Brune Poirson

femme politique française
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Brune Poirson
Illustration.
Brune Poirson en 2017.
Fonctions
Vice-présidente de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement
En fonction depuis le
(9 mois et 21 jours)
Secrétaire d'État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire
En fonction depuis le
(2 ans, 6 mois et 20 jours)
Avec Emmanuelle Wargon
Président Emmanuel Macron
Premier ministre Édouard Philippe
Gouvernement Philippe II
Prédécesseur Poste créé
Députée française

(1 mois)
Élection 18 juin 2017
Circonscription 3e de Vaucluse
Législature XVe
Groupe politique LREM
Prédécesseur Marion Maréchal (FN)
Successeur Adrien Morenas (LREM)
Biographie
Date de naissance (37 ans)
Lieu de naissance Washington D.C. (États-Unis)
Nationalité américaine
française
Parti politique LREM
Diplômée de Sciences Po Aix
London School of Economics
Université Harvard
Profession consultante

Brune Poirson, née le à Washington D.C. (États-Unis), est une femme politique française, également de nationalité américaine.

Au cours des années 2000 et 2010, elle occupe différents postes de cadre au Royaume-Uni, en Inde et aux États-Unis, notamment dans le domaine du développement durable au sein de l'Agence française de développement et de Veolia.

Elle est élue députée dans la troisième circonscription de Vaucluse lors des élections législatives de juin 2017. Peu après, elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire (Nicolas Hulot puis François de Rugy et enfin Élisabeth Borne) dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe. Elle porte notamment, en 2019, le projet de loi « anti-gaspillage pour une économie circulaire ».

Depuis mars 2019, elle est vice-présidente de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE).

Famille et étudesModifier

Née à Washington D.C.[1] d'un père consultant dans l'informatique et d'une mère restauratrice de tableaux, elle grandit à Apt, dans le Vaucluse[2]. Son père, Jacques Poirson, figure sur une liste d'opposition aux élections municipales de 2020 à Apt[3]. Elle détient les nationalités américaine[4] et française. Brune Poirson est mariée et mère d'une fille[5].

Elle passe son baccalauréat à Marseille en 2000[6]. Après une classe préparatoire à Paris[7], elle étudie à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence et à la London School of Economics dont elle est diplômée[6],[8].

Parcours professionnelModifier

À la fin de ses études, elle devient attachée parlementaire d'une députée travailliste[8],[6]. Elle est ensuite chargée de mission au National Endowment for Science, Technology and the Arts (en) (fondation pour l’innovation britannique)[6]. Elle y rencontre Sam Pitroda (en), alors conseiller à l'Information, aux Infrastructures et aux Innovations du Premier ministre indien Manmohan Singh, et intègre son cabinet à New Delhi en 2009[4],[6]. La même année, elle rejoint l’Agence française de développement au poste de coordonnatrice de développement à New Delhi, sur un projet de distribution d'eau potable dans les bidonvilles[9]. En 2012, elle crée avec son compagnon et Sam Pitroda le think tank CITIX sur le thème du développement durable urbain[6],[10].

Elle est ensuite recrutée par Veolia en tant que directrice du développement durable et de la responsabilité sociale d’une de ses filiales, Veolia Water India, à Delhi[11]. Dans ce cadre, elle travaille sur des projets de distribution d’eau potable dans les bidonvilles de grandes mégapoles indiennes, notamment dans le Karnataka et à Nagpur[4],[12]. Reporterre et Libération soulignent que Veolia a reçu pour ces projets qui relèveraient de la privatisation de l'eau, en particulier à Nagpur, le « prix Pinocchio du développement durable » de l'association Les Amis de la Terre dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi »[11],[4]. Libération ajoute qu'« un long reportage en 2017 de The Hindu, grand quotidien anglophone, montre que dans cette ville [Nagpur] la distribution s’est peu améliorée et les prix ont augmenté, provoquant une fronde des habitants et des politiques de tous bords »[4],[13].

En 2014, elle déménage aux États-Unis, à Boston, tout en restant au sein de Veolia, et travaille au sein d'un incubateur de technologies propres, sur des thématiques d'innovation sociale et de responsabilité sociale des entreprises[9],[6].

En 2016, elle monte un think tank, nommé People for Global Transformation, sur la durabilité, le changement social et les transformations technologiques[9]. Elle part ensuite étudier aux États-Unis, à la John F. Kennedy School of Government, l'école d'administration publique de l'université Harvard, et s'investit dans la campagne d'Emmanuel Macron en parallèle de ses études[14]. Elle y obtient un master en administration publique en 2017[14],[6],[9].

Parcours politiqueModifier

Députée de la XVe législatureModifier

En tant qu’électrice, Brune Poirson indique avoir « papillonné », « plutôt au centre », « sans jamais être convaincue »[4].

En 2016, elle s’engage au sein d'En marche. Hubert Védrine l'ayant recommandée à Jean-Paul Delevoye, président de la commission d'investiture de LREM pour les législatives, sa candidature dans la 3e circonscription du Vaucluse (dont la députée sortante, qui ne se représente pas, est Marion Maréchal[15]) est rapidement validée[10].

Le , elle sort en tête du premier tour des législatives, avec 32,07 %. Le , elle gagne le duel contre Hervé de Lépinau (Front national), avec 50,67 % des voix[16].

Secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaireModifier

 
Brune Poirson et le ministre estonien de l'Environnement Siim-Valmar Kiisler en 2017.

NominationModifier

Le 21 juin 2017, elle est nommée secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot, dans le deuxième gouvernement Édouard Philippe. Elle laisse alors son siège de députée à son suppléant Adrien Morenas. Dans L'Obs, Serge Raffy indique qu'elle est surnommée la « chouchou du président » et qu'elle a été « bombardée à son poste par Emmanuel Macron lui-même »[17].

PortefeuilleModifier

À sa prise de fonction, Nicolas Hulot annonce qu'elle sera chargée de la mer, de la biodiversité et des océans[11]. En mars 2018, Contexte indique que Nicolas Hulot « lui a largement délégué les sujets européens. La secrétaire d’État a assisté à la grande majorité des Conseils des ministres de l’Énergie et de l’Environnement, couvrant des sujets aussi divers que l’économie circulaire, la réforme du marché européen de l’électricité, la gouvernance de l’Union de l'énergie ou le marché du carbone ». Contexte précise que sa mission est de nouer des contacts avec les autres ministres européens pour faire avancer l’agenda de la France en matière de transition écologique tout en défendant les intérêts de son industrie énergétique[18]. Selon Cadre et dirigeant magazine, « elle aborde des thématiques variées, de l’économie circulaire en passant par le recyclage et la gestion des déchets, les émissions carbone, les perturbateurs endocriniens »[6]. Elle contribue aux négociations européennes concernant la prolongation de l'autorisation d’exploitation du glyphosate[6],[19], puis présente lors du Copenhague Fashion Summit le Fashion Pact, une série d'engagements en matière d'écologie que prennent plusieurs entreprises de la mode[20].

Projet de loi anti-gaspillage et économie circulaireModifier

En 2019, elle porte le projet de loi « anti-gaspillage pour une économie circulaire »[21]. Selon le résumé du Monde, celui-ci vise notamment à « [interdire] la destruction de matériel invendu, propose d’introduire un indice de « réparabilité » des appareils électriques et électroniques, ou d’obliger les vendeurs à indiquer si les pièces détachées pour les réparer sont disponibles ou non », prévoit « une meilleure organisation des filières de gestion des déchets dans le bâtiment, au cœur de la problématique des décharges sauvages, et crée six nouvelles filières de « responsabilité élargie du producteur » (REP), dont le tabac, les lingettes sanitaires, les articles de bricolage et de jardinage, ou encore de sport, comme les vélos »[22].

Alors que Brune Poirson envisage, lors de son audition au Sénat le 10 septembre, de faire de la consigne le « symbole » du projet de loi, elle déclare aux sénateurs, deux semaines plus tard, que celle-ci « n’est pas la mesure-phare du projet de loi » : selon Le Monde, le principe de la mesure, à savoir la mise en place d’un système permettant aux consommateurs de rapporter leurs bouteilles en plastique ou les canettes dans des points de collecte en échange de quelques centimes — comme c'est déjà le cas dans dix pays de l’Union européenne — est considérée « comme une perte de revenus pour les collectivités locales » et suscite la quasi-unanimité contre elle au Sénat[22].

En décembre 2019, l'adoption à l'Assemblée nationale d'un amendement au projet de loi ayant pour objectif d’interdire la « mise sur le marché des emballages plastiques à usage unique d’ici 2040 », suscite des critiques sur le délai choisi au sein de la classe politique et de la part de certains journalistes, alors que Brune Poirson évoque « un signal très fort et concret ». L'association Zero Waste France déplore le fait que « les amendements qui permettent de tenir l'objectif d'interdiction des plastiques à usage unique pour 2040 n'ont pas été votés en commission par la majorité »[23],[24].

Brune Poirson reconnaît l'action « d’énormes lobbys, parce que fabriquer du plastique rapporte énormément »[25].

Prises de positionModifier

En février 2019, elle défend la taxe carbone, supprimée dans le contexte du mouvement des Gilets jaunes, comme un « outil en faveur de la transition écologique, qui a un vrai impact parce qu'il envoie un signal prix qui permet aux gens de changer leur comportement »[26].

En mars 2019, elle indique comprendre mais regretter le report de trois ans de l'interdiction de l'usage des pesticides, estimant que « c'est encore ce point noir-là que toutes nos oppositions vont utiliser pour faire croire qu'on ne fait rien sur les questions climatiques en France »[27].

CommunicationModifier

Challenges relève sa « communication timide »[19], Libération « son invisibilité médiatique »[4]. À l'automne 2017, elle s'adjoint les services de Jonas Bayard, ancien conseiller de Nathalie Kosciusko-Morizet[19].

En septembre 2017, elle intègre le programme des Young Leaders de la France China Foundation (FCF), institution qui vise à encourager le dialogue entre la France et la Chine, après avoir été incitée à se porter candidate par Aurélien Lechevallier, adjoint de Philippe Étienne au palais de l'Élysée[28].

Selon plusieurs articles de presse, Emmanuel Macron lui demande d'être tête de liste pour les élections municipales de 2020 à Avignon, où la municipalité est dirigée par Cécile Helle (PS), alors que le député Jean-François Cesarini et l'universitaire Sylvie Tavakoli se sont déjà portés candidats auprès de la commission nationale d'investiture[29],[30]. Elle dément l'information et affirme ne pas avoir l'intention de se présenter[30].

Vice-présidente de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnementModifier

Le , Brune Poirson est élue vice-présidente de l'Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE), pour un mandat de deux ans. L'ANUE est l'organe décisionnel le plus important au monde sur les questions environnementales. Son rôle au sein de l'organisation est de définir le programme environnemental mondial et de favoriser sa mise en œuvre au sein du système des Nations unies[31]. C'est la première fois qu'une personnalité politique française est élue à ce poste[32].

Notes et référencesModifier

  1. Assemblée Nationale, « Mme Brune Poirson - Vaucluse (3e circonscription) - Assemblée nationale », sur assemblee-nationale.fr (consulté le 23 juin 2017).
  2. « Brune Poirson (La République en marche) », sur Revdem (consulté le 21 juin 2017).
  3. « Brune Poirson candidate aux municipales à Apt ? », sur ledauphine.com, (consulté le 8 décembre 2019).
  4. a b c d e f et g Quentin Girard, « Brune Poirson, le goût d’éclore », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2018).
  5. « Brune Poirson, le goût d’éclore », sur Libération.fr, (consulté le 21 mars 2019)
  6. a b c d e f g h i et j Christelle Ibach, « Brune Poirson, une secrétaire d’Etat de la génération Macron », sur cadre-dirigeant-magazine.com (consulté le 8 mars 2019).
  7. Quentin Girard, « Brune Poirson, le goût d’éclore », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 17 juillet 2019)« prépa lettres à Paris ».
  8. a et b « Brune Poirson, candidate La République en marche dans le Vaucluse, 3e circonscription », La Croix,‎ (lire en ligne, consulté le 18 mai 2017).
  9. a b c et d Agathe Mercante, « La jeune députée du Vaucluse, Brune Poirson, nommée auprès de Nicolas Hulot », (consulté le 20 mars 2019).
  10. a et b « Brune Poirson, l'écologie sans idéologie », sur lepoint.fr, (consulté le 11 mars 2018).
  11. a b et c Fabrice Nicolino, « Hulot encadré par une cadre de Veolia et un politicien néo-libéral », Reporterre, le quotidien de l 'écologie,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2018).
  12. « Qui est la Vauclusienne Brune Poirson, nommée aujourd'hui secrétaire d'État à la Transition écologique ? », LaProvence.com,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2018).
  13. (en) Pavan Dahat, « Drip by painful drip », The Hindu,‎ (ISSN 0971-751X, lire en ligne, consulté le 4 juillet 2018).
  14. a et b (en-US) « Kennedy School grads discuss role in Macron’s win », sur Harvard Gazette, (consulté le 20 mars 2019)
  15. Éric Hacquemand, « Brune Poirson, la "junior minister" de Nicolas Hulot », Paris Match, semaine du 27 juillet au 2 août 2017, p. 26.
  16. Résultat des élections législatives 2017 sur le site de France télévision.
  17. Serge Raffy, « Brune Poirson, "chouchou du président" Macron et hantise des bureaucrates de Bruxelles », sur nouvelobs.com, (consulté le 8 mars 2019).
  18. Samuel Le Goff, Simon Prigent, Diane de Fortanier et Hortense Goulard, « Les attributions informelles des secrétaires d’État « sans attribution », sur contexte.com, (consulté le 23 mars 2018).
  19. a b et c Antoine Izambard, « Brune Poirson, l'ambitieuse et discrète secrétaire d'Etat de Nicolas Hulot », sur challenges.fr, (consulté le 7 août 2018).
  20. Juliette Garnier, « Emmanuel Macron charge François-Henri Pinault de mobiliser la mode autour de l’environnement », sur Le Monde, (consulté le 9 janvier 2019)
  21. Myrtille Delamarche, « Le projet de loi Economie circulaire arrive à l'Assemblée », sur usinenouvelle.com, (consulté le 8 décembre 2019).
  22. a et b Manon Rescan et Rémi Barroux, « Le retour de la consigne en France rejeté par les sénateurs », sur lemonde.fr, (consulté le 8 décembre 2019).
  23. Romain Herreros, « L'interdiction des plastiques à usage unique en 2040 a du mal à convaincre », sur huffingtonpost.fr, (consulté le 10 décembre 2019).
  24. Marie-Pierre Haddad, « Fin du plastique à usage unique : pourquoi faudra-t-il attendre 20 ans ? », sur rtl.fr, (consulté le 10 décembre 2019).
  25. Flore Olive, « Brune Poirson : halte à la marée de plastique », sur parismatch.com, (consulté le 8 décembre 2019).
  26. « Emmanuel Macron recadre le débat sur la fiscalité carbone », sur lepoint.fr, (consulté le 13 février 2019).
  27. « Brune Poirson «énervée» par un vote de l'Assemblée sur les pesticides », sur FIGARO, (consulté le 18 mars 2019)
  28. Jean-Jérôme Bertolus, « Jeunes leaders d’En Marche! et Young Leaders », sur L'Opinion.fr, (consulté le 22 novembre 2018).
  29. « Municipales : Macron envoie Poirson à Avignon », sur lejdd.fr, (consulté le 24 novembre 2019).
  30. a et b « Municipales : Brune Poirson ne sera pas candidate à Avignon », sur parismatch.com, (consulté le 8 décembre 2019).
  31. « Brune Poirson décroche une belle promotion », sur Valeurs actuelles (consulté le 20 mars 2019)
  32. « Brune Poirson élue à l’ONU pour l’environnement », sur lemonde.fr, (consulté le 20 mars 2019)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

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