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Propagande durant la guerre civile syrienne

Depuis le soulèvement populaire de 2011, l'évolution de ce soulèvement en révolution, puis la transformation du conflit en guerre civile et en guerre par procuration, le conflit syrien est devenu, grâce notamment à une pléthore de vidéos tournées sur place et de photos, le conflit le plus documenté de l'histoire[précision nécessaire][1],[2],[3],[4],[5],[6]. Parallèlement pourtant, les narrations de propagande ont souvent pris le pas sur les faits documentés[réf. nécessaire], tant sur le plan politique et diplomatique (la désinformation est parvenue jusqu'au siège de l'ONU[7]) que sur l'opinion publique.

Christophe Ayad écrit : « si les guerres ont toujours mis en branle l’affrontement de deux narrations, jamais comme à Alep on n’a assisté à une telle transformation des victimes en bourreaux, des sauveteurs en terroristes, et des massacreurs en libérateurs. Autre spécificité de la bataille d’Alep : alors qu’en général, dans l’histoire de la guerre, le camp du vainqueur sur le champ de bataille impose a posteriori son récit, la propagande du camp des forces pro-régime, dans le cas d’Alep, s’est imposée avant même leur victoire sur le terrain »[pertinence contestée][8].

Pour Bachar el-Assad, il s'agit de minimiser voire nier les soulèvements populaires et manifestations, pour pouvoir y substituer une autre narration, affirmant qu'il s'agit de groupes minoritaires, armés, terroristes, et ainsi justifier la répression sanglante de l'armée. Les communications, via les réseaux sociaux, et l'accès de journalistes étrangers ont donc rapidement été très compliqués. Les organisations et activistes syriens qui se sont organisés pour documenter les crimes de guerre ont régulièrement été accusés de mentir, de n'être pas crédibles ou partiaux, et ont parfois été victimes de machination de propagande relevant de complots[pertinence contestée][9].

Le réseau de désinformation s'est transformé et a bénéficié de davantage de moyens et de nombreux relais lorsque la Russie, qui parle ouvertement de « guerre de l'information », est intervenue dans le conflit[8],[10],[11]. Pour Garance Le Caisne, journaliste qui suit la situation depuis 2011, c'est un conflit en cours « où il y a déjà du révisionnisme »[12].

Les autres acteurs du conflit, et notamment l’État islamique, ont également utilisé des images et films de propagande, y compris pour attirer la sympathie, recruter des combattants ou pour terroriser l'opinion publique.

Sommaire

Régime syrienModifier

Pour Michel Touma, rédacteur en chef du quotidien L’Orient-Le Jour[13], « le pouvoir de Bachar el-Assad est passé maître dans l’art de la manipulation et de la désinformation »[14]. Le journaliste Christophe Ayad, dans un article intitulé « La propagande et la guerre de l’information ont tenu une place essentielle dans la bataille d’Alep » écrit que « la propagande et la désinformation permanente des forces pro-Assad a désorienté les opinions publiques occidentales et paralysé leurs gouvernants »[8]. Pour la BBC, la propagande (ainsi que la violence et la force du clan), est intrinsèque au régime Assad[15].

Marie Peltier, chercheuse et historienne, spécialiste de la propagande en Syrie explique « Assad a eu l'intelligence politique d'appuyer sur deux «boutons» sémantiques : la posture anti-impérialiste [résistance à Israël et aux États-Unis] et la posture civilisationnelle [«rempart contre l’islamisme», protecteur des minorités]. Dès 2011, le régime syrien a utilisé ces deux registres pour fédérer largement »[16].

Cette propagande a bénéficié du relai de différents réseaux à l'étranger dont une coalition de la droite dure américaine, d’anti-impérialistes européens et de mouvements chrétiens[17].

Nier l'importance voire l'existence même du soulèvement populaire de 2011Modifier

Pour Delphine Minoui, le régime de Bachar el-Assad « s'applique à effacer toute trace de la révolution pacifique du printemps 2011 »[18].

A Deraa, ville où débutent les premières manifestations, un blocus est rapidement organisé, les communications et l'accès sont coupés[19]. Dès mars 2011, Bachar El-Assad crée une cellule centrale de gestion de crise pour discuter des stratégies à mettre en œuvre afin d’écraser la contestation, recommandant les actions les plus cruelles (tortures et assassinats systématiques contre les opposants)[20],[21]. Le régime syrien affirme pourtant dès le mois d'avril que les appels à la liberté et la dénonciation de la corruption sont la main-mise des islamistes, bien que manifestants, opposants pacifistes et ONG le démentent[22],[19],[23],[24].

La révolution syrienne, massive, nationale, et commencée de manière pacifique, sans clivage religieux ni ethnique, n'est pas reconnue par le gouvernement[25],[26]. Des thèses conspirationnistes à l'étranger reprennent ce discours et nient également l'existence de la révolution populaire, d'autres ne la nient pas totalement mais minimisent son importance[16].

En effet, très tôt, le gouvernement présente la fronde comme un complot sectaire, purement sunnite, et tente de discréditer le mouvement. Et cela, malgré le fait que les manifestations à Homs « capitale de la Révolution », sont menées par des icônes populaires telles que Abdel Basset Sarout, jeune footballeur de confession sunnite en duo avec Fadwa Souleimane, actrice de confession alaouite. Tous deux appellent à un mouvement pacifique et populaire pour la liberté et tentent de contrer la propagande d’État, avec le soutien de leur ami Bassel Shehadeh, jeune réalisateur de confession chrétienne[27].

Les activistes pacifiques de la Révolution syrienne sont souvent oubliés et abandonnés dans le récit des évènements[28]. Ils sont également les premières victimes du conflit, arrêtés et tués par le régime, et assassinés par les groupes armés jihadistes[29]. Leur voix ne se fait plus beaucoup entendre après que le combat pour la liberté se transforme en conflit armé[30]. Pour le diplomate Wladimir Glassman, le recours aux armes est une tentation de certains syriens, « uniquement avides de liberté et de dignité mais trop longtemps exposés dans l’indifférence internationale aux balles des militaires, aux tortures des moukhabarat et aux exactions des chabbiha »[31],[32].

Théorie du « complot étranger »Modifier

Des e-mails entre Fawas Akhras, père d'Asma el-Assad et son gendre, Bachar el-Assad, interceptés par un groupe d'opposition syrienne révèlent que très tôt, l'idée de nier les crimes commis par le régime, tels que la répression et la torture, malgré les images qui sont diffusées, va de pair avec le fait d'accuser d'autres gouvernements de faire circuler ces images de violence et de corps torturés[33].

D'autres thèses, parfois conspirationnistes[note 1], ont été évoquées comme raisons au conflit, tel le projet d'un gazoduc et d'intérêts étrangers liés à ce projet, reprise notamment par Jean-Luc Mélenchon[34]. Pour l'observatoire du conspirationnisme Conspiracy Watch, « Cette thèse en dit plus sur les carences cognitives de ses défenseurs que sur la réalité des faits. »[34]. Les décodeurs indiquent qu'aucun gazoduc ne passait par la Syrie, qu'il ne s'agissait que de projets, et que le projet de gazoduc du Qatar comportait une autre option : un deuxième tracé ne passant pas par la Syrie mais par l'Irak. Ils rappellent également « que l’ampleur sans précédent de la contestation et du nombre de victimes en Syrie depuis six ans – 465 000 morts et disparus – ne peut pas s’expliquer par une tentative de déstabilisation », et rappellent l'origine des contestations : « L’étincelle, c’est l’arrestation et la torture des jeunes qui avaient écrit sur un mur, fin février 2011, dans la foulée de la chute de l’Egyptien Hosni Moubarak, le slogan potache « Ton tour arrive, docteur » – Bachar Al-Assad est ophtalmologiste de formation. Dès lors, les manifestations pacifiques démarrent dans tout le pays sur le terreau de trente ans de dictature d’Hafez Al-Assad, puis onze de son fils Bachar. Ces manifestations se transformeront en guerre civile à l’automne 2011, avec au fur et à mesure l’intrusion des islamistes sur le champ de bataille, qui profitent de la situation »[35].

Un autre exemple de théorie du complot est diffusé sur les réseaux sociaux, indiquant que la Syrie serait l'un des rares pays (les autres pays cités étant au centre de conflits ou tensions avec l'occident ou les États-Unis) à n'avoir pas de «banque centrale Rothschild», théorie démentie par CheckNews[36].

L'historienne Marie Peltier et le journaliste Antoine Hasday font le rapprochement entre l'argumentaire du discours de propagande conspirationniste à propos de la Syrie et le négationnisme de l’Holocauste. « Premièrement, les postulats de départ priment sur la réalité des faits. Dans le cas de la Syrie, ils sont les suivants : il n’y a pas de révolution syrienne mais un complot fomenté depuis l’étranger, les rebelles sont tous des extrémistes, le régime syrien est un rempart laïque contre les islamistes et le protecteur des minorités, le régime syrien n’a pas commis d’attaques chimiques, les pires atrocités n’ont pas été perpétrées par le régime syrien mais par les rebelles, le régime syrien et ses alliés n’ont pas commis de crimes de guerre (ou alors involontairement). Bien sûr, des concessions peuvent être faites : il y a eu une révolution mais elle n'a pas duré, le régime Assad est brutal mais c'est la guerre... Ce discours tourné vers l’extérieur réécrit donc l’histoire dans un but politique : défendre le régime syrien et/ou s’opposer à toute action internationale contre celui-ci. »[16]

Médias syriensModifier

Dès les prémices de la révolte, le régime se place en victime d'une conspiration organisée de l'étranger par les « ennemis de la Syrie » parmi lesquels le Qatar, les Etats-Unis et Israël arriveraient en tête. De nombreux médias syriens diffusent alors la rhétorique du gouvernement, comme Al-Dounia, une chaîne de télévision privée syrienne, financée par des hommes d'affaires proches du régime de Bachar el-Assad, dont Rami Makhlouf, responsable d'Al-Dounia et cousin de Bachar el-Assad. Elle a été créée en 2007, dans un contexte de « libéralisation » de l'information en syrie, « une manœuvre en trompe-l'œil, prétexte à l'enrichissement d'une coterie d'obligés » d'après le journaliste Benjamin Barthe[37]. Adoptant une allure moderne et dotée de riches moyens par rapport aux médias d'État, elle se veut « la voix des gens et l’image de la vie » et adopte avec beaucoup d'efficacité le rôle de diffuseur de la propagande du pouvoir en place à Damas. Aussi, selon Benjamin Barthe, « les programmes d'Al-Dounia flattent la nostalgie d'une Syrie de carte postale, avec son islam traditionnel, ses rites chrétiens immuables, son identité arabe enracinée ».

Ainsi, d'après Libération, Al-Dounia, « en interrogeant des citoyens syriens ordinaires dans les rues ou des comédiens et sportifs populaires en studio, la chaîne fait dire à ses invités combien ils sont satisfaits des autorités qui luttent officiellement contre des « groupes terroristes venus de l’étranger » ». Selon la journaliste Hala Kodmani, envoyée spéciale dans la capitale syrienne, Al-Dounia TV s'attèle à « mettre en scène l’ignorance et la confusion des citoyens ».

Pour les besoins de sa propagande, le régime adapte et alimente la théorie d'un « complot » à l'encontre de la Syrie ; et, comme pour justifier la répression, les responsables de la « grande conspiration » à l'encontre du pays se sont « multipliés et diversifiés ». « Il faudrait qu’ils se décident sur qui est responsable », ironise Omar, un jeune diplômé au chômage attentif à la couverture des événements cité par le journal Libération ; il explique que les médias syriens « ont commencé par accuser les exilés Abdel Halim Khaddam et Rifaat al-Assad [respectivement ancien vice-président et oncle de Bachar al-Assad, ndlr], puis Saad Hariri [leader sunnite libanais, fils de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, assassiné en février 2005, ndlr], soutenu par les Saoudiens. Puis ce fut au tour des salafistes venus d’Irak, mais aussi bien sûr des Israéliens et des Américains opposés à la politique nationaliste de la Syrie. Que d’ennemis nous avons ! » conclue-t-il.

Comme preuves du « complot », des saisies d'armes sont diffusées sur les chaînes de télévision, ainsi que les aveux de « terroristes ». Aussi, d'après la propagande du pouvoir ceux qui tirent sur les manifestants seraient des « hommes armés venus de l’étranger ». En même temps, les médias syriens dédient la majorité de leurs programmes au démenti des différents témoignages et vidéos transmis par les chaines arabes, comme Al Jazeera, mais aussi par France 24 et la BBC. Une vidéo montrant par exemple des opposants à el-Assad piétinés par les forces de sécurité est de cette façon désavouée, les médias syriens accusant des « peshmergas en Irak » d'en être responsables[38].

De même, sur Al-Dounia, les manifestants et membre de l'Armée syrienne libre sont insultés de « bâtards » et « clochards », ils sont désignés comme étant sous les odres des monarchies du Golfe et d'Israël. Sur la chaîne, des « pseudo-analystes appointés par le régime se succèdent dans ses studios », l'un d'eux, Taleb Ibrahim, a même « hissé au rang de « devoir patriotique » le fait de « tuer » les insurgés ». Dans le cadre des sanctions de Bruxelles visant le régime baasiste, la chaîne n'est plus disponible dans les bouquets satellites européens[37].

D'après Bouthaina Shaaban, conseillère du président syrien, « seuls les médias syriens peuvent rapporter ce qui se passe réellement dans le pays » ; dans cette volonté, toute entrée sur le territoire syrien de journalistes et témoins étrangers est alors prohibée par le régime[38].

Bannissement et ciblage de journalistes étrangersModifier

Reporters sans frontières affirme que c'est le pays le plus dangereux et le plus meurtrier pour la profession[39], et dénonce, dans une pétition, que « depuis le début du soulèvement populaire syrien mi-mars 2011, une répression extrêmement violente s’est abattue en Syrie contre les manifestants demandant des réformes démocratiques. Une véritable chasse aux citoyens-journalistes et professionnels de l’information a été lancée. Systématique et redoutable. Bachar Al-Assad, prédateur de la liberté de la presse, impose un black-out total de l’information. Tués par balle, abattus par des tireurs embusqués, emprisonnés, blessés par l’explosion d’obus, victimes de tirs de chars, de bombardements aériens, d’assassinats ciblés… les journalistes, citoyens-journalistes, blogueurs et net-citoyens, témoins qui dénoncent la barbarie du régime, sont une des cibles de la répression. À ce jour, une trentaine d’entre eux croupissent dans les geôles syriennes, victimes de tortures. Une quarantaine ont payé de leur vie leur combat pour que l’information circule. Gilles Jacquier, Rémi Ochlik, Marie Colvin, Bassel Shehadeh, Salim Qabbani, Suhaib Dib, Ahmed Hamada, Ali Chaabane et tant d’autres de leurs confrères : la liste des victimes s’allonge chaque jour. »[40]

Certains journalistes passent illégalement dans des zones tenues par le PKK ou l'Armée syrienne libre pour tenter de couvrir une partie du conflit[41]. D'autres rejoignent des tours organisés par la régime. « La Syrie est devenue un lieu de plus en plus hostile, voire presque impossible. Les journalistes en quête d'accès doivent donc saisir les rares occasions de reportages sur le terrain »[42].

Obtenir un visa pour couvrir le conflit en Syrie est très compliqué pour les journalistes étrangers[43],[9], voire impossible : selon Le Monde « la quasi-totalité de la presse internationale se voit refuser des visas »[44]. Selon le reporter de guerre Patrick Chauvel, « les autorités syriennes ne veulent pas que des images sortent du pays, alors ils n'hésitent pas à arrêter les journalistes, à les torturer, voire à les exécuter »[41]. Selon le journaliste Patrick Vallelian, assassiner Gilles Jacquier est une opération qui permet au régime syrien d'envoyer un message aux rédactions que les journalistes, même avec des visas officiels, sont en danger, et en même temps, de décrédibiliser les combattants rebelles[45].

De nombreuses rédactions refusent également d'envoyer leurs correspondants, suite à de nombreux enlèvements et morts de journalistes. Après la mort de Gilles Jacquier, et davantage encore après l'attaque ayant tué Marie Colvin et Rémi Ochlik, alors qu'ils couvraient le conflit à Homs, dans une attaque de l'armée syrienne qui semblait les viser délibérément[46]' [47], il ne reste pratiquement plus de journalistes étrangers en Syrie[48]' [49].

« Afin de cacher ce qui se passait, [Assad] a essayé de faire taire les médias. La veille du jour où Conroy et Colvin sont entrés [en Syrie], un contact des services de renseignement libanais leur a annoncé que tout journaliste étranger découvert à Baba Amr "serait exécuté et que leurs corps seraient mis sur le champ de bataille, comme s'ils étaient pris entre deux feux". La correspondante de Lindsey Hilsum dans Under the Wire a déclaré que la Syrie était trop dangereuse pour elle. »[50].

Actions de discréditation des observateurs locauxModifier

Le conflit syrien « est le conflit le plus documenté au monde »[2] ou « le plus documenté de l'histoire » [51] ,[52]. Les journalistes étrangers ayant déserté le conflit, de jeunes reporters-citoyens syriens deviennent les principales sources d'information[53],[54]. Leurs détracteurs affirment parfois que les images et informations transmises peuvent ne pas être neutres et sont invérifiables, ce que l'AFP dément[55]. Pour Garance Le Caisne, dès le début, de nombreux syriens veulent témoigner de ce qu'ils vivent et observent : « En 2011, ils ne se posaient pas la question de savoir si on allait les croire. On leur tirait dessus, des tanks débarquaient dans les villes, des missiles sol-sol et des barils étaient lancés sur eux… Ils voulaient raconter, ils prenaient des vidéos, des photos, naturellement. Et puis, on leur a demandé des preuves. Alors même que seul le régime avait des avions et les capacités de larguer ces barils, d’envoyer de ces missiles ! C’était incroyable, inaudible pour eux. » Les activistes pacifiques se sont donc ensuite formés et professionnalisés pour que leurs images et documents soient authentifiables[12].

Les conseils locaux, la société civile, les secouristes et médecins situés en zone rebelle sont également des témoins importants de la vie des civils et de l'impact des conflits et bombardements, de même que les organismes et ONG qui recensent les violations aux droits humains grâce à d'importants réseaux[56],[57],[58],[59]. Ils sont régulièrement cibles d'accusations (crédibilité, neutralité...) et d'attaques, même si plusieurs sont reconnus pour leurs méthodes rigoureuses documentant les crimes de l'ensemble des acteurs du conflit[60],[61],[62],[63].

La défense civile syrienne, notamment, fait un important travail de documentation puisque les volontaires ont une caméra fixée sur leurs casques. Les Casques blancs sont l'objet d'une intense campagne de propagande, les accusant parfois de jouer des scènes de catastrophes pour filmer, de mimer de fausses attaques chimiques, voire d'être eux-mêmes des terroristes. Ainsi, Bachar el-Assad a justifié les attaques contre eux en affirmant qu'ils étaient des terroristes et des criminels[64],[65],[66],[67] .

Article détaillé : Casques blancs (Syrie).

Le journal alternatif Le Média est critiqué pour la mise en doute par leur chroniqueur de la véracité et la possibilité de vérification des images provenant de zones inaccessibles aux journalistes étrangers[68], [69], [70], et plusieurs rédactions, journalistes et l'AFP rappellent leur travail de vérification et authentification des informations et images[71],[72].

Négation des accusations de crimesModifier

« Les responsables syriens ont affirmé depuis les premières semaines du soulèvement contre le président Bachar el-Assad, en 2011, que toute preuve de répression violente par l'État devait être fausse. »[73]

Le régime de Damas nie longtemps les arrestations et décès sous la torture. Des centaines d’opposants, arrêtés au début du soulèvement, ont été officiellement déclarés morts à l'été 2018, par la mise à jour de registres d'état civil[74]. Des propos privés, rendus publics, d'une personne accusée de faire de la propagande pour le régime, indiquent sa connaissance de l'utilisation massive de la torture, et son refus d'en parler publiquement[75]. De nombreux témoignages et enquêtes d'ONG de défenses des droits humains indiquent que la torture et le viol systématiques ont été utilisés depuis 2011 par le régime syrien comme armes, faits nié par Bachar el-Assad et son régime[76]'[77]'[78]'[79]'[80]. De même pour les attaques contre les populations civiles, l'utilisation d'armes interdites par les conventions internationales, le siège et la famine imposés aux civils vivants dans des zones tenues par des groupes armés rebelles et les attaques visant à empêcher l'accès de la population à la médecine[81]'[82]'[83]'[84]'[85]'[86]'[87].

Les attaques chimiques imputées au régime de Damas par l'OIAC et l'ONU sont toutes niées par les responsables syriens[88],[89]'[90] et russes[91], et ont fait l'objet d'importants efforts de propagande de la part de ces derniers[92]'[93].

Politique d'instrumentalisationModifier

Officiellement, le système administratif et politique sous le régime d'Assad n'est pas confessionnel, mais les liens communautaires y ont un rôle importants ; en effet, c'est à la communauté alaouite, à laquelle appartient Bachar el-Assad que sont confiés les postes clés au sein des forces de sécurité syriennes. D'après Zakaria Taha, chercheur associé au GSRL, cela a pour objectif principal d'assurer le maintien au pouvoir d'un régime, qui, de par la mise en place de rapports clientélistes se lie ainsi aux différents groupes communautaires, et cherche à rassembler autour de lui les autres communautés minoritaires dans un pays où la majorité sunnite avait toujours gouverné avant le coup d'état d'Hafez el-Assad et l'arrivée au pouvoir de la dynastie el-Assad en 1971[94].

 
Carte montrant la répartition ethnico-religieuse de la Syrie avant la guerre civile.

En préservant une représentativité au sein des organes de l'État, et en établissant des liens avec les différents représentants religieux des communautés minoritaires, le régime Baasiste des Assad cherche à se présenter comme préoccupé par les droits des minorités.

Pour Bruno Paoli, cité dans L'Express, la dynastie el-Assad cherche « à détruire les structures traditionnelles d'allégeance communautaire, notamment religieuses, pour les remplacer par une allégeance au clan Assad et à son entourage », il rappelle aussi que les alaouites « qui étaient très nombreux dans les partis de gauche des années 70 et 80, ont eux aussi été, comme les Frères Musulmans, sévèrement réprimés par le régime » ; grâce à de nombreuses campagnes de propagande, le gouvernement syrien a réussi à maintenir, chez la communauté alaouite, la crainte des persécutions s'il venait à être renversé.

Ainsi, l'historienne Nadine Méouchy regrette que désormais, « nombreux sont les démocrates alaouites, critiques du régime et anti-confessionnels proclamés, qui se sont soudainement réfugiés dans leur appartenance communautaire, avec ses peurs et ses aveuglements, pour défendre un régime dictatorial dont ils avaient pourtant analysé tous les rouages »[95].

Le journaliste Michel Touma rappelle également que malgré cette apparente posture de « rempart face aux djihadistes » ou de « défenseur de la minorité chrétienne » qu'essaie de se donner le régime de Bachar el-Assad, « il s’est souvent servi des mouvements islamistes pour asseoir son pouvoir, notamment contre les chrétiens du Liban » qui représentaient « le principal obstacle à son hégémonie sur le Liban »[14]. Pour sa survie, le régime s'efforce à lier « le sort des communautés et leurs intérêts à ceux du régime, de sorte que toute mise à mal du régime nuise à cet équilibre »[94].

Mise en avant de la peur des extrémistesModifier

En 2011, lors des premiers mouvement de contestation réclamant davantage de libertés, « le régime n’hésite pas à aller chercher le soutien des religieux notamment sunnites, en revenant sur une décision prise en 2010 — celle de muter à des postes administratifs 1 200 enseignantes voilées — ainsi qu’à ordonner la construction d’une faculté islamique et à autoriser une chaine satellitaire islamique ». En même temps, le clan Assad cherche aussi à maintenir les communautés à l'écart des manifestations en « jouant sur la peur de la menace islamiste » ; pour arriver à ses fins, il présente la contestation comme composée de gangs armés et d'islamistes salafistes « dont l’accession au pouvoir mettrait fin à la coexistence pacifique indispensable à la sécurité des minorités ». « La carte de la laïcité est mise en avant par le régime devant l’opinion occidentale », ainsi, il se présente comme « le garant de la coexistence harmonieuse dans un pays multi-communautaire » et n'hésite pas à mettre en avant « la situation privilégiée dont jouissent en Syrie les chrétiens et les autres minorités »[94].

« Le raïs de Damas a très tôt fait passer l'idée selon laquelle il n'y avait pas d'autre choix que lui, Assad « C'est moi ou le chaos » ne cesse-t-il de répéter, sourd aux appels des militants démocrates, il crie au complot, refuse le concept d'opposition modérée. Il fait donc taire la voix de l'opposition démocratique, celle qui refuse toute domination politique ou religieuse, née des manifestations pacifiques du soulèvement anti-Assad de 2011, notamment de la résistance civique de Daraya »[96],[26].

 
Des combattants de la Division des Fatimides, à Palmyre, le 10 décembre 2016. C'est l'une des nombreuses milices chiites qui combattent auprès des forces syriennes.

Dès le début du conflit, l'idée est de faire passer le message au peuple syrien mais aussi au monde entier, qu'il n'y a pas d'alternative possible. Le régime s'est employé à détruire toute opposition modérée et à en effacer les traces, selon Dephine Minoui[97]. La propagande russe rejoint la narration syrienne en faisant l'amalgame de tous les opposants à Bachar el-Assad pour justifier leurs bombardements[98].

D'après Marie Peltier, « pour imposer cette propagande à large échelle, Bachar el-Assad a choisi de rendre centraux certains objets narratifs, qui ont désormais la vie dure: « C'est moi ou le chaos ». Reléguant la question des droits humains au second plan, voire à un plan inexistant, le régime syrien s'est dès le départ présenté comme un mal nécessaire, discréditant dans le même temps l'opposition syrienne au nom de la « lutte contre le terrorisme » et de la « stabilité » du pays »[11].

Selon Ziad Majed, le régime est lui-même soutenu par un nombre « bien supérieur » de « combattants qui sont des djihadistes chiites étrangers et des formations locales paramilitaires » que les groupes armés extrémistes sunnites qui lui sont opposés ; d'après le chercheur, « le fait de ne pas les mentionner comme étant les vrais sauveurs du régime de Bachar el-Assad sur le terrain est déjà un problème de l'analyse »[99].

Pour Garance Le Caisne, la présence de Daech est liée à celle du régime, et si la violence du gouvernement est beaucoup plus cachée, le régime tue huit fois plus que Daech[100].

Un prétendu rempart face au chaosModifier

Selon Zakaria Taha, dès les années 1970, lors de l'insurrection des Frères musulmans, le régime se présente « comme le rempart contre la menace islamiste susceptible de dominer les minorités (druzes, chrétiens, kurdes, ismaélites) », et contraint ainsi la population à tolérer un régime autoritaire. Il apparait ainsi, à l'extérieur de la Syrie, comme un régime laïque respectueux du droit des communautés et des femmes face à l'islamisme. Les mouvement islamistes se faisant les plus menaçants pour la pérennité de son gouvernement, le régime d'el-Assad cherche à prouver que sa chute se ferait à leur profit[94].

Le régime de Damas ne cesse de se mettre en avant comme « le rempart à tout conflit », il se sert des divisions communautaires pour « rester au pouvoir et montrer ainsi qu’il est indispensable à la stabilité de la région et à la protection des minorités, contre toute guerre intercommunautaire » et met en avant le sort des chrétiens d'Irak ayant immigré en Syrie afin de fuir les violences intercommunautaires suite à la chute de Saddam Hussein en 2003[94]. Mais l'affirmation selon laquelle le régime serait le protecteur des chrétiens est contestée par de nombreux médias[101],[102],[103],[104],[105].

 
Manifestation de l'opposition à Douma, près de Damas, le 8 avril 2011.

En 2011, les manifestants demandent la fin de la répression et la libération des prisonniers d'opinion. D'après Bassam Barabandi, ancien diplomate syrien à Washington, Bachar el-Assad ne libère pas les opposants démocrates arrêtés depuis mars. Mais il libère des centaines d'islamistes alors en prison, qui alimentent les rangs djihadistes, et dont certains rejoindront plus tard les rangs du Front al-Nosra qui combattra aux côtés des rebelles, et de l’État Islamique qui se retournera contre eux[106],[26]. Pour le journaliste Armin Arefi, cela participe à la stratégie de Bachar el-Assad : « depuis le début de la révolution en mars 2011, le président syrien met tout en œuvre pour réaliser sa prophétie selon laquelle ses opposants — tout d'abord pacifiques — ne sont que des "terroristes" »[106],[107],[25],[108].

Pour l'historien Jean-Pierre Filiu « on présente beaucoup trop souvent les Assad comme protecteurs des chrétiens, il faut savoir qu'ils ont souvent été à l'avant-garde de la répression voire des massacres des chrétiens au Liban et ailleurs »[109]. Certains médias d'opposition accusent aussi des milices liées au régime de Bachar el-Assad de nuire aux chrétiens, ainsi le média Call Syria annonce que des moines de la région de Safsafa ont été battus et chassés de leur lieu de culte sous prétexte que celui-ci abritait un sanctuaire dédié aux Alaouites[110]; de même le site d’information en ligne All4Syria dénonce la mise en danger de lieux de culte chrétiens de par l'installation de matériel militaire au niveau de ceux-ci[111].

À l'international, le régime de Bachar el-Assad se présente comme un rempart contre Daech. Pourtant, le ministre syrien des affaires étrangères déclare en 2016 « combattre l’État islamique n'est pas notre principale préoccupation », affirmant que ce sont davantage les groupes rebelles — qui combattent également les djihadistes — qui constituent une menace plus importante pour le pouvoir de Damas[112].

Sur le terrain, de nombreux arrangements et coopérations montrent des liens réguliers entre le régime et les groupes islamistes extrémistes, dont l’État islamique. Daech est ainsi relativement épargné par les bombardements du régime[106]. Des déplacements de combattants, ainsi que des attaques, semblent coordonnées[113],[114]. Des échanges d'armes, d'informations et accords économiques existent également entre Daech et le régime[115],[116], relation de dépendance mutuelle qualifiée d'adultérine par David Bensoussan[117].

Diffusion à l'internationalModifier

Des reporters de guerre ayant couvert le conflit témoignent que malgré leur travail, l'opinion publique n'est pas mobilisée sur la Syrie[118]. Pour Christophe Ayad, « si les guerres ont toujours mis en branle l’affrontement de deux narrations, jamais [on n’avait] assisté à une telle transformation des victimes en bourreaux, des sauveteurs en terroristes, et des massacreurs en libérateurs. (...) A ce titre, la bataille d’Alep peut être assimilée à un nouvel épisode de la « guerre hybride », théorisée par les stratèges russes depuis le milieu des années 2000 et mise en œuvre en Crimée et dans l’est de l’Ukraine. Elle consiste, entre autres, à brouiller la perception du camp adverse avec un bombardement d’informations propres à désorienter les opinions et à paralyser leurs gouvernants »[8],[119].

Pour Marie Peltier, « la propagande d’Assad, qui en-dehors des sphères de propagande pure et dure, telles Russia Today, a eu ce génie de s’infiltrer très largement dans l’opinion publique occidentale », a permis l'abandon des aspirations des syriens à la liberté et fait que l’« on a épousé l’idée qu’Assad avait gagné la guerre »[120].

Utilisation du tissu associatifModifier

En Suède, des associations sans lien apparent avec la Russie ont des idées qui coïncident avec les intérêts de Moscou : le Swedish Peace Council, à l’extrême gauche ; ou Swedish Doctors for Human Rights, qui nie la réalité des attaques chimiques en Syrie[121].

Des mouvements dits "pour la paix" condamnent ainsi les tentatives d'intervention occidentales en Syrie, mais pas les interventions russes et iraniennes. L'objectif est politique, et il s'agit de défendre le régime syrien et de s’opposer à une action internationale contre lui[16].

Public francophoneModifier

L'un des premiers relais de la propagande du régime Assad en France est Frédéric Châtillon. En 1994, il se rapproche du sanguinaire ministre de la Défense Moustapha Tlass, et Hafez el-Assad finance les activités du GUD. Frédéric Chatillon invite Thierry Meyssan, Alain Soral, Robert Faurisson et Dieudonné à Damas au début des années 2000[122].

Le complotiste Thierry Meyssan, invité en 2006 par le Hezbollah et le régime de Damas, s'établit dans la capitale syrienne en 2006 et est désormais « à la tête d'une véritable entreprise de désinformation »[123]. Dès le début de la Révolution syrienne en 2011, il crée un site de "réinformation" sur la Syrie, Infosyrie, relayant la propagande du pouvoir en place[122],. Ce site de propagande est hébergé par Riwal, une société de communication appartenant à Frédéric Chatillon, ancien dirigeant du Groupe union défense[124].

Le réseau chrétien, via notamment l'ONG controversée SOS Chrétiens d'Orient, est fortement influencé par Damas, et des personnages comme Agnès-Mariam de la Croix[17].

Des parlementaires et responsables politiques sont invités par le régime à Damas, ainsi que quelques journalistes, qui vont relayer le discours de Bachar el-Assad, ce qui permet au cercle proche du régime d'avoir ses entrées à l'Assemblée nationale, invités par le groupe d'amitié parlementaire France-Syrie[125]. Parmi ces parlementaires se rendant régulièrement en Syrie, on trouve notamment Thierry Mariani, qui est reçu chaque fois par Bachar el-Assad[126], mais également Valérie Boyer, Gérard Bapt[127],[128].

Pierre le Corf, sous couvert d'humanitaire, est également accusé de faire de la propagande pour le régime via les réseaux sociaux[129].

Le discours de propagande séduit notamment l'extrême droite et l'extrême gauche[130].

Public anglophoneModifier

La propagande du régime syrien est diffusée par un réseau de blogueurs et universitaires anglophones[131],[132],[133]. Selon le journaliste britannique Brian Whitaker, la blogueuse complotiste Vanessa Beeley est la « déesse de la propagande du conflit syrien », elle est un maillon central de la diffusion de désinformation sur le Casques blancs syriens[134]. Selon le Huffington Post, une intervention réalisée par cette blogueuse jusqu'alors inconnue a été utilisée par la délégation de la Russie auprès des Nations Unies comme unique pièce contre les secouristes[7]. D'autres blogueurs qui propagent la propagande du régime avec Vanessa Beeley comptent notamment Eva Bartlett et Max Blumenthal[135],[136].

Certains de ces blogueurs sont invités, aux côtés de journalistes et personnalités politiques, dans des tours organisés « perçus comme un moyen de se faufiler jusqu'à un régime accusé de litanie de crimes contre l'humanité »[42].

Alliés de la Syrie baathisteModifier

Alliés du régime de Damas, Moscou et Téhéran partagent, au niveau de la propagande, de nombreux points communs avec la Syrie ; les alliés du régime ne reconnaissent ainsi pas la Révolution populaire syrienne, ils affirment que le soulèvement a été organisé par des forces étrangères[137], considèrent que les opposants à Bachar el-Assad sont des « terroristes » et tentent de dédouaner le régime de toute responsabilité dans les accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

RussieModifier

La propagande est utilisée en Russie pour que l'opinion publique adhère à l'intervention armée russe en Syrie[138].

En juin 2018, la Cour suprême russe déboute dix réfugiés syriens de leur demande d'asile au motif qu'il n'y a « pas de guerre en Syrie » mais une « opération antiterroriste »[139],[140]. Cette décision devrait faire jurisprudence[139].

Le gouvernement russe nie pendant longtemps avoir des troupes sur le sol syrien. Lors du décès de citoyens russes en Syrie, il affirme qu'il s'agit de mercenaires et non de militaires[141].

Le gouvernement russe affirme n'avoir jamais tué un seul civil, ce qui contredit les conclusions des observateurs du conflit et des syriens de l'opposition qui affirment que les avions russes visent la population et non pas l’État islamique[142]'[143],[144]. La Russie semble profiter de frappes de la coalition occidentale contre Daesh pour affirmer officiellement viser les djihadistes de l'EI alors que dans les faits, la plupart de ses bombardements ciblent en priorité les rebelles opposés à Bachar al-Assad, son allié[145],[144].

Le gouvernement russe affirme ne pas employer d'armes incendiaires et affirme que les images tournées par l'AFP ainsi que les rapports de l'OSDH indiquant le contraire constituent un « mensonge éhonté ». Cependant, un reportage de la chaîne d’État RT montre un avion chargé de bombes incendiaires à sous-munitions, sur la base militaire de Khmeimim, en Syrie[146],[147][148].

Rapporté par Libération, un haut fonctionnaire français affirme : « Honnêtement, nous ne voyons pas comment contrer efficacement la désinformation russe sur la Syrie. Leur stratégie pour créer le doute est redoutable. C’est pire que pendant la guerre froide. Ils ne reconnaissent même plus la notion de "faits" »[149].


Le , le ministère russe de la Défense publie une vidéo, dont les images fournissent selon ses déclarations « la confirmation irréfutable que les États-Unis, tout en simulant pour la communauté internationale une lutte implacable contre le terrorisme, assurent une couverture à des unités de l'État islamique »[150],[151]. Sur Twitter, le ministère russe de la Défense annonce également la révélation de « preuves irréfutables que l’armée américaine couvre en fait les unités de l’EI pour les aider à récupérer leurs capacités militaires, les redéployer, et leur faire défendre les intérêts américains au Moyen-Orient »[151]. Mais l'ONG Conflict Intelligence Team (CIT) et le site d'enquête Bellingcat découvrent rapidement que certaines de ces images sont issues d'un jeu vidéo, AC-130 Gunship Simulator: Special Ops Squadron, et que d'autres sont des vidéos diffusées par le ministre irakien de l'Intérieur en 2016, montrant des bombardements de l'aviation irakienne contre les djihadistes[150],[151]. Raillée sur les réseaux sociaux, la vidéo est ensuite supprimée par l'armée russe qui évoque une « erreur » de la part d'un « employé civil »[150],[151]. Le colonel Ryan Dillon, porte-parole de la Coalition internationale déclare alors que l'incident est « conforme à ce que nous voyons sortir du ministère russe de la Défense : c'est sans fondement, inexact et complètement faux. [...] Les communiqués du ministère russe de la Défense sont à peu près aussi exacts que leurs frappes aériennes »[150].

IranModifier

Les organes de sécurité et de propagande sont proches en Iran, et ont pour effet d'inciter des jeunes à s'engager dans le conflit syrien, aux côtés de l'armée iranienne ou de milices armées comme les gardiens de la Révolution[152].

Des campagnes de désinformation en ligne concernant la Syrie ont également été interrompues par certains réseaux sociaux[153].

Opposition syrienneModifier

La propagande est considérée bien moins importante que celle du régime syrien, et relativement minoritaire par rapport au nombre de documents qui sortent de Syrie, mais elle existe également[9]. Une vidéo a notamment été manipulée pour faire passer des soldats loyalistes pour des déserteurs (les déserteurs et vidéos réels sont par ailleurs nombreux)[154].

La dangerosité du terrain pour les journalistes les contraints parfois à interviewer des civils en présence de membres de katiba, ce qui ne leur permet pas de travailler et vérifier l'information de manière indépendante. Vérifier les chiffres avancés par l'opposition est également compliqué[9].

Groupes djihadistesModifier

A partir de 2013, les journalistes étrangers sont devenus des cibles prioritaires pour les jihadistes et bandes armées dans les zones dans les territoires d'opposition[53].

État islamiqueModifier

L’État islamique arrête les militants, rebelles et journalistes, qu'ils considèrent comme « infidèles ». Détenir une caméra est pour eux un motif de détention[155].

Daech est coutumier de la réalisation de films de propagande[156],[157]. Des films pour montrer la violence et la brutalité sont réalisés et largement diffusés sur les réseaux sociaux. Cet usage de la propagande est la principale explication au fait que Daech est la seule organisation qui ait recruté jusqu'à 2000 combattants européens en Irak et en Syrie[158]. D'après Jean-Pierre Filiu, les djihadistes de Daech entretiennent une propagande « apocalyptique » pour justifier leur présence en Syrie : ils affirment être l'« instrument de l'accomplissement des prophéties ». Ils font notamment référence à une prophétie très populaire chez les djihadistes contemporains, qui situe une bataille de la « fin des temps » à Dabiq, village syrien située dans le gouvernorat d'Alep. Les djihadistes de Daech occupent et défendent avec acharnement ce village pendant deux ans avant d'en être chassés par les révolutionnaires syriens en 2016. Et Daech donne le nom de « Dabiq » à un magazine diffusé en ligne en plusieurs langues. Les Roums, des orthodoxes qui apparaissent dans L'Authentique de Muslim, sont assimilés aux russes (eux aussi des orthodoxes), qui interviennent dans le conflit syrien à partir de 2015. Les djihadistes diffusent à l'international les écrits auparavant peu connus de Ibn Hammad (en). Ils insistent sur le « rachat » des fautes de soixante dix proches au Jugement dernier. Selon Jean-Pierre Filiu, de nombreuses recrues ont été convaincues de rejoindre Daech grâce à cette promesse de « rachat des fautes »[159].

Pour Le Monde, la propagande n'est pas seulement un outil pour Daech, mais une « arme » à part entière. Sa diffusion massive permet de radicaliser des sympathisants via internet et les logiciels de messagerie[160].

Elle fait parfois intervenir des enfants, des militants de Daech étrangers, comme des français, dans l'objectif de rallier des personnes à sa cause[161]. « En 2014 et 2015, la communication de Daech, soucieuse d'attirer non seulement des djihadistes étrangers mais aussi leurs familles, montrait un jeune pays doté d'institutions et d'infrastructures solides, ainsi qu'une capitale, Raqqa, en plein boom économique. Longtemps, les images de l’État islamique ont fait se côtoyer guerre et paix ; mais l'effort de guerre croissant a peu à peu mis fin à la propagande que l'étude qualifie de "lifestyle". Parce qu'il n'y avait plus rien à montrer... mais aussi plus personne pour le montrer »[162].

La cellule médias de Daech ayant une influence importante, elle a été régulièrement ciblée par la coalition internationale à Raqqa, ce qui a eu pour effet de tuer de nombreux contributeurs, et par conséquent, d'en limiter le volume de diffusion comme le contenu. « Au plus fort de l'activité de sa cellule médias, à l'été 2015, Daech diffusait plus de 700 publications par mois en Syrie et ailleurs, selon l'étude. Un an plus tard, en août 2016, ce chiffre était tombé en-dessous de 200. »[162].

Milices Kurdes et TurquieModifier

Lors de l'offensive de la Turquie sur Afrin défendue par les Kurdes syriens, Turcs et Kurdes se livrent une intense guerre de propagande. Les sites pro-kurdes mettent notamment en ligne des vidéos de combattants alliés des Turcs, et chaque camp mène une « guerre des mots et guerre des chiffres », tentant de minimiser ses pertes et accusant l'autre d'employer des combattants djihadistes[163],[164],[165],[166].

Coalition internationaleModifier

La coalition internationale a permis la libération de Raqqa, aux mains des djihadistes de l’État islamique, mais a minimisé le nombre de victimes civiles tuées par ses bombardements, et c'est un rapport de l'ONG Amnesty internationale qui a permis de questionner ces chiffres[167].

NotesModifier

  1. lorsqu'elles nient les causes endogènes du soulèvement (corruption des institutions, manque de libertés, désespoir social) et réduisent la révolution à une simple fabrication par des pays hostiles au pouvoir syrien[1]

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