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Parti de la justice et du développement (Turquie)

parti politique turc

Parti de la justice et du développement
(tr) Adalet ve Kalkınma Partisi
Image illustrative de l’article Parti de la justice et du développement (Turquie)
Logotype officiel.
Présentation
Président général Recep Tayyip Erdoğan
Fondation
Siège Söğütözü Caddesi no 6, Çankaya, Ankara
Secrétaire général Fatih Şahin
Fondateurs Recep Tayyip Erdoğan
Abdullah Gül
Bülent Arınç
Abdüllatif Şener
Mouvement de jeunesse JAKP
Positionnement Droite
Historique:
Centre droit
Idéologie Nationalisme[1],[2]
National-conservatisme[3]
Conservatisme social[4]
Néo-ottomanisme[5]
Démocratie islamique[6]
Libéralisme économique
Populisme de droite[7]
Affiliation nationale Alliance populaire (depuis 2018)
Affiliation européenne Alliance des conservateurs et réformistes européens
Affiliation internationale aucune
Adhérents 10 100 083 (2018)[8]
Couleurs orange et bleu
Site web akparti.org.tr
Représentation
Députés
290 / 600
Maires métropolitains
18 / 30
Maires
800 / 1 351
Élus provinciaux
779 / 1 251
Conseillers municipaux
10 530 / 20 498

Le Parti de la justice et du développement ou AKP (en turc : Adalet ve Kalkınma Partisi) est un parti islamo-conservateur[9][10], au pouvoir en Turquie depuis 2002. Recep Tayyip Erdoğan en est le président général depuis le , désigné lors d'un congrès extraordinaire à Ankara. Il succède à Binali Yıldırım[11].

Son nom est souvent abrégé en « AK Parti », ce qui signifie « Parti clair ». Fondé le , il est issu du Parti de la vertu (Fazilet Partisi), de Necmettin Erbakan.

Sommaire

IdéologieModifier

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Le Parti de la justice et du développement se définit lui-même comme un parti populaire démocrate conservateur situé au centre de l'échiquier politique turc. Il revendique un attachement au pluralisme idéologique et comportemental, au respect des droits et des libertés fondamentales et à une vision politique basée sur la citoyenneté et la tolérance[12][réf. insuffisante].

Le parti prêche pour une realpolitik s'appuyant sur une culture du compromis et considère tout autoritarisme comme ennemi de la démocratie. Il a pour objectif de normaliser la vie politique turque en dépassant les tensions engendrées par les éternels antagonismes religion-politique, tradition-modernité, religion-gouvernement et État-société-individus.

L'AK Parti revendique une « révolution silencieuse » basée sur l'appréhension des modifications graduelles de la dynamique sociétale. Selon sa conception de la politique, la volonté du peuple est l'ultime source de légitimité et toute option de gouvernance éclipsant cette volonté ne saurait être tolérée.

Le parti pour la justice et le développement prétend également vouloir accroître la transparence et combattre la corruption.

L'AKP souhaite par ailleurs faire adopter, de façon démocratique, une nouvelle constitution qui reflète ses valeurs concernant notamment les droits et libertés fondamentaux, le respect du droit ainsi que la liberté de pensée et de religion.

HistoireModifier

OriginesModifier

L'AKP est issu du Parti de la vertu.

Le fondateur de l'AKP, Recep Tayyip Erdoğan, a commencé sa formation politique dans les années 1970 au sein de l'organisation de jeunesse du Parti du Salut National (Milli Selamet Partisi) fondé par Necmettin Erbakan.

Le Parti du bien-être, fondé par Necmettin Erbakan en 1983, est arrivé au pouvoir en 1996.

En réponse à la domination de l'Ouest au niveau international, Necmettin Erbakan estimait que le monde islamique devait mettre en place une structure parallèle avec un marché commun islamique, un équivalent islamique des Nations unies et de l'UNESCO et une monnaie unique islamique — le Dinar. Erbakan a initié la création du Developing-8 — sur le modèle du G8 — comprenant la Turquie, l'Iran, le Pakistan, l'Indonésie, la Malaisie, le Bangladesh et le Nigeria[13].

La politique étrangère du Parti du bien-être entendait offrir une alternative indépendante à l'alignement historique de la Turquie aux États-Unis et à l'Europe tout en donnant la priorité aux intérêts du pays et à ses valeurs culturelles, mais Erbakan n'a jamais eu les moyens de mettre en œuvre cette vision.

Malgré ses concessions politiques — notamment la signature d'un accord cadre de coopération militaire avec Israël — Erbakan est poussé à la démission par l'armée et la société civile lors du « coup d'État post-moderne » ; son parti sera dissous par la Cour Constitutionnelle, le , au motif qu’il était devenu un « centre d’activités contraires au principe de laïcité ».

À la suite de sa dissolution, le Parti du bien-être se reconstituera sous l'appellation de Parti de la vertu. Ce nouveau parti assurera la transition entre les proches d'Erbakan et la jeune génération politique plus moderniste conduite par le futur fondateur de l'AKP Recep Tayyip Erdoğan. Ce dernier marquera toutefois son éloignement de l'idéologie initiale en prônant le respect de la démocratie et en soutenant la candidature de la Turquie à l'Union Européenne. Le Parti de la vertu enregistrera un net recul lors des élections de 1999[14].

Le , la Cour constitutionnelle prononcera la dissolution du Parti de la vertu considérant qu'il n'était qu'un avatar du Parti du bien-être et un noyau fondamentaliste islamique. La Cour ordonnera également la confiscation des biens du parti et l'exclusion de deux de ses membres de la Grande Assemblée nationale.

Le , le Parti de la justice et du développement (AKP) sera créé par Recep Tayyip Erdoğan, autour des principaux leaders de l'ex-Parti de la vertu, avec des personnalités issues de la société civile ou de différents partis politiques comme le Parti de la mère patrie ou le Parti démocrate.

L'AKP réfute catégoriquement toutes les accusations le considérant comme conservateur, et déclare respecter la laïcité inscrite dans la Constitution. Deux manifestations kémalistes ont précédé l'élection présidentielle de 2007.

L'AKP est sorti vainqueur aux élections législatives anticipées de avec 46,47 % des voix[15].

Recours devant la Cour constitutionnelle (2008)Modifier

En outre, la Cour constitutionnelle a été saisie d'une procédure d'interdiction de l'AKP, qu'elle a déclaré recevable en [16],[17] pour « atteinte à la laïcité », dont l'examen a débuté le . Les milieux laïcs ayant déposé le recours lui reprochaient notamment de comploter contre la République kémaliste et la laïcité turque.

La Cour, dont majorité des juges a été nommée par l'ancien président de la République, Ahmet Necdet Sezer, un ultra-laïque[16], a annulé en deux amendements, votés le par le Parlement turc[18],[19], autorisant le voile dans les universités (9 voix contre 2, sans motiver cette décision, contrairement à ce que prévoit loi)[16],[20].

En juillet, l'AKP s'attendait à être dissoute, à l'instar du Parti du bien-être et du Parti de la vertu, fermés pour cause d'« activités anti-laïques », en 1998 et 2001, ce qui aurait ouvert une crise politique majeure en Turquie[18], ainsi qu'un précédent mondial (aucun parti au pouvoir n'ayant fait l'objet, jusqu'à présent, d'une telle procédure, bien que la Cour turque ait dissous 24 partis depuis 1962[18])[16]. 71 membres de l'AKP, dont le président de la République, Abdullah Gül, et le Premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan, étaient menacés d'une interdiction de 5 ans d'appartenir à un parti politique, en raison de leurs déclarations au sujet du voile (dont Mehmet Elkatmış (en), député, poursuivi pour avoir affirmé : « L'interdiction du port du foulard est contraire aux droits de l'homme, personne n'a le droit de l'interdire »)[16].

Dans le même temps, les arrestations se multipliaient dans les rangs ultra-nationalistes, 86 personnes, appartenant au réseau dit Ergenekon (proche de l'État profond) ayant été accusé, fin , de conspiration pour semer la terreur et renverser le régime[21]. Les kémalistes accusaient le pouvoir d'avoir fait de ce second procès une riposte au premier[22]. La tension était ainsi au plus vive, un attentat non revendiqué faisant en outre 16 morts à Istanbul le 27 juillet[21].

La Cour a néanmoins décidé, fin , de ne pas prononcer la dissolution de l'AKP (6 juges ont voté pour, sur 11, alors qu'il en fallait 7), tout en la condamnant financièrement pour « activités anti-laïques », en la privant de la moitié des 26 millions d'euros de subvention publique annuelle[16].

La décision de la Cour a sans doute été influencée par les mises en garde des États-Unis et de l'Union européenne (UE), s'opposant à une telle interdiction[18],[16]. Le général Yaşar Büyükanıt, chef d'état-major des armées, a déclaré : « La position des forces armées turques sur la laïcité ne change pas. Ni avant moi, ni avec moi, ni après moi[18]. » Selon Le Monde, l'UE et les laïques libéraux attendent pourtant une réforme de la Constitution, issue du coup d'État militaire de 1980, qui permettrait de limiter la possibilité de dissolution des partis politiques[18].

Affaires de corruptionModifier

Le , Recep Tayyip Erdoğan procède à un important remaniement ministériel qui affecte dix postes sur vingt-cinq de son gouvernement, à la suite d'opérations judiciaires et policières ayant mis au jour un possible réseau de corruption concernant des membres éminents de l'AKP et leurs proches[23]. Même s'il s'en défend et dénonce un complot de l'étranger, le propre fils du Premier ministre est mis en cause dans ces affaires de corruption ; le procureur qui menait l'enquête à son sujet a pourtant été dessaisi du dossier, ce qui a provoqué l'indignation du Conseil supérieur des juges et des procureurs, Erdoğan étant accusé de vouloir étouffer l'affaire. Ces évènements ont également engendré des manifestations, l'effondrement de la livre turque à la Bourse d'Istanbul et compromet les chances du Premier ministre à l'approche des élections de 2014 et 2015[24]. Par la suite, six députés démissionnent, une première dans l’histoire du parti, ne manquant pas au passage de critiquer le Premier ministre. Ertuğrul Günay, ancien ministre de la Culture dénonce ainsi « l'arrogance du gouvernement » alors qu'Erdoğan Bayraktar (tr), jusque-là député d'Ankara déclare : « un parti politique ne peut pas être géré comme s'il était la propriété d'une personne, particulièrement de M. Tayyip Erdoğan » et que d'autres demandent même sa démission[25].

Élections de 2015Modifier

N'ayant pas obtenu de majorité absolue pour la première fois depuis 2002 lors des élections législatives de , l'AKP provoque de nouvelles élections en novembre de la même année.

Contrairement aux prédictions les instituts de sondage, l'AKP retrouve une majorité parlementaire[26]. Pour Tancrède Josseran, la large victoire de l'AKP aux élections s'explique par sa capacité à rassembler la majorité turco-sunnite tout en parvenant à attirer les Kurdes dévots[27].

Élections de 2018Modifier

En février 2018, en vue des élections législatives et de la élection présidentielle turque de 2018, le MHP et l'AKP annoncent une coalition électorale, l'Alliance populaire[28]. Ce rapprochement est notamment motivé par le besoin pour l'AKP de conquérir un nouvel électorat après la rupture de son alliance avec le mouvement Gülen et la perte de popularité auprès des Kurdes conservateurs en raison des offensives militaires déclenchées par le gouvernement dans les régions kurdes. Le journaliste Akram Belkaïd note que « le MHP n'a fait aucune concession en matières d'idées politiques pour conclure le pacte électoral. C'est l'inverse qui se produit[29]. »

Le est annoncée la candidature du président sortant Recep Tayyip Erdoğan[30].

Branche jeunesseModifier

La branche jeunesse du parti, JAKP, compte 10 000 adhérents[31].

Présidents générauxModifier

Résultats électorauxModifier

Élections législativesModifier

Année Voix % Rang Sièges Gouvernement
2002 10 762 131 34,28 1er
363 / 550
Gül (2002-2003) / Erdoğan I (2003-2007)
2007 16 340 534 46,66 1er
341 / 550
Erdoğan II (2007-2011)
2011 21 399 082 49,83 1er
327 / 550
Erdoğan III (2011-2014) / Davutoğlu I (2014-2015)
18 867 411 40,87 1er
258 / 550
Davutoğlu II (2015)
23 681 926 49,50 1er
317 / 550
Davutoğlu III (2015-2016) / Yıldırım (2016-2018)
2018 21 335 579 42,56 1er
295 / 600
Erdoğan IV

Élections présidentiellesModifier

Année Candidat Voix % Résultat
2007 (indirect) Abdullah Gül 339 députés 80,10 Élu
2014 (direct) Recep Tayyip Erdoğan 21 000 260 51,79 Élu
2018 (direct) Recep Tayyip Erdoğan 26 325 188 52,59 Élu

Élections localesModifier

Année Voix % Sièges Résultat
2004 13 477 287 41,67
58 / 81
Majorité des provinces
2009 15 353 553 38,39
45 / 81
Majorité des provinces
2014 17 802 976 42,87
48 / 81
Majorité des provinces

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Turkish Islamism and Nationalism Before and after the Failed Coup Attempt », Institut Asie centrale-Caucase,‎ (lire en ligne) :

    « But the form of Islamism as it has been advocated by the AKP in Turkey during the last decade in fact represents a powerful synthesis of two highly influential discourses observable in the Islamic Middle East and the Ottoman Empire since the beginning of the nineteenth century, namely Islamic-conservatism and nationalism. »

    .
  2. (en) « AKP pushes its own brand of Turkish neonationalism », Al-Monitor,‎ (lire en ligne) :

    « Turkish neonationalism, traditionally a product of authoritarian state power, is being pushed by proponents of the Justice and Development Party (AKP) and nurtured by Prime Minister Recep Tayyip Erdogan. »

    .
  3. (en) « Erdoğan's Triumph », Financial Times,‎ (lire en ligne) :

    « The AKP is now a national conservative party — albeit rebalancing power away from the westernised urban elite and towards Turkey's traditional heartland of Anatolia — as well as the Muslim equivalent of Europe's Christian Democrats. »

    .
  4. (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe », sur parties-and-elections.eu (consulté le 11 juillet 2015).
  5. « La dérive du néo-ottomanisme d'Erdogan », sur Le Figaro, (consulté le 11 décembre 2015).
  6. « Des élections législatives anticipées auront lieu le 1er novembre en Turquie », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  7. Cengiz Gunes, « The Kurdish Question in Turkey », Routledge,‎ , p. 270
    (en) Nahide Konak, Waves of Social Movement Mobilizations in the Twenty-First Century: Challenges to the Neo-Liberal World Order and Democracy, Lexington Books, , p. 64
    Jeremy Jones, Negotiating Change: The New Politics of the Middle East, I.B. Tauris, , p. 219.
  8. (tr) « Adalet ve Kalkınma Partisi », sur yargitaycb.gov.tr (consulté le 6 juillet 2018).
  9. « Turquie. Recep Tayyip Erdogan, l’islamo-conservateur qui veut être sultan », L'Humanité,‎ (lire en ligne).
  10. « Turquie : Les islamo-conservateurs reprennent la majorité absolue au Parlement », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  11. « Erdogan a été réélu à la tête de l'AKP, le parti au pouvoir en Turquie », sur lefigaro.fr, (consulté le 21 mai 2017).
  12. Site officiel du Parti de la justice et du développement, .
  13. (en) Gali̇p Dalay et Dov Friedman, « The AK Party and the Evolution of Turkish Political Islam’s Foreign Policy », Insight Turkey, vol. 15, no 2,‎ (lire en ligne).
  14. Hélène Guillaume, « Décès d’Erbakan, le leader historique de l’islam politique », sur Observatoire de la vie politique turque (consulté le 12 janvier 2016).
  15. (tr) « Seçim Sonuçları 2007 - Hürriyet », sur www.hurriyet.com.tr (consulté le 25 février 2016).
  16. a b c d e f et g Laure Marchand, « Turquie : l'AKP échappe de peu à l'interdiction », sur Le Figaro, (consulté le 25 février 2016).
  17. « Un procureur turc demande la dissolution de l'AKP », sur France 24, (consulté le 25 février 2016).
  18. a b c d e et f Guillaume Perrier, « En Turquie, l'AKP est sanctionné mais pas dissous », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  19. « En Turquie, le Parlement autorise le port du voile à l'université », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  20. « Pas de voile à l'université turque », sur Nonfiction.fr, (consulté le 25 février 2016).
  21. a et b Jean-Michel Demetz et Nükte V. Ortaq, « L'heure des juges en Turquie », sur LExpress.fr, (consulté le 25 février 2016).
  22. « L'heure des juges en Turquie », sur Lexpress.fr, (consulté le 5 mars 2016).
  23. Arielle Thedrel, « Vaste remaniement ministériel en Turquie, après un scandale financier », sur Le Figaro, (consulté le 25 février 2016).
  24. Nare Hakikat, « Rattrapé par les affaires, Erdogan dénonce une conspiration contre la Turquie », sur Le Figaro, (consulté le 25 février 2016).
  25. Laure Marchand, « Turquie : le parti d'Erdogan plonge dans la tourmente », sur Le Figaro, (consulté le 25 février 2016).
  26. « En Turquie, le triomphe d’Erdogan », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  27. Tancrède Josseran, «  Turquie. Victoire de l'Anatolie réelle », Conflits, no 8,‎ janvier-mars 2016.
  28. (en) « AKP, MHP to press button for ‘People’s Alliance’ », sur Hürriyet Daily News, (consulté le 24 avril 2018).
  29. « Le président turc s’aligne sur l’extrême droite », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  30. « Élections en Turquie : Erdogan officiellement désigné candidat par son parti », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 4 mai 2018).
  31. Quentin Raverdy, « Turquie : l’enjeu jeunes de l’AKP », sur Libération, (consulté le 2 juillet 2018) (inscription nécessaire).

Voir aussiModifier