Hugues IX de Lusignan

seigneur de Lusignan, comte de la Marche

Hugues IX le Brun[1] (av. 1151-11 août 1219) est un noble poitevin de la Maison de Lusignan. Il est seigneur de Lusignan, de Couhé[2] et détient également le château de Frontenay[3]. Avant 1196, soit par achat, soit par mariage, il prend possession de Château-Larcher[4],[5]. Enfin, il se fait reconnaître comte de la Marche en 1199[6].

Hugues IX le Brun
Image dans Infobox.
Sceau d'Hugues IX le Brun
Avers & Contre-sceau (1199)
d'après un dessin de Roger de Gaignières du XVIIe siècle
Titres de noblesse
Seigneur de Lusignan
Seigneur de Couhé
Seigneur de Château-Larcher
Comte de la Marche
Biographie
Naissance
Av. 1151
Décès
Sépulture
Époque
XIIe – XIIIe siècle
Période d'activité
Famille
Père
Mère
Aurengarde d'Exoudun
Fratrie
Conjoint
Enfants
Autres informations
Grands-Parents

Hugues VIII de Lusignan
Bourgogne de Rancon

Raoul d'Exoudun
Inconnue
Conflit
Faits d'armes
Héritier
Hugues VII de Lusignan.svg
Écu burelé d'argent et d'azur de huit pièces

BiographieModifier

FamilleModifier

Hugues IX le Brun est le fils d'Hugues le Brun (v. 1124-v. 1169) et d'Aurengarde (av. 1139-ap. 1169), héritière probable des seigneurs d'Exoudun. Il est le petit-fils et successeur d'Hugues VIII de Lusignan (v. 1097-ap. 1171). Il était presque certainement mineur lorsque son père mourut.

Son frère cadet, Raoul Ier (av. 1169-1er mai 1219) seigneur d'Exoudun, accède au rang comtal en 1191[7] et son frère utérin, Hugues de Surgères[8] (v.1174-1212), est vicomte baillistre de Châtellerault de 1203 à 1212.

Hugues IX est le neveu de Geoffroy Ier de Lusignan (av. 1150-1216), seigneur de Vouvant et de Mervent, de Guy (av. 1153-1194) et d'Aimery II de Lusignan (av. 1152-1205), rois de Jérusalem et de Chypre.

Dans l'entourage de Cœur de LionModifier

À l'époque de Richard Cœur de Lion, les Lusignan[9] sont un soutien indéfectible à la cause du souverain Plantagenêt en Aquitaine et en Normandie. Les Lusignan bénéficient d'une politique avantageuse et cette période leur est profitable.

On retrouve Hugues IX le Brun en Sicile dans l'entourage du roi Plantagenêt en 1190. Il joue un rôle important dans la troisième croisade et visite Richard quand celui-ci est prisonnier en Allemagne. Il sert ce monarque fidèlement tout au long de son règne.

Isabelle d'AngoulêmeModifier

En 1199, il est décidé d'une grande union entre les Lusignan et les Taillefer. Hugues IX le Brun, seigneur de Lusignan, doit épouser Isabelle Taillefer[10] héritière du comté d'Angoulême[11]. Ne souhaitant pas céder le comté de la Marche ni aux Lusignan, ni aux Taillefer, Richard Cœur de Lion, après avoir accordé à Raoul Ier d'Exoudun les possessions normandes d'Eu, permet à l'aîné du lignage d'accéder au rang comtal. Cette union permet au souverain anglais de stabiliser le nord de l'Aquitaine en faisant basculer l'Angoumois, toujours hostile aux Plantagenêt, dans les mains d'une maison fidèle.

La mort de Richard Cœur de Lion, à Chalus en avril 1199, ouvre une période de grande confusion et de succession entre les partisans d'Arthur, duc de Bretagne et neveu de Richard, et Jean d'Angleterre, comte de Mortain, frère cadet de Richard. Les Taillefer portent leur soutien au jeune duc de Bretagne. Les Lusignan choisissent de soutenir le dernier fils d'Aliénor d'Aquitaine. Au centre de ce jeu d'alliances, le contrôle pour le comté de la Marche et la domination du nord du duché d'Aquitaine est l'enjeu.

Le comté de la Marche : une pièce maitresse de la domination en AquitaineModifier

Hugues IX le Brun, par un coup de force, se fait remettre le comté de la Marche[12] par la reine mère Aliénor d'Aquitaine. Le à Caen, Hugues IX le Brun prête hommage au roi Jean sans Terre pour le comté de la Marche. Son frère cadet, Raoul Ier d'Exoudun, fait de même pour le comté d'Eu qu'il tient de son épouse Alix[13]. Hugues IX le Brun est désormais à la tête d'un puissant réseau familial et féodal : Marche, fiefs mélusins et bientôt Angoumois seront dans la même main. Il donne naissance à l'une des plus importantes possession territoriale du centre ouest de la France ; un affaiblissement pour la souveraineté ducale. Le souverain Plantagenêt ne va pas tarder à réagir.

En août 1200, Jean sans Terre, successeur du roi Richard, voyant le danger de cette union épouse la jeune Isabelle Taillefer. Les Lusignan, floués, font alors appel au roi de France pour obtenir justice. Comme Jean sans Terre refuse de se présenter à son suzerain pour répondre de ses actes, Philippe Auguste prononce la commise des biens du Plantagenêt en France en 1204[14]. Pour concurrencer les prétentions de Jean sans Terre et d'Isabelle sur l'Angoumois, Hugues IX le Brun épouse la cousine d'Isabelle : Mathilde Taillefer, fille unique du comte Vulgrin III (♰ 1181) que ses oncles[15] ont spolié du comté d'Angoulême au décès de son père.

À partir de ces événements, le lignage Lusignan sera hostile à la politique du souverain Plantagenêt en Aquitaine[16]. Cela sera le cas jusqu'en 1214, où pour secourir Geoffroy Ier de Lusignan assiégé dans Vouvant, Hugues IX et Raoul Ier d'Exoudun négocieront leur ralliement entraînant celui de leurs autres parents.

Le retour dans le giron des ducs d'AquitaineModifier

Le traité de Parthenay (1214)Modifier

Le conflit entre les Lusignan et le duc d'Aquitaine[17] aboutit au traité de Parthenay en mai 1214. Une alliance est scellée entre les deux familles. Hugues X de Lusignan est fiancé à la jeune princesse d'Angleterre, alors âgée de quatre ans, Jeanne (fille de Jean sans Terre et d'Isabelle d'Angoulême). Jeanne d'Angleterre est confiée à la garde du comte de la Marche et à Hugues X de Lusignan. Hugues X reçoit en bail la Saintonge et l'île d'Oléron. Jean sans Terre renonce au comté de la Marche et Hugues IX le Brun renonce aux prétentions qu'il pouvait exercer, au titre de son épouse Mathilde, sur celui d'Angoulême[18]. Il en est de même pour les châteaux de Bouteville et de Châteauneuf[19] qui devaient composer la dot de Mathilde[20].

La bataille de la Roche-aux-Moines (1214)Modifier

À la suite du traité de Parthenay, Hugues IX le Brun est présent aux côtés du roi Jean à la bataille de la Roche-aux-Moines[21], le , en compagnie de Savary de Mauléon[22] et d'Aimery VII, vicomte de Thouars.

Cinquième croisadeModifier

Récemment élu pape, Honorius III relance l'appel avorté de son prédécesseur d'une nouvelle croisade en 1216. Hugues IX le Brun prend la croix dès 1213 et se voit à nouveau sollicité par le pouvoir pontifical qui le cite à l'appel[23].

En août 1218, Hugues IX le Brun, comte de la Marche, embarque à Gênes[24] pour participer à la cinquième croisade. Il débarque en Égypte, à Damiette, le 9 octobre 1218[25] en compagnie de son frère Raoul Ier d'Exoudun[26]. Les frères Lusignan participent au siège de Damiette et ont surement été en contact avec l'épidémie qui s'est propagée dans le camp des croisés[27].

DécèsModifier

Hugues IX le Brun, seigneur de Lusignan décède à Damiette le 11 août 1219[28], probablement de maladie[29].

Mariages et descendanceModifier

Première unionModifier

Hugues IX le Brun eut d'un premier mariage avec une inconnue :

Mathilde d'AngoulêmeModifier

À une date inconnue, vers 1200 ou 1201, Hugues IX le Brun épouse en secondes noces Mathilde d'Angoulême (av. 1181-ap. 29 août 1233), fille unique de Vulgrin III (v. 1148-1181), comte d’Angoulême (1180-1181), et d'Isabelle d'Amboise (♰ ap. 20 mars 1202 et av. avril 1213)[33]. Héritière du comté d'Angoulême, Mathilde est spoliée et dépossédée par ses oncles Guillaume VII Taillefer, comte d'Angoulême (1181-v. 1194), et Aymar (père d'Isabelle d'Angoulême), comte d'Angoulême (1194-1202). Longtemps protégée par le roi Richard Cœur-de-Lion en personne (ennemi des Taillefer, des Rancon et des vicomtes de Limoges, ces derniers étant pro-français), Mathilde d'Angoulême ne recouvrera cependant jamais ses possessions.

De son mariage, avec Mathilde d'Angoulême, Hugues IX le Brun n'a pas de postérité connue.

Il semble très peu probable qu'Hugues X de Lusignan soit le fils de Mathilde d'Angoulême[34], deuxième femme d'Hugues IX et cousine germaine de la comtesse-reine Isabelle. Un document qui atteste que Mathilde était encore en vie en août 1233 suggère fortement qu'elle n'était pas la mère d'Hugues X. Ce document est une déclaration de Juhel de Mathefelon (alias de Mayenne), archevêque de Tours puis de Reims, informant qu'un accord avait été conclu entre Mathilde, fille de Vulgrin III Taillefer et veuve d'Hugues IX comte de la Marche, et Isabelle, reine d'Angleterre, comtesse de la Marche et d'Angoulême : Mathilde abandonne à Isabelle et son mari, Hugues X de Lusignan, et à leurs héritiers, ses droits sur le comté d'Angoulême et ses droits de douaire sur le comté de la Marche en échange d'une rente annuelle de 500 livres tournois[35]. Tandis que le document mentionne Mathilde et Hugues X à plusieurs reprises, il ne suggère pas de lien de sang entre eux. Si Mathilde avait été la mère de Hugues X, il semble extraordinaire que ce fait ne soit à aucun moment mentionné.

Sceaux et armoiriesModifier

Sceau [1199]Modifier

 
Sceau et contre sceau d'Hugues IX le Brun (1199),
d'après un dessin de Roger de Gaignières[36]

Avers : Rond, 70 mm[37].

Description : Type équestre de chasse à droite, le cheval au pas, le cavalier tête nue, vêtu d'une cotte, tenant de la main gauche une fleur de lys et de la droite un chien sur la croupe du cheval.

Légende : ✠ SIGILLVM...

Contre-sceau : Rond, 70 mm[38].

Description : Type équestre de chasse à droite, le cheval au pas, le cavalier tête nue, vêtu d'une cotte, tenant de la main droite un chien aux oreilles pendantes, debout sur le dos du cheval, qui semble aboyer.

Légende : ...IGNIACO ✠

Références[36],[39],[40]

Sceau [1216]Modifier

 
Sceau et contre sceau d'Hugues IX le Brun (1216),
d'après un dessin de Roger de Gaignières[41]

Avers : Rond, 70 mm[42].

Description : Type équestre de chasse à droite, le cheval au pas, le cavalier tête nue, vêtu d'une cotte et d'un surcot ample orné de bandes contrastantes, tenant les rênes de la main gauche ramenée devant lui, et, de la droite un chien debout sur le croupe du cheval. Dans le champ en haut à droite, un cor.

Légende : détruite.

Contre-sceau : Rond, 70 mm[43].

Description : Écu burelé de quinze pièces.

Légende : détruite

Références[41],[44],[45]

Armoiries [1216]Modifier

  Blasonnement :
Écu burelé d'argent et d'azur de huit pièces
Commentaires : Armoiries d'Hugues IX le Brun, comte de la Marche, d'après un contre-sceau de 1216, dessiné par Louis Boudan au XVIIe siècle pour Roger de Gaignières.

Références[41],[44],[45],[43]

Notes et référencesModifier

  1. Surnom dans les chartes.
  2. a b et c Documents pour l´histoire de l´église de Saint-Hilaire de Poitiers (éd. Louis Rédet), t. CXXX, coll. « Mémoires de la Société des Antiquaires de l´Ouest », (lire en ligne), partie CLXXXIV, p. 214
    1200, 23 février : Hugues [IX] le Brun, comte de la Marche, seigneur de Lusignan et de Couhé, revendiquait une redevance annuelle de 5 sous sur la terre de Plantefourche près de Couhé appartenant à l'église de Saint-Hilaire. Les chanoines assuraient que cette querelle avait déjà été abandonnée par son arrière grand-père, Hugues [VII] de Lusignan, avant de partir à Jérusalem et affirmaient que ni lui ni ses ancêtres n'avaient perçu les 5 sous. Après une enquête, il abandonne cette querelle en compagnie de son fils unique, Hugues [X].
  3. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, , chap. 43 (« L'arborescence des châteaux »), p. 202
  4. Abbé A.-Bénoni Drochon, Château-Larcher et ses seigneurs, t. XXXIX, Poitiers, coll. « Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest », (lire en ligne), IV - Les Lusignan et saint Louis, seigneurs de Château-Larcher (1188-1305), p. 212-223
  5. Recueil de documents relatifs à l'abbaye de Montierneuf de Poitiers (1076-1319) (éd. François Villard), t. LIX, Poitiers, coll. « Société des Archives historiques du Poitou », , partie 108, p. 176-177
    1196 : Hugues [IX] le Brun, seigneur de Lusignan et de Château-Larcher, reconnaît devant ses chevaliers et devant les hommes de Montierneuf que, mal conseillé, il a revendiqué auprès du prieuré de Prémaly un repas coutumier pour son prévôt de Château-Larcher. Il reconnaît que ni lui, ni les seigneurs de Château-Larcher, ni les prévôts n'ont eu ce repas, ni aucun service sur les dépendances du prieuré et que ni lui, ni son fils, ni personne issu de lui ne le revendiquera plus.
  6. Chartes de l´abbaye de Nouaillé de 678 à 1200 (éd. Pierre de Monsabert), t. XLIX, Poitiers, coll. « Archives historiques du Poitou », (lire en ligne), partie 226, p. 354-355
    1199, Chapitre de Nouaillé : Hugues [IX] le Brun, comte de la Marche, seigneur de Lusignan, s'était emparé d'un nommé Gervais et, conformément à l'arbitrage du sénéchal du Poitou, reconnaît à nouveau l'immunité du bourg de Nouaillé, promet de n'y point porter atteinte et de défendre les biens de l'abbaye par tous les moyens et renonce à toutes les coutumes dont n'avaient point joui légitimement ses prédécesseurs.
  7. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Michel du Tréport (Ordre de Saint Benoit) (éd. Pierre Lafleur de Kermaingant), Paris, (lire en ligne), partie LIII, p. 88-90
    1191 : Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu, confirme toutes les donations faites à l'abbaye Saint-Michel-du- Tréport par ses prédécesseurs, Robert, Guillaume [II], Henri [Ier], Jean et Henri [II] le Jeune ainsi que par tous leurs hommes : les droits sur l'avoine et le froment de Villy-sur-Yères, sur l'avoine de Montroty, la dîme de Feukereuscamp, la redevance due pour la coupe de bois à Eu, les droits banaux du moulin du Mesnil-Allard, libres de toute dîme, le pasnage dans la forêt d'Eu et tous les essarts de cette forêt, toute la dîme vicomtale d'Eu, du Tréport, de Criel-sur-Mer, de Sept-Meules, et de Grandcourt, tous les droits banaux des moulins et la taille du Mont-Huon. Si les hommes de l'abbaye sont amenés à répondre devant les tribunaux, ils pourront se disculper et ne seront jugés que par l'abbé. Il lui donne également la justice des coups ayant été jusqu'au sang dans toute la terre de l'abbaye et spécialement à La Fontaine, à Villy-sur-Yères et au Mesnil-Allard. Il promet sous peine d'excommunication que ni lui ni ses héritiers ne chercheront à collecter des tailles sur les terres de l'abbaye et leur concède de pouvoir pêcher dans les eaux d'Eu pour trois fêtes, les cultures entre le Tréport et Flamengeville, et confirme la donation d'un pré à Flamengeville, d'une hospice au Tréport, une dîme au Tost, une dîme à Eu, des coutumes sur le pain et la dîme du pain au Tréport, la dîme de l'achat des poissons pour la cuisine du comte, une foire le jour de la Saint-Michel [29 septembre] et une autre le jour de la Saint-Jean-Baptiste [24 juin].
  8. A la suite du décès d'Hugues le Brun (v. 1169), Aurengarde d'Exoudun se remaria avec le seigneur de Surgères, Guillaume III Maingot (av. 1156-ap. 1174) et eurent Hugues de Surgères.
  9. Hugues IX le Brun, Raoul Ier d'Exoudun, comte d'Eu et leur oncle Geoffroy Ier de Lusignan
  10. Roger de Hoveden (éd. William Stubbs), Chronique, t. IV, Londres, (lire en ligne), p. 119-120 :

    « Isabel filiam Ailmari comitis de Engolismo, quam predictus comes, consilio et voluntate Richardi regis Anglie, prius dederat Hugoni le Brun comiti de la Marche ; quam idem comes in suam per verba de presenti receperat, et ipsa illum in suum receperat per verba de presenti. Sed, quia ipsa nondum annos nubiles attigerat, noluit eam predictus Hugo sibi in facie ecclesie copulare »

  11. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), p. 95 :

    « Si Hugues IX était marié au début des années 1190, ce n'est plus le cas vers 1199 : Richard Cœur de Lion lui accorde alors la main de l'héritière d'un comté : Aymar II d'Angoulême n'a qu'une seule fille, Isabelle. »

  12. Revendiqué par les Lusignan depuis l'alliance de leur aïeul Hugues V le Pieux avec Almodis de la Marche, le comté de la Marche restera leur possession jusqu'aux derniers descendants de la lignée (Hugues XIII le Brun puis son frère cadet Guy)
  13. Foedera, Conventiones, Litterae et cujuscunque generis Acta Publica inter reges Angliae et alios quosvis imperatores, reges, &c., ab. A.D. 1101 ad nostra usque tempora habita aut tractata (éd. Thomas Rymer), t. I : pars I (1066-1272), Londres, Record Commission on Historical Manuscripts, (lire en ligne), p. 79
    1200, 28 janvier, Caen : Hugues [IX de Lusignan] le Brun, comte de la Marche et de Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu, font hommage lige à Jean, roi d'Angleterre, contre tout homme ou femme. Ils agiront fidèlement pour son honneur et son intérêt de tout leur pouvoir et pour rechercher, récupérer et maintenir ses droits et l'aider contre tous et contre ceux qui sont ou qui seront de leur famille. Ils feront en sorte que le roi d'Angleterre ne soit pas diminué pendant leur vie ou par leurs cousins ou par d'autres. En garantie de cela, ils font jurer plusieurs de leurs vassaux dont Joscelin de Lezay.
  14. Michel Kaplan (dir.), Patrick Boucheron, Jean Kerhervé, Elisabeth Mornet et Christophe Picard, Histoire médiévale, t. 2 : Le Moyen âge : XIe – XVe siècle, Rosny, Bréal, coll. « Grand Amphi », (lire en ligne), p. 99
  15. Guillaume VII Taillefer (♰ 1186) et Aymar II Taillefer (v. 1160-1202).
  16. Alix Demaison, « La bataille de Mirebeau cachée derrière ses remparts », Le Nouvelle République,‎ (lire en ligne)
  17. Jean sans Terre, duc d'Aquitaine (1199-1216)
  18. Rotuli Chartarum in Turri Londinensi asservati (éd. Thomas Duffus Hardy), vol. I : pars 1, 1199-1216, Londres, (lire en ligne), p. 197-198
    1214, 25 mai, Parthenay : Hugues [IX] de Lusignan, comte de la Marche, Raoul [Ier d'Exoudun], comte d'Eu et Geoffroy [Ier] de Lusignan font un traité de paix et d'alliance avec le roi d'Angleterre, Jean. Le roi donne sa fille Jeanne en mariage au fils du comte de la Marche, Hugues [X], et la confie à leur garde. Il donne à sa fille une dot de 2000 livres qui doivent être assignées sur le Poitou, l'Anjou et la Touraine. En attendant, Hugues [X] aura la garde de la Saintonge et de l'île d'Oléron qui retourneront au roi une fois la dot attribuée. Si Hugues [X] ou Jeanne meurent sans héritier, les terres reviendront au roi. La possession du comté de la Marche est confirmée à Hugues [IX] qui en fait hommage au roi. Raoul [Ier d'Exoudun] se voit restituer les honneurs d'Hastings et de Tickhill et attribuer une rente annuelle égale à la valeur du comté d'Eu qui lui a été confisqué par le roi de France. Geoffroy [Ier] de Lusignan et tous les vassaux des signataires recouvrent également leurs terres. Une trêve est proclamée entre Geoffroy et Guillaume [IV] Maingot, seigneur de Surgères, et une compensation proposée aux prétentions de ce dernier sur le château de Vouvant. Le comté d'Angoulême reste intégralement au roi d'Angleterre qui offrira au comte de la Marche une compensation financière pour les châteaux de Bouteville et de Châteauneuf.
  19. Rotuli Chartarum in Turri Londinensi asservati (éd. Thomas Duffus Hardy), vol. I : pars 1, 1199-1216, Londres, (lire en ligne), p. 208-209
    1214, 27 mai, Parthenay : Jean, roi d'Angleterre distribue des fiefs à ses chevaliers. Guillaume [II] de Lezay reçoit 100 livres et un fief-rente d'une valeur de 100 livres, quatre chevaliers de Geoffroy [Ier] de Lusignan reçoivent 200 livres, et lui-même, 1000 livres poitevines. En compensation pour Bouteville et Châteauneuf, Hugues [IX de Lusignan], comte de la Marche, reçoit 500 marcs pour les trois années à venir ainsi qu'un don de 1000 livres sterling. En compensation pour le comté d'Eu, Raoul [Ier d'Exoudun], se voit octroyer une rente annuelle de 6000 livres tournois.
  20. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), p. 924
  21. Proche de l'actuelle commune de Savennières, Maine-et-Loire
  22. Martin Aurell, « La bataille de la Roche-aux-Moines : Jean sans Terre et la prétendue traîtrise des Poitevins », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, no 161,‎ , p. 468 (lire en ligne)
  23. Epistolarum Honorii papae III (éd. Léopold Delisle), t. XIX : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, Imprimerie royale, (lire en ligne), p. 610
    1216, 7 août, Pérouse : Hugues [IX de Lusignan], comte de la Marche, est exhorté par le pape Honorius III, comme tous les barons qui ont pris la croix à accomplir son pèlerinage.
  24. Epistolarum Honorii papae III (éd. Léopold Delisle), t. XIX : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 663-664
    1218, 13 août : Le pape Honorius [III] écrit à [Guillaume de Genève], archevêque de Bordeaux, à [Pierre II de la Chapelle], évêque de Paris, à [Guillaume de Beaumont], évêque d'Angers, à Hervé [IV de Donzy], comte de Nevers, à Hugues [IX de Lusignan], comte de la Marche, et à toute l'armée des croisés à Gênes pour leur transmettre la lettre du roi de Jérusalem et des barons l'informant du débarquement à Damiette. Il leur demande de se rendre rapidement sur place pour renforcer les croisés qui y sont présents.
  25. Quinti belli sacri scriptores minores sumptibus Societatis illustrandis Orientis latini monumentis (éd. Reinhold Röhricht), Genève, Fick, (lire en ligne), chap. VI (« Liber duelii Christiani in obsidione Damiate »), p. 146, IX :

    « Post hec applicuit Ruodpertus de Crusione cum Tubernense comite & comite de Marchia, qui multos secum adduxerant commilitones de Gallia & Anglia. Perpendens autem rex Egipti, quod Christianorum cottidie augebatur exercitus, cogitavit, quod antequam isti equos extraherent & arma de navibus exponerent, super nos irruere. »

  26. Chronique des comtes d'Eu depuis 1130 jusqu'à 1390 (éd. Natalis de Wailly et Léopold Delisle), t. XXIII : Recueil des historiens des Gaules et de la France, Scriptores, Paris, (lire en ligne), p. 442
  27. James M. Powell, Anatomy of a Crusade : 1213-1221, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, , p. 148-153 ; 170-171
  28. Quinti belli sacri scriptores minores sumptibus Societatis illustrandis Orientis latini monumentis (éd. Reinhold Röhricht), Genève, Fick, (lire en ligne), chap. VI (« Liber duelii Christiani in obsidione Damiate »), p. 158, XXXVII :

    « Tertio idus Augusti comes de Marchia sine vulnere obiit, super quo Christiani valde doluerunt »

  29. Quinti belli sacri scriptores minores sumptibus Societatis illustrandis Orientis latini monumentis (éd. Reinhold Röhricht), Genève, Fick, (lire en ligne), chap. VI (« Liber duelii Christiani in obsidione Damiate »), p. 131, XXXVIII :

    « Undecimo die Augusti comes de Marchia mortuus fuit, & comes de Niversa, orto malo, de exercitu exivit »

  30. Layettes du trésor des chartes : de l'année 1224 à l'année 1246 (éd. Alexandre Teulet), t. II, Paris, Plon, (lire en ligne), partie 1667, p. 38-39 :

    « Agathe neptis sue »

    1224, août, La Rochelle : Hugues [X de Lusignan], comte de la Marche et d'Angoulême, tenait Mauzé en douaire de sa nièce Agathe et avait 50 livres tournois de rente en ce lieu, qu'il avait donné à sa nièce en dot et avait dépensé 666 livres tournois pour la fortification du château. Compte tenu de cela et du fait qu'il devait avoir la garde de Mauzé pendant 10 ans, le roi de France, Louis [VIII], qui a reçu l'hommage lige de Guillaume d'Apremont pour Mauzé, lui donne les fruits des régales de l'évêché de Limoges. Si le comte ou le roi devait revenir sur ce don, un autre revenu équivalent serait trouvé selon ce que diraient Enguerrand [III], seigneur de Coucy, Robert [Ier] de Courtenay, bouteiller de France et Matthieu [II] de Montmorency, connétable de France. Le roi, le seigneur de Mauzé et les hommes de ce lieu devront lui rembourser sa dette.
  31. Veterum scriptorum et monumentorum, historicorum, dogmaticorum, moralium, amplissima collectio (éd. Dom Martène), t. I, Paris, (lire en ligne), col. 1189-1190 :

    « Agathae neptis meae »

  32. Matthieu Paris (éd. Henry Richards Luard), monachi Sancti Albani, Chronica majora, vol. III : A.D. 1216 to A.D. 1239, Londres, Longman, (lire en ligne), p. 371 :

    « Anno quoque eodem, circa dies Pentecostes, orta est dissentio lamentabilis in civitate Aurelianensi inter clerum et cives, muliercula quadam incentivum seminariumque discordie suscitante. Eatenus quoque coepit tumultus ventilatis incrementum, quod occisi sunt in civitate a civibus scolares, juvenes illustrissimi et genere preclari ; nepos scilicet comitis de Marchia, nepos comitis Campanie, scilicet regis Navarie, propinquusque consanguineus comitis Britannie, et quidam alius propinquus consanguinitate nobili baroni Erkenwado de Burbune, et alii multi ; quorum aliqui in flumine Ligeri sunt submersi, alii trucidati ; alii vero, qui evaserunt, vix in speluncis et vineis et diversis latibulis delitescentes a mortis discrimine sunt erepti »

    Un conflit autour d'une femme, peut-être une prostituée, accusée par le moine de Saint- Albans d'avoir envenimée les choses, aurait gravement dégénéré. Plusieurs étudiants auraient été tués ou noyés dans la Loire par les Orléanais dont un neveu d'Hugues X de Lusignan, peut-être l'enfant d'un bâtard, un autre du comte Thibaud V de Champagne, et deux proches parents de Pierre Ier Mauclerc et d'Archambaud VIII de Bourbon. L'évêque d'Orléans aurait mis la ville sous interdit et les parents des étudiants trucidés auraient marché sur la ville pour réprimer les habitants.
  33. Charles Desages Olphe Galliard, Essai sur la chronologie et la généalogie des comtes d'Angoulême du milieu du IXe à la fin du XIe siècle : Positions de thèse à l'école des chartes, t. VI, Angoulême, E. Constantin, coll. « Bulletin et Mémoires de la Société Archéologique et Historique de la Charente / 8 », (lire en ligne), p. 235-236
  34. Sidney Painter, « The House of Lusignan and Châtellerault, 1150-1250 », Speculum, vol. 30, no 3,‎ , p. 376 (lire en ligne)
  35. Cartul. de l'évêché de Châlon ; cartul. des comtes de la Marche ; cartul. de Beaulieu en Limousin ; actes relatifs pour la plupart à la Bourgogne. Copies faites pour Jean Bouhier (Copie du XVIIe siècle, d'après copie de la fin du XIIIe siècle, d'après original perdu), Paris, BnF, coll. « Jean Bouhier » (no Latin 17089), 1601-1700 (lire en ligne), p. 492-495
    1233, 29 août, Tours : Accord entre Isabelle, comtesse de la Marche et d'Angoulême et Hugues [X] de Lusignan, son mari d'une part et d'autre part, sa belle-mère et cousine de son épouse, Mathilde, fille de Vulgrin [III], comte d'Angoulême qui abandonne tous les droits qu'elle revendiquait sur le comté d'Angoulême et ceux qu'elle pouvait avoir sur le comté de la Marche à titre de douaire au couple et à leurs héritiers, en échange de quoi Hugues [X] lui versera une rente annuelle de 500 livres tournois jusqu'à sa mort et Isabelle d'Angoulême lui remettra la somme de 500 livres tournois.
  36. a et b chartularium monasterii Nobiliacensis, ordinis sancti Benedicti, in dioecesi Pictaviensi ; quod confecit idem Rogerius de Gaignieres ex chartis ad idem monasterium pertinentibus, quas potuit comperire et describere : praemittitur catalogus Abbatum monasterii Nobiliacensis (manuscrit latin 5450, copie du XVIIe siècle, par Roger de Gaignières, d'après original), Paris, BnF, 1701-1800 (lire en ligne), p. 120
  37. SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Hugues IX de Lusignan - premier sceau avers », sur http://www.sigilla.org/, Université de Poitiers
  38. SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Hugues IX de Lusignan - premier sceau revers », sur http://www.sigilla.org/, Université de Poitiers
  39. Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux (éd. François Eygun), Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, , n°415, pl. LVII, p. 217
  40. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 3 : Annexes 3 à 6 (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, , Annexe 4 : Catalogue des sceaux de la famille de Lusignan, chap. II (« Comtes de la Marche et d'Angoulême »), p. 278-279
  41. a b et c chartularium monasterii Nobiliacensis, ordinis sancti Benedicti, in dioecesi Pictaviensi ; quod confecit idem Rogerius de Gaignieres ex chartis ad idem monasterium pertinentibus, quas potuit comperire et describere : praemittitur catalogus Abbatum monasterii Nobiliacensis (manuscrit latin 5450, copie du XVIIe siècle, par Roger de Gaignières, d'après original), Paris, BnF, coll. « manuscrit latin » (no 5450), 1701-1800 (lire en ligne), p. 122
  42. SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Hugues IX de Lusignan - deuxième - sceau », sur http://www.sigilla.org/, Université de Poitiers
  43. a et b SIGILLA : base numérique des sceaux conservés en France, « Hugues IX de Lusignan - sceau revers », sur http://www.sigilla.org/, Université de Poitiers
  44. a et b Sigillographie du Poitou jusqu'en 1515 : étude d'histoire provinciale sur les institutions, les arts et la civilisation d'après les sceaux (éd. François Eygun), Poitiers, Société des Antiquaires de l'ouest, , n°416, pl. LVII, p. 218
  45. a et b Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 3 : Annexes 3 à 6 (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, , Annexe 4 : Catalogue des sceaux de la famille de Lusignan, chap. II (« Comtes de la Marche et d'Angoulême »), p. 279-280

Sources et bibliographieModifier

Sources sigillographiquesModifier

BibliographieModifier

  • Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell, Université de Nantes, 4 vol., 2 797 p., décembre 2018. [lire en ligne]

Articles connexesModifier