Royaume de Champā

État situé dans la zone centrale du Viêt Nam moderne entre les iie et xviie siècles
Royaumes du Champā
(cjm) Campa
(vi) Chăm Pa

1921145
11471190
12201822

Description de cette image, également commentée ci-après
L'est de l'Indochine vers 1100
Informations générales
Capitale Successivement
Sinhapura (environ 200)
Kandapurpura (380–480)
Virapura (757–875)
Indrapura (875–978)
Vijaya (978–1485)
Panduranga (1485–1822)
Langue Langues malayo-polynésiennes
Religion Hindouisme, bouddhisme Mahâyâna
Histoire et événements
192 Établissement du royaume, à la suite du déclin de la dynastie Han
Xe siècle Conflits avec le royaume de Đại Việt
1145-1147 Annexion à l'empire khmer
1190-1220 Annexion à l'empire khmer
1471 Large défaite face aux Vietnamiens : le royaume est réduit à la région de Nha Trang
1832 Conquête par le Viêt Nam
Rois
(1er) IIe siècle Khu Liên
(Der) 1799-1822 Po Chong Chan

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Champā ou Tchampa (en sanskrit nagara Campa ; en khmer ចាម្ប៉ា ; en cham Chăm Pa ; en vietnamien Chiêm Thành ; en sino-vietnamien et dans les archives chinoises 占城, Zhànchéng), situé dans la zone centrale du Viêt Nam moderne, présente une unité politique sur une longue période, semble-t-il, bien qu'on lui connaisse deux appellations, Linyi et Champa[1] du VIe au XVe siècle et même jusqu'au début du XIXe siècle sur un petit territoire. Un prince du XIIe siècle, Jaya Harivarman a su unifier son royaume depuis la vallée du Thu Bon, au centre du Vietnam, après une période d'invasions et de désordres. Les principautés cham, établies sur les plaines alluviales et les ports, mais aussi sur certaines hautes terres, étaient majoritairement de culture hindouiste et de langue cham, une langue malayo-polynésienne ainsi que d'autres langues locales.

Le Champa figure dans des inscriptions cham et khmères, mais aussi chinoises (en tant que Linyi), du VIe au XVIIe siècles. À l'époque de sa plus vaste extension le Champa occupait un territoire allant du Quang Binh, au Nord (18e parallèle), à Phan Thiết et Biên Hòa, au Sud (11e parallèle)[2]. Les chinois n'utilisaient pas le terme Champā mais Linyi, ce qui désignait une succession de plaines alluviales ouvertes sur la mer et séparées par des reliefs, chacune ayant abrité une sorte de principauté[3]. Après la défaite de 1471 par le Đại Việt le pays est resté affaibli, mais au début du XVe siècle le Champa était un royaume victorieux et unifié.

À Chau Doc, dans la province d'An Giang frontalière du Cambodge, vit encore une minorité Cham aujourd'hui musulmane, avec ses traditions.

Les ChamsModifier

 
Gardien de porte de temple. Style de Trà Kiệu. Xe siècle. Grès H. 120 cm. Musée de la sculpture Cham de Đà Nẵng Musée de Đà Nẵng.

Au début du Ve siècle, le voyageur chinois Faxian, sur le chemin du retour d'Inde en Chine, y fait escale et décrit le fort nez droit et les cheveux noirs et bouclés de ses habitants ainsi que leurs pratiques funéraires de la crémation au son des tambours. Les Chams suivaient un système de castes assez semblable à celui en vigueur en Inde, mais offraient aux femmes une position plus importante dans les affaires concernant la famille et le mariage. Ils avaient cependant adopté la coutume de la satî. Ils bannissaient aussi le bœuf de leur table, une pratique toujours observée dans certaines régions du Viêt Nam. Les Chams étaient constitués en deux clans : Narikel Vamsa, le clan de la noix de coco, et Kramuk Vamsa, le clan de la noix de bétel, les premiers contrôlant la partie nord du royaume, tandis que les seconds régnaient sur le Sud.

Actuellement, réduite à une population de moins de 80 000 membres, l'ethnie cham a conservé sa culture et sa langue, et la grande majorité de ses membres pratiquent l'islam[4]. Il existe aussi hors du Viêt Nam une diaspora cham entièrement musulmane, en particulier au Cambodge et en Malaisie[5]. La langue cham fait partie du groupe malayo-polynésien de la famille des langues austronésiennes.

Les populations du Champa ne parlaient pas toutes le Cham. Une étude portant sur la vallée du Trà Khúc montre que c'était une langue Mon-Khmer, le Hrê, que l'on employait dans cette plaine du Champa. Le Sanskrit (langue "internationale", comme en Europe le latin), et le Cham ont certainement servi de lien politique entre les populations de langues diverses qui constituaient le royaume[6].

TerminologieModifier

Le nom de Champā est, peut-être l'adaptation d'un terme indien (une région de l'ancien Bengale, aujourd'hui au Bihar, dont la capitale était Champâpuri). Ce terme aurait été employé à partir du moment où les Cham sont entrés en contact avec les populations du sous-continent et en raison de sa parenté phonétique avec leur propre manière de se désigner[7]. Les premiers alphabets du Champa, comme ceux du Cambodge et du Nusantara (Indonésie) trouvent leur origine dans l'écriture de l'Inde du Sud[8].

Histoire du ChampāModifier

Arrivée des Cham. l'Indonésie et l'IndeModifier

Pendant longtemps, les chercheurs ont cru que les Chams étaient arrivés par la terre, chassés de la Chine par les Han (206 av. J.-C. et 220)[9]. Récemment, l'analyse linguistique comparative a établi que les Chams étaient venus de la mer vers la fin du Ier millénaire avant notre ère[10], de la Malaisie, et d'Indonésie de Sumatra ou de Bornéo pour s'établir dans la région de l'Annam au centre du Viêt Nam moderne, bien qu'il y ait des preuves génétiques de mélange avec l'Inde[11]. Ce territoire était occupé par des populations parlant le mōn-khmer, parmi lesquelles le groupe viétique, qui donnera naissance au vietnamien et, à l'extrême Sud, le groupe khmer, celui duquel sont issus les futurs occupants majoritaires du Cambodge.

Les Chams originels sont donc les héritiers probables des colons de la fin du Néolithique venant des îles indonésiennes. Leurs petites plaines enserrées dans des reliefs maintenaient leur orientation principale en direction de la mer. Leurs villes étaient d'abord des ports au départ d’importantes routes d’échanges reliant l’Inde, la Chine et les îles indonésiennes. Par contre, si l'habitude austronésienne était de changer souvent de site pour maintenir son autosuffisance, les échanges commerciaux continentaux imposaient la stabilité de résidence. La production de riz est devenue une nécessité. Dans la province de Quang Tri, la culture du riz avec le système d'irrigation complexe de Gio Linh en témoigne[3].

Ces résultats sont issus de nombreuses recherches - entreprises à la suite de la publications de Ian Glover en 1990[12] - « sur la préhistoire tardive et la protohistoire de la façade maritime de l’Asie du Sud-Est côtière, ce qui a permis de mieux comprendre et de redéfinir pour la région le long processus d’interaction avec l’Inde qui a précédé ce qu’il est convenu de nommer son « indianisation », et la période cruciale de formation de ses premiers États. »[13]

Rapports avec la culture de Sa HuỳnhModifier

Des fouilles effectuées 1993 à 2006 à Hội An sur des sites de dunes en bord du fleuve Thu Bồn donnent des indices d'une continuité avec les traditions locales de céramique, verre et métal de la culture de Sa Huỳnh, aux Ier AEC - IIe siècle EC, continuité avec celles des sites Linyi/Champa ultérieurs. Mais ces savoir-faire se sont développés, on prépare alors bien plus soigneusement la terre, tout en conservant une cuisson économe en combustible et simple à mettre en œuvre. Tandis que, précédemment, la poterie était une production familiale, elle s'intensifie ensuite et sur des centres spécialisés surtout après le IIIe siècle, au point d'être largement commercialisée dans la région[14].

Rapports avec la ChineModifier

On y a découvert aussi des témoins d'échanges avec la Chine des Han de l'Est ((25 - 220 EC) jusqu'à celle des Six Dynasties (220-589) et des Tang (618-907). Le passage des chefferies Sa Huỳnh à des structures étatiques Cham semble se faire en relation avec le modèle Han. L'intervention autoritaire des Han orientaux au Jinan aux Ier et IIe siècles aura certainement favorisé la constitution de pouvoirs forts au Champa. Certaines trouvailles sont exceptionnelles: une feuille d'arbre de la Bodhi en bronze, ainsi que des tessons à motifs de fleurs de lotus et d'animal, un éléphant (?), motifs totalement absents de la céramique Sa Huỳnh. Une maison incendiée a été découverte, et une autre à toits de tuiles de type chinois avec des tessons de céramique Han datent du début de l'ère commune. Enfin, à Gò Cẩm, une perle en verre bleu sombre de la région Indo-Pacifique ainsi que deux types de riz ont été mis à jour[15].

Rapports avec l'IndeModifier

Dès le début de l'ère chrétienne, l'Annam a connu une immigration indienne peu nombreuse mais qui a pacifiquement répandu l'hindouisme, le bouddhisme et le sanskrit, probablement une des langues de communication les plus répandues dans le sud-est asiatique à l'époque (voir l'article Indianisation de la péninsule indochinoise). Les moines bouddhistes introduisirent les deux formes du bouddhisme, Mahâyâna et Theravāda. Plus récents, les petits bronzes, tout comme le grand Bouddha de Đồng Dương probablement originaire du Sri Lanka theravâdin (VIIIe – IXe siècles, tous datent de cette période et témoignent de cette co-présence[16]. Malgré cette forte influence indienne, les Cham vont garder des caractéristiques particulières qui se retrouveront dans leur statuaire bouddhiste et hindouiste, et qui la différencient de celles de l'Inde et de l'Indonésie.

Des tout premiers temps date aussi un tesson décoré à la roulette, et qui serait d'origine indienne, donc un premier témoin d'échanges lointains. On en a retrouvé sur la côte nord de Bali, aux environs de Jakarta et au nord de la péninsule Malaise. D'Inde viendrait aussi l'usage de petites verseuses kendi, dont l'appellation dériverait de kuṇḍika (réservoir d'eau pure) et que l'on retrouve, à cette époque à Trà Kiệu, probablement au milieu du IIIe siècle, ailleurs au Champa et sur les routes du commerce indien.

Trà Kiệu et l'émergence des premiers centres politiques ?Modifier

Alors qu'au IIe siècle apparaissent à Trà Kiệu les premières installations villageoises (vers 100 EC), à la fin de ce même siècle le Linyi devenait indépendant[17]. Le Vietnam central est aussi le point le plus au Sud pour l'usage des tuiles de type chinois, usage que l'on retrouve jusqu'en Corée et au Japon. Ces tuiles sont le signe de constructions remarquables, administratives ou religieuses ; à Trà Kiệu dans la première moitié du IIe siècle. Les abouts de tuile plats et ronds sont de deux sortes. Ceux à motif estampé de nuage, lotus, , etc. semblent dater de la dynastie Han et d'autres à motif de visage - figures apotropaïques (?) - dateraient du IIIe siècle des Wu de l'Est à Nanjing. Ils conviennent (c'est une convention), en Chine, aux architectures officielles et aux habitations les plus riches[18]. Or, la recherche systématique de ces tuiles et abouts plats et ronds fait apparaître que plusieurs sites comparables, à l'embouchure de fleuves ou à proximité, signale des constructions notoires et avec, en partage, ce signe que constitue à l'époque un toit de tuiles de facture très semblable dans chacune de ces "principautés". Ce pourrait être l'indice d'une "alliance" entre pôles régionaux, ou "principautés", à l'embouchure de ces fleuves, qui se serait développée au IIIe siècle. Une "alliance" que les chinois ont nommé Linyi et qui a pris localement le nom de Champa, au moment où l'influence indienne allait devenir déterminante[19].

Premières inscriptions conservées, premiers centres encore préservésModifier

Si les premiers textes connus, à partir du Ve siècle, sont datés à partir de critères paléographiques cela ne signifie pas l'apparition de la culture cham. Cela signifie seulement qu'à cette période les Cham ont considéré qu'il était important de conserver par écrit la mémoire de certains évènements marquants[20]. Ces premières inscriptions montrent des rois règnant sur des territoires restreints.

Les premiers centres cultuels actuellement répertoriés et encore préservés, en partie, sont situés dans la vallée du Thu Bồn (Hội An) avec les sites du sanctuaire de Mỹ Sơn (vishnouite), le sanctuaire mahayana de Đồng Dương et le sanctuaire de Trà Kiệu (vishnouite).

Premiers rapports avec la ChineModifier

Il y a une divergence entre l'utilisation du terme Linyi, employé dans les textes chinois du IIIe siècle (dynastie Han) et 749 de notre ère, et la première apparition du nom Champa. Campā apparaît d'abord en 658 EC dans l'inscription Cham C.96 au sanctuaire de Mỹ Sơn, puis en 667 EC dans l'inscription khmère K.53 de Kdei Ang (Prey Veng). La manière dont cette identité cham a été forgée doit donc être réexaminée.

Au IIIe siècle, les spécialistes s'accordent pour interpréter la description que les chinois font des habitants du Linyi comme ces austronésiens qui avaient migré dans ces régions auparavant[3] (vers la fin du Ier millénaire avant notre ère). Les Han faisaient du commerce avec les Cham et ont établi des commanderies (Jiaozhi dans le delta du fleuve Rouge, Jiuzhen dans les provinces actuelles de Thanh Hoa, Nghê An, Ha Tinh et Rinan dans les provinces de Quang Binh, Quang Tri et Thua Thien-Huê. Les chinois voulant procéder à des taxations, il y au des révoltes. À la suite du chaos qui accompagne l'effondrement de la dynastie Han en Chine, la révolte de 192, qui a entraîné l'assassinat de l'administrateur de Rinan à Xianglin, a aboutit à une nouvelle entité proto-Cham indépendante que la Chine a reconnue à partir du IIIe siècle.

À cette époque les Cham sont connus pour être d'excellents marins, leurs principales activités étaient centrées sur le commerce et la piraterie. Leur vocation maritime les a probablement mis au contact de la culture indienne, lors de leurs déplacements dans ce pays et avec les autres populations austronésiennes du Nusantara (Indonésie), dont les pérégrinations vers l'Inde avaient probablement débuté avant que les Cham ne quittent Bornéo[21]. Il est probable que des relations similaires aient été entretenues avec la ville portuaire d'Óc Eo du royaume de Founan jusqu'au VIIe siècle.

Pendant la dynastie Jin (265-420) avec sa politique de commerce ouvert, Linyi est enfin reconnue comme une entité politique. Le message de l'envoyé daté de 268 EC nomme également le roi du Linyi, Fan Xiong. Linyi y est décrit comme étant composé de «plusieurs tribus», ce qui suggère une structure politique à plusieurs têtes avec seulement «Linyi» qui mérite une mention spéciale. Ainsi, en 285 de notre ère, «dix royaumes du sud», dont le Fou-nan (premier royaume khmer sur le delta du Mékong), furent invités à rendre hommage à la cour Jin. Le centre du Linyi semble plus correspondre aux environs de Hué et ne peut pas être localisé avec certitude à Tra Kiêu avant 605, moment où ce roi tente d'étendre ses possessions plus au Nord[3].

Ce n'est que dans la seconde moitié du Ve siècle que des relations différentes s'établissent entre Linyi et la Chine. À la fin du siècle, les annales de la dynastie Liang mentionnent la présentation «par le royaume de Linyi» d’une «image d’Amitayus» (du Bouddha Amitābha) à la cour chinoise.

Les États du ChampāModifier

 
Territoires du Champā sur carte topographique. Les centres politiques sont indiqués par des témoins archéologiques. Ils sont situés dans des vallées, la plupart dans des plaines littorales, mais parfois sur les hauteurs.[22]

Les États du Champa (répartis entre le 18e et le 11eparallèle), les plus aisés à identifier, correspondent à des centres de peuplement que l'archéologie et l'épigraphie nous indiquent. L'archéologie a apporté des preuves d'existences de populations cham et de nombreuses entités politiques[23] avant que des termes sanscrits (comme Amarāvati ou Indrapura) ne puissent être employés, car ces termes désignent des entités politiques sur des périodes limitées[24]. Le rôle essentiel des fleuves assurait à ces populations les moyens de communiquer et de transporter des biens et des personnes. Ainsi ces territoires peuvent être nommées actuellement par le fleuve dont ils dépendent, comme Trà Khúc, Côn et Đà Rằng, sur une période indéfinie[25].

À partir du VIIe siècle, dans le Champa du Nord, la vallée du Thu Bồn apparait comme le centre le plus actif, avec les vestiges du port de Hội An et le centre politique de Trà Kiêu, ainsi que les centres religieux de Mỹ Sơn et Đồng Dương. Cette vallée et la plaine qu'elle traverse fut le centre du royaume d'Amarāvati, et correspond à l'actuelle province de Quảng Nam (Đà Nẵng). La capitale en était l'ancienne Siṃhapura [Vietnam[26]], sur l'actuel village de Trà Kiệu, avec pour centre religieux Mỹ Sơn, shivaïste[27]. Le port qui faisait la richesse de ce peuple de commerçants et pirates, à cette époque, était situé sur l'actuelle Hội An, sur la rivière Thu Bồn. Il offrait un havre en cas de tempête ou de typhon et disposait d'un lieu de déchargement sur l'île voisine de Cù Lao Chàm. Des sondages, sur cette île, indiquent que cette région commerçait avec le monde chinois et avec le golfe persique, musulman, de même qu'avec le reste de l'Asie du Sud-Est et l'Inde, shivaïste et bouddhiste.

Une seconde capitale s'est développée dans cette région centrale, Indrapura (toujours dans la province de Quảng Nam). Elle était capitale dès 875 et au cours des décennies suivantes. Elle a eu comme centre religieux Đồng Dương, bouddhiste. Ce site d'Indrapura se trouve à proximité de l'actuel village de Đồng Dương, sur la commune de Bình Định Bắc. Enfin la troisième capitale de cette région Nord, l'ancienne Vijaya (dans l'actuelle province de Bình Định, voisine de la précédente), fut capitale pendant plusieurs siècles jusqu'au jour où elle fut conquise en 1471 par le Đại Việt.

Par ailleurs, des centres bouddhiques mahāyāna existaient encore vers 1300, au nord du Champā : au Quảng Bình et au Quảng Trị ainsi que le grand ensemble de Đồng Dương, au Quảng Nam. Le souverain vietnamien, qui était bouddhiste, est venu les visiter[28].

Au Sud, d'autres centres ont été contemporains des précédents, et relativement indépendants des États cham du Nord, notamment dans le Kauthara (région de Nha Trang) et au Pānduranga (région de Phan Rang). Leurs souverains ont maintenu l'autonomie et la prospérité de leurs États jusqu'à la fin du XVIIe siècle, où ils furent déposés par le Đại Việt. Des inscriptions remontent au VIIIe siècle et le temple de Hòa Lai pourrait être aussi ancien. Un centre politique existait aussi en altitude à Ayun Pa (Gia Lai) sur le cours supérieur du fleuve Ba (ou Đà Rằng) (en)[29]. Une statue de Shiva portant une inscription et datée de 1360 (1282 Saka) a été découverte à Biên Hòa, ce qui semble le point le plus au sud du Champa[30].

Ces principautés avaient des relations commerciales intenses, par le port de l'actuelle Phan Rang, avec la péninsule malaise (presqu'île de Malacca) et l'île de Sumatra[31]. Les beaux temples de Po Klaung Garai (XIIIe – XIVe siècles) et Po Romé (XVIe siècle) ont été les derniers édifices religieux cham édifiés à proximité des côtes[32]. Mais le Panduranga, situé au Sud (de Cam Ranh, province de Khánh Hòa à Mũi Né, province de Bình Thuận) continua d'exister jusqu'au XIXe siècle[33].

Ce furent autant de petits centres établis à l'embouchure des cours d'eau, « faisant leur affaire des influences indiennes chacun à leur manière », indépendants, mais tout en restant en contact les uns avec les autres. Cette nouvelle conception du Champā qui s'impose dans les années 2000, comme une juxtaposition de centres plus ou moins indépendants mais en contacts, s'écarte nettement des ouvrages d'histoire classiques qui se réfèrent largement à l'étude de Georges Maspéro, Le royaume de Champa, parue en 1928[34].

La question de l'unité du royaume, dans ces conditions, doit être étudiée selon les sources, donc en fonction de points de vue initiaux différents, dans des contextes temporels et politiques différents. Ainsi Andrew Hardy étudie la relation entre un roi du Vijaya (Champa) (en) (Quy Nhơn, Binh Dinh, temples de Tháp Bánh Ít) au milieu du XVe siècle et une principauté située en montagne, à Ayun Pa (Gia Lai). Deux inscriptions permettent de voir comment le roi déploie des ressources économiques et idéologiques pour affermir cette alliance. D'autre part les chroniques entre le Vietnam et la dynastie Ming permettent de percevoir la désintégration du royaume après 1471. Le Champa apparait bien, chaque fois, à cette époque, comme un État segmenté qui nécessitait de déployer de constants efforts d'intégration afin de lutter contre la fragmentation[35]

Structures socialesModifier

La hiérarchie sociale était hindoue et les Cham étaient divisés en quatre castes (Brahmanes, Kshatriyas, Vaishyas et Shudra). La tradition cham parle souvent de deux clans (lignées) qui se partageaient le pays : le clan de l'aréquier (Kramuka) dans l'État du Panduranga et celui du cocotier (Narikela) qui dominait au Nord.

La marque du pouvoir royal était le parasol unique. L'autorité du roi était absolue : il avait droit de vie ou de mort, nommait aux charges et emplois, et l'administration du pays était tout entière entre ses mains. Il portait souvent le titre de « Roi des rois » (Rajadiraja) ou de « Seigneur de la terre entière du Champa » (Po Tana Raya).

Royaumes ou principautésModifier

 
Tours-sanctuaire de Tháp Đôi à Quy Nhơn (Bình Định). Fin XIe - début XIIIe siècle[36]

L'établissement de cartes est un travail constant. Ainsi les anciennes cartes représentaient l'organisation spatiale du Champa comme un ensemble de cinq territoires - Indrapura, Amarāvatī, Vijaya, Kauṭhāra et Pāṇḍuraṅga - sur un modèle construit sur une liste publiée par Maspero[37]. Ce modèle est aujourd'hui obsolète. En 2012, à la conférence de Paris New research in historical Campā studies de nombreux auteurs avaient adopté une représentation de la géographie politique du Champā fondée sur les fleuves. Ils prenaient en compte la nature anachronique des cartes "généralistes" qui portent des noms en sanscrit et mettent en valeur le modèle des vallées fluviales de Bronson pour l'interprétation d'informations portant sur des périodes historiques précises.

Sur une période historique précise, donc, PO Dharma (1997), précisait qu'à partir du VIIIe siècle et pour presque deux cents ans, le Champā semble, d'après les inscriptions et les textes, avoir été « une sorte d'État fédéral ou de fédération plutôt qu'un royaume unitaire ». Selon cet auteur le Champa va atteindre alors « les limites de sa plus grande extension, puisqu'il va s'étendre de la "Porte d'Annam" au Nord, au bassin du Dong Nai, au Sud. [Il est alors] divisé en cinq régions, qui semblent avoir été des principautés : Indrapura, Amaravati, Vijaya, Kauthara et Panduranga ».[38]

Une autre étude des sources épigraphiques montre que cette région était constituée de bien plus nombreuses principautés. [29]Certaines d'entre elles sont évoquées dans les sources épigraphiques et avec des généalogies de rois sur des périodes historiques limitées mais sur des territoires quelque peu variables. Le « roi des rois » était celui qui parvenait à imposer, pour un temps, sa suprématie aux autres par des victoires militaires et un tribut, mais sans la volonté de s'attribuer leurs terres. Cette suprématie était souvent remise en cause, et la « capitale du Champā » s'est déplacée, en conséquence.[39] Les différents centres du Champā ne furent jamais unifiés en un seul royaume. L'extrémité Sud, l'ancien Panduranga était indépendante. La région de Vijaya-Quy Nhan, était le plus souvent indépendante du Panduranga comme de la région du Thu Bon.[40]

  • Amaravati : Dans la vallée du fleuve Thu Bồn, la ville actuelle de Trà Kiệu contient le site de Hoàn Châu, sur l'ancienne Siṃhapura, capitale de l'État d'Amarāvatī, avec le centre shivaïte de Mỹ Sơn dans les montagnes proches. À proximité du centre bouddhiste de l'actuel village de Dong Duong, l'ancienne ville d'Indrapura (sur la commune de Bình Định Bắc) a été, elle aussi, capitale d'Amaravati dès 875 et au cours des décennies suivantes. L'actuel port de Hội An leur servait déjà de port. L'emplacement d'Indrapura est donc voisin, aujourd'hui, des ruines de Ðông Duong. L'Amaravati correspond à peu près aux actuelles provinces de Quảng Nam et de Quảng Ngãi, mais elle s'est étendue jusqu'à la frontière de l'Annam, le protectorat chinois sur le nord de l'actuel Vietnam.[41] lorsque qu'Indrapura est capitale, un roi, Che Cu, prisonnier d'un empereur Viêt, ne peut retrouver sa liberté qu'en abandonnant ses trois provinces du Nord en 1069 : le col de Lao Bao marquant la frontière Nord . À cette époque le pouvoir d'Indrapura s'étend sur les sites archéologiques actuels de Hà Trung, au Nord, et Linh Thái au Sud. En 1306 cette frontière Nord descend au col des Nuages (col de Hải Vân)[42],[43].
Aux VIIIe – IXe siècle le bouddhisme se répand. Le monastère de Đồng Dương témoigne de cette ferveur, l'ensemble du site ayant été consacré à Lakṣmīndra-Lokeśvara par Indravarman II dans sa capitale d'Indrapura, dans l'ancienne province d'Amaravati.[44]
  • Vijaya : Bien qu'aucun document ne permette d'en être sûr, Quy Nhơn (Bình Định) est considérée comme l'ancienne Vijaya évoquée par les inscriptions cham et khmères des XIIe et XIIIe siècles. Ses sept tours actuellement visibles en font un lieu architecturalement différent des autres sites de cette période. L'usage qui est fait d'éléments en grès, bien plus qu'ailleurs, les rapprocherait de l'architecture khmère, bien que leurs formes s'en écartent nettement[45].
  • Panduranga (Panran dans sa forme indigène) eut pour capitale Virapura, qui porta aussi le nom de Rajapura (aux environs de Phan Rang - Tháp Chàm). Cette principauté était la plus grande. Elle comprenait Kauthara qui, à certaines époques, en fut détaché et forma la quatrième des grandes divisions territoriales avec Yanpunagara comme chef-lieu.
  • Kauthara s'étendait sur les provinces actuelles de Khánh Hòa et Phú Yên et le Panduranga sur celles de Bình Thuân et de Ninh Thuân.

Axes de communicationModifier

Une étude, publiée en 2019, porte sur deux régions, du Ve au XVe siècle, la vallée du fleuve Thu Bồn, d'une part, et la vallée du fleuve Ba, dont l'estuaire et le cours inférieur est appelé Đà Rằng, d'autre part. Ces deux régions ont été habitées de longue date, et depuis la culture de Sa Huỳnh dans le cas de la vallée du Thu Bồn à Hội An. Le commerce du bois d'aigle, qui pousse en altitude, a toujours été une richesse exploitée au Vietnam. Cette étude montre que des réseaux de communication par voie de terre se sont développés à proximité des berges de ces fleuves sur cette longue période. Ces chemins pouvaient s'enfoncer profondément dans l'arrière-pays montagneux : depuis le Thu Bồn vers l'Ouest par une route qui atteignait Champassak, au Laos. Et depuis le Đà Rằng vers le Nord-ouest vers l'Est et le Nord-Est du Cambodge. Cette vallée du Đà Rằng (en) (ou Ba), est la vallée fluviale la plus vaste du Vietnam, et sa citadelle de Thành Hồ, ainsi que que de nombreux vestiges, dont une inscription du Ve siècle en font un axe de communication essentiel à l'époque du Champā, sans que, pour autant, on y ait évoqué la présence d'un royaume[46].

L'indépendance du ChampāModifier

Au VIe siècle, une nouvelle dynastie s'empare du pouvoir, se libère du joug chinois et entame une période de prospérité. Elle sera cependant en conflit quasi perpétuel avec ses voisins de Java, des provinces chinoises au nord et de l'empire khmer émergeant à l'ouest. La capitale est alors située à Indrapura (actuelle Trà Kiêu, ayant un port à l'actuelle Hôi An, à proximité de Dà Nang.

L'expansion du ChampāModifier

En 875, Indravarman II établit la dynastie à Indrapura, transfère sa capitale dans la province nordique d'Amarâvatî et l'orne de nombreux palais et temples.

Au Xe siècle, libéré du joug chinois, le royaume vietnamien de Đại Việt, jusqu'alors confiné dans le delta du fleuve Rouge, cherche à s'étendre et entame une politique d'extension vers le sud ou Nam Tiên et entre en conflit avec le Champā qui doit abandonner Amarâvatî en 1000 et Vijaya en 1069. On estime qu'à ce moment, une partie de l'aristocratie et des populations côtières de ces régions a émigré au Çrivijaya (Malacca, Sumatra et Java)[47].

Conflits entre Khmers et le ChampāModifier

Les Khmers poursuivent une politique expansionniste vers l'Est afin d'intégrer le Cambodge dans le réseau de commerce maritime international favorisé par les Song du Sud[48]. Les attaques contre le Vietnam ayant échoué, Suryavarman II (1113-1145/1150) conquiert Vijaya. Mais deux ans plus tard, le nouveau roi Cham, Jaya Harivarman I accède au pouvoir et libère son pays de l'emprise khmère. L'expansion cambodgienne reprend avec Jayavarman VII (1181-1220 ?) au Vijaya vers 1160-1170. Deux dignitaires cham auraient suivi Jayavarman VII au Cambodge et l'aidèrent à réunifier le pays. De retour au Vijaya ils auraient été investi de responsabilité afin de maintenir les conquêtes effectuées par les Khmers sous leur autorité. Ces partisans des Khmers se seraient avéré être peu sûrs.

L'histoire classique de la grande conquête d'Angkor en 1177, suivie de l'occupation de la ville pendant plusieurs année, n'est plus soutenable après une étude attentive des sources épigraphiques et non des textes chinois peu fiables car recopiés. Les bas-reliefs du Bayon qui montrent des vainqueurs Cham, représenteraient ces alliés Cham qui, aux côtés de Jayavarman lui ont permis de reprendre le pouvoir alors qu'un usurpateur s'en était emparé durant la campagne de Jayavarman contre Vijaya[49].

Jayavarman VII est encore en guerre en 1190, guerre qui se poursuit jusqu'en 1220. Pendant cette période un dirigeant important au Champā a laissé dix inscriptions, dont huit à Nha Trang et Phan Rang, une de My Son et une du Binh Dinh. C'est donc le Sud qui était en train de prendre de l'importance[50].

Conflits avec le Đại ViệtModifier

 
Po Klong Garai, fin XIIIe siècle. (Phan Rang).

Mais bientôt les Cham retombent sous la coupe khmère entre 1190 et 1220 et subissent les attaques des rois de la dynastie Trần du Đại Việt (Viêt Nam) et des Mongols en 1284.

Le Nagarakertagama, un poème épique écrit en 1365 dans le royaume javanais de Majapahit, cite Cempa, c'est-à-dire le Champā, parmi les contrées avec lesquelles le royaume entretient des relations commerciales.

Les conflits incessants grignotent le territoire cham, tant et si bien qu'à fin du XVe siècle, le royaume de Champā est quasiment dépecé. En effet, en 1471, sous le règne de l'Empereur du Đại Việt ; Lê Thánh Tông (1442–1497) le Champā subit une grave défaite face aux Vietnamiens : cent vingt mille hommes cham sont tués ou capturés et le royaume est réduit à la petite enclave de Nha Trang.

La seconde vague expansionniste des Vietnamiens, en 1720 sous le règne Đại Việt de l'Empereur Trịnh Cuong (1709-1729), entraîne la fuite au Cambodge du roi des Cham et de sa suite.

Les princes cham sont maintenus au pouvoir jusqu'en 1822 sous le règne vietnamien de Minh Mang (1820-1841, année où le Champā est absorbé par le Viêt Nam. C'est la fin de la culture hindouiste dans la péninsule indochinoise.

La population cham n'était plus très nombreuse : elle était estimée à 200 000 environ au début du XIIe siècle. Elle se divise en Cham proprement dits et en Sauvages des hautes terres auxquels les Cham donnent le nom de "Kiratas" et qui regroupent notamment les populations "Ba Na", "Gia Rai", "Ê Ðê", "Ra Glai" et "Chu Ru".

 
Shiva dansant. Circa XIIe – XIIIe siècle, Tháp Mắm ?, Bình Định. Grès en haut-relief. Musée national d'Histoire du Vietnam, Hanoï

ReligionsModifier

La religion principale des Cham était l'hindouisme, c'est-à-dire l'adoration des trois dieux de la Trimûrti : Brahma, Visnu et Çiva. Mais ils pratiquent également le bouddhisme. Une partie des Cham vivant actuellement au Viet-Nam pratiquent toujours le brahmanisme, alors que la totalité de ceux qui ont quitté le pays pour aller s'installer au Cambodge sont des musulmans, ce sont les "Cham Bani" proches des Malais. Il y a une mosquée cham à Chau Doc (An Giang).

Le colonialisme vietnamienModifier

Avec le déclin de la Dynastie Tang réapparurent les espoirs de libération du Viêt Nam. Débutant en 938, une véritable révolution amena, l’année suivante, la défaite des Chinois. En 940, les Vietnamiens étaient les maîtres de leur pays depuis les collines du Yunnan jusqu’au 17e parallèle.

Désormais assurés de leurs arrières, ils s'engagèrent dans une politique d'expansion aux dépens de leurs voisins du sud, visant le fertile delta du Mékong. Dans ces régions se trouvaient le royaume hindouiste du Champā, et les royaumes bouddhistes du Cambodge et du Siam (Thaïlande aujourd'hui). Il s’ensuivit une série de guerres, entrecoupées de négociations, de traités de paix plus ou moins éphémères, d'escarmouches.

Le royaume du Champā avait prospéré pendant plusieurs siècles grâce à son commerce maritime florissant et à ses puissantes flottes de guerre. Comme celui des Normands (presque contemporain), le Royaume cham reposait presque entièrement sur la puissance de sa marine avec tous les avantages et les désavantages qu’entraîne un tel État. Puissant sur mer, le Champa était vulnérable sur terre. Le point de vue vietnamien présente les Chams comme de violents pirates et pillards marins, et les vietnamiens comme de paisibles fermiers occupant un arrière-pays laissé à l'abandon : Jean Delvert, géographe français, récuse ce point de vue dans La Péninsule indochinoise (1964) et dans La Répartition des hommes en Asie du Sud-Est (1970).

Peu à peu, les Vietnamiens occupèrent les plaines du Nord Champā, tantôt par la guerre, tantôt pacifiquement avec le consentement des seigneurs Chams locaux qui virent dans cette occupation pacifique une source d’enrichissement pour eux. À travers le Viêt Nam et par le Yunnan, le « riz champā » a fait la richesse de la Dynastie Song du Sud. Village par village, delta par delta, le processus se répéta. Il y eut quelques arrêts momentanés et même quelques brefs reculs dans cette « longue marche » vers le Sud, mais vers la fin du XIe siècle, toutes les provinces côtières au Nord de Huê étaient passées sous contrôle vietnamien. La zone suivante qui comprenait Huê devint vietnamienne au milieu du XVe siècle, avec le mariage de la sœur du roi du Champā et le Roi du Viêt Nam.

Mais en 1471, la guerre reprit avec âpreté, les Vietnamiens soumirent la deuxième capitale des Chams, Vijaya, Indrapura ayant été perdue auparavant en 982, et le Royaume cham, jadis florissant, fut bien près de sa chute[51].

Les dynasties du ChampāModifier

Quatorze dynasties se seraient succédé à la tête du royaume du Champā depuis 192 après J.-C. les quatre premières demeurent encore peu connues[52]

 
La tour sanctuaire Thap Poshaknu, XVe siècle, à Phu Hai, Phan Thiết

Dynastie de Pânduranga (Dynastie V)

  • vers 757-770 : Prithivîndravarman
  • vers 774-780 : Satyavarman
  • vers 793-803 : Indravarman Ier
  • vers 801-817 : Harivarman
  • vers 820-850 : Vikrântavarman III

Dynastie Bhrigu (Dynastie VI)

  • vers 850 : Bhadravarman Ier ;
  • vers 854-898 : Indravarman II, son fils ;
  • vers 898-903 : Jaya Simhavarman Ier, son neveu ;
  • : Jaya Saktivarman, son fils ;
  • 905-910 : Bhadravarman II
  • 916-vers 960 : Indravarman III, son fils ;
  • 960-971/972 : Jaya Indravarman Ier
  • 971-982 : Paramesvara Varman Ier
  • 982 : Indravarman IV
  • 983/986 : Lu'u Kê Tong (usurpateur vietnamien)
  • 988 : Indravarman V

Dynastie d'Indrapura (Dynastie VII)

  • 991-998 : Vijaya Shrî Harivarman II
  • 998-1007 : Yan Pu Ku Vijaya Shrî
  • vers 1010 : Harivarman III
  • vers 1018 : Parasmesvara Varman II
  • 10??-1030 : Vikranta Varman II
  • 1030-1044 : Jaya Simhavarman II

Dynastie de Vijâya (Dynastie VIII)

  • 1044-1060 : Jaya Paramesvara Varman Ier
  • 1060-1061 : Bhadra Varman III
  • 1061-1074 : Rudra Varman III

Dynasties du Sud

Dynastie IX

Dynastie X

  • 1139-1145 : Jaya Indravarman III
    • 1145-1147 : Harideva vice-roi Khmer

Dynastie XI (Capitale Vijaya)

Dynastie XII

Dynastie XIII

Dynastie XIV

Désintégration du royaume de Champa

  • 1471-1478 : Bô Tri Tri au Panduranga
  • 1478-1505 : Gulai son frère ;
  • 1505- ? : Tra Toai son fils ;
  • vers 1543 : Tra Phuc, son fils ;
  • vers 1602 : Po Klau Halu
  • après 1602 : Po Nit
  • 1627-1651 : Po Ramé
  • après 1651 : Po Nraup
  • avant 1693 : Po Saut

Dynastie Po vassale du Viêt Nam dans le Chiêm Thanh.

vacance

  • 1735-1763 : Po Rattirai
  • 1763-1765 : Po Tathun da moh-rai
  • 1765-1780 : Po Tithuntirai da paguh
  • 1780-1781 : Po Tithuntirai da parang

vacance

Annexion par le Viêt Nam ; le dernier roi se réfugie au Cambodge.

Une civilisation méconnueModifier

La civilisation Cham est beaucoup moins célèbre que la civilisation Khmer pour trois raisons.

D'abord, les Chams n'étaient pas vraiment unifiés : ils étaient organisés en chefferies ou en grandes principautés. Contrairement aux Khmers qui avaient un royaume centralisé avec une capitale Angkor, les Chams n'avaient pas de capitale centralisée.

Ensuite, aux environs de l'an 1000, les futurs vietnamiens, leurs voisins du Nord, installés dans le delta du fleuve Rouge ont réussi à se libérer du joug chinois. Ils cherchent à s'étendre géographiquement à la suite d'une hausse de leur démographie. Ne pouvant s'installer dans le Nord en raison de la présence de la Chine dont ils venaient de s'émanciper, ils s'étendent alors vers le Sud. Cet événement est connu sous le nom de la Marche vers le Sud, le « Nam-Tien » dans la tradition vietnamienne. De l'an 1000 jusqu'au milieu du XIXe siècle, les Chams sont contraints de se replier constamment vers le Sud. Les vietnamiens en s'installant dans les régions conquises ont cherché à effacer les traces de la civilisation cham (inscriptions burinées, lissées, réduites en gravats enterrés au pied des monuments).

Puis, les archéologues et les chercheurs français ont abandonné leurs travaux scientifiques qu'ils avaient débutés sur la civilisation Cham en 1900 à la suite de leur prise en charge en 1907 de l'étude du site d'Angkor qui possédait des monuments plus importants et des témoignages épigraphiques plus nombreux que ceux de la civilisation cham.

En effet, l'étude du patrimoine cham a débuté avec la création de l'École Française d'Extrême Orient (EFEO), et est menée par Henri Parmentier en 1900 (inventaire des monuments, fouilles archéologiques, traductions des inscriptions découvertes).

En 1907, Angkor est rétrocédé de la Thaïlande au Protectorat du Cambodge. Des études ont été reprises dans les années 1920 et 30 mais elles vont disparaître. Après la seconde guerre mondiale, de nombreux conflits empêcheront la poursuite des études.

Philippe Stern, directeur du musée Guimet à l'époque, avait multiplié l'envoi de rapports au Ministère des Affaires étrangères pour sensibiliser à la protection du patrimoine Cham. Pendant la guerre américaine, en 1969, il écrit à Richard Nixon alors Président des États-Unis pour demander la préservation des monuments vietnamiens et notamment ceux de la civilisation Cham en s'appuyant sur des plans, des cartes et des annotations. Si certains monuments ont réussi à bénéficier d'une protection américaine comme le musée de la sculpture Cham de Da Nang qui rassemble depuis 1918 les plus belles sculptures Cham, d'autres ont été détruits par les bombardements : la tour A1 de My Son (province de Quang Nam), chef-d'œuvre du Xe siècle ou le temple bouddhique de Dong Duong (province de Quang Nam).

Auparavant, Philippe Stern s'est beaucoup investi dans la sauvegarde et la connaissance de l'Art du champ, en effet, avec son équipe il a encodé les monuments avec une méthode de classification des styles qui reste unique. Il a ainsi identifié l'ensemble des styles de l'Art du Champa.

Art du ChampāModifier

Les temples cham les plus importants ont été construits au Xe siècle comme la Tour A1 de My Son, malheureusement détruite par un bombardement américain en 1969. Les formes des sanctuaires shivaïtes sont issues de l'tradition architecturale hindouiste, mais, au Champā, une architecture bouddhique s'en distingue nettement. Tous ces temples de brique ne comportent que peu d'éléments en grès sculpté. Une seule porte en permet l'accès et elle s'ouvre à l'Est, en principe. Sur les autres faces seules de fausses portes participent de la décoration avec des pilastres, souvent doubles. Des grès sculptés donnent forme aux statues de culte et aux divinités secondaires. Le grès sculpté orne, ponctuellement, les linteaux, les montants des portes, certaines colonnes et les faux étages de la toiture, aux angles. Le toit du temple shivaïque, en forme de tour au sommet pyramidal, évoque le mont Meru, le séjour des dieux. La cella, le centre du temple, demeure du dieu, ne possède d'ouverture que la porte, mais de petites niches permettent d'accueillir des lampes. Dans cette cella peu éclairée, garbha griha, se trouvait l'image de la divinité shivaïque. Shiva, destructeur/créateur, était célébré sous la forme d'une divinité anthropomorphe ou sous sa forme symbolique, le linga (sculpture de section cylindrique dans sa partie visible, et dont la forme phallique évoque la puissance créatrice du dieu). Le linga recevait des offrandes, déposées par des prêtres. D'autres monument cultuels ont une silhouette caractéristique, en forme de selle de cheval, mais leur fonction fait encore débat.

L'art du Champā a parfaitement su intégrer certains éléments des cultures indiennes, indonésiennes et khmères, et s'en écarter de manière singulière. Les sculptures de Đồng Dương de la fin du IXe siècle témoignent, parmi tant d'autres, de cette puissance créatrice.

En 1901, Charles Carpeaux (Paris 1870- Saïgon 1904), fils du sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux, va se rapprocher de l'École française d'Extrême Orient. Il réalise en 1902 de nombreuses photographies sur les fouilles du monument bouddhique de Đồng Dương et en 1903 et 1904 sur le site du sanctuaire de Mỹ Sơn[53]. l'École française d'Extrême Orient conserve un très grand nombre de documents photographiques qui offrent l'aspect originel des sanctuaires au moment de leur découverte par les européens et des premières fouilles, les sculptures étant encore en place, avant leur mise à l'abris dans les musées[54].

Sites protégés et œuvres conservées : UNESCO et muséesModifier

Le sanctuaire de Mỹ Sơn, découvert en 1889 par Camille Paris un fonctionnaire français travaillant sur une ligne télégraphique, est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999.

Les royaumes du Champā ont laissé un héritage historique et culturel très riche, visible à travers ce qui reste de l'art du Champā, qu'il s'agisse de nombreux monuments, essentiellement des sanctuaires hindouistes et bien plus rarement bouddhiques, ainsi qu'une très importante production sculptée conservée aux :

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. Anton Zakharov in Arlo Griffiths et al., 2019, p. 147-159
  2. Michael Vickery, dans : « Histoire » in Baptiste et Zéphir, 2005.
  3. a b c et d Anne-Valérie Schweyer, 2010.
  4. (en) Tran Ky Phuong et Bruce Lockhart, The Cham of Vietnam: History, Society and Art, NUS Press, (ISBN 978-9971-69-459-3, lire en ligne)
  5. Paul Mus a fait des études sur cette région et cette population.
  6. Arlo Griffiths et al., 2019, p. 16.
  7. Michael Vickery, dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 23: « Histoire ».
  8. Michael Vickery, dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 25: « Histoire ».
  9. http://media.artabsolument.com/pdf/article/14505.pdf.
  10. Michael Vickery, dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 23: « Histoire ».
  11. Higham, C., 2014, Early Mainland Southeast Asia, Bangkok: River Books Co., Ltd.
  12. (en) Ian Glover, Early trade between India and Southeast Asia: a link in the development of a world trading system, The University of Hull. Centre for South-East asian studies, coll. « Occasional Papers n°16 », (1re éd. 1989), 44 p. (ISBN 085985794[à vérifier : ISBN invalide], ISSN 0269 1779[à vérifier : ISSN invalide], lire en ligne)
  13. In memoriam Ian Glover, Pierre-Yves Manguin EFEO.
  14. Lâm Thị Mỹ Dung, Champa settlements of the first millenium, in Arlo Griffiths et al., 2019, p. 23-46
  15. Lâm Thị Mỹ Dung, Champa settlements of the first millenium, in Arlo Griffiths et al., 2019, p. 23-46
  16. Gilles Béguin, L'art bouddhique, Paris, CNRS éditions, , 415 p., 25 x 3,5 x 32 cm (ISBN 978-2-271-06812-5), p. 165-167 et Baptiste et Zéphir, 2005, p. 206-209
  17. YAMAGATA Mariko, NGUYỄN Kim Dung et BÙI Chí Hoàng, The development of regional centres in Champa, in Arlo Griffiths et al., 2019, p. 47-62
  18. Antoine Gournay, La maison chinoise : construire et habiter en Chine à la fin de l'époque impériale (relié), Paris, Klincksieck, , 303 p. (ISBN 978-2-252-03990-8, notice BnF no FRBNF45000027), p. 90.
  19. YAMAGATA Mariko, NGUYỄN Kim Dung et BÙI Chí Hoàng in Arlo Griffiths et al., 2019, p. 62
  20. Anne-Valérie Schweyer in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 44 dans Les sources épigraphiques (pp. 36-47).
  21. Michael Vickery, dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 25: « Histoire ».
  22. Arlo Griffiths et al., 2019, p. 13-20.
  23. John Guy, in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 141
  24. Southworth, 2011.
  25. Arlo Griffiths et al., 2019, p. 14-15.
  26. Attention aux homonymes : Singapour en sanscrit : « सिंहपुर (IAST: Siṃhapura) » !
  27. John Guy, Échanges artistiques et relations internationales dans les territoires cham in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 141-153
  28. Michael Vickery, Histoire du Champa in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 32.
  29. a et b Arlo Griffiths et al., 2019, p. 14.
  30. Cette inscription a été publiée dès 1904 : [1].
  31. John Guy, Échanges artistiques et relations internationales dans les territoires cham in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 141-153
  32. Michael Vickery, Histoire du Champa in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 23-35. Lire aussi, du même auteur Champa revised : Michael Vickery, 2005.
  33. Po Dharma, 1987.
  34. Michael Vickery, Histoire du Champa in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 23-35
  35. Andrew Hardy, Integrating Kingdom : Mechanisms of political integration in the Southeast asian segmentary state (15th century) in Arlo Griffiths et al., 2019, p. 221-255
  36. Cham temples of Quy Nhơn sur l'office du tourisme de Quy Nhơn.
  37. Maspero, 1925 : « L'Indochine politique aux environ de 960 A.D. » carte de « La géographie politique de l'Indochine aux environ de 960 A.D. », in Études asiatiques publiées à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de l'École française d'Extrême-Orient par ses membres et ses collaborateurs, Paris-Brussels, G. Van Oest, tome II, pp. 79-125.
  38. PO Dharma, 1997, p. 41.
  39. Anne-Valérie Schweyer, 2005, p. 64-65.
  40. Michael Vickery, « Histoire ». dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 26
  41. Trần Kỳ Phương, Retingking Cham architecture and sculpture in Trần Kỳ Phương et al., 2018
  42. Anne-Valérie Schweyer, 2005, p. 26-27.
  43. PO Dharma, 1997, p. 44.
  44. Nandana Chutiwongs, « Le Bouddhisme du Champa » dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 65-87, ici p. 79.
  45. Michael Vickery, « Histoire ». dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 26
  46. Michael Vickery, « Histoire ». dans Baptiste et Zéphir, 2005, p. 26
  47. Pierre-Yves Manguin, From Funan to Sriwijaya: Cultural continuities and discontinuities in the Early Historical maritime states of Southeast Asia, in : 25 ans de recherches archéologiques de l'École française d'Extrême-Orient, Djakarta, éd. de l'Institut de recherche archéologique / École française d'Extrême-Orient, 2002.
  48. Michael Vickery, Histoire du Champa in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 30.
  49. Michael Vickery, Histoire du Champa in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 30 et 31.
  50. Michael Vickery, Histoire du Champa in Baptiste et Zéphir, 2005, p. 31.
  51. « […] Le Royaume cham a été effacé par le lent "grignotage" des Vietnamiens en cinq siècles environ et le terme "génocide", dénotant l’acte de faire disparaître un peuple sur un territoire, n’a pas ici, dans le contexte de la civilisation chinoise, la même connotation que celle donnée en Occident depuis la Seconde Guerre mondiale, c’est-à-dire celle d’un meurtre systématique à grande échelle. Pour le Royaume cham, il s’agissait de la disparition d’une organisation sociale et politique dans le remplacement d’un mode de vie par un autre. » (ibid, p. 556, 1987)
  52. (en + de) Peter Truhart, Regents of Nations, Munich, K. G Saur, 1984-1988 (ISBN 359810491X), p. 1782-1784: Art. « Vietman: Champa »
  53. [media.artabsolument.com/pdf/article/14505.pdf]. Voir aussi : EFEO, « Charles Carpeaux », sur EFEO (consulté le 19 novembre 2020).
  54. EFEO, « Exposition virtuelle Le Champa, une civilisation peu connue », sur EFEO, (consulté le 22 novembre 2020). Photographies originales des premières fouilles, des sculptures non encore déplacées , etc..
  55. [2].

BibliographieModifier

Depuis 1961Modifier

  • Pierre Baptiste (dir.), Thierry Zéphir (dir.) et al. (Exposition: musée Guimet 2005-2006), La sculpture du Champa : Trésors d'art du Vietnam Ve-XVe siècles, Paris, Réunion des musées nationaux : Musée Guimet, , XXVII-373 p., 28 cm (ISBN 2-7118-4898-1) ;
  • Jean Boisselier, La Statuaire du Champa, 1961 (thèse). École Française d'Extrême-Orient, 1963 ;
  • Jean Delvert, (1921-2005) Professeur, Géographe Institut de Géographie, Paris IV-Sorbonne, La Péninsule indochinoise, 1964 ; La Répartition des hommes en Asie du Sud-Est, 1970 ;
  • Jean-François Deniau, L'oubli, Plon, 2007 ; (EAN 9782259205986) (roman)
  • (en) Arlo Griffiths, Andrew Hardy & Geoff Wade (éditeurs scientifiques) et al., Champa : territories and networks of a Southeast Asian kingdom, EFEO, , 435 p., 28 cm (ISBN 2-85539-269-1 et 978-2-85539-269-1, lire en ligne) (en ligne: sommaire)
  • Jean-François Hubert - L’Art du Champa – Parkstone Press International - 2005 ;
  • Pierre-Bernard Lafont (1928-2008) Le Campā.Géographie-Population-Histoire Les Indes Savantes Paris, 2007 (ISBN 9782846541626) ;
  • (en) Pierre-Yves Manguin (Éditeur scientifique), A. Mani (Éditeur scientifique) et Geoff Wade (Éditeur scientifique), Early interactions between South and Southeast Asia : reflections on cross-cultural exchange, Singapore : Institute of Southeast Asian Studies ; New Delhi : Manohar India, , XXXI-514 p., 23 cm (ISBN 978-981-431116-8, 978-981-434510-1, 981-434510-5, 978-981-431117-5 et 981-431117-0) : 2 derniers livres électroniques ;
  • PO Dharma, « Survol de l'histoire du Campā », dans Léon Vandermeersch et Jean-Pierre Ducrest (dir.) avec la participation de l'EFEO, Le Musée de Sculpture Caṃ de Đà Nẵng, Paris, AFAO, , 205 p., 26 cm (ISBN 2-9511053-0-4), p. 39-55.
  • PO Dharma, Le Panduranga (Campā), 1802-1835, vol. 1 et 2, École Française d'Extrême-Orient, , T1 194 p. ; T2 273 p., 28 cm (ISBN 2-85539-749-9)
  • Pierre Rossion, Vietnam. On a retrouvé les trésors des rois du Champa, dans Archéothéma, no 23, juillet-août 2012, p. 80-87 ;
  • Anne-Valérie Schweyer, Le Viêt Nam ancien, Belles Lettres, coll. « Guide Belles Lettres des civilisations », , 319 p., 21 cm (ISBN 2-251-41030-9). Compte-rendu : Jean-François Klein, « Anne-Valérie Schweyer (Le Viêt Nam ancien) », Outre-Mers. Revue d'histoire, nos 354-355,‎ , p. 394-398 (lire en ligne, consulté le 22 novembre 2020).
  • (en) Anne-Valérie Schweyer, The Birth of Champa. Crossing borders in southeast asian archaeology, Berlin, Germany, , 17 p. (lire en ligne)
  • (en) William A. Southworth, « River settlement and coastal trade: Towards a specific model of early state development in Champa », dans TRẦN Kỳ Phương & Bruce M. Lockhart (eds.), The Cham of Vietnam: History, Society and Art, Singapore, NUS Press, (lire en ligne), p. 102-119.
  • (en) Michael Vickery, « Champa revised », sur National University of Singapore, (consulté le 19 novembre 2020).

Avant 1961Modifier

  • George Cœdès, Les États hindouisés d'Indochine et d'Indonésie, 1944, réimpression 1989: De Boccard, Paris ;
  • Jeanne Leuba, Les chams d'autrefois et d'aujourd'hui, 1915, revue Indochinoise ;
  • Georges Maspero, Le Royaume des Champa, 1928; ré-édition: École Française d'Extrême-Orient, 1988 ;
  • Paul Mus, Viêt Nam. Sociologie d’une guerre, Seuil, Paris, 1952 ;
  • Henri Parmentier., E-M Durand, Le trésor des rois cham, Befeo, t.V, 1905;
  • Philippe Stern, L'Art du Champa (Ancien Annam) et son évolution, Les Frères Douladoure, maîtres imprimeurs à Toulouse, 1942 ;

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