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Commandement de l'Espace

Commandement de l'Espace
Histoire
Fondation
Prédécesseur
Commandement interarmées de l'espace (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Le Commandement de l'Espace est un organisme à vocation interarmées française, créé le 8 septembre 2019[1], ayant pour but de « disposer d’une défense spatiale renforcée »[2], et disposer d'une autonomie stratégique spatiale[3].

Le Commandement interarmées de l'espace (CIE) est créé en 2010 et prend sa forme et son nom actuels en 2019.

HistoriqueModifier

2010 : création du Commandement interarmées de l'espaceModifier

 
Logo du Commandement interarmées de l'espace

Le Commandement interarmées de l'espace est créé en 2010, sous la forme d’un organisme interarmées sous l'autorité du chef d'état-major des armées[4].

2019 : création du Commandement de l'espaceModifier

Contexte politiqueModifier

Le 7 septembre 2018, la Ministre des Armées, Florence Parly annonce par voix de presse que le satellite russe Louch-Olymp a tenté d'espionner le satellite franco-italien Athena-Fidus en 2017[5]. Ce satellite semble en effet s'être placé près du satellite Athena-Fidus, dans ses "cônes d’émission" pour tenter de capter des communications[6].

Cet acte est qualifié par la ministre "d'acte d'espionnage". Le Président de la République, Emmanuel Macron annonce à la suite la volonté de le France de mettre en place une stratégie spéciale de défense. Un groupe de travail est créé au Ministère des Armées pour étudier le projet et rendre des conclusions à l'automne 2018[5].

De plus, face aux États-Unis, à la Russie, et à la Chine qui développent également des stratégies de défense, d'espionnage, voire d'attaque dans le milieu spatial[6],[7], la France entend pouvoir répondre à ces potentielles menaces, et protéger ses intérêts militaires et civils, ainsi que ceux des projets spatiaux européens (Satellite Copernicus, Système GPS Galileo) dans l'espace[8].

Le 13 juillet 2019, Emmanuel Macron annonce la création en septembre 2019 du Commandement de l'Espace (alors désigné sous le terme "Grand commandement de l'Espace")[9], lors d'un discours à l'Hôtel de Brienne. Ce commandement sera créé au sein de l'Armée de l'Air qui deviendra alors l'Armée de l'Air et de l'Espace[3].

Mise en placeModifier

La Ministre Florence Parly, le 25 juillet 2019, annonce la mise en place de cette force suivant trois axes :

  • Un "grand commandement de l'espace" sera basé à Toulouse, capitale européenne de l'aérospatial, le premier septembre, sous l'autorité de l'Armée de l'Air. Il comptera un effectif de départ de 220 personnes, pour atteindre sa taille nominale en 2025[8]. Il aura pour but de "fédérer et de coordonner tous les moyens consacrés au domaine spatial de défense"[2].
  • Un deuxième axe légal, avec une évolution législative à fin de rester dans le cadre des lois française et internationales. La loi française sera adaptée à cette nouvelle force opérationnelle, afin d'assurer la capacité d'action de la France en son sein, que ce soit du point de vue militaire ou civil[2].
  • Un troisième axe technologique qui devra permettre concrètement à la France de se protéger et se défendre contre les actes malveillants d'autre puissances spatiales. Ainsi, il sera prévu de renouveler les capacités spatiales, que ce soit en matière de surveillance ou de défense active[2].

Le futur centre opérationnel du Commandement devrait voir le jour d'ici quelques années au plus près du Centre spatial de Toulouse du CNES, et permettre d'y regrouper les équipes du Centre militaire d'observation par satellites (CMOS) et du Centre opérationnel de surveillance militaire des objets spatiaux (COSMOS) actuellement basées à Creil et Lyon[10].

Divers infrastructures militaires verront leurs capacités améliorées, comme le système de détection de satellites GRAVES. Les télescopes scientifiques TAROT du CNRS, dont l'une des missions est la surveillance des débris spatiaux seront eux aussi utilisés au sein de cette nouvelle force[2],[11].

Des lasers de puissance pourraient également être développés pour "éblouir" les autres satellites, ou des mitrailleuses pour détruire les panneaux solaires des satellites visés[12].

Des "nano-satellites" patrouilleurs pourraient également être développés à partir de 2023, pour protéger les satellites en détectant la présence d'engins spatiaux à proximité[12].

À terme, la France prône la possibilité d'un axe de développement franco-allemand de ces nouvelles stratégies[8].

MissionsModifier

L'arrêté de création du commandement précise les missions de celui-ci. Elles sont relatives à l'élaboration de la politique spatiale militaire, à la mise en œuvre des mesures concourant à la préservation de la liberté d'accès et d'utilisation de l'espace extra-atmosphérique et il est chargé, dans son domaine de compétence de l'application de la politique définie par l'état-major de l'armée de l'air en matière de maîtrise des risques[13].

FinancementModifier

Pour financer ce programme, aux 3,6 milliards d'euros déjà prévus pour le renouvellement complet des capacités satellitaires dans la loi de programmation militaire 2019-2025, un budget supplémentaire de 700 millions d'euros sera ajouté, étalés sur cette période de 7 ans [2],[8].

Satellites utilisésModifier

Le CIE a, en 2016, la responsabilité d’utilisation de douze satellites :

Il a également conclu des partenariats avec l’Allemagne et l’Italie pour l’imagerie radar avec les satellites SAR-Lupe allemand et COSMO-SkyMed italien.

La défense française utilise au quotidien vingt et un satellites répartis en huit systèmes différents.

Le système Helios doit être remplacé à partir de 2018 par la composante spatiale optique (CSO) du programme MUSIS[15].

CommandantsModifier

commandant interarmées de l'espace :

commandant de l'espace :

  • Général de division aérienne Michel Friedling (depuis septembre 2019[18])

RéférencesModifier

  1. Arrêté du 3 septembre 2019 portant création et organisation du commandement de l'espace
  2. a b c d e et f « La ministre de la Défense précise ce que sera le commandement de l’espace », sur Ciel et Espace",
  3. a et b « Emmanuel Macron annonce la création d'un commandement militaire de l'espace », sur Le Figaro,
  4. Arrêté du 7 juillet 2010 portant création du commandement interarmées de l'espace et modifiant l'arrêté du 16 février 2010 portant organisation de l'état-major des armées et fixant la liste des autorités et organismes directement subordonnés au chef d'état-major des armées
  5. a et b "Paris dénonce une tentative d'espionnage russe sur un de ses satellites en 2017", Europe 1, le 7 septembre 2018
  6. a et b "Pourquoi la France doit se préparer à la guerre des étoiles", Challenges, le 7 septembre 2018
  7. "Un missile chinois détruit un satellite en orbite" Futura Science, 1er janvier 2019
  8. a b c et d "L'armée de l'Air et de l'Espace", ASAF, 26 juillet 2019
  9. "Emmanuel Macron annonce la création d'un "grand commandement de l'espace", France 24, le 13 juillet 2019
  10. "Toulouse au cœur de la bataille de l'espace", La Dépêche, 1 septembre 2019
  11. "Moyens au sol", Debrits Spatiaux, Site du CNES, consulté le 26 juillet 2019
  12. a et b "Spatial militaire : la France veut pouvoir riposter dans l'espace", Science et Avenir, le 26 juillet 2019
  13. Art. 2, 3 et 4 de l'arrêté du 3 septembre 2019.
  14. Assemblée nationale, « Commission de la défense nationale et des forces armées »,
  15. Helios remplacé par la CSO
  16. Décret du 4 juin 2014 portant affectations d'officiers généraux
  17. Décret du 30 juillet 2018 portant affectations d'officiers généraux
  18. Décret du 17 juillet 2019 portant nominations d’officiers généraux

BibliographieModifier

  • « Vers l'Armée de l'air et de l'espace », Air Actualités, no 724,‎ , p. 6-13.

Voir aussiModifier