Hugues X de Lusignan

seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême

Hugues X de Lusignan (v. 1182- devant Damiette), seigneur de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, fils d'Hugues IX le Brun et de sa première épouse, dont l'identité est inconnue.

Hugues X de Lusignan
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Titres de noblesse
Comte de la Marche
Comte d'Angoulême
Seigneur de Lusignan
Biographie
Naissance
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Sépulture
Famille
Père
Mère
Agathe de Preuilly (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Hugues XI de Lusignan
Isabella de Lusignan (d)
Geoffroy Ier de Lusignan (seigneur de Jarnac)
Geoffrey le Brun, Lord of Jarnac (d)
Margaret de Lusignan (d)
Agatha le Brun (d)
Guy de Lusignan (d)
Alice de Lusignan, Comtesse de Surey
Aymer de Valence (en)
Guillaume de Valence
Isabelle de Lusignan
Isabelle de Lusignan, Dame de Beauvoir-sur-Mer et de Marcillac (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Coat of Arms of Hugh X of Lusignan.svg
blason

Il était un grand seigneur, comptant parmi les plus puissants barons du royaume de France.

BiographieModifier

En août 1200, alors qu'il était encore tout jeune, sa fiancée Isabelle Taillefer, lui est enlevée par leur seigneur Jean sans Terre roi d'Angleterre, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, à l'occasion même de leur mariage projeté à Angoulême. Puis Jean épouse immédiatement Isabelle, une enfant de 12 ou 13 ans ! Le scandale est immense, le fiancé bafoué et de nombreux seigneurs d’Aquitaine, vassaux de Jean mais indignés, se révoltent et interjettent un appel féodal auprès du roi de France Philippe II Auguste, le suzerain de Jean en France. En effet, l’attitude inqualifiable de Jean justifie la rupture du lien vassalique. Le roi d’Angleterre refusant de comparaître devant ses pairs, Philippe Auguste profite de l’occasion pour déclencher « la commise » des terres de Jean en France. La Normandie et de nombreuses autres provinces (Anjou, Maine, Touraine, Bas Berry, Poitou, suzeraineté sur les principautés relevant du duché d'Aquitaine : Limousin, Marche, Angoumois, Périgord, Agenais, Saintonge, Aunis...) vont ainsi peu à peu revenir au roi de France. Ce fait est à l'origine du démantèlement de l'empire Plantagenêt sur le continent.

Depuis cet événement, la famille des Lusignan a rallié le camp capétien et s'est montrée hostile aux intérêts du roi Plantagenêt. Le , pour asseoir sa position en Poitou et apaiser les Lusignan, Jean d'Angleterre passe un traité avec ces derniers. Il est conclu entre Jean d'une part, Hugues IX (comte de la Marche), Raoul Ier de Lusignan (comte d'Eu) et Geoffroi Ier de Lusignan (seigneur de Vouvant et de Mervent), d'autre part, que le roi donnera en mariage sa fille Jeanne d'Angleterre, née (en 12010) d'Isabelle Taillefer, au futur Hugues X, fils d'Hugues IX le Brun comte de la Marche, et la confiera à la garde du comte de la Marche et d'Hugues de Lusignan, son fils. Hugues IX se voit donner en baillie Saintes et Oléron, en Saintonge.

Mariage avec Isabelle d'AngoulêmeModifier

En 1219, à la mort de son père, Hugues X devient seigneur de Lusignan et comte de la Marche. Il n'est toujours pas marié et la jeune princesse anglaise : Jeanne réside toujours en terre poitevine, trop jeune encore pour prendre époux. Isabelle Taillefer, sa mère, est veuve depuis 1216. Elle quitte Londres sous la pression des grands seigneurs anglais et retrouve Angoulême. Vingt ans après, l’occasion se présente à nouveau de constituer autour des fiefs Lusignan du Poitou et des comtés de la Marche et de l’Angoumois un vaste ensemble territorial.

C'est en 1220, qu'Hugues épouse Isabelle Taillefer, fille d'Aymar comte d'Angoulême, laquelle avait été son ancienne fiancée - et non celle de son père[1],[2],[3], avant que Jean sans Terre ne la lui ravisse pour l'épouser en 1200[4].

Hugues de Lusignan, un grand feudataireModifier

Hugues demande immédiatement à entrer en possession du douaire de sa femme. Henri III d'Angleterre lui donne donc les terres anglaises, normandes, et surtout les seigneuries de Saintes et de Niort. En 1221, après une dispute, ses terres anglaises sont brièvement saisies. Elles sont définitivement confisquées en juin 1224, lorsque Hugues X de Lusignan s'allie au roi de France Louis VIII, en contrepartie de Saintes, d'Oléron, des droits comtaux sur la Saintonge et de la vicomté de Châtellerault pour son parent Geoffroy II. Ce changement d'alliance fait passer sous domination capétienne le nord aquitain : Poitou, Saintonge, Angoumois, Périgord et fragilise Bordeaux et les possessions anglaises de Gascogne. Louis VIII ne conquiert pas réellement le Poitou par cet accord, il en chasse simplement le roi d'Angleterre et ses agents, et remplace leur domination lointaine par la sienne.

Hugues X échoue dans sa conquête de l'Aquitaine et de Bordeaux. Durant le siège d'Avignon, pendant l'été 1226, il s'entend avec deux autres mécontents, Pierre Ier Mauclerc, duc de Bretagne et Thibaut IV, comte de Champagne[5]. Par l'entremise du duc de Bretagne, il obtient le 19 octobre l'assurance que s'il acceptait de se rallier au roi d'Angleterre, le traité du 27 mars 1224 serait observé[6].

Le décès prématuré de Louis VIII, à Montpensier le 8 novembre 1226, laisse la couronne à un jeune souverain de douze ans et va bouleverser l'équilibre politique du royaume. Le sacre du jeune Louis IX eut lieu le  ; Hugues X et Isabelle en sont absents.

La menace d'un débarquement anglais, qui avait pesé sur l'Aunis en mai 1226, incit e le seigneur de Lusignan à renouer diplomatiquement avec son beau-fils[7]. Le 18 décembre 1226, Henri III propose un nouveau traité qui doit faire revenir à son service le comte de la Marche, le vicomte de Thouars et le seigneur de Parthenay. Tous les barons anglais jurent, deux jours plus tard, de tout mettre en œuvre pour le faire respecter[8]. En échange de l'hommage et de la fidélité du comte de la Marche, le roi d'Angleterre accepte de lui remettre en fief, transmissible à ses héritiers, Saintes et la Saintonge et d'autres importantes concessions[9],[10]

Fin décembre 1226, l'ambassadeur d'Henry III, l'archidiacre de Chichester porteur du traité, arriva à Lusignan en même temps que celui de Blanche de Castille. Hugues X informa Henry III, via Chichester, qu'il allé rencontrer la régente le 2 février 1227, ouvrant ainsi une politique des enchères entre Capétiens et Plantagenêt. Hugues X de Lusignan et Pierre Mauclerc, rencontrèrent la reine Blanche à Vendôme. Le jeune Louis IX, sur les conseils de sa mère, fut des plus magnanimes et reçut leurs hommages.

Le traité de Vendôme[11]Modifier

Le , Hugues X de Lusignan se fit octroyer par la reine Blanche de Castille la somme colossale de 10 600 livres tournois par an pendant dix ans. Son fils (le futur Hugues XI le Brun) sera marié à Isabelle de France, unique sœur de Louis IX, et sa fille Isabelle de Lusignan promise à Alphonse de Poitiers, frère cadet du roi. En contrepartie, Hugues X rendit à la régente tous les biens qu’il tenait de Louis VIII. Il promit, en outre, la soumission de ses vassaux et surtout de ne pas s’allier aux ennemis du royaume[12]. En gage de son bon vouloir, le comte de la Marche donna pour otages les vicomtes de Brosse et de Châtellerault.

À cette époque Hugues et Isabelle font partie des grands feudataires du royaume de France. Le beau-fils d'Hugues n'est autre que le roi d'Angleterre, Henri III Plantagenêt. Hugues X possède l'Angoumois, la Marche, la Saintonge, une partie de l'Aunis, Oléron et plusieurs domaines et places fortes en Poitou, soit directement, soit détenus par un membre de sa famille. Leurs possessions sont à la frontière des domaines plantagenêt et capétien. Sans l'autorisation d'Hugues et de ses parents, aucun des deux souverains ne peut entrer en Poitou. Hugues X et Isabelle Taillefer ont créé un État dans l’État, quasi indépendant.

Malgré les concessions faites par Blanche de Castille, le traité de Vendôme ne sera suivi que d'une simple trêve. La soumission de Lusignan n'est qu'apparente. Dès le mois de décembre suivant, Pierre de Dreux, duc de Bretagne, Enguerrand de Coucy, Hugues X et Philippe Hurepel[13], toujours fortement déçus par la régence de Blanche de Castille, se réunirent secrètement à Corbeil et projetèrent d’enlever le jeune roi lors d’un de ses déplacements.

Ainsi, alors que la reine mère et son fils se dirigeaient vers Orléans, les barons rassemblés à Étampes, Dourdan et Melun, saisirent l’occasion pour leur tendre une embuscade du côté d’Étréchy. Toutefois, avertis par un envoyé du comte de Champagne Thibault, le complot échoua. L'enfant-roi Louis IX, mis en sûreté au château de Montlhéry, échappait à ses ravisseurs. Le traité de Vendôme venait d’être bafoué.

Les alliances et les priorités politiques enterrent définitivement ce qui a été acté à Vendôme. Les projets de mariages, clauses principales du traité, sont remis en cause. Le mariage d’Alphonse de France avec Isabelle de Lusignan avorta. Alphonse devait épouser, en 1234, Jeanne, l’héritière du comté de Toulouse. Le futur Hugues XI le Brun, celui-là même qui avait été promis à Isabelle de France, épouse en 1236 Yolande de Dreux, fille du duc de Bretagne Pierre Mauclerc. Isabelle de France, après avoir refusé la main de Conrad fils de l’empereur Frédéric II, fonda le monastère des clarisses à Longchamp près de Paris et resta célibataire sa vie durant.

La révolte de 1242Modifier

Le comte Hugues conserva le grand fief d'Aunis jusqu'en 1241, année où Alphonse, frère cadet de Louis IX, est déclaré majeur et reçoit le comté du Poitou en application du testament de leur père Louis VIII. Cette même année Hugues X prête hommage au comte Alphonse, mais entre presque aussitôt dans un complot qui éclate au mois de , lorsque, sans doute à l'instigation de son épouse Isabelle, Hugues X insulte le comte de Poitiers dans son palais.

Hugues n'accepte pas de perdre l'autonomie qu'il avait auparavant. À la tête de la noblesse d'Angoumois et de Saintonge, Hugues et Isabelle se liguent contre leur suzerain trop puissant. À ce complot s'associent plusieurs seigneurs poitevins et gascons, il reçoit le soutien de Raymond VII, comte de Toulouse, et l'aide du roi d'Angleterre Henri III et de son frère Richard, duc d'Aquitaine et comte de Poitiers titulaire depuis 1225.

Blanche de Castille est avertie du complot par une lettre que lui adresse un marchand de La Rochelle. Immédiatement, la famille capétienne réagit. Le , Alphonse de Poitiers convoque la noblesse poitevine à Chinon pour la Pâques. Des seigneurs fidèles, d'autres moins fidèles mais ennemis des Lusignan, répondent à l'appel : ainsi Geoffroi IV de Rancon, seigneur de Gençay et de Taillebourg. Louis IX décide de porter secours à son frère et dirige la campagne. Il arrive à Chinon le , à Poitiers le , avec une armée de 30 000 hommes, chevaliers et fantassins, et des engins de siège.

La révolte est promptement réprimée par Saint Louis. Le , les Français réussissent à s'emparer du château de Montreuil-Bonnin, place forte des Lusignan. Après avoir pris la tour de Béruges, les châteaux de Moncontour, Vouvant (le ) et Fontenay-le-Comte, et surtout celui de Frontenay, autre place forte des Lusignan, ils se dirigent vers Saintes.

Le roi d'Angleterre, Henri III, a débarqué à Royan à la mi-mai, avant de rejoindre à Pons son beau-père, Hugues X de Lusignan.

Le roi de France est hébergé au château de Taillebourg (fief de Geoffroy de Rancon, ennemi déclaré d'Hugues X), qui surplombe le premier pont sur la Charente depuis son embouchure. C'est un passage stratégique entre Saint-Jean-d'Angély et le Poitou au nord, et Saintes (qui appartenait alors aux Lusignan) et l'Aquitaine au sud. Le , les deux armées se font face de chaque côté du pont, sans qu'un véritable combat ait lieu.

Le 21 juillet, La bataille de Taillebourg[14] se résume en une charge massive des chevaliers français, qui déboulent du château et bousculent leurs adversaires, contraints de fuir.

Après cet engagement qui leur permet de contrôler un pont stratégique, les Franco-Poitevins exploitent leur avantage. Le , a lieu la bataille qui est réellement décisive sous les murs de Saintes. Les Anglo-Saintongeais sont à nouveau battus, de façon définitive[14].

La défaiteModifier

Hugues de Lusignan est finalement vaincu et doit, le à Pons, se soumettre avec sa femme Isabelle et ses enfants, à Louis IX, avant de rendre hommage au frère du roi, le comte de Poitiers Alphonse.

Le règlement de la révolte féodale est sévère pour Hugues X de Lusignan et sa femme. Le roi de France garde les terres conquises sur eux et les attribue à son frère Alphonse ; à savoir Saintes et sa châtellenie, La Forêt-sur-Sèvre, La Vergne, Pont-l'Abbé, Montreuil-Bonnin, Frontenay, Langeais, Saint-Gelais, Prahecq, Tonnay-Boutonne, la Clouse, Beaussais, les fiefs que le comte d'Eu, Raoul II d'Exoudun[15], tient du seigneur de Lusignan, le fief de Renaud de Pons, le fief de Geoffroy de Rancon, les fiefs de Geoffroi II de Lusignan, le grand fief d'Aunis, soit un tiers de ses domaines est confisqué. Louis IX est désormais quitte des 5 000 livres tournois qu'il payait chaque an à Hugues depuis 1227. Le roi reçoit le comte de la Marche à hommage lige pour le comté d'Angoulême avec les châteaux et châtellenies de Cognac, Jarnac, Merpins, Aubeterre, Villebois.

Le , Louis IX impose en outre au comte Hugues la remise pour quatre ans de ses châteaux de Merpins et Château-Larcher, pour huit ans du château de Crozant (dans le comté de la Marche), à charge pour Lusignan de payer les frais de garde.

Testament et successionModifier

En mars 1242, Hugues X partage ses états entre ses enfants. Ses testaments sont datés du 1er et du .

Henri III d'Angleterre renonce à ses droits sur les châtellenies de Jarnac, Châteauneuf, Cognac, Merpins et Archiac, en au profit d'Isabelle d'Angoulême, sa mère.

En 1250, sa petite-fille Isabelle de Lusignan, à peine pubère, épousa le fils de son ennemi, Geoffroi de Rancon, seigneur de Gençay, qui fait reconstruire son château avec la dot.

Décès et sépultureModifier

Hugues devient veuf en 1246. En 1248 il participe, aux côtés de Saint Louis, à la septième croisade. Il meurt le 5 juin 1249 en combattant devant Damiette, au même lieu que son père en 1219 ; le lendemain du jour anniversaire[16] du décès de son épouse.

Hugues X de Lusignan est enterré à l'abbaye de Valence, sur la Dive près de Couhé, qu'il avait fondée en 1230 avec sa femme Isabelle.

Unions et descendanceModifier

Avec Isabelle d'AngoulêmeModifier

  1. Hugues XI le Brun (v. 1221- ), seigneur de Lusignan, comte d’Angoulême et comte de la Marche . Il épousa en Yolande de Dreux (1218-15 oct. 1272) ; fille de Pierre Ier Mauclerc, duc de Bretagne, dame du Pallet et comtesse de Penthièvre.
  2. Guy de Lusignan (v. 1222-ap. 28 août 1288), seigneur de Cognac, d'Archiac et de Merpins.
  3. Geoffroy de Lusignan (v. 1223-av. ), seigneur de Jarnac , de Château-Larcher et de Châteauneuf, dès 1246, et seigneur de Montignac en 1248. Il épousa avant 1246 Almodis (v. 1230-ap. 1248) qui lui apporta la seigneurie de Sainte-Hermine. Veuf, il épousa en secondes noces, avant 1259, Jeanne de Châtellerault (1243-1315).
  4. Agathe de Lusignan (1224-ap. 1269) épousa Guillaume II de Chauvigny (1224-1271), baron de Châteauroux.
  5. Isabelle de Lusignan (v. 1225-14 janvier 1299), épousa (v. 1243/44) Maurice IV de Craon (av. 1226-av. ) seigneur de Craon, de Sablé, sénéchal d’Anjou, de Touraine, du Maine (1249-1272).
  6. Marguerite de Lusignan (v. 1226-22 oct. 1288), épousa Raymond VII de Toulouse (1197-27 septembre 1249), comte de Toulouse, puis Aimery IX de Thouars, vicomte de Thouars (av. 1239-1250) et en 3e noces, après 1257, Geoffroy VI de Châteaubriant, baron de Châteaubriant (av. 1248-1284).
  7. Guillaume Ier de Valence (v. 1227-13 juin 1296), seigneur de Montignac , de Bellac , de Rancon , de Champagnac, de Wexford et comte de Pembroke. Il épousa avant le Jeanne de Montchensy ou de Munchensy (av. 1234-av. 20 sept.1307). Jeanne (Joan), petite-fille de Guillaume le Maréchal , lui apporta le comté de Pembroke et la seigneurie de Wexford en Irlande et fit de Guillaume l'un des barons les plus puissants d'Angleterre, grâce à la volonté politique de son frère utérin , Henri III Plantagenêt .
  8. Aymar de Lusignan (1228-4 décembre 1260), seigneur de Couhé. Il est Clerc en 1248, évêque de Winchester (1250-1260), successeur de Guillaume de Raley. Aymar a été élu le , et son élection a été confirmée à Lyon par Innocent IV le de l'année suivante. Il décède à Paris et y fut inhumé (église Sainte-Geneviève).
  9. Alix de Lusignan (v. 1229-1256), épousa en 1247 Jean Ier de Warenne (1231-1304), comte de Surrey, de Warenne, de Sussex , Gardien (vice-roi) de l'Écosse. Neuvième et dernier enfant du couple, elle porte le prénom de sa grand-mère maternelle, Alix de Courtenay.

Filiations naturellesModifier

Il a eu avec deux inconnues :

  1. Guy de la Marche (av. 1199-ap. 1291), Franciscain, Gardien du couvent de Cognac[17]. Une bulle du pape Nicolas IV précise, en 1291, qu'il était fils naturel du comte de la Marche et d'Angoulême[18] et qu'il avait été conçu alors que son père et sa mère étaient tous deux célibataires.
  2. Un fils, avant son mariage avec Isabelle Taillefer, dont le nom n'est pas connu (av. 1220-ap. 1243). Il est possible qu'il soit le défenseur de la forteresse de Frontenay en 1242[19].

Notes et référencesModifier

  1. Jean Marvaud, Amitiés charentaises, éditeur Marvaud, 1975, p. 55
  2. Grand Larousse encyclopédique en dix volumes, page 414 : « Peu après sa mort (1216), Isabelle épousa son ancien fiancé Hugues X de Lusignan, comte de la Marche (1217), et leur fils aîné Hugues XI hérita des comtés de la Marche... », librairie Larousse, 1960
  3. Société archéologique et historique de la Charente, Bulletins et mémoires, 1994, p. 74
  4. École practique des hautes études (France). Section des sciences historiques et philologiques, [1] Bibliothèque de l'École des hautes études: Sciences historiques et philologiques, Numéro 296, 1950, p. 480
  5. Léopold DELISLE, Ex Chronico Turonensi, auctore anonymo Sancti-Martini Turonensis canonico, t. XVIII, Paris, Scriptores, coll. « Recueil des historiens des Gaules et de la France », , p. 316
    "Et ob hoc Petrus comes Britannie cum Campanie et Marchie comitibus, multisque aliis baronibus, contra omnes, rege non excepto, conspiraverat"
  6. Walter W. SHIRLEY, Royal and other historical letters illustrative of the reign of Henry III, vol. I, 1216-1235, Londres, Longman, , partie CCXLII, p. 295-296
  7. Léopold DELISLE, Ex Chronico Turonensi, auctore anonymo Sancti-Martini Turonensis canonico, t. XVIII, Paris, Scriptores, coll. « Recueil des historiens des Gaules et de la France », , p. 314
  8. Philippa M. HOSKIN, English Episcopal Acta 22, Chichester, 1215-1253, Oxford, Oxford University Press (no 73), , p. 56
  9. Léopold DELISLE, Recueil des historiens des Gaules et de la France, t. XIX, Paris, , p. 769
    1226, 18 décembre, Westminster : Le roi d'Angleterre, Henri [III], concède à Hugues [X] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, et aux enfants de son épouse Isabelle, en échange de son hommage et de son fidèle service, la ville de Saintes et la Saintonge, Pont-l'abbé et la forêt de Baconais, l'île d'Oléron, à l'exception de la fidélité de l'évêque de Saintes, des hommages, des services et de la garde des barons de Saintonge, tout le droit qu'il tient de sa mère sur la ville et le comté d'Angoulême, les châteaux de Merpins et de Cognac avec leurs dépendances, le fief que tient de lui Itier [III] de Magnac à Montmorillon avec son hommage et son service. Il lui accorde la libre circulation sa monnaie dans le comté de Poitiers si elle est de la même valeur et qu'il puisse acquérir des fiefs et des terres de ses vassaux poitevins, en se réservant les services qui lui sont dus.
  10. Walter W. SHIRLEY, Royal and other historical letters illustrative of the reign of Henry III, vol. I, 1216-1235, Londres, Longman, , partie CCXLVII, p. 301-302
    1226, 18 Décembre, Westminster : Le roi d'Angleterre, Henri [III], concède à Hugues [X] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême à titre de douaire d'Isabelle [d'Angoulême], son épouse, la ville de Niort que le comte et ses héritiers garderont après sa mort tant qu'ils n'auront pas obtenu Issoudun qu'ils revendiquent.
  11. Sylvie FOISSET, « 1227, une femme sauve la couronne de France », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  12. Dom MARTÈNE, Veterum scriptorum et monumentorum, historicorum, dogmaticorum, moralium, amplissima collectio, t. I, Paris, coll. « 1214-1217 »,
    1227, 16 mars, Vendôme : Hugues [X] de Lusignan, comte de la Marche et d'Angoulême, passe un traité avec la reine Blanche [de Castille] et son fils, le roi de France, Louis [IX]. Le frère du roi, Alphonse, épousera Isabelle de Lusignan et Hugues [XI] épousera Isabelle de France, si l’Église est d'accord. Isabelle de Lusignan recevra en dot Frontenay et l'île d'Oléron et la dot d'Isabelle de France est laissée à l’appréciation de son frère. Si Hugues [XI] mourait sans avoir consommé le mariage, un autre enfant du comte de la Marche prendrait sa place. Si les mariages ne se faisaient pas malgré l'accord de l’Église, le roi devrait payer 10 000 marcs d'argent au comte. Le comte recevra du roi pendant dix ans une rente de 10 600 livres tournois dont 5300 livres sont en compensation de Bordeaux et 500 livres en compensation du douaire d'Isabelle d'Angoulême. Si cette dernière venait à mourir dans les dix ans, la rente serait diminuée de 5000 livres. Si la paix était faite avec le roi d'Angleterre, Henri [III] et qu'Isabelle récupérait son douaire, elle serait diminuée de 2500 livres. À l'issue des dix ans, elle recevra pour son douaire une rente de 5000 livres. En échange de cela, le comte et la comtesse de la Marche abandonnent leurs prétentions sur Issoudun, Langeais, Bordeaux et les 400 livres qu'ils percevaient annuellement à Tours. Le comte jure sur les Évangiles fidélité au roi et à sa mère contre leurs ennemis, promet de ne pas faire d'alliance avec eux. Le roi lui accorde également qu'il puisse confier la garde de sa terre et de ses héritiers, s'il décède, à sa femme ou à qui il voudra et promet qu'il ne fera pas de paix avec le roi d'Angleterre sans le conseil du comte. Le comte fait hommage lige au roi de toutes les terres et forteresses qu'il possède en Poitou, dans les comtés de la Marche et d'Angoulême, en Saintonge ainsi que de Cognac et de Merpins.
  13. Philippe Hurepel : oncle du roi Louis IX, comte de Clermont-en-Beauvaisis, Boulogne, Aumale et Dammartin.
  14. a et b Charles BÉMONT, La campagne de Poitou 1242-1243 : Taillebourg & Saintes, t. 5, coll. « Annales du Midi : revue archéologique, historique et philologique de la France méridionale » (no 19), (lire en ligne), p. 289-314
  15. Raoul II d'Exoudun, cousin d'Hugues X de Lusignan, fils de Raoul Ier d'Exoudun et d'Alix d'Eu.
  16. 5 juin 1246.
  17. Antoine THOMAS, Gui de la Marche, frère mineur, poète latin de la fin du XIIIe siècle, coll. « Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres / 74 » (no 3), (lire en ligne), p. 242-247
  18. Ernest LANGLOIS, Les registres de Nicolas IV, t. I, Paris, Thorin, , partie 4075, p. 600
    1291, 23 janvier, Orvieto : Le pape Nicolas [IV] octroie à Guy de la Marche, prêtre de l'ordre des frères mineurs, fils bâtard d'Hugues [X de Lusignan], comte de la Marche et d'Angoulême, une dispense pour sa bâtardise lui permettant de prétendre à toutes les dignités de son ordre sauf au généralat.
  19. Henry Richards LUARD, Flores historiarum, vol. II, Londres, , p. 254 :

    « Occupaverat enim jam castrum dictum Frontenay, quod videbatur Pictavensibus inexpugnabile, et in ipso filium comitis de Marchia cum centum militibus »

BibliographieModifier

Charles BÉMONT, "La campagne de Poitou, 1242-1243, Taillebourg et Saintes", Annales du Midi, 1893, vol. 5, no 5-19, p. 289-314.

Clément de VASSELOT de REGNE, Le "Parentat" Lusignan (Xe-XIVe siècle) : Structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell, Université de Nantes, 4 vol., 2 797 p., décembre 2018.

SigillographieModifier

SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France

Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515, éd. François EYGUN, Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, 1938.

HéraldiqueModifier

Sources : wappenwiki

Articles connexesModifier