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Massacre à la tronçonneuse (film, 1974)

film sorti en 1974
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le film de Tobe Hooper. Pour le film de Marcus Nispel, voir Massacre à la tronçonneuse.
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Massacre à la tronçonneuse
Titre québécois Massacre à la scie
Titre original The Texas Chainsaw Massacre
Réalisation Tobe Hooper
Scénario Kim Henkel
Tobe Hooper
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Horreur
Durée 84 min
Sortie 1974

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Massacre à la tronçonneuse ou Massacre à la scie au Québec (The Texas Chain Saw Massacre) est un film d'horreur américain réalisé par Tobe Hooper, sorti en 1974.

Le film bénéficie d'une ressortie le 29 octobre 2014 après notamment un reétalonnage des couleurs et du son.

SynopsisModifier

Jeunes et insouciants, cinq amis, Sally, son frère handicapé Franklin, Jerry, Kirk et Pam, traversent le Texas sous une chaleur infernale, à bord d'un minibus. Ils s'aperçoivent bien vite qu'ils sont entrés dans un territoire étrange et malsain, à l'image d'un vagabond qu'ils ont pris en stop : un jeune homme au visage plein de stigmates, vicieux, et en proie à des obsessions macabres. Ce dernier ne tarde pas à se faire menaçant, mais les cinq amis parviennent à s'en débarrasser. L'ambiance est d'autant plus pesante que de mystérieux profanateurs de sépulture sévissent dans la région, déterrant des cadavres pour les ériger en totems. Peu de temps après, l'équipée s’arrête faire le plein d'essence à une station-service solitaire.

Les cuves étant vides, ils décident de poursuivre vers la maison d'enfance de Sally et Franklin, malgré les mises en garde du pompiste concernant l'inhospitalité de certains autochtones. Parvenus à la maison en ruine, les amis se séparent. Kirk et Pam, partis se baigner, aperçoivent une vieille ferme isolée aux alentours, et décident de s'y aventurer afin d'acheter de l'essence aux propriétaires. Lorsqu'ils tentent de pénétrer à l'intérieur, un colosse masqué surgit et tue Kirk en lui fracassant le crâne d'un coup de massette ; puis il s'en prend à Pam qu'il empale sur un croc de boucher et enferme dans un congélateur. Jerry, parti à leur recherche, est lui aussi tué d'un coup de massette. Il ne reste alors plus que deux survivants, et la nuit commence à tomber…

Franklin et Sally, restés seuls avec le minibus mais sans les clefs de contact, décident de partir à la recherche de leurs compagnons. L'homme masqué s'abat subitement sur eux, armé cette fois d'une tronçonneuse avec laquelle il découpe le malheureux Franklin. La dernière survivante, Sally (Marilyn Burns), s'enfuit en courant à travers les bois. Elle tombera alors sur une débauche de folie épouvantable…

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

Note : Premier doublage (1982) / Second doublage (2005)

Autour du filmModifier

  • Le film a obtenu le prix de la critique au Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1976. Censuré, le film est sorti en Finlande en novembre 1996 ainsi qu'au Royaume-Uni en avril 1999. La commission de contrôle interdit aussi la sortie de ce film en France après une semaine d'exploitation en salle en 1974 et ce n'est qu'en mai 1982 que l'interdiction fut levée, le film est sorti dans sa version intégrale huit ans après sa réalisation avec une interdiction aux moins de 18 ans, accompagnée d'un avertissement. Les Britanniques auront attendu près d'un quart de siècle avant de pouvoir regarder Massacre à la tronçonneuse sur grand écran. Rejeté par la censure en 1975, ce classique de l'horreur est sorti le dans les cinémas du Royaume-Uni. Le British Board of Film Classification a finalement autorisé la diffusion du film, qui reste interdit aux moins de 18 ans.
  • Le personnage de Leatherface s'inspire d'Ed Gein[2], un profanateur de tombes et tueur de femmes, de Plainfield dans le Wisconsin en 1957. Quand Gein a été finalement capturé, les restes de quinze femmes ont été trouvés dans sa maison.
  • « C'était l'époque du Watergate. Une époque où je commençais à me dire que peut-être ces gens à la télé ne disaient pas la vérité. Je crois que je devenais désillusionné. Et les jeunes de mon entourage étaient soit désillusionnés soit déterminés à faire changer les choses. C'était une époque étrange. Le film est devenu une métaphore cinématographique de la conjoncture de l'époque. Voilà à mon avis le propos de Massacre à la tronçonneuse. » (Tobe Hooper)
  • Le tournage s'est déroulé à Austin, Bastrop et Round Rock, au Texas.
  • Le titre Chainsaw du premier album (1976) du groupe The Ramones fait référence à ce film.
  • Le réalisateur Tobe Hooper a expliqué lors d'un entretien que la raison pour laquelle il a choisi la tronçonneuse plutôt qu'autre chose c'est que le bruit de l'engin remplaçait n'importe quelle musique d'horreur pendant les scènes et donc un gain d'argent[3]. Dans un entretien à Mad Movies, en octobre 2010, Tobe Hooper précise que, afin de renforcer l'aspect cinéma vérité, documentaire, les tronçonneuses fonctionnaient vraiment sur le tournage, ceci afin d'obtenir un rendu sonore le plus proche possible de la réalité. Il n'y eut qu'une seule blessure à déplorer pendant le tournage (Gunnar Hansen).
  • Bien que le film se nomme Massacre à la tronçonneuse, un seul membre du groupe d'amis est assassiné avec l'instrument en question, les autres sont tués à l'aide de masse, de croc de boucher et de réfrigérateur.
  • Lors du tournage d'une scène, la comédienne Marilyn Burns frisa la crise d'hystérie. Tobe Hooper l'avait poussée dans ses derniers retranchements.
  • Le titre du film fut choisi quelques semaines avant sa sortie en salle.
  • Les acteurs du film étaient tellement effrayés par le comédien qui jouait le tueur qu'ils n'ont pas eu l'occasion de le connaître.
  • Bien que les noms réels des protagonistes joués par Edwin Neal, Gunnar Hansen et Jim Siedow ne soient pas révélés dans le film, leur véritable identité est donnée dans la suite : Massacre à la tronçonneuse 2 (The Texas Chainsaw Massacre 2). Le personnage de l’auto-stoppeur se nomme Nubbins Sawyer, celui du cuisinier et tenant de la station-service est Drayton Sawyer et le nom de Leatherface est Bubba Sawyer. Contrairement à ce qui a pu être cru, Drayton Sawyer n'est pas le père de Leatherface et Nubbins ; il est leur frère aîné. La famille comprend également un autre frère jumeau de Nubbins, nommé Chop Top, mais il n'apparaît que dans la suite. Il est incarné par l'acteur Bill Moseley.
  • On peut relever cinq faux raccords dans le film[4] :
    • Lorsque l'autostoppeur s'écorche la main avec le couteau de Frankie, on peut vaguement apercevoir la petite poche de sang cachée derrière la lame.
    • Au moment où l'autostoppeur est expulsé de la camionnette, celle-ci a ses deux fenêtres de côté fermées. Sur le plan intérieur où Frankie se plaint de son bras écorché, les deux fenêtres sont ouvertes et il n'y a pas de trace de sang (que l'autostoppeur s'était peu avant amusé à faire) sur la carrosserie. Plus tard, lorsque le véhicule s'arrête à la station service, les traces de sang réapparaissent et les deux fenêtres sont à nouveau fermées. Au passage sur un plan intérieur, on peut apercevoir un clap dans le reflet de l'une des vitres.
    • Lorsque Sally s'échappe de la maison à travers une fenêtre, des bris de verre tombent autour de la jeune fille au moment de l'atterrissage. Au changement de plan, quand Sally commence à courir, les bris n'apparaissent plus sur le sol.
    • Lorsque l'autostoppeur se fait écraser par le camion, on peut nettement apercevoir le mannequin au moment de la collision.
    • Le passage de l'attaque de Leatherface sur le camion semble assez incohérent : Lorsque Leatherface arrive à la hauteur du chauffeur, il ne cause que de légères griffes sur la portière avec sa tronçonneuse, ce qui démontrerait que le chauffeur n'a rien à craindre dans sa cabine. Pourtant ce dernier prend aussi la fuite avec Sally en sortant par le côté passager alors qu'il aurait très bien pu démarrer avec son véhicule.

Versions françaisesModifier

Interdit par la censure par cinq ministres de la Culture successifs, Massacre à la tronçonneuse est le premier film que René Chateau édite en vidéogramme VHS en 1979, en version intégrale, dans la collection « Les Films que vous ne verrez jamais à la Télévision » (aux côtés de Zombie, Maniac, etc.). Le film a été doublé une première fois en français en 1982, puis à nouveau en 2005 pour la sortie DVD chez Studio Canal. Néanmoins, la première VF a été réintégrée sur le Blu-Ray et le DVD sortis en 2014 chez TF1 Video. Il existe également une version française doublée au Québec connue sous le titre de Massacre à la scie[5].

De la singularité du film vis à vis de son héritage culturelModifier

Avec le recul, Massacre à la tronçonneuse peut être considéré comme quasi-fondateur du genre Slasher. Ses caractéristiques ont influencé de près ou de loin tous les films appartenant à ce sous-genre de l'horreur. Un scénario type se dégage notamment : des jeunes gens imprudents viennent à s'isoler dans un territoire esseulé dont ils ignorent tout, et deviennent la proie d'un tueur (souvent masqué et silencieux) qui les décimera les uns après les autres, par des procédés originaux voir ludiques. Cette histoire symbolise d'une certaine manière la vengeance des exclus sur les "belles gens". Les notions de bien et de mal s'y retrouvent chamboulées, les "monstres" devenant ici les héros de franchises sanglantes (Scream, Halloween…) A noter en ce sens que l'usage tend à remplacer le nom réel des franchises en question par celui des monstres (on parlera des "Freddy" plutôt que des Griffes de la nuit ; des" Jason" au lieu des Vendredi 13.) Les jeunes gens y incarnent divers travers des sociétés occidentales, liés à un certain degré de réussite sociale. Aussi la vengeance du tueur n'est elle pas si aveugle qu'elle parait. Celui-ci sait cibler ceux qui ont troublé son environnement, et les tue : soit pour les punir, soit pour les intégrer rituellement à son mode de vie en guise de réparation.

Massacre à la tronçonneuse est également considéré comme un représentant majeur du genre Survival. Ce qui singularise ce genre vis à vis du Slasher (les deux genres étant très proches), c'est l'empathie que suscite chez le public la situation des victimes. Les connaissances du spectateur concernant les forces à l'œuvre étant aussi limitées que celles des personnages, ceux-là souhaitent voir ceux-ci s'en sortir (à la différence du Slasher pur qui créé plutôt une satisfaction à voir mourir des gens détestables). Ainsi l'intérêt du Survival réside-t-il dans la survie finale d'un des personnages. Dans Massacre à la tronçonneuse, c'est Sally qui s'en sort. Elle est la Dernière Survivante, celle qui a su s'emparer des armes du chasseur (des codes du genre) pour le vaincre.

Ainsi, par le truchement du Slasher et du Survival, Massacre à la tronçonneuse met en scène la rencontre sanglante de deux modes de vie, mais ne nous incite pas à prendre parti pour l'un ou l'autre camp. Tobe Hopper lui-même décrit Leatherface comme un « grand bébé » qui tue car il se sent menacé. Ce caractère primitif, instinctif, Sally le retrouvera à la fin du film, ce qui la sauvera. Les deux personnages sont donc assez proches de ce point de vue. Les jeunes gens sont certes imprudents et arrogants, mais certains membres de la "famille tronçonneuse" présentent des défauts équivalents. En filigrane, le film induit que l'horreur a une matrice : le capitalisme. Celui qui a créé les tronçonneurs (leur déchéance étant le fruit de l'industrialisation) et les jeunes gens (qui le symbolisent directement). Massacre à la tronçonneuse travaille donc à nous montrer que l'horreur à l'œuvre n'est que la conséquence d'un système vaste, dont les indices sont partout. Le titre du film illustre parfaitement ce truchement : le "massacre" se faisant au moyen d'une "tronçonneuse", soit un objet emblématique de l'industrialisation conquérante.

DistinctionModifier

Dans la culture populaireModifier

Le rappeur Don Choa fait référence à ce film (ou potentiellement à ses suites/remakes) ainsi qu'à de nombreux autres films de genre thriller ou horreur dans sa chanson Dr Hannibal, sur l'album Vapeurs toxiques.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) Larrie Dudenhoeffer, « Monster Mishmash : Iconicity and Intertextuality in Tobe Hooper's The Texas Chain Saw Massacre », Journal of the Fantastic in the Arts, International Association for the Fantastic in the Arts, vol. 19, no 1 (72),‎ , p. 51-69 (JSTOR 24352405).
  • (en) Gunnar Hansen, Chain Saw Confidential: How We Made the World's Most Notorious Horror Movie, Chronicle Books, 2013.
  • (en) Stefan Jaworzyn, The Texas Chain Saw Massacre Companion, Titan Books, 2004.
  • (en) James Rose, The Texas Chain Saw Massacre, Auteur Publishing, coll. « Devil's Advocate », 2012, (ISBN 978-1906733643)
  • Jean-Baptiste Thoret, Massacre à la tronçonneuse : une expérience américaine du chaos, Dreamland, 2000.

Liens externesModifier

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