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Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain

Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
ADMPVoir et modifier les données sur Wikidata
Type
Forme juridique
Pays
Organisation
Président
Hubert Massol (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Publications
Identifiants
RNA

L'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain (ADMP) est une association française (loi de 1901) créée le sous le haut patronage du général Weygand, président d'honneur jusqu'à son décès en 1965. Surtout relayée par l'Action française[1], elle succède à un « comité d'honneur » pour la libération de Philippe Pétain, fondé en 1948 à l'initiative des avocats du maréchal, et rapidement interdit[2].

ObjectifsModifier

L'ADMP poursuit trois objectifs :

  • la révision du procès de Pétain tout d'abord, sous la direction de l'avocat Jacques Isorni[2] (1911-1995) ;
  • la translation des cendres de Pétain à l'ossuaire de Douaumont[2] ;
  • la réhabilitation du maréchal, ainsi que des valeurs de la Révolution nationale, sous le couvert de la « réconciliation nationale »[2].

Les dirigeants et les membres de l'association peuvent être divisés en deux groupes : les anti-gaullistes, menés par Jacques Isorni, un des avocats de Pétain, qui ne pardonnent pas l'épuration et la politique algérienne du général de Gaulle, et les « pétaino-gaullistes », comme le colonel Rémy[2]. L’ADMP s’est aussi exprimée sur les questions d’actualité, sur l’Indochine et l’Algérie française, et sur le pouvoir gaullien après 1958[3].

L'organe principal de l'association est Le Maréchal. À cette publication s'ajoute, en 1972, La Voix du Maréchal. Le 14 novembre 1951, le député socialiste Daniel Mayer dépose une proposition de résolution « tendant à inviter le Gouvernement à faire rechercher si l'association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain ne poursuit pas un objet illicite contraire aux lois et à la justice ce qui justifierait sa dissolution »[4], qui ne sera finalement pas retenue.

Après avoir été condamnée en 1993 par la Cour de cassation pour « apologie de crime de guerre » pour une publicité de l'ADMP parue dans Le Monde du 13 juillet 1984[5] et après une longue bataille judiciaire, l'association obtiendra partiellement[Information douteuse] [?] gain de cause devant la CEDH, le 23 septembre 1998, celle-ci estimant (par l'arrêt Lehideux et Isorni contre France[6]) qu'il y avait eu violation l'article 10 de la Convention européenne des droits de l'homme, relatif à la liberté d'expression. L'opinion majoritaire chez les juges fut qu'il devait être possible de présenter un personnage, quel qu'il soit, sous un jour favorable et de promouvoir sa réhabilitation — au besoin en passant sous silence les faits qui peuvent lui être reprochés — et que la condamnation pénale subie en France par les requérants était disproportionnée[7].

Située à Paris, l'ADMP existe encore en 2019[8].

PrésidentsModifier

Les présidents ont été successivement[9] :

Œuvres de mémoireModifier

L'ADMP est copropriétaire de l'appartement de l’hôtel du Parc de Vichy[11] occupé par le Maréchal de 1940 à 1944[12] et de sa maison de naissance à Cauchy-à-la-Tour, ayant pour objectif d'entretenir les lieux historiques où vécut le maréchal Pétain et possiblement d'en faire des musées privés[13].

Chaque année, des anniversaires rythment l'activité de l'association et induisent des pèlerinages : le 24 avril, anniversaire de la naissance de Pétain les nostalgiques se réunissent dans sa maison de naissance à Cauchy-à-la-Tour[14], le 1er mai l'anniversaire de la Charte du travail, le 23 juillet, date de la mort de Pétain pèlerinage à l'île d'Yeu, le 11 novembre[2].

BibliographieModifier

  • Jérôme Cotillon, Ce qu'il reste de Vichy, Paris, Armand Colin, coll. « L'histoire au présent », , 251 p. (ISBN 2-200-26382-1).
  • Henry Rousso, Le Syndrome de Vichy, de 1944 à nos jours, Paris, Seuil, coll. « Points / Histoire » (no 135), , 2e éd. (ISBN 2-02-012157-3), p. 59–65.

Notes et référencesModifier

  1. Fiammetta Venner, Extrême France: les mouvements frontistes, nationaux-radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et provie, Grasset, , p. 86.
  2. a b c d e et f Rousso 1990.
  3. Sur l’ADMP et ses prises de position, cf. Henry Rousso, « À contre-courant, l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain », dans Alfred Wahl (dir.), Mémoire de la Seconde Guerre mondiale (actes du colloque de Metz, 6-8 octobre 1983, organisé par le Centre de recherche histoire et civilisation de l'Europe occidentale de l'Université de Metz), Metz, Centre de recherche histoire et civilisation de l'Europe occidentale (no 16), , 301 p. (ISBN 2-85730-016-6), p. 111-123.
  4. Biographie de Daniel Mayer, sur le site de l'Assemblée nationale.
  5. Jean-Pierre Le Crom, « Juger l'histoire », Droit et Société, no 38, 1998.
  6. arrêt Lehideux et Isorni contre France - CEDH
  7. Patrice Rolland (professeur à l'université de Paris XII), « Liberté d'expression et apologie de la collaboration, Affaire Lehideux et Isorni (23 septembre 1998) », Credho Paris Sud, sur le site credho.org.
  8. medias-presse.info, 27 avril 2019, Hommage au Maréchal Pétain
  9. Rousso 1990 donne la liste jusqu'à Lehideux. Cotillon 2003 donne la liste jusqu'à Le Groignec.
  10. Frédéric Plancard, « Messe à Pétain : « Proscrire les fanatismes idéologiques » », L'Est républicain, .
  11. Réhabilitation de la chambre 124 du troisième étage acquise en 1970
  12. Philippe Cros, « Vichy : les nostalgiques de Pétain ont rénové sa chambre de l'hôtel du Parc », sur lamontagne.fr, .
  13. « Le bureau de Pétain vendu aux enchères à une "association de défense du maréchal" », sur lemonde.fr, .
  14. Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d'extrême droite, Jean-Baptiste Malet, Golias,2012 (ISBN 978-2354721374)

Liens externesModifier

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