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Le néo-ottomanisme (en turc Yeni Osmanlıcılık) est une doctrine politique turque visant à augmenter l'influence de la Turquie dans les régions anciennement sous la domination de l'Empire ottoman.

HistoireModifier

Ce néologisme est utilisé pour décrire le tournant pris par la politique étrangère menée par le Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir. Le néo-ottomanisme marque un changement important par rapport à la période antérieure, marquée par l'idéologie kémaliste. Les prémices de cette évolution remontent au gouvernement Turgut Özal (1983-1989)[1].

L'architecte de cette politique néo-ottomane est Ahmet Davutoğlu, ministre des Affaires étrangères entre 2009 et 2014. Selon lui, une lobotomie culturelle, le kémalisme, a fait perdre à la Turquie son identité profonde. En effet, repliée sur l'étroit quadrilatère anatolien, la Turquie se serait coupée de son environnement culturel et historique. Ainsi, la Turquie appartiendrait dans l'ordre à trois espaces distincts : le monde musulman au sud, l'Eurasie à l'est et l'Occident à l'ouest. Davutoğlu ne rejette pas l'orientation vers l'Occident mais les autres options ne doivent pas être sacrifiées à son seul bénéfice. De Sarajevo à Bagdad en passant par Istanbul et Grozny, une même communauté d'âme existe selon lui : l'islam et le souvenir de l'Empire ottoman. Se contenter du statu quo d'une politique isolationniste serait dans l'esprit de Davutoğlu assigner la Turquie à un rôle périphérique, la rendant otage des luttes entre puissances terrestres et maritimes. La Turquie serait donc la future puissance centrale, aux convergences des routes Nord-Sud[2].

Notes et référencesModifier

  1. Murinson, Turkey's Entente with Israel and Azerbaijan: State Identity and Security in the Middle East and Caucasus (Routledge Studies in Middle Eastern Politics), Routledge, (ISBN 0415778921), p. 119
  2. Tancrède Josseran, La nouvelle puissance turque, Paris, Ellipses, , 219.p p. (ISBN 978-2-7298-54676), p.41-42.

Article connexeModifier