L’agora, (du grec ancien ἀγορά) a d'abord désigné, dans la Grèce antique, la réunion du Conseil d’une cité ou de l’ensemble du peuple, au cours de laquelle les citoyens exercent leurs droits politiques, avant de désigner, par métonymie, la place publique qui porte ce nom[1]. L’agora, espace public de rassemblement social, politique et mercantile de la cité, est avant tout le marché, en même temps que le rendez-vous où l’on se promène, où l’on apprend les nouvelles, où se forment les courants d’opinion[1].

C'est également un terme utilisé dans l'architecture et l'urbanisme dans les villes modernes. Le forum en est plus ou moins l'équivalent romain. Ces deux termes ont aussi connu un grand succès en tant que métaphore[2], notamment sur Internet avec les forums de discussion[3],[4].

Fonction dans la ville antiqueModifier

 
Ruines de l'agora de Ségeste.

C'est une composante essentielle du concept de polis, notion qu'Aristote développe dans sa Politique, affirmant : « Celui qui est sans cité est, par nature et non par hasard, un être ou dégradé ou supérieur à l'homme[5]. » Dans l'Athènes antique, la majorité des institutions politiques (Bouleutérion, Héliée...) avaient leur siège sur l'agora. On y trouvait également des bâtiments religieux, des monuments en l'honneur des héros de la patrie athénienne et nombre de commerces, les capéloï.

Enfin, de nombreuses écoles philosophiques s'étaient implantées sur l'agora, à l'image de l'école du Portique de Zénon de Cition. Une résurgence moderne en est le Speakers' Corner de Hyde Park à Londres et l'occupation de places par différentes manifestations.

Dans les villes modernesModifier

Dans une ville nouvelle ou un ensemble urbain moderne, l'agora est une zone piétonne autour de laquelle on retrouve des établissements administratifs, commerciaux et parfois religieux. Dans la ville nouvelle d'Évry, par exemple, l'Agora est la place publique qui est située au croisement des chemins piétonniers et des voies de bus, où se dressent le théâtre, le centre commercial, la bourse du travail, ainsi que les différents équipements. C'est aussi un lieu d'accueil de marchés.

Notes et référencesModifier

  1. a et b Gustave Glotz 1970, p. 30.
  2. Jean-François Sirinelli, « L'histoire politique à l'heure du transnational turn: l'agora, la Cité, le monde... et le temps », Revue historique, 2011, (2), pages 391-408 (résumé).
  3. Marcoccia M (2003) Parler politique dans un forum de discussion. Langage et société, (2), 9-55.
  4. Dufresne, A. (2001). Conception d'une interface adaptée aux activités de l’éducation à distance-ExploraGraph. Sciences et Techniques éducatives, 8(3), 301-320.
  5. Aristote, Politique (lire en ligne), Livre I, chap. II, 1253 a 2-4.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Sources et bibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Gustave Glotz, La Cité grecque : Le Développement des institutions, Grèce, Albin Michel, coll. « L’Évolution de l’humanité », (1re éd. 1928), 476 p.  
  • Science et Vie Junior Hors-série no 58, « Les Grecs : Surdoués de l'Antiquité », , p. 10-11  
  • Roland Martin, Recherches sur l'agora grecque : Études d'histoire et d'architectures urbaines (Thèse pour le doctorat ès lettres), Université de Paris, , 570 p. (présentation en ligne)
  • Roland Martin, L’urbanisme dans la Grèce antique, Paris, Picard,
  • Roland Étienne, Christel Müller, Francis Prost, Archéologie historique de la Grèce Antique, Paris, Ellipses, 2014 (3e éd. revue et corrigée), 416 p. (ISBN 978-2-729-88588-5)