Marie-Hélène Lahaye

féministe, juriste, blogueuse et lanceuse d'alerte belge

Marie-Hélène Lahaye est une féministe, juriste, blogueuse et lanceuse d'alerte belge. Depuis 2013, elle tient le blog Marie accouche là[1] qui a pour but « l'exploration féministe et politique autour de la naissance ». Elle est l'auteure de l'ouvrage Accouchement : les femmes méritent mieux (, éditions Michalon).

Marie-Hélène Lahaye a contribué à faire émerger dans le monde francophone la question des maltraitances des femmes pendant et autour de l'accouchement, sous le terme de violences obstétricales. Forte de soutiens et témoignages divers et nombreux[2], elle porte également ces questions dans la sphère politique[3].

BiographieModifier

Juriste de formation[réf. nécessaire], elle a été conseillère aux affaires européennes et internationales d'Evelyne Huytebroeck lorsqu'elle était Ministre bruxelloise de l'Environnement, de l'énergie et de la rénovation urbaine[4].

En , elle ouvre son blog Marie accouche là sur lemonde.fr qui a pour but « l'exploration féministe et politique autour de la naissance ».

En , des carnets de stage de la faculté de médecine de Lyon II sont découverts, dans lesquels il est demandé aux étudiants en médecine d'effectuer des touchers vaginaux sur des patientes endormies au bloc opératoire. Elle s'associe avec Clara de Bort (ancienne conseillère de la Ministre Roselyne Bachelot) et Béatrice Kammerer (créatrice des Vendredis Intellos) pour lancer l'alerte sur cette pratique illégale. Elles rédigent la tribune Le consentement, point aveugle de la formation des médecins, publiée par Médiapart, cosignée par une cinquantaine de personnalités parmi lesquelles Martin Winckler, Ovidie, Marie-Hélène Bourcier, Muriel Salmona, Caroline De Haas et la chanteuse Juliette[5]. Cette tribune permet une médiatisation de l'affaire des touchers vaginaux sur patientes endormies[6],[7],[8],[9] et pousse, en , la Ministre de la Santé Marisol Touraine à commanditer une enquête sur ce sujet à l'IGAS[10],[11].

En , Marie-Hélène Lahaye participe à l'émission de France Culture Collection Témoignages : Maltraitance gynécologique [12]. Cette émission attire de nombreux témoignages de femmes sur les maltraitances qu'elles ont subies dans le cadre d'une consultation gynécologique, d'une fausse couche, d'un avortement ou d'un accouchement, ce qui pousse France Culture à ouvrir une page dédiée à ceux-ci[13].

En , elle dénonce la prise de position de la secrétaire générale du Syndicat des gynécologues et obstétriciens de France (SYNGOF) consistant à refuser d'octroyer un jour d'arrêt de travail en cas d'interruption volontaire de grossesse médicamenteuse[14]. Cette alerte est relayée par différents médias[15],[16],[17]. Interrogée sur cette question, la Ministre de la Santé Marisol Touraine réaffirme l'importance d'octroyer un arrêt de travail en cas d'IVG[18].

En , France Culture consacre une série de La Grande Traversée aux nouveaux féminismes. Marie-Hélène Lahaye participe à une de ces émissions Nos corps, nos choix consacrée aux revendications féministes autour de l'IVG, de l'accouchement et de la GPA[19].

Son blog Marie accouche là s'impose petit à petit comme référence[20],[21] dans la dénonciation des actes inutiles posés sur les femmes qui accouchent et des maltraitances que subissent les parturientes. De plus en plus d'articles de presse évoquent les violences faites aux femmes lors de l'accouchement, pour lesquels elle est interviewée en tant qu'experte du sujet[22],[23],[24],[25],[26]. En , Le Figaro consacre un Grand angle numérique sur le sujet des violences pendant l'accouchement[27].

Le , France Inter l'invite au Débat de Midi[28]. Israël Nisand, Président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), décline le matin même l'invitation, refusant de débattre avec elle[29].

Le , Marlène Schiappa, secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, a annoncé, devant la commission Droits des femmes de l’Assemblée Nationale, avoir commandité un rapport sur les violences obstétricales au Haut Conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes. Cette prise de position politique a entraîné une médiatisation de ce phénomène, dans le cadre de laquelle Marie-Hélène Lahaye a été sollicitée[30],[31],[32]. L'annonce de la secrétaire d'État a suscité une opposition des représentants des gynécologues obstétriciens. Le Collège National des Gynécologue et Obstétriciens français (CNGOF) a considéré que cette demande de rapport sur les violences obstétricales était une maltraitance faite à la profession[33]. Le président du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (SYNGOF) a appelé Marlène Schiappa à la démission[34]. Cette polémique a poussé Le Journal du dimanche à publier un face à face entre Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF et Marie-Hélène Lahaye[35],[36].

En est publié aux éditions First Le livre noir de la gynécologie de la journaliste Mélanie Déchalotte qui présente de nombreux témoignages de maltraitance gynécologique et de violences obstétricales, et qui s'appuie entre autres sur un entretien que Marie-Hélène Lahaye lui a accordé.

En , elle publie son premier livre Accouchement : les femmes méritent mieux aux Éditions Michalon.

IdéesModifier

Dans son blog Marie accouche là, Marie-Hélène Lahaye met en évidence le hiatus entre les pratiques médicales au sein des maternités et les recommandations scientifiques. Elle décrit les différents actes posés par routine ou en vertu d'un protocole sur les femmes qui accouchent, pour la plupart non justifiés médicalement, en les éclairant de leurs racines historiques ou anthropologiques, et en mettant en évidence leurs fondements sexistes. Elle démontre aussi que, dans le cadre de l'accouchement, la plupart des soignants ne respectent pas la loi Kouchner sur le droit à l'information des patients et l'obligation d'obtenir le consentement libre et éclairé du patient pour tout acte médical.

Elle fait partie des personnes qui ont introduit dans le monde francophone le concept de violence obstétricale. Dans un billet de , elle la définit comme « tout comportement, acte, omission ou abstention commis par le personnel de santé, qui n’est pas justifié médicalement et/ou qui est effectué sans le consentement libre et éclairé de la femme enceinte ou de la parturiente »[37].

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Marie-Hélène Lahaye, blog Marie accouche là.
  • Marie-Hélène Lahaye, Accouchement : les femmes méritent mieux, éditions Michalon, .
  • Marie-Hélène Lahaye, L'accouchement, vers une révolution féministe?, Chronique féministe no 118, juillet-.
  • Marie-Hélène Lahaye, La violence politique, Les Dossiers de l'Obstétrique no 464, .

SourcesModifier

  • Nastassia Audibert, Violence obstétricale - émergence d'un problème public en France, Sciences-Po Paris, .
  • Mélanie Déchalotte, Le livre noir de la gynécologie, First, 2017.
  • Renée Greusard, Enceinte tout est possible, Lattès, 2016.
  • Diane Roman, Les violences obstétricales, une question politique aux enjeux juridiques, Revue de droit sanitaire et social no 05, .
  • Martin Winckler, Les Brutes en blanc, Flammarion, 2016.

RéférencesModifier

  1. Le blog de Marie-Hélène Lahaye est hébergé 5 ans sur le site du monde, puis, lorsque le journal ferme ses blogs, il déménage à marieaccouchela.net, en juin 2009.
  2. Voir un billet bilan lors du changement d'adresse du blog en juin 2019.
  3. Voir billet qui présente son programme en avril 2019
  4. 4 Instance public management, Kabinetsgid - Guide des Cabinets, 1996-2011.
  5. Les invités de Médiapart, Le consentement, point aveugle de la formation des médecins, Médiapart, 6 février 2015.
  6. Le Monde, Une tribune dénonce les touchers vaginal ou rectal sur des patients endormis, 6 février 2015.
  7. Le Point, Le toucher vaginal au bloc sans consentement préalable est un viol, 6 février 2015.
  8. Libération, Toucher vaginal sur patientes endormies: des médecins alertent le gouvernement, 6 février 2015.
  9. Le Huffpost, Des touchers vaginaux sur des patientes endormies sous anesthésie: des médecins alertent le gouvernement, qui veut "faire la lumière" sur les cas évoqués, 7 février 2015.
  10. L'Express, Les touchers vaginaux et rectaux sans consentement interdits à l'hôpital, 27 octobre 2015
  11. Interview de Marie-Hélène Lahaye dans Terrafemina, Touchers vaginaux : "Un tabou est tombé et cela ne va pas s'arrêter là", 30 octobre 2015.
  12. France Culture, Collection Témoignages : Maltraitance gynécologique, Sur les Docks, 28 septembre 2015
  13. France Culture, "Il me fait un bisou sur un sein" : maltraitance gynécologique, vos témoignages, 30 septembre 2015.
  14. Marie-Hélène Lahaye, De la misogynie du Syndicat des Gynécologues et Obstétriciens de France, 20 juin 2016.
  15. Slate, Une IVG médicamenteuse sans arrêt de travail: le mépris des gynécos français, 19 juin 2016.
  16. Libération, Pour le Syndicat des gynécos, certains avortements entraînent «des arrêts de travail injustifiés», 20 juin 2016.
  17. Europe1, Pour avorter, prenez un jour de congé : la proposition des gynécologues qui passe mal, 26 juin 2016.
  18. Marie-Hélène Lahaye, Marisol Touraine réagit aux propos du SYNGOF sur l’IVG et les arrêts de travail, blog Marie accouche là, 23 juin 2016
  19. France Culture, "Nos corps, nos choix", La grande Traversée, 23 août 2016.
  20. Nastassia Audibert, Violence obstétricale - émergence d'un problème public en France, Sciences-Po Paris, octobre 2016.
  21. Diane Roman, Les violences obstétricales, une question politique aux enjeux juridiques, Revue de droit sanitaire et social no 05, octobre 2017.
  22. Slate, Finissons-en avec l'épisiotomie systématique et non consentie!, 12 juillet 2016.
  23. FranceTVInfo, Césariennes à vif, épisiotomies imposées… Le grand tabou des violences durant l'accouchement, 25 octobre 2016.
  24. Le Parisien, Accouchement : «L'épisiotomie ne sert à rien», 21 février 2017.
  25. L'Obs et Rue89, Accouchement : gonfler un ballon dans son vagin pour éviter l'épisio, 2 mars 2017.
  26. Grazia, Les droits de la mère, 12 mai 2017.
  27. Quand l’accouchement se vit dans la violence Enquête et témoignages
  28. Comment lutter contre les maltraitances médicales ?
  29. Introduction de l'émission par Dorothée Barba, France Inter, Comment lutter contre les maltraitances médicales ?, 17 juillet 2017.
  30. 20 Minutes, Actes non consentis, épisiotomies «à vif», déclenchements abusifs... Que se passe-t-il dans les maternités?, 25 juillet 2017.
  31. LCI, Pourquoi l'expression "violences obstétricales" fait-elle autant débat ?,25 juillet 2017.
  32. L'Express, Violences obstétricales: "En parler est une petite révolution", 25 juillet 2017.
  33. Israël Nisand, président du Collègue National des Gynécologue et Obstétriciens français, Lettre ouverte à Mme Marlène Schiappa, Secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, 22 juillet 2017.
  34. Communiqué de presse du SYNGOF, Schiappa : démission, 26 juillet 2017.
  35. Violences obstétricales : "L'épisiotomie est un acte de prévention"
  36. Episiotomies : "Briser le silence sur les maltraitances".
  37. Marie-Hélène Lahaye, Qu’est-ce que la violence obstétricale ?, blog Marie accouche là, 9 mars 2016.