Royaume de Pologne (1916-1918)

Royaume de Pologne
(pl) Królestwo Polskie
(de) Königreich Polen

19161918

Drapeau
Drapeau du royaume de Pologne.
Blason
Armoiries du royaume de Pologne.
Description de cette image, également commentée ci-après
Localisation du royaume de Pologne en Europe pendant la Première Guerre mondiale.
Informations générales
Statut Monarchie (régence).
Capitale Varsovie
Langue Polonais
Allemand
Monnaie Mark polonais
Histoire et événements
Proclamation conjointe de Guillaume II et de François-Joseph.
Création de la Deuxième République de Pologne.
Roi de Pologne
Charles-Étienne de Teschen
Conseil de régence
1917–1918 Aleksander Kakowski
Zdzisław Lubomirski
Józef Ostrowski (pl)
Premier ministre
7 décembre 1916–11 février 1918 Jan Kucharzewski (pl)
27 février 1918–4 avril 1918 Antoni Ponikowski
4 avril 1918–2 octobre 1918 Jan Kanty Steczkowski (pl)
23 octobre 1918–3 novembre 1918 Józef Świerzyński (pl)
3 novembre 1918–14 novembre 1918 Władysław Wróblewski (pl)

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Royaume de Pologne (en polonais : Królestwo Polskie), également appelé officieusement Régence du Royaume de Pologne, est un projet étatique de l'Empire allemand et l'Empire austro-hongrois qui avait pour l'objectif la restauration, à l'issu de la Première guerre mondiale, d'un état polonais autonome. Ce nouvel État, prétendu indépendant et remplaçant le Royaume du Congrès sous la tutelle russe, fut annoncé par la déclaration d'intention du 5 novembre 1916 de l'empereur allemand Guillaume II et l'empereur-roi François-Joseph.

Ce projet fut un cuisant échec politique. Conçu comme une zone d'influence allemande et austro-hongroise, le Royaume devint rapidement un terrain des rivalités entre les deux empires germaniques. Au fil des mois, cette rivalité tourna à l'avantage de l'Allemagne, en dépit du projet de placer sur le trône un cousin de Charles Ier, l'archiduc Charles Étienne de Teschen. Ce n'est que le , que le Conseil de Régence (le gouvernement du Royaume) formé le , publia un décret relatif à l'organisation des pouvoirs suprêmes du futur Royaume.

Cependant, vague sur les dates et les réalisations concrètes, il ne rencontra que peu de succès auprès des principaux intéressés - les Polonais. De plus, l'exploitation économique outrancière du pays et l'incitation des Polonais à s'engager dans l'armée des Puissances centrales alimentèrent le ressentiment de population polonaise envers l'occupant[1]. Le , le Conseil de Régence transmit ses pouvoirs à Józef Piłsudski, puis annonça sa dissolution. L'Etat polonais souverain naquit le jour même sous forme de la République de Pologne.

La Pologne butin de guerre austro-allemandModifier

Intérêts économique du ReichModifier

La Première guerre mondiale est une occasion pour les puissances centrales, qui occupent déjà une partie de la Pologne, d’étendre et renforcer leur pénétration économique dans les territoires polonais occupés par l'Empire russe. L'Allemagne se taille la part du lion dans cette course au profit, en contrôlant 90 % des investissements cumulés allemands et austro-hongrois [2]. Avant le conflit déjà, les terres polonaises servent de région de transit car près de 90 % des échanges entre les empires allemand et russe empruntent le réseau ferré polonais.[3]

Conquête militaire de l'été 1915Modifier

Au début de la guerre, la Russie parvient à conquérir une partie de l’Empire austro-hongrois, mais dès la fin de l’année 1914, les puissances centrales reprennent l’initiative. Après la bataille de Gorlice-Tarnów en mai 1915, toute la partie de la Pologne qui avait appartenu aux Russes passe sous le contrôle de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie. Une nouvelle offensive du 13 juillet 1915 aboutit le 5 août à la conquête de Varsovie et, plus tard, à la prise de Vilnius, alors la deuxième ville polonaise[4]. Les troupes russes sont chassés du Royaume de Galicie et de Lodomérie[5] et les armées des puissances centrales s'installent dans l'ancien Royaume du Congrès[6]. Bien que dès août 1914, les occupants de la Pologne font assaut de flatteries et de promesses pour se concilier les Polonais et disposer d’eux, du point de vue polonais, le début de la première guerre mondiale n’apporte qu’un déplacement des zones d’occupation.

OccupationModifier

 
Occupation des terres polonaises durant la Première Guerre mondiale :

Les anciennes terres polonaises reprises sur la Russie sont ensuite divisées en deux zones d’occupation : le Gouvernement général de Varsovie, administré par l’Allemagne, et le Gouvernement général de Lublin, administré par l’Autriche-Hongrie[7]. Au Nord, la Courlande, une partie des pays Baltes et quelques régions polonaises aux alentours de Bialystok tombent également sous domination allemande, mais ils sont rattachés au district administratif Ober Ost et placés sous le contrôle militaire allemand direct.

Rapidement, l’organisation de la Pologne occupée crée des tensions entre les deux alliés et les deux administrations multiplient des intrigues, en dépit d'une bonne entente de façade[8]. L’Autriche-Hongrie souhaite la création d’un Royaume de Pologne intégré à la double monarchie. L’Allemagne est favorable à la création d’une Pologne théoriquement indépendante, mais de fait sous sa tutelle.

Exploitation économiqueModifier

Depuis le début des opérations militaires, le territoire polonais est considéré comme un butin de guerre où les occupants allemand et autrichien réalisent ses intérêts économiques et exploitent impitoyablement ses ressources [9]. La politique de terre brûlée menée par les Russes pendant la Grande retraite de 1915 a déjà laissé l'économie polonaise dans un état désastreux[4]. Mais aux destructions dues à la guerre, s'ajoutent les pillages systématiques pratiqués par les occupants dans le cadre du plan Hindenburg. Les Allemands recensent et volent toutes les matières premières, des produits manufacturés, des machines et des installations du pays[10].

En effet, dès , le Gouvernement général de Varsovie met en place un cadre légale et des moyens institutionnels afin de soumettre l'économie du territoire polonais à celle de l'Allemagne[11]. Le système d'impositions est organisé et prévoit des réquisitions des denrées alimentaires draconiennes. Aussi les forêts sont pillées pour les besoins de l'Allemagne et des déportations de main d’œuvre sont mises en place[12]. Ceci accompagne d'un développement effrayant des maladies, de la mortalité, du chômage et de la misère, qui va de pair avec l'oppression nationale et politique [1].

Négociations austro-allemandesModifier

Le , Stephan Burián von Rajecz, ministre des Affaires étrangères de l'Autriche-Hongrie, présente à ses homologues allemands la solution austro-polonaise, que les diplomates et le gouvernement allemands semblent initialement accepter[13]. Ainsi, le chancelier du Reich, Theobald von Bethmann-Hollweg, valide l'idée d'une dévolution de la Pologne à l'Autriche-Hongrie, dans le cadre d'une réorganisation trialiste de la « monarchie danubienne »[14].

Cependant, dès 1915, l'Allemagne, forte de ses succès militaires à l'Est, envisage de plus en plus d'inféoder les terres polonaises à l'Allemagne [13] en vue de leur germanisation[15]. Dès la fin de l'année 1914, le chancelier Bethmann-Hollweg mène des concertations sur ce sujet avec les propriétaires terriens, les ministères de l'intérieur et de l'agriculture et les responsables de la colonisation à l'Est de l'Oder. Certains préconisant une simple rectification de frontière en faveur du Reich, d'autres veulent des annexions plus larges.[16] Les Allemands proposent annexer une bande de territoire polonais qui se situe le long de leur frontière orientale de 1914 (Polnischer Grenzstreifen)[17], notamment pour saisir le très convoité bassin minier de la Haute-Silésie (de Dąbrowa Górnicza) sous prétexte d'y créer un « glacis défensif »[18]. Les Austro-Hongrois considèrent que celui-ci est d'une importance vitale pour l'économie du Royaume polonais[18].

 
Stephan Burián (ici à son bureau) est un ardent défenseur des intérêts austro-hongrois dans le Royaume de Pologne.

De leur côté, les Austro-Hongrois envisagent de placer la Pologne dans l'orbite de leur monarchie, sans que cette idée soit précise. Certains se montrent favorables à une réforme de la monarchie habsbourgeoise qui, de "double monarchie", deviendrait triple par la formation d'un "troisième pilier" polonais à partir du Royaume du Congrès et du Royaume de Galicie et de Lodomérie, aux côtés de l'Autriche et de la Hongrie[19]. D'autres envisagent seulement un rééquilibrage de monarchie sans agrandissement territorial, en conférant à la Galicie une autonomie accrue[20].

Les hésitations austro-hongroises profitent aux Allemands[21] et à la fin de l’année 1916, la solution allemande l’emporte.[22]

Le choix du roiModifier

 
Charles-Étienne de Teschen en 1911 (portrait réalisé par Wojciech Kossak).

Consolation pour l’Autriche-Hongrie, le futur roi sera un Habsbourg[23]. En effet, destiné à devenir une monarchie constitutionnelle[24], le Royaume polonais restauré doit échoir à Charles-Étienne de Teschen, issu d'une branche cadette de la famille des Habsbourg-Lorraine[23]. Cependant, le choix d'un archiduc ne fait que masquer la domination allemande sur le nouveau royaume[N 1],[25].

Les frontières du nouvel ÉtatModifier

 
Le projet de Royaume polonais en , après la conférence de Kreuznach et la cession de Chełm à l'Ukraine.

Au cours de l'été 1916, Stephan Burián propose que l'État polonais soit composé de l'ancien Royaume du Congrès et de districts voisins d'Augustów, Białystok et Grodno à forte population polonaise[24]. Mais même lors de la proclamation du nouvel État, en , le tracé de ses frontières ne fait toujours pas de consensus[26],[11].

Mise en place du RoyaumeModifier

Le , le gouverneur général de Varsovie et colonel-général Hans von Beseler proclame, du château royal de Varsovie pavoisé pour la circonstance, une création prochaine d'un royaume constitutionnel et héréditaire[27]. L'acte du 5 novembre 1916 garantit la création d'un royaume et l'octroi d'une constitution[28]. Il reste toutefois vague sur le calendrier et le cadre dans lequel est censée évoluer cette Pologne ressuscitée par les Puissances centrales[11]. De même, ses frontières ne seraient fixées qu’au rétablissement de la paix. En attendant une constitution définitive du royaume, les attributions du monarque sont confiées à un Conseil de Régence [27]. Le 9 août 1917, lors d'une conférence gouvernementale allemande à Kreuznach, une nouvelle frontière polono-prussienne est arrêtée, le long de la Narew[29].

Conseil de Régence et conseil de ministresModifier

 
Le Conseil de régence. De gauche à droite: Józef Ostrowski, Aleksander Kakowski et Zdzisław Lubomirski.

Ce n'est qu'après la Révolution russe de 1917, que les occupants se décident enfin à mettre en place les structures du Royaume. Ainsi, le , un décret élaboré conjointement par les gouverneurs généraux allemand et austro-hongrois institue un Conseil de Régence, composé d'indépendantistes conservateurs[30]. Il comprend l'archevêque de Varsovie Aleksander Kakowski, le maire de Varsovie Zdzisław Lubomirski et le leader conservateur Józef Ostrowski (pl)[31]. Ces personnalités polonaises justifient leur ralliement à l'Allemagne par une crainte de l'exportation de la révolution russe et par l'hostilité envers la Russie[32].

Le Conseil de Régence est assisté d'un conseil de ministres qui est compétent seulement en matière de justice et d'éducation[31]. Il doit cependant compter avec la mauvaise volonté des occupants allemands et austro-hongrois[N 2],[30]. Trois cabinets se succèdent aux affaires entre et . Les ministres tentent également de mettre en place une diplomatie, accréditant des représentants à Berlin et à Vienne, puis en Russie bolchévique enfin dans certains pays neutres [31], mais ce nouvel État n'est reconnu que par les Puissances centrales.

L'armée du Royaume de PologneModifier

 
Le Conseil de régence, avec des officiers de l'armée polonaise (octobre 1917)
 
Messe de la Légion polonaise à la Citadelle de Varsovie (ru), v. 1916-1917.

Au cours de l'année 1917, plus particulièrement, après l'évacuation par les Allemands sur la ligne Hindenburg en , l'armée allemande est confrontée à une grave pénurie de soldats. Pour convaincre les Polonais de rejoindre ses rangs, elle décide de mettre en place une armée polonaise "autonome", à partir des Légions polonaises de Józef Piłsudski[33]. Cependant l'absence de calendrier pour la mise en place du nouvel État freine le recrutements auprès des Polonais[34]. Comprenant les plans allemands et considérant que les Puissances centrales sont en difficulté, Piłsudski interdit aux soldats polonais de prêter le serment rédigé par les autorités d’occupation - serment de fidélité envers un futur roi non nommé avec un devoir d’obéissance au commandement suprême allemand[33]. Piłsudski est alors arrêté et interné à la forteresse de Magdebourg et les Légions polonaises dissoutes. Les quelques forces polonaises restantes sont intégrées dans l’armée austro-hongroise ou intégrée à l’Armée royale polonaise, intégrée à l’armée allemande et sous commandement allemand.

Tutelle allemandeModifier

 
Mark polonais émis par les autorités d'occupation allemandes.

En 1918, lorsque l'empereur Charles est obligé d'accepter la sujétion définitive de son empire au Reich, matérialisée par les accords de Spa du 12 mai 1918, le futur Royaume de Pologne est déjà un territoire sous tutelle allemande où les intérêts austro-hongrois sont totalement écartés[35]. L’Allemagne contrôle l'armée, les transports et l'ensemble de l'économie polonaise.[36][37] Les Austro-Hongrois se consolent avec une tutelle renforcée sur la Roumanie[38].

Disparition du Royaume de Pologne et la renaissance de la République de Pologne indépendanteModifier

 
Józef Piłsudski photographié entre 1910 et 1920.

En février 1918, lors du traité entre le gouvernement ukrainien et l'Autriche-Hongrie, Ottokar Czernin, ministre austro-hongrois des affaires étrangères, octroie à l'Ukraine indépendante la région de Chełm, initialement dévolue au Royaume[N 3],en échange d'un traité de commerce favorable à la double monarchie.[39] Exclus de ces négociations entre les représentants de la Quadruplice et ceux de la Rada de Kiev[40], les représentants polonais ne peuvent défendre leur point de vue. Par conséquent, les membres du Conseil de Régence démissionnent et adoptent une attitude hostile aux puissances centrales[39].

 
Patriotes polonais désarmant les soldats allemands à Varsovie, 10 novembre 1918.

Alors que les Allemands avaient pratiquement évincé les Austro-Hongrois du contrôle du Royaume, les échecs de l'été 1918 remettent en cause leurs projets en Pologne et la défaite militaire de l'Empire allemand à l'automne 1918 ne fait que renforcer le processus de déliquescence d'autorité du Conseil de Régence.

Le 1er novembre 1918 , les membres du Conseil de Régence rompent tout contact avec les représentants austro-allemands et tentent, sans succès, de rallier l'ensemble des Polonais sous leur autorité [N 4],[41]. Le , une République polonaise est proclamée à Lublin par les partisans de Józef Piłsudski, [42] qui, libéré de Magdebourg, arrive à Varsovie le 10 novembre 1918 où il est accueilli en héros.

Prenant acte de cette situation[40], compromis par une collaboration avec l'occupant, le Conseil de Régence démet l'ensemble de ses pouvoirs au profit de Piłsudski[N 5],[40] Le , il lui transmet le haut commandment militaire, puis, le , le reste de ses pouvoirs civils[43].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Le , lors des négociations austro-allemandes de Bad Homburg, Charles Ier se désintéresse de la question de la dévolution de la couronne de Pologne.
  2. En dépit de leur rivalité, les occupants agissent de concert pour limiter les prérogatives des institutions polonaises qu'ils ont créées.
  3. Les Polonais appelèrent cette décision le Quatrième partage de la Pologne.
  4. L'ancien royaume de Galicie et Lodomérie, indépendant de fait depuis la veille, est toujours contrôlé par des unités de l'armée austro-hongroise, rendue exsangue par les désertions.
  5. Emprisonné à Magdebourg depuis l'été 1917, il rentre à Varsovie le .

RéférencesModifier

  1. a et b Henryk Zieliński, « Problèmes de la renaissance d'une Pologne indépendante (1918-1919) », Revue d’histoire moderne et contemporaine, vol. tome 16 N°1,‎ , p. 105-113 (lire en ligne)
  2. Soutou 1989, p. 610.
  3. Soutou 1989, p. 615.
  4. a et b Szymczak 2015, p. 39.
  5. Renouvin 1934, p. 310.
  6. Renouvin 1934, p. 309.
  7. Fischer 1970, p. 242.
  8. Schramm 2015, p. 13.
  9. Fischer 1970, p. 252.
  10. Jerzy Lukowski, Hubert Zawadzki, Histoire de la Pologne, Perrin, , p. 245
  11. a b et c Bled 2014, p. 267.
  12. Szymczak 2015, p. 44.
  13. a et b Fischer 1970, p. 324.
  14. Soutou 1989, p. 21.
  15. Fischer 1970, p. 528.
  16. Fischer 1970, p. 284.
  17. Fischer 1970, p. 248.
  18. a et b Soutou 1989, p. 614.
  19. Fischer 1970, p. 325.
  20. Bled 2014, p. 266.
  21. Beauvois 2010, p. 210.
  22. Fischer 1970, p. 251.
  23. a et b Lacroix-Riz 1996, p. 32.
  24. a et b Fischer 1970, p. 254.
  25. Fischer 1970, p. 525.
  26. Fischer 1970, p. 286.
  27. a et b Szymczak 2015, p. 40.
  28. Fischer 1970, p. 455.
  29. Soutou 1989, p. 611.
  30. a et b Beauvois 2010, p. 211.
  31. a b et c Szymczak 2015, p. 47.
  32. Beauvois 2010, p. 212.
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  34. Bled 2014, p. 305.
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  38. Fischer 1970, p. 458.
  39. a et b Schiavon 2011, p. 198.
  40. a b et c Beauvois 2010, p. 213.
  41. Audoin-Rouzeau et Prochasson 2008, p. 318.
  42. Audoin-Rouzeau et Prochasson 2008, p. 319.
  43. Szymczak 2015, p. 51.

Voir aussiModifier

SourcesModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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