Bernard Noël

écrivain et poète français
Bernard Noël
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Bernard Noël en 2008
au XVIIIe festival international de poésie de Medellín.
Naissance (89 ans)
Sainte-Geneviève-sur-Argence (Aveyron)
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français

Bernard Noël, né le à Sainte-Geneviève-sur-Argence (Aveyron), est un poète, écrivain, essayiste et critique d'art français.

Il a également publié un livre sous le nom de plume Urbain d'Orlhac[1].

BiographieModifier

Remarqué en 1958, dès la parution de son premier livre de poésie, Extraits du corps, Bernard Noël attend neuf années avant de publier son deuxième ouvrage La Face de silence (1967)[réf. nécessaire].

Initialement publié sous pseudonyme (Urbain d'Orlhac) par Jérôme Martineau en 1969, puis en 1971 (cette fois sous son vrai nom) par Jean-Jacques Pauvert, Le Château de Cène lui vaut, en 1973, un procès pour outrage aux bonnes mœurs[2].

À la suite de ce procès, et à l'initiative de Jean-Jacques Pauvert[3], Noël écrit en 1975 un texte intitulé L'Outrage aux mots.

Poète, écrivain, essayiste, critique d’art, son amitié pour les peintres et son goût pour la peinture le conduisent à collaborer à la réalisation de très nombreux livres d'artistes et, plus récemment, à en illustrer lui-même certains.

Saluée, entre autres, par Louis Aragon, André Pieyre de Mandiargues, Yves Bonnefoy, Claude Esteban, Michel Polac, Philippe Sollers, Jacques Derrida et Maurice Blanchot[4] l'œuvre de Bernard Noël fait de la poésie son principe unificateur.

Il dirigea la collection « Textes » chez Flammarion dans laquelle furent publiés Claude Ollier, Marc Cholodenko, Arthur Silent, Jean-Claude Montel, William Carlos Williams, ou encore E. E. Cummings, notamment.

En 2010, Bernard Noël écrit Paul Trajman ou la main qui pense (éd. Ypsilon)[5],[6], un recueil de poésie où l’écrivain se livre à une expérience inédite, nous racontant l’art de Paul Trajman.

La sensureModifier

La « sensure » est une notion construite par Bernard Noël dans son texte L'Outrage aux mots, écrit et publié en 1975. Il indique la privation de sens, non par rapport au nerf sensitif, mais par rapport au sens d'un mot (compréhension, extension, signification). Ce mot est l'homophone de la censure, qui est la privation de parole.

Bernard Noël inscrit cette notion dans le contexte politique capitaliste[réf. nécessaire] :

« le pouvoir bourgeois fonde son libéralisme sur l’absence de censure, mais il a constamment recours à l’abus de langage. »[réf. nécessaire] L’abus de langage est lui à l’origine de la sensure, puisqu’il « violente [la langue] en la dénaturant[7]. »

La sensure opère une violence sur la langue par une dénaturation. Employée pour sauver l'apparence, sa volonté est le déplacement du lieu de la censure afin qu'on ne l'aperçoive plus. Les agents à l'origine de la sensure vont donc détourner le sens des mots par le principe des « abus de langage », la société créé une « inflation verbale qui ruine la communication à l’intérieur d’une collectivité, et par là même la censure[8] ».

Bernard Noël conçoit cette notion à l'issue du procès qui lui est intenté après la parution de son premier roman, Le Château de Cène. Sa condamnation découle d'une compréhension erronée du roman par ses détracteurs, qui en modifient ainsi le sens[réf. souhaitée].

L’idée d’une censure par « l’inflation verbale » est reprise par Ignacio Ramonet dans La Tyrannie de la communication :

« La censure démocratique […] par opposition à la censure autocratique ne se fonde plus sur la suppression ou la coupure, sur l’amputation ou la prohibition de données, mais sur l’accumulation, la saturation, l’excès et la surabondance d’informations[réf. nécessaire]. »

Raoul Vaneigem, dans son ouvrage Rien n'est sacré, tout peut se dire, semble élaborer une réponse. Il exalte la liberté d'expression tout en signalant ses abus formels inacceptables.[pas clair]

Œuvre (sélection)Modifier

(Extraits et citations d'œuvres sur Lieux-dits.eu[9].)

Littérature, poésie, essais (premières éditions)Modifier

Aux éditions P.O.L
  • 1988 :
  • 1993 : L'Ombre du double
  • 1994 : Le Syndrome de Gramsci
  • 1997 : Le Reste du voyage
  • 1998 :
    • La Langue d’Anna
    • Treize cases du je
    • Magritte
  • 2001 : La Maladie du sens
  • 2002 :
    • La Face de silence
    • La Peau et les Mots
  • 2003 : Romans d'un regard
  • 2004 :
    • Un trajet en hiver
    • Les Yeux dans la couleur
  • 2012 :
  • 2015 : Monologue du nous
Aux éditions Flammarion
Aux éditions Unes
  • 1982 : Fable pour cacher,
  • 1985 : Fable pour ne pas,
  • 1986 : Carte d'identité,
  • 1988 : Extraits du corps,
  • 1988 : Le lieu des signes - édition définitive
  • 1998 : Vers Henri Michaux,
  • 1998 : Correspondances avec Georges Perros
  • 2001 : Lettres verticales
  • 2013 : À côté du mot perdu
Aux éditions Fata Morgana
  • 1968 : À vif enfin la nuit
  • 1977 : Une messe blanche
  • 1977 : Le Double Jeu du tu, coécrit avec Jean Frémon
  • 1979 : Le Château de Hors
  • 1980 : D’une main obscure
  • 1982 : La Moitié du geste
  • 1982 : L'Été langue morte
  • 1986 : La Rumeur de l’air
  • 1997 : Souvenirs du pâle
  • 1998 : Le Tu et le Silence
  • 2017 : Le Poème des morts
  • 2019 : Mon corps sans moi
  • 2019 : Une machine à voir
Aux éditions L'Atelier des Brisants
  • 2001 : Le Roman d’Adam et Ève
  • 2002 : Onze voies de fait, Héloïse et Abélard
Aux éditions Cadastre8zéro
  • 2011 : Ce jardin d’encre, avec François Rouan, bilingue français / espagnol, traduit en espagnol par Sara Cohen, coll. « Correspondances »[10]
  • 2012 : Le Chemin d’encre, avec François Rouan, bilingue français / arabe, traduit en arabe par Mohammed Bennis, coll. « Correspondances » (avec une édition spécifique pour le monde arabe[11])
  • 2018 : Le Chemin d’encre 2, avec François Rouan, bilingue français / anglais, traduit en anglais par Eléna Rivera[12]
Aux éditions Bernard Dumerchez
Aux éditions Æncrages & Co
Aux éditions L'Amourier
  • 2003 : Traces du temps (Bernard Noël, Alain Freixe, Raphaël Monticelli), reproductions d'œuvres de Leonardo Rosa
  • 2005 : La Vie en désordre (avec tirage de tête complété par une gravure d'Henri Baviera), réédition en 2009
  • 2008 : En présence… (entretien avec Jean-Luc Bayard, filmé par Denis Lazerme). + DVD
  • 2017 : Bernard Noël, du jour au lendemain (21 entretiens avec Alain Veinstein)
Chez d'autres éditeurs
  • 1955 : Les Yeux chimères, Caractères
  • 1958 : Extraits du corps, Minuit
  • 1971 : Le Lieu des signes, Pauvert
  • 1975 : L’Outrage aux mots, Pauvert
  • 1977 : Lecture du chilom, Brandes
  • 1979 : La Photo d'un génie, éditions Lettres de casse
  • 1980 : Bruits de langues, Talus d'Approche
  • 1983 : L’enfer, dit-on…, Herscher
  • 1986 : La Rencontre avec Tatarka, Talus d'Approche
  • 1992 : Le Château de Cène, rééd. de Jérôme Martineau, Gallimard[réf. non conforme]
  • 1994 : La Castration mentale, Ulysse fin de siècle
  • 1995 : La Maladie de la chair, Petite bibliothèque Ombre
  • 1995 : L'Espace du désir, l’Écarlate
  • 1998 : Magritte
  • 2003 : Le Vide après tout, La Dragonne
  • 2003 : Artaud et Paule, Lignes-Manifeste
  • 2004 : Roman sans angles ou l'atelier de Maria Desmée, les Éditions de l'Inventaire & Sapriphage
  • 2004 : Le Retour de Sade, Lignes-Manifeste
  • 2006 : Sonnets de la mort[13], éditions Fissile
  • 2008 : Le Jardin d’encre / El jardin de tinta[14], éditions L'Oreille du Loup
  • 2009 : La Privation de sens, Barre parallèle[15]
  • 2010 : Espace d’Apparition - correspondances à Georges Meurant, Galerie Didier Devillez
  • 2010 : Présent de papier, Jacques Brémond
  • 2013 : Vies d'un immortel, éditions du Chemin de fer
  • 2014 : L’empreinte vive - Georges Meurant, Le Salon d'Art
  • 2016 : Quelques Regards, ill. de Jean-Michel Marchetti, La Dragonne
  • 2016 : Tombeau de Lunven, Arapesh 1/10
  • 2017 : Tombeau de Lunven, Conséquence
Publications numériques

Livres d'artModifier

Livres d'artistesModifier

Aux éditions Æncrages & Co
  • 2008 : Ce Jardin d'Encre, ill. de Jean-Michel Marchetti
  • 2013 : Un temps sans lieu, tirage en livre d'artiste, ill. de Jean-Marc Brunet
Aux éditions Area[18]
  • 1986: Bernard Noël, tête d'ombre, Initiale n° 21, préface d'Alin Avila
  • 1987 : Serge Plagnol, Initiale n° 9
Aux éditions À Travers[19]
  • Un silence lapide, ill. par Jacques Clauzel
  • La Chute des temps
  • L'Été langue morte
  • La Moitié du geste
  • La Rumeur de l'air
  • Sur un pli du temps
  • 1993 : Le Syndrome de Gramsci
  • 1998 : La Langue d'Anna
Aux éditions de la Canopée
  • L'Ombre du double[20], ill. de Thierry Le Saec
Aux éditions Bernard Dumerchez
Aux éditions Editart-D. Blanco[21]
  • 1983 : Mis par la lumière, ill. de Ramon Alejandro
Aux éditions l'Entretoise[22]
Aux éditions Karl Flinker[23]
Aux éditions L'Instant perpétuel[25]
Aux éditions de la galerie Remarque[26]
  • Action de l'ombre, ill. de Jean-Michel Marchetti
  • D'un regard l'autre, ill. de Paul Trajman
  • Extraits du temps, ill. de Leonardo Rosa
  • Lettre verticale XXXVII, ill. de Leonardo Rosa
  • Le Grand massacre, ill. de Daniel Nadaus
  • Quand suinte rien, ill. de Patrick Wateau
  • Abattures, ill. de Patrick Wateau
Aux éditions Manière Noire
  • 2016 : Le Livre des morts, typographie au plomb mobile, huit gravures de Jean-Marc Brunet
Aux éditions de la Médiathèque de la Ville du Mans
Aux éditions du Scorff
  • 1997 : Site transitoire, ill. de Jean-Paul Philippe
Aux éditions Le Silence qui roule[27]
Aux éditions Unes[28]

Aux éditions Ypsilon

  • 2010 : Paul Trajman ou la main qui pense[29],[5],[6]

RééditionsModifier

Aux éditions Flammarion
  • 1983 : Poèmes 1, coll. « Textes » (épuisé)
Aux éditions Gallimard
  • 1990 : Le Château de Cène suivi de Le Château de Hors, L'Outrage aux mots et La Pornographie, coll. « L'Imaginaire »
  • 1993 : La Chute des temps suivi de L'Été langue morte, La Moitié du geste, La Rumeur de l'air et Sur un pli du temps, coll. « Poésie » (ISBN 2-07-032773-6)
  • 2006 : Le 19 octobre 1977, coll. « L'Imaginaire »
  • 2006 : Extraits du corps suivi de La peau et les mots, Bruits de langues, Les états du corps et L'ombre du double, coll. « Poésie »
Aux éditions Points
  • 2006 : Le Reste du voyage et autres poèmes, préf. de François Bon, coll. « Points Poésie »
Aux éditions P.O.L

Enregistrement sonoreModifier

  • La Chute des temps, lu par Bernard Noël, cassette audio, Art & lectures / Artalect, Paris, 1984 ; rééd. en CD

Préfaces, postfaces, etc.Modifier

PréfacesModifier

AutresModifier

  • « Avant-note » à En compagnie d'Antonin Artaud de Jacques Prevel, éditions Flammarion, 1974 et 1994
  • Postface manuscrite à El’Pubis, accompagnant 12 planches de photos-contact d’Henri Maccheroni avec un texte d’André Drean, éditions Traversière, 1978
  • Postface à Séverine (1855-1929), Vie et combats d'une frondeuse d'Évelyne Le Garrec, l'Archipel, 2009

ThéâtreModifier

Bernard Noël écrit sa première pièce, intitulée La Reconstitution, en 1988. Onze voies de fait, Héloïse et Abélard suivra en 2002 après une traduction et adaptation de William Shakespeare et une adaptation de Mikhaïl Boulgakov et Le Retour de Sade en 2004[30].

Entretiens et articles en ligne de Bernard NoëlModifier

EntretiensModifier

ArticlesModifier

IllustrationsModifier

  • Faire faces[31], poèmes de Tita Reut, ill. de Bernard Noël, Éditions de l'Ariane, 2009

PrixModifier

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Essais et recueil critiqueModifier

Bernard Noël fait partie des écrivains recensés par Alain Marc dans Écrire le cri[32].

Ouvrage anthologiqueModifier

  • Bernard Noël, Politique du corps, coll. « Figures » éd. revue Ah !, 2010

RevuesModifier

  • Europe (étude et entretien avec Alain Marc), no 823-824, novembre-décembre 1997
  • Amastra-N-Gallar (sous la dir. d'Emilio Arauxo), n° spécial « Bernard Noël », no 15, automne 2008 Participation de J. Ancet, D. Bisutti, B. Bonhomme, H. Carn, R. Detambel, Cl. Fourier, B. Machet, A. Malaprade, L. Murey, F. Pazzottu, C. Royet-Journoud. Comprend une « Lettre autour du corps » de Bernard Noël
  • Europe, « Bernard Noël », dir. Chantal Colomb-Guillaume, no 981-982, janvier-février 2011
  • NU(e) no 49 « Bernard Noël » (dir. Tristan Hordé), novembre 2011 (ISSN 1266-7692)

FilmographieModifier

  • Dans la peau des livres, avec Bernard Noël à Mauregny-en-Haye, 42 min, réalisation Thésée, Arthésée éditions, 2009[33]

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

SourceModifier

RéférencesModifier

  1. (notice BnF no FRBNF11917784).
  2. Cf. Jean Frémon, « L'outrage », in Fabio Scotto (dir.), Bernard Noël : le corps du verbe. Colloque de Cerisy, Lyon, ENS éditions, 2008, p. 287-330.
  3. B. Noël, L'Outrage aux mots, Paris, Pauvert puis P.O.L, 1975 puis 2011,

    « Le lendemain du procès, Jean-Jacques Pauvert m'a téléphoné de bonne heure. Il voulait que j'écrive ce que j'avais dit au juge, que j'en fasse un livre. Ce désir était amical. J'ai eu envie d'y répondre. »

    — p. 33

  4. Bernard Noël : le corps du verbe Colloque de Cerisy 2005
  5. a et b « Bernard Noël, Paul Trajman ou la main qui pense », sur Autour de l'œuvre de Bernard Noël [...] Le courage des mots... (consulté le 15 mai 2020).
  6. a et b Fabio Scotto, « Bernard Noël et Paul Trajman : la main qui pense », dans Littérature comparée et correspondance des arts, Presses universitaires de Strasbourg, coll. « Configurations littéraires », (ISBN 979-10-344-0492-6, lire en ligne), p. 207-214.
  7. B. Noël, L’Outrage aux mots, in Le Château de Cène, Gallimard.
  8. I. Ramonet, La Tyrannie de la communication, Galilée, 1999, p. 39-40.
  9. Lieux-dits.eu.
  10. Voir le site de François Rouan.
  11. Voir le site de François Rouan.
  12. Voir le site de Cadastre8zéro.
  13. Sonnets de la mort sur le site des éditions.
  14. Le Jardin d'encre / El jardin de tinta sur le site des éditions.
  15. Voir le texte sur Remue.net (pour la présentation de la soirée du 13 janvier 2009 à la Maison de la poésie) et sur Mouvances.ca.
  16. Le Mal de l'espèce.
  17. À bas l’utile.
  18. Voir sur contact47268.wix.com.
  19. Voir sur jacquesclauzel.com.
  20. L'Ombre du double sur artpointfrance.
  21. Voir sur editart.ch.
  22. Voir sur artpointfrance.org.
  23. 25, rue de Tournon, 75006 Paris.
  24. Plaquette éditée à 500 exemplaires à l'occasion de l'exposition des « Serres » de Bernard Moninot à la galerie Karl Flinker du 17 mars au 17 avril 1976.
  25. Voir sur pseud-de-ip.blogs.nouvelobs.com.
  26. Site de la galerie Remarque.
  27. Voir sur artpointfrance.org.
  28. Tirages limités et éditions de tête.
  29. « Paul Trajman ou la main qui pense, Bernard Noël », sur ypsilonediteur.com (consulté le 15 mai 2020).
  30. Voir theatre-contemporain.net et Les Archives du Spectacle.
  31. Présentation de Faire faces sur le site des éditions.
  32. Écrire le cri, Sade, Bataille, Maïakovski…, préface de Pierre Bourgeade, l’Écarlate, 2000 (ISBN 978-2-910142-04-9).
  33. International Standard Audiovisual Number 0000-0002-5FFC-0000-B-0000-0000-4.