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Louis Rougier

philosophe et universitaire français
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Louis Rougier
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Louis Rougier, né à Lyon le et mort à Paris le , est un philosophe français.

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BiographieModifier

Agrégé de philosophie en 1915, il est professeur aux lycées de Gap, du Puy-en-Velay, d'Aix-en-Provence. Il enseigne la philosophie et les mathématiques au lycée d'Alger à partir de 1917 ; en 1920, il publie sa thèse de doctorat sous les titres La philosophie géométrique de Poincaré et Les paralogismes du rationalisme. Il exerce ensuite au lycée français Chateaubriand de Rome de 1921 à 1925. Il est nommé en qualité de professeur de philosophie à la faculté des lettres de l'université de Besançon en 1924 ; il y reste jusqu'en 1948. Il achève sa carrière à l'université de Caen en 1959. Au milieu des années 1920, il dirige une collection, « Civilisation et Christianisme », chez André Delpeuch.

Rougier est au croisement de deux courants d'idées importants des années 1930. Il est proche des idées du Cercle de Vienne et du positivisme logique ― les membres du Cercle, dont Philipp Franck, appréciaient son ouvrage Les paralogismes du rationalisme. Par ailleurs, il est l'un des promoteurs du libéralisme, organisant le colloque Walter Lippmann à Paris en 1938, rassemblement d'intellectuels désireux de promouvoir les idées libérales.

Profondément anti-chrétien, il écrira beaucoup contre le christianisme. Dans Celse ou le conflit de la civilisation antique et du christianisme primitif[1], il propose une reconstitution, une traduction et une édition critique du Discours véritable du philosophe païen Celse (IIe siècle apr. J.-C.), réponse au christianisme naissant[2]. Louis Rougier met particulièrement en avant « l'intransigeance antipatriotique et subversive des communautés, qui tendaient à devenir un État dans l'État »[3].

Après la Seconde Guerre mondiale, il prétendra dans un livre (Les accords secrets franco-britanniques - Histoire et imposture), avoir rencontré secrètement Lord Halifax, alors Secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères dans le cabinet britannique, le , le jour même de l'entrevue de Montoire entre Hitler et Pétain. Au cours de cette rencontre, il aurait donné l'assurance à Lord Halifax que jamais la France ne retournerait ses alliances.

Depuis, les déclarations d’après-guerre de Rougier ont été infirmées par le Livre Blanc publié par le gouvernement britannique après 1945 et par des historiens de la période : si les contacts à Londres avec les autorités britanniques sont avérés, les documents publiés en 1945 à l’appui de la thèse d’un « accord secret » se sont révélés être des faux. Selon Robert O. Paxton, il faut comprendre ces falsifications à la lueur de la stratégie mise en œuvre après la guerre par les milieux de la Collaboration pour appuyer la thèse désormais refusée par la grande majorité des historiens d'un « double jeu » pratiqué par le régime de Vichy.

Mis en cause pour son attitude à l'égard du régime de Vichy, il publie après-guerre des livres anti-gaullistes, comme Le Bilan du gaullisme. Proche des milieux néo-pétainistes, il est membre du comité directeur de l'Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain dès sa création en 1951.

Louis Rougier, dans La Défaite des vainqueurs, évoque longuement son combat de longue haleine contre le blocus alimentaire de l'Europe continentale imposé par Churchill. Ce dernier l'avait imposé au motif que tout approvisionnement, en dernier ressort, profiterait à l'Allemagne nazie. Louis Rougier explique que ce blocus crée de graves problèmes de santé publique par carence alimentaire dans les pays qui le subissent, notamment la France. Il avait dirigé à New York un journal en langue française dont le titre était Pour la Victoire, qui parut de 1942 à 1945. Dans le livre cité, Louis Rougier reproduit certains articles qu'il avait publiés dans ce journal. Ces articles attaquaient violemment l'Allemagne nazie, dans l'un d'eux il y accusait notamment Hitler de mener une « guerre zoologique ». Dans un autre, paru entre fin 1943 et début 1944, il accuse en termes limpides l'Allemagne de génocider des populations entières, essentiellement juives et tziganes, en les asphyxiant dans des chambres à gaz[réf. nécessaire] .

Il a exercé une grande influence sur la Nouvelle Droite d'Alain de Benoist, surtout en raison de son anti-christianisme jamais démenti, et devient même l'une des têtes pensantes du GRECE. Il fait d'ailleurs partie, à l'été 1979, du comité de patronage de Nouvelle École. Il appartient en outre au comité d'honneur de l'Institut d'études occidentales[4].

OuvragesModifier

  • En marge de Curie, de Carnot et d'Einstein : études de philosophie scientifique, Chiron, 1921 ;
  • La matière et l'énergie selon la théorie de la relativité et la théorie des quanta, Gauthier-Villars, 1921 ;
  • La Structure des théories déductives. Théorie nouvelle de la déduction, Collection « Bibliothèque de Philosophie Comtemporaine », Librairie Félix Alcan, 1921 ;
  • La scolastique et le thomisme, Gauthier-Villars, 1925 ;
  • Celse ou le conflit de la civilisation Antique et du Christianisme primitif, Collection « Civilisation et Christianisme », André Delpeuch, Éditions du siècle, 1925 ;
  • La Mystique démocratique, ses origines, ses illusions, Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique, 1929 ;
  • Créance morale de la France, Montréal, Lucien Parizeau & Compagnie, 1945 ;
  • Mission secrète à Londres, les accords Pétain-Churchill, 1e éd., A l'Enseigne du cheval ailé, 1946 ;
  • Créance morale de la France, Collection « Hommes et mouvements », Éditions France-Empire, 1946 ;
  • Le bilan du Gaullisme, S.l., 1946 ;
  • La Défaite des vainqueurs, A l'Enseigne du Cheval Ailé, 1947 ;
  • La France jacobine, A l'Enseigne du Cheval Ailé, 1947 ;
  • La France en marbre blanc - Ce que le monde doit à la France, Collection « Bibliothèque du Cheval Ailé », Genève, Constant Bourquin, 1947 ;
  • De Gaulle contre De Gaulle, Collection « La Pensée Libre », Éditions du Triolet, 1948 ;
  • Les Mystiques économiques, Éditions Medicis, 1949 ;
  • La France à la recherche d'une constitution, Sirey, 1952 ;
  • Les accords secrets franco-britanniques - Histoire et imposture, Grasset, 1954, 250p.
  • La Religion astrale des Pythagoriciens, Collection « Mythes et religions », Presses Universitaires de France, 1959 ;
  • La métaphysique et le langage, Collection « Bibliothèque de philosophie scientifique », Flammarion, 1960 ;
  • L'erreur de la démocratie française, L'Esprit Nouveau, 1963 ;
  • Celse contre les chrétiens, Jean-Jacques Pauvert, 1965 ;
  • Histoire d'une faillite philosophique : la Scolastique, Collection « Libertés » dirigée par J.-F. Revel, Jean-Jacques Pauvert, 1966 ;
  • Le Génie de l'Occident, Robert Laffont, 1969 ;
  • La genèse des dogmes chrétiens, Albin Michel, 1972 ;
  • Le conflit du christianisme primitif et de la civilisation antique, Grèce, 1974 ;
  • Celse contre les chrétiens, la réaction paienne sous l'Empire romain, Collection « Théoriques », Copernic, 1977 ;
  • Du paradis à l'utopie, Copernic, 1979 ;
  • Astronomie et Religion en Occident, Presses Universitaires de France, 1980.

PrixModifier

Notes et référencesModifier

  1. Celse contre les chrétiens. La réaction païenne sous l'Empire romain, Jean Hadot, Archives des sciences sociales des religions, Année 1978, Volume 46, Numéro 46-2, p. 299
  2. Louis Rougier. Celse ou le conflit de la civilisation antique et du christianisme primitif, Joseph Bidez, Revue belge de philologie et d'histoire, Année 1927, Volume 6, Numéro 1, p. 460 - 463
  3. L. Rougier. Celse contre les Chrétiens, Robert Turcan, In: Revue de l'histoire des religions, tome 195 no 2, 1979. p. 221-222
  4. Philippe Lamy (sous la dir. de Claude Dargent), Le Club de l'horloge (1974-2002) : évolution et mutation d'un laboratoire idéologique (thèse de doctorat en sociologie), Paris, université Paris-VIII, (SUDOC 197696295, lire en ligne), p. 117.

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Maurice Allais, Louis Rougier, prince de la pensée, Fondation de Lourmarin, 1990, 74 pages.
  • Alain de Benoist, Louis Rougier. Sa vie, son œuvre, Cercle Ernest Renan, 2002
  • Flavia Padovani et Jean-Claude Pont (dir.), Louis Rougier : vie et œuvre d'un philosophe engagé, Philosophia scientiæ, no 10-2, 2006 En ligne

Liens externesModifier

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