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Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes

Le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA) est l'un des trois commandements par nature de forces de l'armée de l'air française, dont les deux autres sont le Commandement des forces aériennes stratégiques (CFAS) et le Commandement des forces aériennes (CFA)[1].

Le CDAOA est responsable de la veille permanente de l'espace aérien national sous l'autorité du premier ministre, ainsi que de la planification, de la conduite et du suivi des opérations aériennes sous l'autorité du chef d'état-major des armées[2],[3].

Le commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes regroupe :

  1. L'état-major de la défense aérienne et des opérations aériennes, qui comprend notamment l'état-major opérationnel Air et le centre de permanence Air ;
  2. Le centre national des opérations aériennes ;
  3. Des unités spécialisées et des centres experts concourant à la préparation, la mise en œuvre et à la conduite de la défense aérienne, des opérations aériennes et de la surveillance spatiale.

Missions du CDAOAModifier

Le CDAOA planifie, conduit et coordonne tout type de missions aériennes sur le territoire national, depuis le territoire national et en opérations extérieures hors du territoire national. Son action relève de cinq domaines principaux[4] :

  • La défense du territoire, mission permanente et prioritaire du CDAOA, qui consiste à assurer la souveraineté dans l'espace aérien national, protéger et défendre les capacités de l'armée de l'air et contribuer à la mission Sentinelle ; la posture permanente de sureté aérienne consiste 24h/24 et 7j/7 à détecter, identifier et intercepter tout intrus ; le CDAOA intervient sur feu vert de la Haute autorité de défense aérienne (HADA) rattachée au Premier ministre.
  • Les opérations extérieures, notamment pour lutter contre le terrorisme ; la mise en œuvre de ces opérations repose en particulier sur la capacité à installer des bases aériennes projetées (BAP)
  • Le renseignement, pour fournir une vision globale et autonome d'une zone de crise, et informer les décideurs stratégiques comme les acteurs de terrain ;
  • La surveillance de l'espace, pour connaître la situation spatiale, protéger les populations et les intérêts nationaux spatiaux ;
  • La préparation opérationnelle, pour contribuer au haut niveau d'expertise de l'armée de l'air, en planifiant et programmant les exercices majeurs et en formant à la planification et à la conduite des opérations. Le CASPOA Air Operations Centre of Excellence au normes OTAN.

Organisation et moyens du CDAOAModifier

Pour assurer toutes ses missions, le CDAOA dispose d'environ 900 personnels militaires organisés autour d'un état-major, de deux brigades et de neuf unités :

  • État-major de la défense aérienne et des opérations aériennes, qui comprend notamment l'état-major opérationnel Air (EMO-Air) et le centre de permanence Air, situé à Balard ;

Principal site opérationnel, le Centre National des Opérations Aériennes (CNOA) est implanté à Lyon Mont-Verdun (BA 942), dans des installations souterraines. Le site cumule plusieurs fonctions et capacités purement nationales ou assurées dans le cadre de l'OTAN. Un second site à Cinq-Mars-la-Pile (BA 705), dit Centre national de dévolution Air (CNDA), peut être activé lors d’une indisponibilité technique, programmée ou inopinée, du centre national des opérations aériennes principal[5].

Le CNOA s'appuie sur un réseau de centres de détection et de contrôle (CDC) : dans les années 2000, cinq centres existent, respectivement situés à Cinq-Mars-la-Pile (BA 705), Mont-de-Marsan (BA 118)[6], Lyon Mont-Verdun (BA 942), Nice Mont Agel (BA 943) et Drachenbronn (BA 901). En 2018, seuls les trois premiers de ces centres continuent d'exister, profondément modernisés depuis le début de la décennie. Le CDC de Nice a été fermé en 2012 mais un nouveau radar 3D est mis en service en 2017, géré à distance par le CDAOA depuis Lyon Mont-Verdun et relié au système ACCS de l'OTAN[7]. Le CDC de Drachenbronn a été fermé en 2015, mais demeure maintenu en état afin si besoin d'en permettre sa réactivation.

Le CDC de Cinq-Mars-la-Pile est le lieu d'implantation de l’ARS[note 1], centre de détection et de contrôle aux normes OTAN, caractérisé par une vision élargie de l’espace aérien et par une interopérabilité accrue avec les pays membres de l’organisation. L’efficacité de nos systèmes de sûreté aérienne, notamment celui de la PO (permanence opérationnelle) dans le cadre de la posture permanente de sûreté sera ainsi renforcée. Les tests ont commencé en 2016. Le déploiement du dispositif ARS, un système de surveillance aérienne commun à l'ensemble des membres de l'Otan, devrait avoir lieu aux alentours de 2023[8],[9].

Le Centre Opérationnel de Surveillance Militaire des Objets Spatiaux (COSMOS) assure la veille spatiale.

Modernisation des moyens radars et des systèmes C2Modifier

En octobre 2017, le nouveau radar Ground master 406 (GM 406), dernier-né des radars de défense aérienne à longue portée de Thales Raytheon System (TRS), a été inauguré à l’élément air rattaché (EAR) 943 de Nice. Ce radar, dont un exemplaire est déjà installé en Guyane pour la protection du centre spatial de Kourou, sera également livré d’ici 2019 à la base aérienne de Lyon-Mont Verdun, site clef du dispositif de surveillance de l’espace aérien français. Les trois GM 406 intégreront un dispositif global plus large comprenant un total de douze stations radar GM 403, qui seront réparties en métropole entre 2019 et 2022[10].

Le Système de commandement et de conduite des opérations aérospatiales (SCCOA) est en cours de modernisation[11],[12]. L'OTAN déploie progressivement un nouveau système de commandement et de contrôle aérien (Air Command and Control System - ACCS)[13]. Le SCCOA et l'ACCS sont fortement intégrés.

Articulation du CDAOA avec l'OTANModifier

Le CDAOA fonctionne en forte coopération et avec un niveau élevé d'intégration avec l'organisation et les systèmes de police du ciel de l'OTAN.

Le système de l'OTAN s'articule autour :

  • Du Commandement allié air (AIRCOM) basé à Ramstein en Allemagne ; dans cette nouvelle structure, les deux principaux outils opérationnels, à côté de la division Intelligence sont désormais le Centre opérationnel (OC) et le Centre de conduite des opérations aériennes appelé Core JFAC. Tous deux sont des centres de commandement aériens opérationnels, le premier permanent pour les tâches en temps de paix (par exemple la surveillance de l’espace aérien, l’autre constituant le cœur d’un JFAC complet, apte à mener des opérations aériennes intensives en environnement interarmées en cas de crise ;
  • De structures conjointes de commandement et de conduite des opérations aériennes (JFAC, pour Joint Force Air Command) : elles sont implantées dans plusieurs pays membres, en France (FRA JFAC), au Royaume-Uni (UK JFAC), en Allemagne (DEU JFAC). Le JFAC français est implanté sein du CNOA sur la base de Lyon Mont-Verdun. Le JFAC fonctionne avec un noyau de personnels militaires français, qui peut être renforcé par du personnel du CDAOA ou des autres armées de l'OTAN[14],[4]. En 2017, le FRA JFAC assure le commandement de la composante aérienne de l'opération Barkhane ;
  • De deux Centres Combinés d'opérations aériennes (en anglais "Combined Air Operations Centres" ou "CAOC"), une à Torrejon en Espagne, ainsi qu'une a Uedem en Allemagne, et un Centre déployable de Commandement et de Contrôle Aérien (en anglais "Deployable Air Command and Control Centre" ou "DACCC" ) à Poggio Renatico en Italie[15].

InsigneModifier

L'insigne du CDAOA a été homologué le 1er août 2013 sous le numéro A 1425.

L'insigne figure un gladiateur armé d'un filet et d'un trident symbolisant les moyens de surveillance et d'identification de la défense aérienne, ainsi que ses moyens d'interception et de destruction sur un vecteur aérien inconnu.

CommandantsModifier

  • Général Stéphane Abrial (2005-2006)
  • Général Patrick de Rousiers (2006-2008)
  • Général Gilles Desclaux (2008-2011)
  • Général Antoine Noguier (2011-2012)
  • Général Thierry Caspar-Fille-Lambie (2012-2014)
  • Général Jean-Jacques Borel (2014-2016)
  • Général Olivier Taprest (2016-2017)
  • Général Jean-Christophe Zimmermann (2017-2019)
  • Général Vincent Cousin (depuis le 1er septembre 2019)

NotesModifier

  1. L’ARS est un acronyme de sigles regroupant les notions d’Air Control System (centre de contrôle aérien), de Recognized Air Picture Centre (centre d’élaboration d’une situation aérienne) et de Sensor Fusion Post (centre de fusionnement des informations).

SourcesModifier

RéférencesModifier

  1. « Présentation de l'armée de l'air », sur Armée de l'air, (consulté le 8 mars 2018)
  2. « Le Commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes », sur Ministère des Armées, (consulté le 1er novembre 2018)
  3. « Arrêté du 22 décembre 2015 portant organisation du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes », sur Legifrance, (consulté le 3 mai 2018)
  4. a et b « Rétrospective 2017 des opérations aériennes (CDAOA) », sur Calaméo, (consulté le 3 mai 2018)
  5. « Activation du centre national de dévolution Air », sur Armée de l'air, (consulté le 3 mai 2018)
  6. «Marina» seconde «Rambert», sur Ministère des armées, (consulté le 4 mai 2018)
  7. « Un nouveau radar 3D en service à Nice Mont-Agel », sur 12 octobre 2017,
  8. « Première étape pour le futur centre de détection et de contrôle de Cinq-Mars-la-Pile », sur Ministère des Armées, (consulté le 3 mai 2018)
  9. « Une “ tour de contrôle ” sous terre », sur La Nouvelle République, (consulté le 3 mai 2018)
  10. « Inauguration d'un nouveau radar de défense aérienne, le GM 406 », sur Armée de l'air, (consulté le 3 mai 2018)
  11. « L’armée de l’Air aura bientôt 16 nouveaux radars », sur Opex360, (consulté le 3 mai 2018)
  12. « Le C2 et la Défense antimissile balistique européenne en 2009 », sur Fondation pour la recherche stratégique, (consulté le 3 mai 2018)
  13. « Système de commandement et de contrôle aériens (ACCS) de l’OTAN », sur NATO Topics, (consulté le 3 mai 2018)
  14. « Fin de la période d'alerte NRF (OTAN) pour l'armée de l'air », sur Armée de l'air, (consulté le 3 mai 2017)
  15. (en) « NATO Air Command and Control Organisation », sur NATO - Allied Air Command, (consulté le 3 mai 2018)

BibliographieModifier

Lois de programmation militaireModifier

Autres documents ou discours officielsModifier

  • Sénat (République française), Rapport fait au nom de la Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 1997 à 2002 (Rapport N° 427 Session 1995-1996), (lire en ligne)
  • Sénat (République française), Rapport N° 117 fait au nom de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées sur le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2003 à 2008, (lire en ligne)
  • Didier Boulaud, Xavier Pintat, Jean-Pierre Chevènement, Michelle Demessine, Josette Durrieu, Jacques Gautier, Alain Gournac, Gérard Larcher et Bernard Piras, L’avenir des forces nucléaires françaises, , 75 p. (lire en ligne)
  • MM. Xavier PINTAT, co-président, Jeanny LORGEOUX, co-président, André TRILLARD, Pascal ALLIZARD et Claude HAUT, La nécessaire modernisation de la dissuasion nucléaire - Rapport d'information fait au nom de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées - N° 560 (2016-2017), (lire en ligne)
  • François Hollande, Déclaration de M. François Hollande, Président de la République, sur la dissuasion nucléaire, à Istres le 19 février 2015, Vie Publique, (lire en ligne)

ComplémentsModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier