Place Vendôme

place de Paris, France

1er arrt
Place Vendôme
Image illustrative de l’article Place Vendôme
Vue de la place et de la colonne.
Situation
Arrondissement 1er
Quartier Place-Vendôme
Début 356, rue Saint-Honoré
Fin 1, rue des Capucines
Morphologie
Longueur 213 m
Largeur Place : 124 m
Rue : 22 m
Forme Rectangle à pans coupés
Historique
Création 2 mai 1686
Dénomination XVIIIe siècle
Ancien nom Place des Conquêtes
place Louis le Grand
place des Piques (Révolution)
place Internationale (1871)
Géocodification
Ville de Paris 9691
DGI 9653
Géolocalisation sur la carte : 1er arrondissement de Paris
(Voir situation sur carte : 1er arrondissement de Paris)
Place Vendôme
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Place Vendôme
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La place Vendôme est un espace public, situé dans le 1er arrondissement de Paris.

Typique de l'urbanisme classique français, c'est une des places de Paris les plus célèbres et considérée comme l'une des plus luxueuses du monde.

Avec la place des Victoires, la place de la Concorde, la place des Vosges et la place Dauphine, elle est l'une des cinq places royales de la ville.

Son architecture est due à l'architecte Jules Hardouin-Mansart qui conçoit, en 1699, un plan d'urbanisme strict auquel doivent se conformer les propriétaires des immeubles. Une grande partie des façades est classée monument historique. En son centre se trouve la colonne Vendôme édifiée en 1810, abattue par les communards, reconstruite ensuite.

Elle est appelée « place Vendôme » dès le XVIIe siècle. Elle s'appelle successivement : « place des Conquêtes, Louis-le-Grand, et Vendôme », puis « place des Piques », pendant la Révolution.

Elle est brièvement renommée, « place Internationale » en 1871, pendant la Commune de Paris, durant laquelle la colonne Vendôme est détruite par les communards, qui y voient alors un symbole de la tyrannie et du militarisme de Napoléon.

Avant de devenir un lieu central pour la joaillerie que l'on connait de nos jours, la place Vendôme est, avec la rue de la Paix, l'épicentre de l'élégance parisienne durant un demi-siècle, comptant nombre de couturiers ou modistes.

L’hôtel de Bourvallais, situé au no 13, est le siège du ministère de la Justice, parfois désigné par métonymie « la place Vendôme ».

SituationModifier

La place se trouve au nord du jardin des Tuileries, au sud de l'opéra Garnier et à l’est de l’église de la Madeleine et est le point de convergence de deux axes, la rue de la Paix, au nord et la rue de Castiglione, au sud.

Origine du nomModifier

Son nom lui vient du vaste hôtel de Vendôme et de ses jardins, sur l'emplacement desquels on construisit la place, et qui avait été bâti pour César de Vendôme, fils d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées.

HistoireModifier

En 1677, un groupe de spéculateurs, parmi lesquels l'architecte Jules Hardouin-Mansart, a la première idée de la place Vendôme.

Le projet de 1685Modifier

 
Jules Hardouin-Mansart

En 1685, Louvois reprend l'idée et achète l'hôtel de Vendôme et le couvent des Capucines qui se trouvent alors, au nord de la rue Saint-Honoré. Sur leur emplacement, les architectes Jules Hardouin-Mansart et Germain Boffrand proposent de construire une vaste place rectangulaire, entièrement ouverte sur la rue Saint-Honoré et destinée à être bordée de vastes bâtiments publics : bibliothèque royale, hôtel de la Monnaie, hôtel des Académies, hôtel des Ambassadeurs, etc. Au fond de la place, la façade doit être percée d'une arcade monumentale qui doit laisser voir le couvent des Capucines, qui est reconstruit au nord de la nouvelle place en 1688.

Les façades sont construites (avant même les bâtiments) et au milieu de la place est érigée une statue équestre en bronze de Louis XIV que Louvois commande à François Girardon. La place prend alors le nom de « place Louis-le-Grand », qu'elle garde jusqu'à la Révolution. La statue, inaugurée en 1699, est détruite en 1792. Il en subsiste un pied qui est conservé dans les collections du musée Carnavalet[1].

Le projet de 1699Modifier

En 1699, le programme public de 1685 est abandonné au profit d'une opération privée. Le roi vend le terrain à la ville et les façades, qui sont construites pour l'inauguration, sont démolies afin de réduire l'emprise de la place d'une vingtaine de mètres de chaque côté. La nouvelle place est entourée d'hôtels particuliers derrière des façades uniformes, dessinées par Jules Hardouin-Mansart.

De plan carré avec des pans coupés aux angles, elle est fermée et traversée par une voie unique nord-sud reliant la rue Saint-Honoré au portail des Capucines. Dépourvus d'arcades au rez-de-chaussée, conformément à leur vocation d'immeubles d'habitation, les nouveaux bâtiments sont couverts d'un toit brisé dont le comble est percé à l'origine d'une alternance d'œils-de-bœuf et de lucarnes (les œils-de-bœuf ont pour la plupart été remplacés par des lucarnes au XIXe siècle).

En 1764, la foire Saint-Ovide s'installe sur la place avant d'emménager en 1771 vers la place Louis-XV, future place de la Concorde[2], en raison d'un mécontentement général des nouveaux propriétaires des hôtels particuliers.

Sous la RévolutionModifier

De 1793 à 1799, elle prend le nom de « place des Piques ». Le , la statue équestre de Louis XIV est brisée. Après l'assassinat au Palais-Royal de Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau () qui vote la veille, la mort de Louis XVI, on charge le peintre Jacques-Louis David d'organiser une cérémonie funèbre.

Au milieu de la place, Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau est placé nu et sanglant, recouvert d'un simple drap laissant apparaître sa plaie, sur le socle, dans un grand appareillage néo-antique mis en scène par le peintre.

L'évolution ultérieureModifier

En 1806, la rue de la Paix est percée à l'emplacement du couvent des Capucines.

 
Colonne Vendôme lors de la Commune de Paris.

La colonne Vendôme est élevée en 1810 à l'emplacement de la statue de Louis XIV, par les architectes Jacques Gondouin et Jean-Baptiste Lepère, à l'imitation de la colonne Trajane de Rome, qui comporte également un bas-relief hélicoïdal. Celui-ci, sculpté par Étienne Bergeret, représente la campagne de 1806. La colonne est surmontée d'une statue de Napoléon en « César » par Antoine-Denis Chaudet.

Cette première statue est supprimée par Casimir Perier sous la monarchie de Juillet en 1831 pour être remplacée par une statue de Bonaparte en « petit caporal » par Charles Émile Seurre. Une copie de l'effigie d'origine fut rétablie en avril 1863 par une réplique exécutée par Auguste Dumont. La colonne est abattue en 1871 par les communards, et l'œuvre de Dumont, une fois restaurée, fut remise en place en 1873.

Le 27 juin 1918, durant la Première Guerre mondiale, le ministère de la Justice, situé au no 13 place Vendôme, ainsi que l'angle de la place avec la rue de Castiglione, sont touchés lors d'un raid effectué par des avions allemands[3].

Hôtels particuliersModifier

 
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La haute-joaillerie et les maisons de modeModifier

La place Vendôme est connue de nos jours comme l'emplacement où de nombreux bijoutiers-joailliers réputés ont élu domicile. Mais après le milieu du XIXe siècle, c'est surtout le lieu de l'élégance parisienne et mondiale. Les clientes arpentent le quartier à la recherche de la plus belle robe, du plus beau chapeau ou des plus beaux bijoux.

Initialement, les joailliers-bijoutiers ont investi la rue de la Paix à la suite de Mellerio dits Meller, lorsqu'elle s'y est installée en 1815[4] au percement de la rue sous le Premier Empire. Prolongeant la rue de la Paix, la place Vendôme est à son tour investie.

En 1858, Charles Frederick Worth ouvre au 7, rue de la Paix. Son immense succès attire nombre de couturiers, modistes, chapeliers, tailleurs, bottiers, parfumeurs et fait du quartier l'épicentre de la mode, s'étendant également rue de Castiglione. Jusque plusieurs années après la Première Guerre mondiale, les maisons de mode restent omniprésentes sur la place, bien que la mode ait déplacé peu à peu son centre vers l'avenue d'Antin depuis l'ouverture par Paul Poiret de sa maison de couture quelques années avant[5].

Le premier bijoutier qui s'installe sur la place est Frédéric Boucheron en 1893. Il désire quitter le quartier du Palais-Royal, pour s'installer près du nouvel Opéra construit par l'architecte Garnier. Il s'établit dans l'hôtel de Nocé, côtoyant la comtesse Virginia de Castiglione, qui quitte son appartement de l'entresol en 1894. Il entraine dans sa suite, plusieurs installations de joailliers sur la rue de Castiglione, au début du siècle suivant[5].

Il est également suivi par d'autres joailliers et artisans d'art, dont : Louis François Cartier qui s'installe également rue de la Paix, au no 13, en 1899[4], Joseph Chaumet en 1902, Alfred Van Cleef et Salomon Arpels en 1906, Briquet, Gomper, Lacloche, E. Marchand, ces quatre derniers avant la Guerre[5], René Boivin, Técla, Mauboussin en 1955, Bvlgari, Repossi et Mikimoto en 1986, Lorenz Bäumer en 1994, Fred en 1999, etc.

Des horlogers se sont installés sur la place Vendôme comme Piaget en 1991, Patek Philippe en 1995, Pierre Dubail, Chopard en 2003, Breguet en 2006, Rolex en 2008, Hublot deux ans plus tard, mais aussi de grandes maisons de mode comme Chanel Joaillerie en 1991 au numéro 18, Dior Joaillerie en 2001, et Louis Vuitton Joaillerie en 2012[6].

La place Vendôme au cinémaModifier

RéférencesModifier

  1. Musée Carnavalet, inv. S.3502. Cf. Thierry Sarmant, Louis XIV et Paris, collections du musée Carnavalet, Paris, Paris Musées, 2013 (ISBN 978-2-7596-0213-1), p. 53. Le pied a été exposé jusqu'en 2015 dans la salle correspondant à la chambre de l'hôtel La Rivière.
  2. histoires-de-paris.fr, La foire Saint Ovide.
  3. Excelsior du 8 janvier 1919 : Carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute
  4. a et b Hélène Martinez, « La prise de la place Vendôme », L'Express Styles, no 3205,‎ , p. 36 à 39 (ISSN 0014-5270).
  5. a b et c Palais Galliera, Musée Carnavalet, Jacqueline Dumaine, Charlotte Lacour-Veyranne et al. (préf. Bertrand Delanoë, Jean-Marc Léri et Olivier Saillard), Roman d'une garde-robe, Paris, Paris Musées, , 230 p. (ISBN 978-2-7596-0229-2), « Couturiers et autres métiers de la mode », p. 101 et sv..
  6. Thiébault Dromard, « Louis Vuitton élève encore sa gamme », Challenges, no 308,‎ , p. 40 (ISSN 0751-4417).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Georges Cain, La Place Vendôme, Devambez, 1908, 149 p.
  • Alexis Gregory, Place Vendôme, Assouline, 2015, 240 p. (ISBN 9781614282761).
  • Henry Lapauze, « Rue de la Paix, place Vendôme, rue de Castiglione », La Renaissance de l'art français et des industries de luxe, hors-série, juin 1923, 400 p.
  • Pierre Lavedan, Histoire de l'urbanisme à Paris, Hachette, coll. « Nouvelle Histoire de Paris », réédition de 1993 (ISBN 9782859620127), p. 221-227 pour l'Ancien Régime et p. 339 pour l'Empire.
  • Fernand de Saint-Simon, La Place Vendôme, Éditions Vendôme, 1982, 512 p.

Article connexeModifier

Lien externeModifier

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