Parti républicain du peuple (Turquie)

parti politique turc

{{Infobox Parti politique
nom = Parti républicain du peuple
(tr) Cumhuriyet Halk Partisi
logo = Cumhuriyet Halk Partisi.png logo-taille = fondation = disparition = siège = Anadolu Bulvarı 12, 06510 Söğütözü, Çankaya, Ankara dénomination chef = Président général affi nationale = Alliance de la nation (depuis 2018) chef = Kemal Kılıçdaroğlu option-1 = Secrétaire-général valeur-1 = Selin Sayek Böke option-2 = Fondateur valeur-2 = Mustafa Kemal Atatürk option-3 = Mouvement de jeunesse valeur-3 = CHP jeunesse option-4 = valeur-4 = option-5 = valeur-5 = positionnement = Historiquement :
Droite
Maintenant:
Centre gauche[1]
idéologie = Kémalisme[2]
Social-démocratie[2]
Sécularisme[3]
Europhilie[4]
Anticommunisme (historique)[5],[6],[7]
Nationalisme[8]
affi internationale = Internationale socialiste
Alliance progressiste
affi européenne = Parti socialiste européen (membre associé) adherents = 1 252 122 (2021) Erreur de référence : Balise fermante </ref> manquante pour la balise <ref>. Baykal avait placé ses soutiens aux postes-clef du parti. Selon Le Figaro:

« Sous la tutelle de Deniz Baykal, le Parti républicain du peuple n'avait plus aucun lien avec la social-démocratie dont il se revendiquait, avait glissé vers un nationalisme extrême et une laïcité rigide et s'opposait à toutes les réformes libérales[9]. »

Après avoir perdu les élections de 2002, il a été laminé par l'AKP lors des élections anticipées de juillet 2007 en perdant 66 sièges. Il en a regagné 35 aux élections législatives de 2011, restant de loin devancé par l'AKP (135 contre 327).

Depuis le changement de direction et le départ de Baykal, le CHP a renoué avec ses origines idéologiques pour redevenir un parti social-démocrate. Son programme des dernières élections est ainsi revenu sur de nombreuses revendications sociales que le parti avait auparavant délaissées.

En réaction à la condamnation d'un député du parti à 25 ans de prison dans le cadre des purges en Turquie, le CHP organise en une « marche pour la justice » afin de dénoncer la soumission du système judiciaire au pouvoir politique[10]. D'une durée d'une vingtaine de jours et soutenue par le HDP, des syndicats et des associations, la marche est néanmoins menacée par des membres de l'AKP[11]. La marche rassemble plusieurs centaines de milliers de personnes à Istanbul, au dernier jour[12].

Changement de cap politique du CHP en vue des élections régionales de 2009Modifier

Revirement de Deniz Baykal vis-à-vis du port du voileModifier

Alors que le CHP s'était opposé de manière virulente à la levée de l'interdiction du foulard dans les universités, souhaitée par l'AKP au pouvoir, Deniz Baykal a effectué fin une volte-face complète en épinglant lui-même publiquement des badges de membres du parti à des femmes portant le voile au cours d'un meeting électoral. Il a ensuite déclaré que « considérer l'habillement des gens comme un « défi pour l'État » est le résultat d'une obsession », « c'est une mentalité de régime de parti unique », « considérer que « tu n'es pas une des nôtres si tu portes un foulard est inacceptable, allons-nous être ceux qui divisent une partie des gens qui aiment la Turquie ? »[13].

Cette prise de position résulterait des efforts du dirigeant provincial stambouliote du CHP, Gürsel Tekin, ayant pour but d'affaiblir l'AKP en attirant les déçus de son électorat religieux[14]. Ce revirement a suscité de vives critiques de Devlet Bahçeli, dirigeant du parti nationaliste d'extrême droite MHP (Parti d'action nationaliste), accusant Baykal de se ranger derrière le « projet américain » de transformer la Turquie en un État islamique modéré, ce à quoi l'intéressé lui a répondu par courrier que le MHP avait voté avec l'AKP pour la levée de l'interdiction du turban dans les universités[15]. Si cette nouvelle position donne la possibilité aux femmes voilées d'adhérer au CHP, Deniz Baykal a réaffirmé quelques jours après que la ligne du parti ne changerait pas quant au port du foulard dans les universités[16].

Soutien à la liberté syndicaleModifier

Le CHP a annoncé début qu'il prendrait contact avec les membres anti-AKP des syndicats DISK (Confédération des syndicats révolutionnaires de Turquie), KESK (Confédération des syndicats de fonctionnaires) ainsi qu'avec des courants anti-AKP du syndicat Türk-Iş (Confédération des syndicats turcs), réputé être sous le contrôle de l'AKP. Le CHP a l'intention d'offrir la liberté d'association aux deux syndicats de gauche DISK et KESK dans les régions qu'il espère remporter lors des scrutins régionaux de [17].

Élections de 2018Modifier

Le , Le Bon Parti, le Parti républicain du peuple, le Parti de la félicité et le Parti démocrate annoncent la formation d'une coalition électorale, l'Alliance de la nation, pour les législatives[18].

Le , le député Muharrem İnce est choisi comme candidat à la présidentielle[19]. Celui-ci arrive deuxième du scrutin.

Relations avec l'Internationale socialisteModifier

Sur la base d'un rapport de son comité d'éthique, le Conseil de l'Internationale socialiste, réuni le à Genève a décidé de la mise en place d'une procédure de contrôle du CHP. Ce rapport, adopté à l'unanimité, réclamait une enquête pour vérifier l'attachement du CHP aux principes de la démocratie[20]. Deniz Baykal n'est pas venu à Athènes à la réunion de l'Internationale socialiste du , le CHP reprochant « à certains partis en Europe, (comme les partis socialistes), de ne pas partager la même sensibilité que le CHP concernant l'indépendance de la justice ». Le différend avec l'IS a éclaté en raison du procès d'interdiction à l'encontre du parti au pouvoir AKP[21].

Propos de Canan AritmanModifier

Une députée smyrniote du CHP, Canan Aritman, a déclaré le , lors d'une réunion de la Commission des affaires étrangères du parlement turc, à des journalistes que l'attitude réservée du président Abdullah Gül dans l'affaire de la pétition des intellectuels demandant pardon pour le génocide arménien était peut-être à rechercher du côté de sa mère, faisant clairement allusion à une rumeur selon laquelle celle-ci serait d'origine arménienne. Ces propos, relayés par les médias turcs, ont provoqué un tollé, même de la part d'éditorialistes qui ne soutiennent pas la pétition mais condamnent sans réserve cette « manifestation d'une mentalité fasciste » dans des quotidiens comme Zaman (musulman), Bugün (en) (ex-Tercüman (en), droite conservatrice), Milliyet ou Radikal. Des demandes ont été publiquement adressées à la direction du CHP, y compris d'élus ou de cadres du parti, pour que cette députée soit sévèrement rappelée à l'ordre et sanctionnée mais aucune mesure sérieuse n'a été prise à son encontre[22].

Plusieurs eurodéputés socialistes ont vivement réagi, notamment Hannes Swoboda, un des vice-présidents du groupe du Parti socialiste européen (PSE), qui a qualifié la déclaration de Canan Aritman de « raciste, nationaliste et inacceptable », ajoutant que « Tout ceci montre que le CHP et sa présente direction sont loin des standards européens ». Jan-Marinus Wiersma (en), également vice-président du PSE, a estimé que les déclarations de la députée CHP avait une connotation raciste. Selon le président de la délégation du Parlement européen à la commission parlementaire mixte UE-Turquie Joost Lagendijk (en), tout parti politique devrait avoir honte de telles déclarations[23].

Résultats électorauxModifier

Élections législativesModifier

Année Président Voix Sièges % Rang Gouvernement
1977 Bülent Ecevit 6 136 171
213 / 450
41,38 1er Ecevit II
Parti interdit après le coup d'État du 12 septembre 1980 et remplacé par le Parti populiste (1983-1985), le Parti de la démocratie sociale (1983-1985) et le Parti populiste social-démocrate (SHP) en 1985 après la fusion des deux précédents. Le CHP est rétabli en 1992 par des membres dissidents du SHP après que les partis politiques interdits ont été autorisés à se rétablir, le SHP et le CHP ayant fusionné en 1995.
1995 Deniz Baykal 3 011 076
49 / 550
10,71 5e Opposition
1999 2 716 094
0 / 550
8,71 6e Extra-parlementaire
2002 6 113 352
178 / 550
19,39 2e Opposition
2007 7 317 808
112 / 550
20,88 2e Opposition
2011 Kemal Kılıçdaroğlu 11 155 972
135 / 550
25,98 2e Opposition
juin 2015 11 518 139
132 / 550
24,95 2e Opposition
novembre 2015 12 111 812
134 / 550
25,32 2e Opposition
2018 11 348 899
146 / 600
22,64 2e Opposition

Élections présidentiellesModifier

Année Candidat Voix % Rang
2014 Ekmeleddin İhsanoğlu 15 587 132 38,44 2e
2018 Muharrem İnce 15 336 861 30,64 2e

Notes et référencesModifier

  1. « Vidéo. Turquie : des centaines de milliers de personnes se rassemblent pour soutenir l’opposant d’Erdogan », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 février 2019).
  2. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe », sur parties-and-elections.eu.
  3. « Identity: Proud to be a Turk: But what does it mean? », The Economist,‎ (lire en ligne, consulté le 5 avril 2019)
  4. (en) Democracy, Islam, and Secularism in Turkey, Columbia University Press, , 240 p. (ISBN 978-0-231-15933-3, lire en ligne), « The European Union and the Justice and Development Party », p. 184, paragraph 2.
  5. Demirci, Fatih Kadro Hareketi ve Kadrocular, Dumlupınar Üniversitesi Sosyal Bilimler Dergisi, 2006, sayı 15.
  6. Ergüder, J. 1927 Komünist Tevkifatı, "İstanbul Ağır Ceza Mahkemesindeki Duruşma", Birikim Yayınları, İstanbul, 1978
  7. Başvekalet Kararlar Dairesi Müdürlüğü 15 Aralık 1937 tarih, 7829 nolu kararname, récupéré le 15 février 2019.
  8. « Analyse. Offensive en Syrie : la Turquie malade de son nationalisme », Courrier international,‎ (lire en ligne, consulté le 27 juillet 2020).
  9. Laure Marchand, « Le chef de l'opposition turque piégé par une vidéo d'alcôve », sur Le Figaro, .
  10. « Turquie : le chef de l'opposition compare les purges à un "deuxième coup" », L'Orient-Le Jour,‎ (lire en ligne).
  11. « Turquie: le parti CHP lance une «marche pour la justice» », RFI,‎ (lire en ligne).
  12. « Un rassemblement sans précédent paralyse Istanbul à l’arrivée de la «marche de la justice» », sur fr.sputniknews.com, .
  13. (en) Yeni Şafak (en), « Main opposition CHP leader makes a historical self-criticism », Yeni Şafak (en), 4 décembre 2008, traduit du turc vers l'anglais par MEMRI.
  14. (en) Mümtaz'er Türköne, « CHP's dilemma », Zaman, 22 novembre 2008.
  15. (en) « Tension grows over CHP’s chador act », Hürriyet, 12 décembre 2008, traduit du turc vers l'anglais par MEMRI.
  16. (en) « New polls, old AKP faces », Hürriyet, 18 décembre 2008.
  17. (en) Turkey's CHP targets support of working class, after veiled women (Le CHP vise le soutien de la classe ouvrière après celui des femmes voilées), Hürriyet, 11 décembre 2008, traduit du turc vers l'anglais par MEMRI
  18. « Turquie: l'opposition va nouer une alliance face à Erdogan pour les élections », sur Le Figaro (consulté le 3 mai 2018).
  19. « Turquie : l'opposition laïque a choisi son candidat pour défier Erdogan », sur Le Figaro (consulté le 4 mai 2018).
  20. Marine Copin, « Le CHP « dans le collimateur » de l'Internationale Socialiste… », Observatoire de la vie politique turque (OVIPOT), .
  21. Stéphane, « Le CHP boycotte l'Internationale Socialiste », Armenews, .
  22. (en) Fatma Disli, Deputy's 'fascist' remarks met with criticism, Today's Zaman, 20 décembre 2008
  23. Stéphane, « Des députés européens exigent que Canan Aritman s'excuse ou démissionne », sur Armenews, .

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier