Camille Paris

Camille Paris
Archéologue
Image illustrative de l’article Camille Paris
Présentation
Naissance
Paris
Décès (à 51 ans)
Phú Phong, Bình Định (en) Protectorat français d'Annam
Nationalité Drapeau de la France France
Activité de recherche
Découvertes principales sanctuaire de Mỹ Sơn
Principales fouilles Indochine, Viêt Nam, Cambodge, Laos
Autres activités Fonctionnaire, écrivain, explorateur
Entourage familial
Conjoint Marie Catherine Lautrens Gers des Rivières

Camille Paris, né le à Lunéville et mort le à Phú Phong, Bình Định (en) (Protectorat français d'Annam) est un archéologue et fonctionnaire de l'administration coloniale française.

Il participe à la campagne du Tonkin en 1884-1885, puis à la construction d'une ligne télégraphique en Annam de 1885 à 1889. De plus, il cultive le café. Mais avant tout, Camille Paris s'adonne activement et passionnément à la cartographie, à l'archéologie et à l'ethnologie.

Camille Paris a établi des cartes et des plans du Vietnam. Mais se sentant proche du peuple vietnamien, il a beaucoup critiqué les missionnaires et les missions en particulier en Annam, les accusant notamment de rapt d'enfants dans les familles[1]. Il est surtout connu pour avoir découvert le sanctuaire de Mỹ Sơn en 1889 qui deviendra la pierre angulaire de l'archéologie au Vietnam, en particulier pour les pionniers tels que Henri Parmentier ainsi que pour la découverte de l'art du Champa.

BiographieModifier

Camille Michel Paris est né le à Lunéville, son père était Charles Paris (1828-1861) et sa mère est Catherine Reine Roy (1829-1891). Puis, le 12 février 1877, il commence son service militaire en Martinique puis au Vietnam. Il se marie une première fois en 1891 avec Louise Emilie Mongis (1851-1897), puis en 1897, se remarie avec Marie Catherine Lautrens Gers des Rivières (1872-1942) avec qui, il a six enfants tous nés en Annam et principalement à Quinhon ou Tourane.

Expéditions et découverte de My SonModifier

 
Les Temples cham de My Son

L'activité de Camille Paris au Vietnam pour établir une cartographie l'amena à effectuer de nombreuses expéditions, et c'est à l'occasion d'une de celles-ci qu'en 1889, il fit une des plus belles découvertes. Lors de cette expédition en territoire cham, il découvrit le Cirque de My-Son, le Sanctuaire de My Son, une magnifique ville de temples de l'Art du Champā composée de tours-sanctuaire. Les Français attribuaient les noms des sites en fonction des noms déjà existants, ainsi le nom de My Son ''Belle Montagne'' fut donné en fonction d'un nom de village à proximité portant ce nom. Le sanctuaire est situé dans un cirque élevé d'un diamètre de 2 kilomètres de diamètre, entouré d’une chaîne de montagnes formant le bassin-versant du fleuve sacré Thu Bồn[2].

Le site de My Son fut édifié en l'espace de dix siècles (du IVe au XIIIe siècle), les premières tours toutes faisant face au Nord ont été construites au IVe siècle par le roi Bhadravarman I (380-413). Environ 70 bâtiments furent construits entre le VIIe siècle et le XIIIe siècle en l'honneur du Dieu majeur chez les Champa Bhadresvara. My Son est un centre architectural de l'Art Champa dont on détecte l'influence de l'Inde avec des stèles portant des inscriptions historiquement importantes, écrites en sanskrit langue de l'Inde ancienne à la fois littéraire et sacrée [3] mais également en cham. Le Sanctuaire de My Son était étroitement associé aux villes cham voisines d'Indrapura (Đồng Dương)[4] et de Simhapura (Trà Kiệu) [5].

Cette découverte d'un site de grande valeur pour le patrimoine de l'humanité a été fondamentale pour les chercheurs qui y travaillèrent par la suite tels que Henri Parmentier (1871-1949) qui a déblayé, effectué à la fois des fouilles et des travaux de conservation, Louis Finot (1864-1935) et Etienne Lunet de Lajonquière (1861-1933) qui ont inventorié les temples-sanctuaires, Jean Boisselier (1912-1996) et Philippe Stern (1895-1979) qui ont encodé les monuments pour mieux appréhender et déterminer leur style et l'envergure du style cham. L'encodage d'Henri Parmentier distingue deux styles liés à deux périodes différentes pour les temples de Mỹ Sơn dans l'art du Champa , Mỹ Sơn E1 (VIIIe siècle) et Mỹ Sơn A1 (Xe et XIe siècles).

Le Sanctuaire de Mỹ Sơn est situé sur la commune de Duy Phu sur le district de Duy Xuyen dans la province de Quảng Nam, à environ 35 km à l'ouest de Hội An et à 69 km au sud-ouest de Đà Nẵng (autrefois Tourane du temps de l'ancienne Indochine). Le site de Mỹ Sơn est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1999.

Activités de Camille ParisModifier

Camille Paris était membre de la loge maçonnique de la Fraternité tonkinoise.

Ses publicationsModifier

Camille Paris a publié beaucoup de cartes et récits d'exploration du Viêt-Nam. Il a notamment écrit des livres sur des itinéraires comme Voyage d'exploration de Hué (Annam) en Cochinchine par la Route mandarine[6],[7]. C'est l'histoire de cette route tracée sous le règne de l'empereur Gia Long au début du XIXe siècle. Cette route reliait le Viêt Nam du Sud à partir de Cà Mau, dans le delta du Mékong à la région de Lang Son, au Nord, à la frontière chinoise (poste de Ðồng Ðan).
La Route mandarine a été nommée ainsi, car elle permettait autrefois aux mandarins du Vietnam, notamment ceux affectés aux différentes régions de parcourir le pays pour aller de leur Province à la Capitale impériale Hué. En effet, jusqu'au XXe siècle, le Vietnam était réparti en deux classes; le peuple et les mandarins. Ces derniers secondaient l'empereur soit dans les régions pour ceux qui avaient passé le Thi Huong, soit à la capitale Thi Hôi, soit au palais royal Thi Dình ou Thi Diên. Dans la région un Cu-nhân débutait normalement comme Huân dao (professeur adjoint dans une sous-préfecture), puis gravissait les échelons jusqu'à la fonction de Tông dôc '(préfet)'[8].

Le Vietnam long d'environ 1 700 kilomètres, et cette route Mandarine constituaient pour le pays, l'épine dorsale reliant les grandes villes du pays du Nord au Sud en partant de Hanoï dans la région du Tonkin jusqu'à Saigon dans celle de la Cochinchine la plus méridionale en passant par l'Annam dans le centre Vietnam avec la Capitale Hué; (ancienne Capitale impériale sous la Dynastie Nguyen), Da Nang, ainsi que Nha Trang. En tant que cartographe, et ethnologue Camille Paris était fasciné par cette route mythique.

Critiques des missions et des missionnairesModifier

Camille Paris était très sensible à la condition des métis franco-annamites, ce qui l'a poussé à écrire avec un autre archéologue Alfred Barsanti (1873-1910)[9] sur ce thème : Condition juridique des métis dans les colonies et possessions françaises des métis franco-annamites de l'Indo-Chine. Cela l'a poussé à publier des livres où il enquête, décrit, dénonce, et critique le rôle des missions au Vietnam et des divers abus notamment envers des enfants métis[1]. Il se heurte violemment au père Jean-Baptiste Guerlach(1858-1912)[10], qui qualifiait dans ses écrits les populations locales comme « sauvages » et leur pays comme « malsain ».

Le 25 Janvier 1908, Camille Paris perd la vie dans la jungle de la cordillère annamitique dans des conditions mal élucidées, à Phú Phong, Bình Định à 42 km de Quy Nhon[11]. Puis, il est inhumé à Quinhon en Annam.

Essais et publication de Camille ParisModifier

  • Les ruines tjames de la province de Quang-nam (Tourane), L’Anthropologie, 3 (1892), 137-144.
  • Cirque de My-s'on Plan des ruines Tjames. Ch. Emonts delt Description matérielle : 1 flle : ms. calque ; 41 x 66 cm, Publié dans le Bulletin de géographie historique et descriptive, 1902, Édition : [S.l.] : [s.n.] , [1902)
  • Colon et l'administration en Basse-Cochinchine ou Recherche des mesures à adopter pour le développement de la colonisation dans la Basse-Cochinchine Description matérielle : 1 vol. (91 p.), Édition : Paris- Challamel, 1896
  • De la Condition juridique des métis dans les colonies et possessions françaises des métis franco-annamites de l'Indo-Chine Description matérielle : 6 p., Description : Note : Le texte est daté : 1904, Édition : [S.l.] : [s.n.], [1904]
  • De Tourane au cirque de My-Son 1/120.000. -Cirque de My-Son; plan des ruines Tjames 1/4.000, Description matérielle : 2 flles : mss ; de formats divers, Description : Note : Ces originaux ont été publiés réduits dans le Bulletin de géographie historique et descriptive de 1902, no 1, p. 71, avec les 2 photographies réduites, Échelle : 1:120000, Édition : [S.l.] [s.n.] , 1902
  • Missionnaires d'Asie : œuvre néfaste des congrégations, le protectorat des chrétiens 1905 l'imprimerie le Papier
  • Réponse à "L'Œuvre néfaste" du R. P. Guerlach (1906)

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Chantin et Moulinet 2005, p. 226.
  2. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Sanctuaire de Mi-sön », sur UNESCO Centre du patrimoine mondial (consulté le )
  3. « Sanctuaire de My Son », sur courrier Vietnam, (consulté le )
  4. (vi) « Phật viện Đồng Dương », dans Wikipedia tiếng Việt, (lire en ligne)
  5. (en) « Trà Kiệu », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  6. <http://www.rechercheisidore.fr/search/resource/?uri=ark:/12148/bpt6k58577516
  7. ark:/12148/bpt6k58577516
  8. « Concours de mandarins - La Jaune et la Rouge », sur La Jaune et la Rouge, (consulté le ).
  9. « Alfred Barsanti (architecte, 1873-1910) », sur data.bnf.fr (consulté le )
  10. admin, « Guerlach — Français », sur www.irfa.paris (consulté le )
  11. Chantal Bona, Camille Paris, L’aventurier d’Annam (1885-1908), 2018 — site de L'Harmattan

BibliographieModifier

  •   Chantal Bona Camille Paris. L’aventurier d’Annam (1885-1908), Paris, L’Harmattan, , 256 p. (ISBN 978-2-343-15704-7)
  • Henri Parmentier, “Nouvelles découvertes archéologiques en Annam”, BEFEO, 2 (1902), 280-282.
  • Henri Parmentier, “Les monuments du cirque de Mĩ-sơn”, BEFEO, 4 (1904), 805-896.
  • Philippe Stern L'Art du Champa (ancien Annam) et ses Évolutions), Toulouse, 1942
  • Jean-Pierre Chantin et Daniel Moulinet, La séparation de 1905 : les hommes et le lieux, éditions de l'atelier, , 271 p. (ISBN 978-2-7082-3786-5, lire en ligne).
  • Micheline Lessard Human Trafficking in Colonial Vietnam Routeledge Contemporary Southeast Asia series (page 47).
  • J.P. Daughton : An Empire Divided : Religion, Republicanism, and the Making of French..

Articles connexesModifier

Liens externesModifier