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Cécile Reims
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Naissance
(91 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Maître
Conjoint
Distinction

Tsila Remz, devenue Cécile Reims, née le [1] à Paris, est une graveuse français.

Sommaire

BiographieModifier

Tsila Remz passe sa petite enfance dans une bourgade de Lituanie, dans une famille juive traditionnelle.

Elle arrive en France en 1933. La rafle du Vel d'Hiv disperse et anéantit sa famille. Clandestine, elle s'engage dans l'Organisation juive de combat en 1943.

En 1946, apprenant que son oncle a été gazé dès son arrivée à Auschwitz et que sa famille restée en Lituanie a été massacrée, il lui faut donner un sens à cette vie devenue un privilège : elle s’engage dans l’armée clandestine juive et gagne la Palestine. Une grave atteinte de tuberculose la contraint à un retour en France pour y être soignée.

À Paris, elle devient l'élève assidue de Joseph Hecht (1891-1951) : elle trouve dans la pratique de la gravure au burin une ascèse et un mode d'expression. Lors de l'année 1950 paraît le recueil Psaumes.

En 1951, la rencontre avec Fred Deux lui ouvre un nouvel horizon : le dépassement de la réalité. L’art devient, dès lors, le fondement de leur route commune. Cette même année, elle publie la série Visages d'Espagne.

En 1956, la fragilité de leur santé pulmonaire incite Fred et Cécile à quitter Paris et à s'installer dans une ancienne ferme, isolée dans la montagne, à Corcelles puis à Lacoux (Ain), à proximité du plateau sanatorial d'Hauteville.

Aux gravures d'interprétation figuratives et aux sujets très réalistes du tout début succède un œuvre qui reflète une vision du monde anthropomorphique, où la condition humaine se confond avec celle de l'animal dans une nature minérale et mélancolique (Les Métamorphoses, Bestiaire de la mort en 1957-1958 et Cosmogonies, ensemble gravé en 1959 et publié en 2002).

Elle renonce momentanément à la gravure et s'intéresse au tissage et à l'écriture : L'Épure est éditée en 1962 chez René Julliard.

En 1966, le hasard lui fait croiser Georges Visat, l’éditeur de Hans Bellmer et des surréalistes. Visat est à la recherche d’un buriniste capable de graver des dessins de l’artiste sans trahir sa subtilité et sa sensibilité. Elle se lance dans la gravure d'interprétation et, entre 1967 et 1975, grave au burin et à la pointe sèche près de 250 dessins[2]. De cette période elle dira : « J'étais un "passeur" auquel il appartenait de donner à la gravure l'acuité, l'intensité de l'original, et qui n'était présent que dans l'acte de s'effacer. » Avec Bellmer, elle collabore notamment aux illustrations du Marquis de Sade, en retravaillant avec lui les gravures publiées dans Petit traité de morale (1968).

Après la mort, en 1975, de Hans Bellmer, Cécile Reims revient à une gravure personnelle, alternant avec les gravures d’interprétation des œuvres de Fred Deux, de Léonor Fini et d'autres artistes, puis exclusivement de Fred Deux. Les estampes sont généralement éditées en livres et recueils : Kaddisch en 1982 d'après Fred Deux, Histoires naturelles, L'Exil des roches, L'Herbier charnel, L'Élan vital, Loin du temps, La Grande Muraille, Anatomies végétales.

« L'œuvre de Fred Deux, quand j'y suis entrée, et pas seulement par le regard, m'a fait aller plus loin, plus profondément dans cette réalité irréelle que je pressentais et qui, à présent, à la fois double et infirme ce que mes yeux perçoivent. »

En 1985, Fred Deux et Cécile Reims s'installent à La Châtre, en Berry.

Le 17 janvier 2013, Cécile Reims a reçu des mains de madame le ministre de la Culture et de la Communication, l'insigne de chevalier de l'ordre de la Légion d'honneur[3].

Les œuvres de Cécile Reims sont visibles au musée de l'Hospice Saint-Roch d'Issoudun, à la Bibliothèque nationale de France de Paris, au musée Jenisch de Vevey. Un bel ensemble est également conservé au Musée d'art et d'histoire du judaïsme de Paris[4].

CitationsModifier

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  • « Car graver m'est plaisir, jouissance, quand mon burin poussé délicatement, avec force et retenue de ma main droite, pénètre et incise le cuivre que, de la main gauche, je fais pivoter sur lui-même afin que la pointe de l'outil en excise une ligne, creuse un sillon qui obéit à mon désir… » (1986)
  • « De l'unique à la multiplication, en passant par la matrice féconde du cuivre, combien d'épreuves ont ainsi été disséminées, qui refluent, se ré-unissent en leur singulier. L'Épreuve. » (1986)

Expositions (sélection)Modifier

BibliographieModifier

  • L'épure, Paris, Éditions René Julliard, 1963 ; rééd. Marseille, André Dimanche 2000.
  • Bagages perdus, Paris, Éditions Ryôan-ji, 1986.
  • Plus tard, Marseille, Éditions André Dimanche, 2002.
  • Peut-être, Bazas, Éditions Le temps qu'il fait, 2010.
  • Tout ça n'a pas d'importance, Bazas, Éditions Le temps qu'il fait, 2014.

PublicationsModifier

FilmographieModifier

  • Voir ce que devient l'ombre (89 min, janvier 2010), de Matthieu Chatellier, produit par Moviala Films, distribué par Nottetempo. Consacré à Fred Deux et Cécile Reims, ce documentaire suit, pendant plusieurs mois, l'intimité de leur travail de peintre et de graveur. Le film s'inscrit dans le moment précis d’une vie : celui de la vieillesse, de la dépossession et des interrogations sur « l'après ».

Notes et référencesModifier

  1. « Reims, Cécile (1927-....) », sur le site du catalogue général de le BnF
  2. Entretien avec Cécile Reims sur le site de la BNF, à l'occasion de l'exposition de 2004.
  3. Agenda de la ministre
  4. (en) « Cécile Reims », Extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Index, 2006 (ISBN 9780199773787)

Liens externesModifier