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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rhodes (homonymie).

Rhodes
(el) Ροδός
Rhodes (ville)
Forteresse Saint-Nicholas
Administration
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Périphérie Égée-Méridionale
Dème Rhodes
Démographie
Population 49 541 hab. (2011[1])
Géographie
Coordonnées 36° 26′ 37″ nord, 28° 13′ 37″ est
Localisation

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Rhodes

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Rhodes

Rhodes (en grec Ροδός / Ródos) est la capitale de l’île de Rhodes, île grecque du Dodécanèse dans la mer Égée.

C’est le chef-lieu du district régional et du dème homonymes, et avant 2010 de l'ancien nome du Dodécanèse ; sa population s’élevait à 49 541 habitants en 2011[1].

Sommaire

HistoireModifier

La cité antique de Rhodes est née en grâce au synœcisme de Lindos, de Camiros et de Ialyssos[2]. Son célèbre plan en damier fut réalisé par Hippodamos de Milet. Pendant les guerres des diadoques, elle résista à un siège fameux par Démétrios Poliorcète en , qu'elle commémora par l'édification du colosse, détruit par un tremblement de terre en La cité de Rhodes déclina après la troisième guerre macédonienne, en raison de la concurrence du port franc de Délos à partir de . En , un tremblement de terre la dévaste, et cent ans plus tard, ce seront les troupes de Cassius, pour la punir d'avoir soutenu César. Rattachée à la province romaine d'Asie (Asie Mineure), la ville passe à l'Empire romain d'Orient lors du partage de l'Empire. C'est dans cette cité que Cicéron vient rencontrer Molon, pour devenir sénateur romain. Au Ier siècle, Paul de Tarse la visite, et elle devint le siège d'un évêché.

Attaquée par les Arabes sous Muʿāwiya en 654, elle fut occupée par eux en 673 et utilisée comme base pendant le premier siège de Constantinople en 674-678. Sa population grecque s'expatria alors sur le continent, en Anatolie. Après la paix de 678/9 entre l'Empire grec et le Califat omeyyade, la cité fut rendue à Byzance, ses habitants y revinrent, et elle fut rattachée au thème des Cibyrrhéotes.

Après la prise de Constantinople par les croisés en 1204 et la dislocation de l'empire byzantin, l'archonte local Léon Gabalas fait de la cité la capitale de l'État indépendant de Rhodes. En 1243, son frère Jean Gabalas lui succède. Les Génois envahissent Rhodes en 1248 mais en sont chassés deux ans plus tard par les Byzantins.

 
La cité médiévale de Rhodes avec le château des Grands Maîtres au fond.

Après l'expulsion des croisés de Terre sainte (1291), l'Ordre s'installe à Chypre avant de conquérir l'île de Rhodes. La ville devint le siège de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem durant plus de deux siècles, jusqu'en 1522. L'Ordre ceint la ville des impressionnants remparts que l'on peut toujours voir. Dans la partie basse de la cité, le Collachium, les Hospitaliers édifièrent le palais du grand maître et les « auberges », résidences organisées par langues et servant aux Hospitaliers venus d'Occident. L'Auberge de la Langue de France située sur la rue des Chevaliers a été restaurée par Albert Gabriel à partir de 1910[3].

 
Troupes ottomanes au siège de Rhodes.

La cité hospitalière résista à un premier siège ottoman en 1480, mené par Mehmed II, avant de tomber aux mains des Turcs de Soliman le Magnifique le , après un siège de cinq mois, mais durant les 390 années de domination turque, la population grecque rhodienne reste sous la protection du patriarche grec de Constantinople selon le système des milliets en vigueur dans l'Empire ottoman.

Le , l'Italie devient maîtresse de la ville : le général Giovanni Ameglio commande les troupes italiennes et ne rencontre pas de résistance sérieuse[4]. À partir de 1936, le régime fasciste sur l'île se fait plus pesant : en 1938, les lois raciales fascistes sont appliquées, notamment au détriment des trois communautés juives locales, la grecque, la séfarade et la turque.

En automne 1943, alors que l'Italie se retire de la Seconde Guerre mondiale, les britanniques tentent de s'emparer de Rhodes et bombardent la cité que les Allemands occupent depuis l'été sous le commandement du général Ulrich Kleemann, qui y reste jusqu'en novembre 1944 et en profite pour déporter la plupart des Juifs rhodiens à Auschwitz où ils sont exterminés[5].

Libérée par les britanniques, la ville devient grecque en 1946 avec tout le Dodécanèse.

Vieille ville de RhodesModifier

La ville médiévale de Rhodes, localement connue comme la Vieille ville, enfermée dans l'enceinte de hauts remparts construits du temps des Chevaliers de Rhodes, a été déclarée patrimoine de l'humanité de UNESCO en 1988.

Les fortifications de la citadelleModifier

La vieille cité byzantine fut agrandie et fortifiée par les chevaliers de Saint-Jean au XIVe siècle et XVe siècle, délimitant la ville médiévale. Le système de défense était très complexe, comprenant onze portes, chicanes, meurtrières, pont-levis ainsi que de nombreux bastions et plusieurs rangées de murailles protégées par de larges douves sèches. Les murailles furent munies de bastions et de tours de guet. Le bastion de saint Georges a une forme polygonale ; celui du « Carretto » est circulaire. Dans les remparts s’ouvrent quelque onze portes, parmi lesquelles la porte d'Amboise et la porte de saint Athanase par laquelle Soliman le Magnifique fit son entrée dans la cité en 1522. La porte Marine, sur le front de mer, est ornée de deux tours crénelées.

L'ensemble de l'enceinte fortifiée fait 800m sur 1000m pour un périmètre de 4km², permit de résister à des sièges importants dont celui du Sultan d'Égypte en 1444 et de Mehmet II en 1480. Conservé et entretenu par les Turcs après le XVe siècle et restauré au XXe siècle, cet ensemble forme une des plus grandes places fortes médiévales d'Europe.

Les remparts et les douvesModifier

Les remparts forme une enceinte de 4km de long et épaisse de 5,30m à 12m à certains endroits. Chef-d’œuvre d’architecture militaire, ils furent commencés vers la moitié du XIVe siècle sur le tracé des précédents, reconstruits après le siège turc de 1480 et après le tremblement de terre de l’année suivante. Lors du second siège des Turcs, la défense des différentes sections des remparts fut confiée sous la responsabilité des différentes langues désignant ainsi les sept prieurés nationaux composant l'Ordre des Chevaliers. Quant aux douves, d'une largeur de 30m à 45m et d'une profondeur de 15 à 20 mètres et entièrement sèches puisqu'elles sont situées au-dessus du niveau de la mer, elles contiennent encore aujourd'hui une centaine de boulets de pierre tirés par les Ottomans en 1522.

Auberges des LanguesModifier

« Collachio » est le nom du quartier fortifié qui hébergeait les « auberges des Langues » ou auberges hospitalières, là où résidaient les chevaliers de Rhodes, et les édifices publics des Hospitaliers.

Hospice des chevaliersModifier

 
L'hôpital des Chevaliers

L'hospice des chevaliers est un édifice du XVe siècle, restauré dans les années de la domination italienne, abrite aujourd’hui le musée archéologique.

Le palais de l'ArmurerieModifier

Le palais de l’Armurerie est un édifice du XIVe siècle destiné au repos après hospitalisation. Aujourd’hui il héberge le musée des arts décoratifs.

Rue des ChevaliersModifier

La rue des Chevaliers (en grec : odòs Ippotòn) est la via la plus populaire de Rhodes le long de laquelle les auberges des Langues étaient situées. Les chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem était divisé par Langues, au temps où il n'existait pas encore le concept de nation. Les auberges servaient d’hébergement aux chevaliers, qui étaient de passage à Rhodes. La « rue des Chevaliers » débute vers l'hospice des chevaliers, puis l’on trouve l’auberge d'Italie, le palais du grand maître, l'auberge de France, l'auberge d'Espagne et l’auberge de Provence. La rue se termine devant un grand portail gothique, qui relie le palais du grand maître avec l’église de Saint Jean, aujourd’hui détruite.

Palais des grands maîtresModifier

Article détaillé : Palais des grands maîtres.
 
La cour du palais des grands maîtres

Le palais des grands maîtres est construit au XIVe siècle, puis transformé en prison dans la période ottomane ; il est détruit en 1856 par l'explosion d'une poudrière logée dans l'église de saint Jean, qui s’élevait dans la partie opposée de la place. Il est reconstruit pendant les années de la domination italienne ; la reconstruction s’achève en 1940, peu avant que les Italiens ne quittent l’île. L'entrée avec son imposante tour est l’un des d'éléments originaux. Son intérieur comporte une grande cour avec des portiques luxueusement décorés. Dans un angle de la rue des Chevaliers se trouve l'hospice des Chevaliers, le premier à Rhodes, dont la construction dura de 1440 à 1489 ; aujourd’hui c’est le siège du musée archéologique.

Mosquée de SolimanModifier

La mosquée est érigée en l’honneur de Soliman le Magnifique après la prise de la ville en 1522. L'édifice est reconstruit en 1808. La particularité de l'édifice est son crépi rose intense, l'intérieur est caractérisé par une grande sobriété. La mosquée est encore utilisée aujourd’hui comme lieu de culte par la communauté turque, mais fermée en général.

Galerie de photosModifier

 
Vue panoramique depuis la tour de l'horloge

Les œuvres publiques et l'architecture de la période italienneModifier

Durant l'occupation italienne de 1912 à 1943, reconnue au niveau international par le Traité de Lausanne de 1923, il fut le début de nombreuses œuvres publiques et privées et on procéda aussi à restaurer de nombreux monuments.

Les œuvres publiques principales réalisées furent :

  • la reconstruction du Palais du Grand Maître qui avait été détruit pendant la période Ottomane par l’explosion d’une poudrière ;
  • le palais du Gouvernement, 1926-1927 - arch. Florestano Di Fausto, aujourd’hui Préfecture ;
  • La Grande Auberge des Roses, 1925-1927, aujourd’hui casino ;
  • L’Hôtel de Ville de Rhodes ;
  • Le Théâtre National, 1937 (architecte inconnu) ;
  • l’église de l’Annonciation, construite sur les ruines de l’église des Chevaliers de Saint-Jean ;
  • Le Palais de Justice, aujourd’hui la Capitainerie du port, par Florestano Di Fausto et Rodolfo Petracco ;
  • Le Palais des Postes, toujours de Florestano Di Fausto ;
  • La nouvelle Agora, un nouveau marché en face du port de Mandraki ;
  • Le palais Actéon, qui était le “Mess des officiers italiens” (1925) ;
  • L'Aquarium d'Armando Bernabiti ;
  • L’église St. François ;
  • La banque de Grèce, jadis Banque d'Italie.

En architecture, deux phases de constructions italiennes se succédèrent à Rhodes : la première sous la direction de Mario Lago, jusqu'en 1936, et la seconde sous la direction de Cesare Maria De Vecchi, jusqu’aux débuts de la Seconde Guerre mondiale. Celles de la première période furent plus éclectiques, comme en témoignant les édifices projetés par l'architecte Florestano Di Fausto. Les effets sont des plus disparates, du néo-renaissance du "Palais des Postes" (un des premiers édifices publics), à l'arabesque de la tradition locale avec la nouvelle Agora, en passant par le style vénitien du "Palais du Gouvernement", qui rappelle le Palais des Doges de Venise ou, enfin, par l’Art déco du "Grand Hôtel des Roses". Dans la seconde période, prédomine le "néo-classicisme simplifié", typique de Marcello Piacentini et cher au régime fasciste pour ses effets bombastiques. De cette seconde période datent aussi quelques témoignages du rationalisme italien dans des édifices mineurs, comme l’église de S. François ou un mélange de rationalisme et néoclassicisme comme le Théâtre National ou l'Aquarium.

ArtModifier

Dans la période des Chevaliers de Rhodes (XIVe – XVIe siècles) et en particulier au temps du grand maître Pierre d'Aubusson, Rhodes s’enrichit de splendides édifices de style gothique tardif.

Sur le Collachio, le noyau de la ville fortifiée regroupé autour de la citadelle classique, surgissent les constructions plus intéressantes et les diverses "Auberges des Langues", résidences officielles des représentants des diverses nations. Dans les murs se trouve le vieux quartier turc. Enfin, les fouilles archéologiques ont permis de trouver les temples d'Athéna et de Zeus sur l'acropole, ainsi que l’antique stade, l'Odéon, le Gymnase et le temple d’Apollon.

JumelageModifier

Notes et référencesModifier

  1. a et b Population de la localité (el) « en ligne » (Recensement de 2011)
  2. Thucydide
  3. Pierre Pinon, Albert Gabriel et la restauration de l'Auberge de France à Rhodes, dans Bulletin monumental, 2017, no 175-3, p. 245-251, (ISBN 978-2-901837-68-8)
  4. http://halshs.archives-ouvertes.fr/docs/00/13/11/46/PDF/BocquetRhodes1912.pdf.
  5. Nisso Pelossof, Nisso, d'une île à l'autre, édition Encrage, Amiens 2007, 191 pages (ISBN 978-2-911576-74-4).

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier