialement prévue pour décembre 2009, a été reportée à janvier 2015, avant d'être signalée comme étant au point mort en 2014. Elle devait aboutir à la fusion de deux zones monétaires actuelles, la Zone monétaire ouest-africaine, initiatrice du projet et utilisatrice de monnaies nationales, et l'Union économique et monétaire ouest-africaine, utilisatrice d'un des deux francs CFA et qui a rejoint la démarche en 2013. Ce projet est concurrencé par celui de l'extension du franc CFA (UEMOA) au Nigeria et à toute la région, franc CFA qui deviendrait donc une monnaie commune et stable pour l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.

L'élargissement à d'autres zones économiques était en cours de discussion au sein des instances de l'Union africaine. Ce projet serait une des modalités pratiques d'un grand marché unique africain au sein de l'Union monétaire africaine (en).

Sommaire

OrigineModifier

L'Afrique dispose déjà de zones économiques où les échanges sont facilités, comme l'Union économique et monétaire ouest-africaine — remplaçante en 1994 de l'Union monétaire ouest-africaine — ou la Zone monétaire ouest-africaine. De plus, l'Afrique dispose déjà du franc CFA qui, en deux zones, constitue une expérience de monnaie commune.

D'abord initiée en 2009 par les pays membres de la Zone monétaire ouest-africaine (ZMOA)[1] — Ghana, Nigeria, Guinée, Gambie et Sierra Leone — ses promoteurs souhaitent qu'elle regroupe à terme l'ensemble des pays de la CEDEAO. D'abord rejoints par le Liberia, puis par le Cap-Vert, les pays de l'une des zones CFA — Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo — se raccrochent au projet en juin 2013 par la voix de Kadré Ouédraogo, alors président de la Commission de la CEDEAO[2].

La feuille de route mentionne bien une opération en deux temps, avec d'abord l'introduction début 2015 de cette monnaie unique au sein des pays non membres de l'UEMOA, puis en 2020 la fusion des deux monnaies communes en une monnaie unique[2]. Sa mise en place s'avère difficile, le chemin de la convergence économique étant plutôt complexe, comme il en est fait état lors d'une réunion en mars 2014 à Yamoussoukro[3].

Mise en placeModifier

La mise en place était prévue au sein de la CEDEAO. D'abord prévue pour , son introduction a été reportée à . La monnaie devait demeurer une monnaie commune pendant quelque temps, avant la disparition des monnaies nationales en 2020[4]. Celle-ci est toutefois signalée comme étant au point mort en [5]. En la CEDEAO affirme son intention de relancer le processus avec une introduction en 2020 ce qui est rigoureusement impossible : il s'agit donc d'une déclaration d'intention[non neutre]. Au , selon l'économiste Jean Joseph Boillot, aucun travail sérieux sur les aspects techniques de cette mise en place n'a encore été entrepris, ni au niveau universitaire, ni au niveau étatique[6]. Une nouvelle monnaie (dont le nom ne serait pas nécessairement éco) serait bien moins stable que le CFA, or une instabilité monétaire est destructrice pour l'économie. Mais cette stabilité a un coût, la limitation des déficits publics ce qui modère les possibilités d'investissement étatique. C'est cet équilibre à trouver, avec l'aide de l'Union européenne, qui est au cœur des réflexions sur l'élargissement et l'éventuelle réforme du CFA et le projet, datant des années 1980, d'une monnaie commune à toute l'Afrique de l'Ouest, franc CFA élargi ou autre devise[6].

Le , la 53e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO fait état de progrès importants vers la création d’une monnaie commune.

Le , dans le cadre de la monnaie unique, la Commission de la Communauté de la CEDEAO lance un concours régional visant à proposer un nom et un logo pour la future monnaie unique régionale. Ce concours est ouvert du au « aux citoyens des États membres de la CEDEAO, indépendamment de leur lieu de résidence, et aux personnes morales légalement établies dans un État membre de la CEDEA »», souligne la Commission.

Le pour la sélection du logo et du nom de cette future monnaie prévue pour 2020, des membres retenus dans le jury du concours se sont réunis à Niamey, pour analyser les 126 propositions. Une étape qui selon les représentants de la CEDEAO, va permettre de franchir un pas décisif dans la mise en place de cette monnaie.

De ce fait, il est attendu des membres du jury « un nom qui sera un trait d’union entre nos pays et peuples, reflétant les valeurs culturelles et historiques ainsi que le sens de solidarité qui caractérisent notre région ; un nom homogène dans les trois langues de la communauté, facile à prononcer, simple mais original ».

De même, « il est attendu un logo pouvant symboliser notre unité, notre communauté de destin et capable de briser toutes les barrières psychologiques et linguistiques qui persistent à nous diviser entre anglophones, francophones et lusophones ; une image capable de démolir les frontières qui nous ont été imposées artificiellement ».

Enfin, « un nom et un logo traduisant l’aspiration des peuples ouest-africains, contenue dans la vision 2020 de la CEDEAO, une communauté des Peuples et non des États », a expliqué Lupar Degol Mendes, membre de la Commission de la CEDEAO.

Le s’est tenue au Palais des Congrès de Niamey la quatrième Réunion du Comité ministériel de la task force présidentielle sur la monnaie unique de la CEDEAO. La rencontre a été présidée par le Ministre nigérien chargé des finances, en présence des ministres des finances de la Côte d’Ivoire, du Ghana, du Nigeria, des présidents de la commission de la CEDEAO, de la commission de l’UEMOA, du comité des Gouverneurs ainsi que des directeurs exécutifs de l’AMAO et de l’IMAO.

La 54e session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a décidé, le en clôture de ses travaux à Abuja, de constituer un groupe de travail chargé de proposer des noms et des signes pour la future monnaie unique.

Dans un communiqué sanctionnant les travaux de cette conférence, les dirigeants de l'organisation ont instruit le Président de la Commission de la CEDEAO de constituer un groupe de travail chargé de proposer au Comité ministériel des noms et des signes dans le cadre de la mise en œuvre du programme de la monnaie unique de la CEDEAO.

Ce groupe de travail doit être composé des représentants des banques centrales et des experts dans les domaines de design, graphisme, économie, histoire, anthropologie, sociologie, sciences politiques, signes monétaires ou droit.

Au titre du régime de change et de l’harmonisation du cadre de la politique monétaire et du modèle de la future banque centrale, la conférence a invité le Comité ministériel comprenant les ministres des Finances, le Président de la Commission de la CEDEAO et l’ensemble des gouverneurs des banques centrales des pays membres à finaliser les études d’impact et à lui soumettre des propositions, lors de sa prochaine session ordinaire de 2019.

En Juin 2019, Les grands argentiers des 15 pays de la cédéao ont insisté sur l’importance de renforcer la convergence macroéconomique des 15 pays.

Le respect du calendrier de mise en œuvre de la monnaie unique dépendra « des efforts » de chaque pays en la matière, a déclaré le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou.

« Les performances en matière de convergence macroéconomique sont une condition sine qua non » pour la monnaie unique, a insisté Adama Koné, ajoutant qu’il fallait « renforcer les mécanismes de surveillance multilatérale ». Une devise unique « va apporter beaucoup à nos économies. C’est une occasion d’intégration qu’il faut saisir pour les pays africains, car les marchés sont [actuellement] fragmentés»[6].

Démarches parallèlesModifier

En 2013, le Burundi, le Kenya, l'Ouganda, la Tanzanie et le Rwanda s'entendent pour la mise en place progressive d'une autre monnaie unique, en parallèle d'une union douanière de la Communauté d'Afrique de l'Est, active à partir de janvier 2014, fédérant ainsi les 135 millions d'habitants de ces pays de l'est de l'Afrique[7].

Cette union monétaire calque bon nombre de ses modalités sur celles que partagent les membres de la zone euro, avec la mise en place de critères macro-économiques en termes de contrôle de l'inflation, et la création d'une Banque centrale est-africaine[8]. Ces critères de convergence sont pour certains partagés avec ceux des pays membres de la zone eco.

Au niveau de l'Union africaine, un projet plus large d'Union monétaire africaine (en) fait son chemin. Celle qui considère l'Union européenne comme un modèle d'organisation au niveau monétaire espère pouvoir reproduire progressivement, à l'échelle du continent africain, les avantages qu'ont induit la création du marché unique européen, parmi lesquels l'abolition des droits de douane. L'Union africaine réfléchit donc à l'instauration d'une monnaie unique qui, à l'instar de l'euro, serait la devise commune aux pays membres d'un marché unique africain[8]. Ce projet est en gestation depuis les accords d'Abuja de 1991. En 2005 toutefois, les analystes économiques estimaient que ce projet avait peu de chance d'aboutir à une aussi grande échelle, tablant davantage sur des projets de moindre étendue[9], comme l'eco ou le cas de la monnaie est-africaine. En 2010, on considère alors que la zone monétaire constituée par les États de la CEDEAO constitue une zone monétaire optimale[10]. Mais en 2014, le projet reprend de la vigueur lors du sommet de l'Union africaine, qui parle d'une mise en place en 2017[11].

En 2017, dans son discours de Ouagadougou, lors de sa première tournée africaine, le président de la République Emmanuel Macron se déclare ouvert à l'extension du Franc CFA (UEMOA) au Nigéria et à « d'autres pays de la région », ce qui qualifierait les membres de la ZMOA.

Plus anecdotiquement, dans le domaine artistique, une démarche artistique propose l'afro comme monnaie unique africaine.

Notes et référencesModifier

  1. Adboulaye Barro, « Projet de création d'une monnaie unique en Afrique de l'Ouest : Il n'y a pas d'idéal sans sacrifice », Le Pays,‎ (lire en ligne).
  2. a et b Félix D. Bony, « Le franc CFA va disparaître - Une monnaie unique de la CEDEAO annoncée pour 2020 », Espace Ouest-Africain, sur www.linfodrome.com, (consulté le 6 novembre 2014).
  3. Bouba Sow, « La marche vers une monnaie unique bute encore sur des difficultés », Le Soleil,‎ (lire en ligne).
  4. « Article »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) du Guardian nigérian. Page consultée le 5 février 2010.
  5. Instauration d’une monnaie unique dans l’espace CEDEAO et développement d’un marché régional intégré en Afrique de l’Ouest : quelles liaisons ? sur Abidjan.net, 14 septembre 2014
  6. a b et c « Monnaie commune dans la Cédéao : "le processus n’en est qu’à ses balbutiements" - France 24 », France 24,‎ (lire en ligne, consulté le 24 février 2018) Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « :0 » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  7. latribune.fr, « Cinq pays d'Afrique de l'Est lancent une monnaie unique… avec comme modèle l'Europe », La Tribune - en ligne,‎ (ISSN 1760-4869, lire en ligne).
  8. a et b [radio] Florian Delorme (producteur, présentateur), Europe: les métamorphoses (4/4) - Diplomatie, soft-power : une puissance de projection (émission radiophonique), France Culture, coll. « Culturesmonde », (présentation en ligne, écouter en ligne). Émission de 49 min 0 s diffusée le 6 novembre 2014 sur France Culture. Les invités sont Anne-Marie Autissier, maître de conférences à l’Institut d’études européennes de l’Université de Paris 8, en sociologie de la culture ; Michel Foucher, titulaire de la chaire de géopolitique appliquée au Collège d'études mondiales, géographe, ancien ambassadeur de France en Lettonie, directeur de la formation à l'IHEDN ; et Francis Pattindé, journaliste, maître de conférence à Sciences Po Paris[Information douteuse] [?]. Ils débattent, en particulier à partir de 43 min 19 s, du cas du projet de monnaie unique africaine.
  9. Paul Masson et Catherine Patillo, « L'Afrique vers une monnaie unique ? », Alternatives économiques, no 233,‎ (ISSN 0247-3739, lire en ligne).
  10. Kako Nubukpo, « Instauration d’une monnaie unique dans l’espace CEDEAO et développement d’un marché régional intégré en Afrique de l’Ouest : quelles liaisons ? », Passerelles, vol. 11, no 1,‎ (lire en ligne).
  11. Marie-Hélène Sylva, « Sommet UA : Vers une monnaie unique et un marché commun africain en 2017 », sur oieldafrique.com, (consulté le 6 novembre 2014).

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Yacouba Fassassi, Le franc CFA ou la monnaie des pays PMA (les pays Pas Moyen d'Avancer) : L'impératif de l'intégration régionale avec une monnaie unique pour une zone monétaire optimale en Afrique de l'Ouest, L'Harmattan, , 312 p. (ISBN 978-2-343-01802-7).