Alix d'Eu

comtesse d'Eu
Alix d'Eu
Titres de noblesse
Comtesse d'Eu
Dame d'Hastings et de Tickhill
Dame d'Exoudun
Biographie
Naissance
V. 1180
Décès
Sépulture
Époque
Période d'activité
Famille
Père
Henri II d'Eu
Mère
Mathilde de Warenne
Fratrie
Raoul d’Eu
Guy d’Eu
Jeanne d’Eu
Conjoint
Enfants
Raoul II d'Exoudun
Mathilde d'Exoudun
Jeanne d'Exoudun
Autres informations
Grands-Parents

Jean Ier d'Eu
Alix d'Aubigny

Hamelin d'Anjou
Isabelle de Warenne
Héritier
Alix d'Eu.svg
Écu burelé d'argent et d'azur de douze pièces
brisé d'un lambel de sept pendants de gueules

Alix d'Eu (v. 1180-14 mai 1245), est de plein droit (suo jure) comtesse d'Eu, baronne d'Hastings (1191-1245) et de Tickhill dans le Yorkshire. Elle est la dernière dirigeante du comté d'Eu de la Maison de Normandie.

Alix épouse Raoul Ier d'Exoudun en 1190 ou 1191[1], faisant passer l'héritage familial dans la Maison de Lusignan.

BiographieModifier

FamilleModifier

Elle est la fille d'Henri II (♰ 1190/91), comte d'Eu, baron d'Hastings et de Mathilde de Warenne (♰ av. 1228), fille d'Hamelin d'Anjou (v. 1130-1202) et d'Isabelle de Warenne (♰ 1203), comtesse de Surrey. Elle hérite d'Eu et d'Hastings à la mort de son père en 1191, ses frères aînés étant tous deux morts prématurément[2]. Alix a une sœur cadette, Jeanne d'Eu (♰ 1252) vicomtesse de Crieul[3].

Elle descend par sa mère de Geoffroy V Plantagenêt (1131-1151), comte d'Anjou et du Maine, et est apparentée aux rois d'Angleterre, Richard cœur de Lion et Jean sans Terre, cousins de son père Henri II d'Eu[3].

Elle porte le prénom de sa grand-mère paternelle, Alix d'Aubigny, fille de Guillaume d'Aubigny (♰ 1176), 1er comte d'Arundel, et d'Adélaïde de Louvain (v. 1103-23 avril 1151), veuve de Henri Ier Beauclerc (v. 1068-1er déc. 1135), roi d'Angleterre.

Un héritage constamment morceléModifier

À la mort de Richard Cœur de Lion, son mari prête serment à son successeur, Jean sans Terre, en 1200 et obtient en retour la terre poitevine de Civray[4],[5]. Pourtant, le roi enlève cette même année Isabelle d'Angoulême, la fiancée du frère aîné de Raoul, Hugues IX le Brun, ce qui pousse la famille de Lusignan à réclamer justice auprès de Philippe-Auguste.

Jean sans Terre riposte et saisi les possessions anglaises d'Alix (les châteaux de Hastings et de Tickhill, ainsi que toutes leurs dépendances). Les fiefs normands sont attaquées et Raoul organise la défense et se retranche dans leur château de Drincourt, qu'il parvint à défendre jusqu'en 1202 contre les assauts du sénéchal de Normandie. La prise de la Normandie par Philippe-Auguste permet à Alix de retrouver ses riches possessions normandes mais elle perd ses possession anglaises[6].

Le Traité de ParthenayModifier

En 1214, Raoul et son frère aîné, Hugues IX le Brun, rejoignent de parti du souverain anglais ce qui permet à Alix de retrouver tous ses droits et de se voir restituer les châteaux de Hastings et de Tickhill dans le Yorkshire[7]. Le couple est alors privé de ses possessions normandes, mais le roi Jean leur accorde une forte compensation financière de 6000 livres tournois par an[8].

Son époux reste alors fidèle au roi d'Angleterre qui lui attribue en octobre la garde de toutes les terres de ses ennemis autour de sa baronnie d'Hastings, dans les comtés de Sussex et du Kent. Cependant le couple perd l'honneur de Tickhill que Robert de Vieuxpont arrache, probablement avec l'appui des barons révoltés en 1215.

Décès de Raoul d'ExoudunModifier

Raoul Ier d'Exoudun meurt le 1er mai 1219[9]. Son décès lève la condamnation pour trahison envers le roi de France qui ne pèse plus sur Alix. En août, elle signe le traité de Melun par lequel le souverain des francs lui rend le comté d'Eu et le fief de Roumare[10]. Par ce traité, Philippe Auguste lui impose une solide tutelle et réduit fortement le potentiel défensif et l'autonomie d'Alix et de son fils, le jeune Raoul II d'Exoudun (né vers 1207). À la fin de l'année 1220, Alix d'Eu réussi enfin à entrer en pleine possession de son héritage des deux côtés de la Manche.

Entre Plantagenêt et CapétiensModifier

Cependant les intérêts politiques des Lusignan fragilisent les propriétés de la comtesse. Le traité de Bourges, en mai 1224, entre Hugues X de Lusignan, comte de la Marche[11], Geoffroy II de Lusignan, seigneur de Vouvant et vicomte de Châtellerault[12], d'une part et Louis VIII, roi de France, d'autre part, provoquent leur retournement en faveur du camp capétien. Les Lusignan, par cet acte, ouvrent les portes du Poitou aux Capétiens. Comme les terres de son mari défunt en Poitou sont gardées par Hugues X de Lusignan jusqu'à la majorité de son fils et parce qu'il s'agit du seul moyen de pression de la couronne anglaise sur la famille, Henri III d'Angleterre décide de confisquer les terres anglaises d'Alix[13].

Le 7 mai 1225, Alix passe un accord avec le roi à Westminster, au milieu d'une grande cour composée de l'archevêque de Canterbury, de quatre évêques, du justicier Hubert de Bourg et de cinq comtes. Elle accepte de confier le château d'Hastings en gage au roi qui le tiendra jusqu'à ce que la paix ou une trêve soit signée entre lui et le roi de France. Le roi le lui rendra si elle paye la somme de 500 marcs qui correspond à la valeur totale d'un an de revenu de toutes ses terres anglaises[14].

L'accord proposé par Hubert de Bourg contraint Alix à utiliser son crédit et ses relations familiales en France pour obtenir une trêve ou un traité acceptable pour le roi d'Angleterre et juguler ainsi les ambitions auprès d'Hugues X de Lusignan (neveu de son défunt mari) et d'Isabelle Taillefer sur l'Aquitaine.

À cause de ses possessions dispersées dans trois espaces différents (Poitou, Normandie et Angleterre), le couple formé par Raoul Ier d'Exoudun et Alix d'Eu a rencontré de graves difficultés patrimoniales à partir du moment où ces trois espaces se sont dissociés, suite à l'émiettement des territoires Plantagenêt sur le continent (1200 puis 1224).

Si toute confiscation obère sévèrement les finances de la comtesse et de son fils, les baronnies anglaises sont de faible importance comparée au comté normand d'Eu[15]. En 1242, Raoul II, fait le choix de renoncer à soutenir la révolte féodale de son cousin Hugues X de Lusignan, afin de conserver la faveur du roi de France et la possession du comté d'Eu. Les contraintes politiques des comtes d'Eu les ont éloigné des solidarités coutumières internes au groupe familial développées depuis plus d'un siècle et demi. Cette position, inhabituelle chez un membre du lignage, amorce le déclin du réseau familial.

En 1244, Henri III donne l'ordre de faire remettre à Alix d'Eu toutes les affaires qui se trouvaient sur ses terres anglaises, à nouveau confisquées, et ordonne à la comtesse de remettre le château de Tickhill à un gardien royal qui le tiendra désormais pour le fils aîné du roi. À partir de cette date, le roi d'Angleterre assure la gestion des deux baronnies qui ne seront jamais restituées aux héritiers d'Alix.

DécèsModifier

Alix d'Eu décède le 14 mai 1245[16] et est inhumée à La Mothe-Saint-Héray, en Poitou[17].

Mariage et descendanceModifier

Raoul Ier d'ExoudunModifier

Raoul est le second fils d'Hugues le Brun (av. 1124-v. 1169) et d'Aurengarde d'Exoudun (av. 1124-v. 1174). Il est le frère cadet d'Hugues IX le Brun (av. 1151-11 août 1219), seigneur de Lusignan (ap. 1171-1219) et comte de la Marche (1199-1219). Il a également pour frère utérin Hugues de Surgères (v.1174-1212), vicomte baillistre de Châtellerault (1203-1212), dont il sera le successeur.

En 1190 ou 1191, Alix épouse Raoul Ier d'Exoudun (v. 1169-)[9] et ont trois enfants[3] :

Sceau et armoiriesModifier

Sceau [1219-1229]Modifier

Avers : Navette, 55 x 35 mm[26].

Description : Écu burelé de vingt pièces au lambel de sept pendants. Au-dessus et au-dessous de l'écu, une quintefeuille.

Légende : ✠ SIGILLVM • HAELIDIS • COMITISSE • AUGI

Légende transcrite : Sigillum Alix, comitisse Augi

Contre-sceau : Navette, 55 x 42 mm[27].

Description : Dame debout, de trois quarts à gauche, la tête de profil couverte par un touret, les cheveux coiffés en chignon. Sa robe longue est serrée à la taille par une ceinture. Elle porte un manteau court non doublé. Sur sa main gauche se trouve un oiseau qui retourne la tête vers elle. Dans sa main droite, une fleur de lys.

Légende : ✠ SIGILLVM • HAELIDIS • COMITISSE• AUGI

Légende transcrite : Sigillum Alix, comitisse Augi

Références[28],[29],[30],[31]

Armoiries [1219-1229]Modifier

  Blasonnement :
Écu burelé d'argent et d'azur de douze pièces brisé d'un lambel de sept pendants de gueules
Commentaires : Blason d'Alix comtesse d'Eu, d'après les empreintes d'un sceau entre 1219 et 1229.

Références[28],[32],[30],[31],[26]

Notes et référencesModifier

  1. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel du Tréport (Ordre de Saint Benoit) (éd. Pierre Lafleur de Kermaingant), Paris, (lire en ligne), partie LIII, p. 88-90
    1191 : Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu, confirme toutes les donations faites à l'abbaye Saint-Michel-du- Tréport par ses prédécesseurs, Robert, Guillaume [II], Henri [Ier], Jean et Henri [II] le Jeune ainsi que par tous leurs hommes : les droits sur l'avoine et le froment de Villy-sur-Yères, sur l'avoine de Montroty, la dîme de Feukereuscamp, la redevance due pour la coupe de bois à Eu, les droits banaux du moulin du Mesnil-Allard, libres de toute dîme, le pasnage dans la forêt d'Eu et tous les essarts de cette forêt, toute la dîme vicomtale d'Eu, du Tréport, de Criel-sur-Mer, de Sept-Meules, et de Grandcourt, tous les droits banaux des moulins et la taille du Mont-Huon. Si les hommes de l'abbaye sont amenés à répondre devant les tribunaux, ils pourront se disculper et ne seront jugés que par l'abbé. Il lui donne également la justice des coups ayant été jusqu'au sang dans toute la terre de l'abbaye et spécialement à La Fontaine, à Villy-sur-Yères et au Mesnil-Allard. Il promet sous peine d'excommunication que ni lui ni ses héritiers ne chercheront à collecter des tailles sur les terres de l'abbaye et leur concède de pouvoir pêcher dans les eaux d'Eu pour trois fêtes, les cultures entre le Tréport et Flamengeville, et confirme la donation d'un pré à Flamengeville, d'une hospice au Tréport, une dîme au Tost, une dîme à Eu, des coutumes sur le pain et la dîme du pain au Tréport, la dîme de l'achat des poissons pour la cuisine du comte, une foire le jour de la Saint-Michel [29 septembre] et une autre le jour de la Saint-Jean-Baptiste [24 juin].
  2. Raoul (♰ 1186), Guy (♰ 1185).
  3. a b et c Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe-XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, , Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 11 (« Le sous-lignage d'Eu »), p. 170
  4. Foedera, Conventiones, Litterae, et cujuscunque generis Acta Publica inter reges Angliae et alios quosvis imperatores, reges, &c., ab. A.D. 1101 ad nostra usque tempora habita aut tractata (éd. Thomas Rymer), vol. I : pars I (1066-1272), Londres, Record Commission on Historical Manuscripts, (lire en ligne), p. 79
    1200, 28 janvier, Caen : Hugues [IX de Lusignan] le Brun, comte de la Marche et de Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu, font hommage lige à Jean, roi d'Angleterre, contre tout homme ou femme. Ils agiront fidèlement pour son honneur et son intérêt de tout leur pouvoir et pour rechercher, récupérer et maintenir ses droits et l'aider contre tous et contre ceux qui sont ou qui seront de leur famille. Ils feront en sorte que le roi d'Angleterre ne soit pas diminué pendant leur vie ou par leurs cousins ou par d'autres. En garantie de cela, ils font jurer plusieurs de leurs vassaux dont Joscelin de Lezay.
  5. Rotuli Chartarum in Turri Londinensi asservati (éd. Thomas Duffus Hardy), vol. I : pars 1, 1199-1216, Londres, (lire en ligne), p. 58-59
  6. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe-XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d'un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), La propagation arborescente d'un lignage : le parentat à l'échelle de la Chrétienté, chap. 2 (« Entre Plantagenêt et Capétien (1200-1242) / Les difficultés du double jeu / Chantages et confiscations de terres / Les mésaventures des comtes d'Eu »), p. 271-277
  7. Rotuli Chartarum in Turri Londinensi asservati (éd. Thomas Duffus Hardy), vol. I : pars 1, 1199-1216, Londres, (lire en ligne), p. 197-198
    1214, 25 mai, Parthenay : Hugues [IX] de Lusignan, comte de la Marche, Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu et Geoffroy [Ier] de Lusignan font un traité de paix et d'alliance avec le roi d'Angleterre, Jean. Le roi donne sa fille Jeanne en mariage au fils du comte de la Marche, Hugues [X], et la confie à leur garde. Il donne à sa fille une dot de 2000 livres qui doivent être assignées sur le Poitou, l'Anjou et la Touraine. En attendant, Hugues [X] aura la garde de la Saintonge et de l'île d'Oléron qui retourneront au roi une fois la dot attribuée. Si Hugues [X] ou Jeanne meurent sans héritier, les terres reviendront au roi. La possession du comté de la Marche est confirmée à Hugues [IX] qui en fait hommage au roi. Raoul [Ier d'Exoudun] se voit restituer les honneurs d'Hastings et de Tickhill et attribuer une rente annuelle égale à la valeur du comté d'Eu qui lui a été confisqué par le roi de France. Geoffroy [Ier] de Lusignan et tous les vassaux des signataires recouvrent également leurs terres. Une trêve est proclamée entre Geoffroy et Guillaume [IV] Maingot, seigneur de Surgères, et une compensation proposée aux prétentions de ce dernier sur le château de Vouvant. Le comté d'Angoulême reste intégralement au roi d'Angleterre qui offrira au comte de la Marche une compensation financière pour les châteaux de Bouteville et de Châteauneuf.
  8. Rotuli Chartarum in Turri Londinensi asservati (éd. Thomas Duffus Hardy), vol. I : pars 1, 1199-1216, Londres, (lire en ligne), p. 208
    1214, 27 mai, Parthenay : Jean, roi d'Angleterre distribue des fiefs à ses chevaliers. Guillaume [II] de Lezay reçoit 100 livres et un fief-rente d'une valeur de 100 livres, quatre chevaliers de Geoffroy [Ier] de Lusignan reçoivent 200 livres, et lui-même, 1000 livres poitevines. En compensation pour Bouteville et Châteauneuf, Hugues [IX de Lusignan], comte de la Marche, reçoit 500 marcs pour les trois années à venir ainsi qu'un don de 1000 livres sterling. En compensation pour le comté d'Eu, Raoul [Ier d'Exoudun], se voit octroyer une rente annuelle de 6000 livres tournois.
  9. a et b Ex Obituario monasterii Ulterioris Portus (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, H. Welter, (lire en ligne), p. 452

    « Obiit Radulphus, cornes Augi »

  10. Layettes du trésor des chartes (éd. Alexandre Teulet), t. I : de l'année 755 à l'année 1223, Paris, Plon, (lire en ligne), 1360 : Melun 1219 Août, p. 487-488
    1219, début août, Melun : Alix, comtesse d'Eu, [veuve de Raoul Ier d'Exoudun], passe un accord avec le roi de France, Philippe [II] Auguste, qui lui rend le comté d'Eu en gardant pour lui la haute justice, la gestion des juifs et tous les droits et services que le comte d'Eu doit au seigneur de la Normandie. Ni elle ni ses héritiers ne feront de réclamation sur Drincourt, Mortemer ou Arques et leurs dépendances que le roi a saisi. Ce dernier lui rend ce que son mari, possédait de la terre de Roumare quand il a pris parti pour le roi d'Angleterre, à l'exception de la forêt de Roumare et de Neuf-Marché sur lesquels la comtesse ne pourra élever aucune prétention, laissant au roi la haute justice et toutes les justices et services qui appartiennent au seigneur de Normandie. Le roi se réserve le fief de Bully que Robert de Melleville tient dans le bailliage de Neufchâtel. Alix promet de ne pas se marier et le roi s'engage à ne pas la marier non plus. Ni elle, ni ses héritiers ne fortifieront de places sans l'accord du roi. Elle lui versera 15000 marcs d'argent. Robert de Melleville en son nom et Geoffroy de la Chapelle, au nom du roi, recevront tous les revenus du comté d'Eu desquels sera déduit le paiement de la somme selon les termes prévus.
  11. Veterum scriptorum et monumentorum, historicorum, dogmaticorum, moralium, amplissima collectio (éd. Edmond Martène), t. I, Paris, (lire en ligne), col. 1184-1185
    1224, mai, Bourges : Le roi de France, Louis [VIII], et Hugues [X de Lusignan], comte de la Marche et d'Angoulême, font un traité. Le roi verse au comte de la Marche la somme de 2000 livres parisis en compensation du douaire qu'Isabelle d'Angoulême avait en Angleterre. Pour celui qu'elle avait à Saumur, le couple reçoit Langeais qu'il ne peut pas fortifier. Le comte abandonne au roi tous les droits qu'il réclamait sur Issoudun. Si Bordeaux est prise, elle sera remise au comte de la Marche à l'exception de la régale et de l'hommage des barons distants de la ville de plus de 3 lieues, et Langeais reviendra au roi. Le comte gardera Saintes et prendra possession de l'île d'Oléron qui est à conquérir. Si le roi ne peut participer à la campagne, il fournira au comte 200 chevaliers et 600 sergents à pied payés par lui pour quatre mois et pendant sept ans. Le comte lui fait hommage lige de toutes les terres et les forteresses qu'il tient dans les comtés de Poitiers, de la Marche, d'Angoulême et dans le diocèse de Saintes, à l'exception des fiefs qu'il tient des églises et ses successeurs feront de même. Le roi ne fera pas de paix avec le roi d'Angleterre sans l'accord du comte.
  12. Layettes du trésor des chartes (éd. Alexandre Teulet), t. II : de l'année 1224 à l'année 1246, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 1650, p. 31
    1224, mai, Bourges : Geoffroy [II] de Lusignan, fera hommage lige au roi de France, Louis [VIII], de la vicomté de Châtellerault, qu'il tient de son épouse Clémence, fille du vicomte Hugues [III], quand il la conduira au roi, sauf s'il ne peut payer le rachat du fief. Si Clémence meurt sans descendant, la vicomté reviendra aux héritiers les plus proches. Nul ne pourra construire de nouvelle forteresse à Châtellerault sans l'accord du roi. Geoffroy a fait hommage des autres terres que son père tenait du roi Philippe [II Auguste]. Lorsque le roi est en Poitou, il devra lui livrer son château de Vouvant pour y mettre la garnison du roi qui le lui rendra après son départ et ce, avec l'accord de son seigneur le comte de la Marche. Il renonce aussi à tout ce à quoi sa femme avait le droit de prétendre dans le comté d'Alençon.
  13. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe-XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), p. 276

    « Après la chute de La Rochelle et la perte du Bazadais et du Bordelais, le 28 octobre 1224, il donne l'ordre aux sheriffs de Nottingham, de York, de Sussex et de Kent de saisir tous les domaines de la comtesse et de les remettre à son oncle, le comte de Surrey, Guillaume IV de Warenne. »

  14. Calendar of the Patent Rolls of the reign of Henry III preserved in the Public Record Office (éd. Henry Maxwell Lyte), t. I : 1216-1225, Londres, (lire en ligne), p. 579
    1225, 7 mai, Westminster : En présence d'Étienne Langton, archevêque de Canterbury, d'Hugues de Galles, évêque de Lincoln, de Joscelin de Wells, évêque de Bath, de Richard Poore, évêque de Salisbury, de Raoul Neville, évêque de Chichester, de Hubert de Bourg, justicier d'Angleterre, de Ranulf [III de Blondeville], comte de Chester et de Lincoln, de Guillaume [II] le Maréchal, comte de Pembroke, de Gilbert de Clare, comte de Gloucester et de Hertford, de Guillaume [IV] de Warenne, comte de Surrey, de Guillaume [II] de Mandeville, comte d'Essex, et d'autres, Alix, comtesse d'Eu, [veuve de Raoul Ier d'Exoudun], confie le château de Hastings au roi d'Angleterre, Henri [III], jusqu'à ce que la paix soit signée entre lui et le roi de France, [Louis VIII] où que de longues trêves aient été décidées. Le roi rendra la château à la comtesse si elle paye la somme de 500 marcs et promet qu'il ne touchera à aucun des droits ou des hommes de la comtesse ou de ses héritiers.
  15. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe-XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), p. 277

    « Le revenu annuel du comté d'Eu (6000 livres) est nettement supérieur à celui des possessions poitevines des Exoudun (992 livres) et plus encore à celui des baronnies anglaises (600 livres). »

  16. Ex Obituario monasterii Ulterioris Portus (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, H. Welter, (lire en ligne), p. 452

    « Obiit Aelis, venerabilis comitissa Augi. »

  17. Chronique des comtes d'Eu depuis 1130 jusqu'à 1390 (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 442
  18. a et b Cartulaire de l'abbaye Notre-Dame et Saint-Jean-Baptiste de Foucarmont (manuscrit latin, copie du XIIIe siècle, d'après original perdu), Rouen, Bibliothèque municipale (no Y. 013), (présentation en ligne), fol. 55-56
    1219, 17 mai, Melle : Alix, comtesse d'Eu, [veuve de Raoul Ier d'Exoudun], avec l'accord de son fils Raoul [II] et de sa fille Mathilde, confirme à l'abbaye de Foucarmont tout ce qui lui a déjà donné à savoir une terre, une rente de quatre livres et toutes les dîmes de ses domaines anglais comme le prouvent les chartes que les moines ont en leur possession en échange de quoi les moines constitueront dix prêtres pour prier dans cette abbaye pour le salut de son âme, celui de son époux et pour la rémission de ses péchés et des péchés de ses héritiers et de ses parents.
  19. a b et c « Documents relatifs du prieuré de Notre-Dame de Fontblanche (1220-1665) » (éd. Gustave Babinet de Rancogne), Mémoires de la Société de statistique, sciences, lettres et arts du département des Deux-Sèvres, Niort, L. Clouzot, 2e série, vol. XII,‎ , p. 7-8 (lire en ligne)
    1220, novembre, La Mothe-Saint-Héraye : Alix, comtesse d'Eu, veuve de Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu, donne au prieuré Notre-Dame-de-Fontblanche, avec l'assentiment de son fils Raoul [II] et de ses filles Mathilde et Jeanne, la moitié de ce qu'elle possédait du don de son époux dans le Breuil d'Alaine, avec six quarterées de pré.
  20. Le chartrier de l'Abbaye prémontrée de Saint-Yved de Braine, 1134-1250 (éd. Elèves de l'Ecole des Chartes, dir. Olivier Guyotjeannin), Paris, École nationale des chartes, coll. « Mémoires et documents de l’Ecole des chartes » (no 49), (lire en ligne), B 15, p. 336-337
    1240 : Raoul [II] d'Exoudun, comte d'Eu, confirme la donation faite à Notre-Dame-et-Saint-Yved de Braine par son épouse défunte, Yolande de Dreux, d'une rente de 10 livres provinois sur la terre de Paars, qui est du fief du comte de Braine, [Jean Ier de Dreux].
  21. Layettes du trésor des chartes (éd. Joseph de Laborde), t. III : de l'année 1247 à l'année 1260, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 4295, p. 326-327
    1256, 5 octobre, Poitiers : Marie [d'Exoudun], comtesse d'Eu, dame de Civray, Chizé, Melle, Benet, La Mothe et Villeneuve, décide de conférer la châtellenie de Chizé à son époux, Alphonse de Brienne et demande à son suzerain, Alphonse, comte de Poitiers, de le recevoir à l'hommage lige.
  22. Elle reçoit le prénom de sa grand-mère maternelle : Mathilde de Warenne (♰ av. 1228).
  23. Ex Obituario monasterii Ulterioris Portus (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, H. Welter, (lire en ligne), p. 452

    « Obiit nobilis Mathildis, comitissr de Herefort, filia nobilis Aelidis, comitissae Augi. »

  24. Elle porte le même prénom que sa tante maternelle : Jeanne d'Eu (♰ 1252) vicomtesse de Crieul.
  25. Ex Obituario ecclesiæ Augensis (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, H. Welter, (lire en ligne), p. 451
  26. a et b SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Alix d'Eu - Revers », sur http://www.sigilla.org/, Université de Poitiers
  27. SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Alix d'Eu - sceau », sur http://www.sigilla.org/, Université de Poitiers
  28. a et b chartularium monasterii Fontis-Ebraldi, in dioecesi Pictaviensi ; quod Rogerius de Gaignieres partim ex chartis, partim ex magno ejusdem abbatiae chartulario describi curavit (manuscrit latin, copie pour Roger de Gaignières), Paris, BnF, coll. « manuscrit latin » (no 5480 (1)), (lire en ligne), fol. 260
  29. Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur : Collection de sceaux (éd. Louis Douët d'Arcq), t. I, Paris, Henri Plon, (lire en ligne), n°919 : Alix, Comtesse d'Eu, sœur de Raoul Ier et femme de Raoul II (1219), p. 412
  30. a et b Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux (éd. François Eygun), Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, , n°303, pl. LVI, p. 203
  31. a et b Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe-XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 3 : Annexes 3 à 6 (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, , Annexe 4 : Catalogue des sceaux de la famille de Lusignan, chap. VI (« Comtes d'Eu / Alix d'Eu, Sceau [1219-1229] »), p. 319-320
  32. Inventaires et documents publiés par ordre de l'Empereur : Collection de sceaux (éd. Louis Douët d'Arcq), t. I, Paris, Henri Plon, (lire en ligne), n°919 bis : Revers, p. 412

Sources et bibliographieModifier

Sources diplomatiquesModifier

Sources sigillographiquesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier