Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Cham (peuple)

Groupe ethnique du Cambodge et du centre du Viêt Nam
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Cham.
Chams
Description de cette image, également commentée ci-après
Groupe de femmes Chams du Cambodge
Populations significatives par région
Drapeau du Cambodge Cambodge 317 000
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 127 000
Drapeau du Laos Laos 15 000
Drapeau de la Malaisie Malaisie 10 000
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 4 000
Drapeau des États-Unis États-Unis 3 000
Drapeau de la France France 1 000
Population totale environ 500 000
Autres
Langues Cham, Malais, Khmer, Tamoul
Religions Majoritairement islam sunnite, aussi bouddhisme, hindouisme;

Le peuple cham est un groupe ethnique présent essentiellement au Cambodge et dans le centre du Viêt Nam. Il parlait à l'origine la langue cham (langue austronésienne) et est majoritairement musulman.

Sommaire

HistoireModifier

Au IIe siècle, les Chams fondent le royaume de Champā, qui sera progressivement absorbé par le Viêt Nam.

Entre 1975 et 1979, selon le Centre de documentation du Cambodge environ 100 000 Chams et 500 000 Chams ont été tués par le régime communiste Khmers rouges[1]. Lors du procès de Khieu Samphan et Nuon Chea, un témoin Cham évoque un acte de cannibalisme : « Les Khmers rouges ont demandé à une femme de se déshabiller. Ils l’ont ensuite coupée en morceaux. Il y avait du sang partout. Ils lui ont ensuite retiré le foie et l’ont cuit pour en faire leur repas »[2].

ReligionModifier

C'est un peuple à l’origine hindouiste qui s’est converti à l’islam sous l’influence des marchands indiens présents en Asie du Sud-Est dès le XIIIe siècle. L’islam s’implante dans le pays à la fin du XVIe siècle et se développe au XVIIe siècle par contact avec les marchands arabes, indiens, persans et chinois musulmans. Son introduction tardive au sein de la population chame se greffe à un socle originellement shivaïste, vishnouïste et bouddhiste. Ceci explique la distinction aujourd’hui faite au Vietnam entre les Chams brahmanistes et les Chams musulmans dits bani (« fils du prophète »). Ces derniers ne représentent qu’un tiers de la population chame. Autre conséquence, les Chams bani sont considérés par les musulmans du Moyen-Orient comme des marginaux, en ce sens qu’ils pratiquent un islam dénué de toutes les obligations relatives à la voie majoritaire de l’islam, et hybride de surcroît par son fort penchant hindouiste et bouddhiste.

Du fait de leur pratique religieuse, les Chams du Cambodge sont surnommés Khmers islam[3]. La minorité malaise du Cambodge est également désignée sous les noms de Khmers islam et de Chams, qui tend à englober l'ensemble des Cambodgiens musulmans[4]. Les Chams d'ascendance malaise, plus précisément appelés Chams chvea, ne parlent plus la langue cham mais le khmer[5].

 
Drapeau du FLC – Front de Libération du Champa, actif pendant la guerre du Viet-Nam

BibliographieModifier

  • Antoine Cabaton, Nouvelles recherches sur les Chams, vol. 2, Angers — Imprimerie Orientale A. Burdin et Cie, Rue Garnier, 4., E. Leroux, coll. « Publications de l'École française d'Extrême-Orient », (présentation en ligne), p. 215
  • Étienne Aymonier, Les Tchames et leurs religions, Angers — Imprimerie Orientale A. Burdin et Cie, Rue Garnier, 4., E. Leroux, (présentation en ligne), p. 111
  • Agnès De Féo, Parlons cham du Vietnam, Paris, L'Harmattan, 2015.

Notes et référencesModifier

  1. Cambodge : le génocide oublié des musulmans 8 septembre 2015
  2. Accusations de cannibalisme au procès des Khmers rouges Le Monde, 5 mars 2016
  3. Toan Thach, Histoire des Khmers ou L'odyssée du peuple cambodgien, L'Harmattan, 2009, page 13
  4. Jean Delvert, Le paysan cambodgien, L'Harmattan, 2000, pages 22-23
  5. Anthony Milner, The Malays, Wiley-Blackwell, 2010, page 178

Voir égalementModifier