Ouvrir le menu principal

Machemont

commune française du département de l'Oise

Machemont
Machemont
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Arrondissement Compiègne
Canton Thourotte
Intercommunalité Communauté de communes des Deux Vallées
Maire
Mandat
Dominique Pastot
2014-2020
Code postal 60150
Code commune 60373
Démographie
Population
municipale
687 hab. (2016 en diminution de 4,32 % par rapport à 2011)
Densité 109 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 29′ 51″ nord, 2° 52′ 29″ est
Altitude Min. 36 m
Max. 173 m
Superficie 6,33 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Oise

Voir sur la carte administrative de l'Oise
City locator 14.svg
Machemont

Géolocalisation sur la carte : Oise

Voir sur la carte topographique de l'Oise
City locator 14.svg
Machemont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Machemont

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Machemont

Machemont est une commune française située dans le département de l'Oise (région Hauts-de-France).

Sommaire

GéographieModifier

Sur une colline à la limite du Bois de Thiescourt, exposées sud, les pentes de ce village étaient jadis plantées de vignes. Désormais, le territoire de la commune se partage entre bois et champs. La terre est riche et grasse. On y trouve très rapidement de la glaise, puis de la craie. D'ailleurs le vieux village en est construit à grosses pierres. Un ruisseau, le Matz, coule à son pied avant d'aller se jeter dans l'Oise.

Le nom de Machemont serait-il la contraction de "Matz" et de "Mont" ?

Communes limitrophesModifier

Machemont se trouve au nord-est du département de l'Oise (arrondissement de Compiègne) entre Noyon et Compiègne, dans le canton de Ribécourt-Dreslincourt.

La commune s'est associée avec celle de Chevincourt pour réaliser un regroupement scolaire avec transport en bus entre les deux villages (matin, midi et soir) et avec cantine à Chevincourt.

La commune partage une station d'épuration avec Chevincourt et Mélicocq.

En 1996, la commune a joint la communauté de communes des Deux Vallées (Oise et Matz) (voir site CC-2V) (seize communes sont associées pour 24 000 habitants).

HistoireModifier

Situé dans la vallée de l'Oise au nord de son confluent avec l'Aisne, Machemont se trouvait dans l'aire culturelle de la Gaule belge. Le village s'est donc trouvé ensuite dans la province romaine de Gallia Belgica.

Moyen ÂgeModifier

Saint Amand y vint en 626 prêcher le christianisme et fonda un monastère avec l'autorisation du roi Childéric.

À l'époque carolingienne (752-987), le village de Machemont dépend du comté de Vermandois (découpage administratif confié par les empereurs francs à un comte chargé de l'administrer en leurs noms). Le Vermandois s'étend de Laon à Saint-Quentin et déborde sur le Noyonnais. Il tire son nom des Viromandui, tribu gauloise jadis très hostile à la conquête romaine.

Au XIIe siècle, la paroisse de Machemont passe sous l'autorité religieuse et temporelle des seigneurs évêques de Noyon. Ils prennent leur indépendance politique à la faveur de la chute des Carolingiens dans une région convoitée par les premiers Capétiens au sud, les comtes de Champagne à l'est et les comtes de Flandres au nord.

Dans ce contexte, en 1103, un prieuré bénédictin est fondé par l'abbaye Saint-Martin de Tournay dans un petit val appelé "Fond Dieu" où jaillit une source déjà dédiée à saint Amand. Il faut y voir là un ancien lieu de culte celte (un nemeton) recyclé par les religieux en lieu de dévotion chrétien. Le paganisme gallo-romain est encore très imprégné dans les campagnes franques à cette époque. Les moines et les prêtres chrétiens n'ont alors de cesse de transformer tous les lieux de cultes anciens pour en faire les vecteurs de la nouvelle foi. Saint Amand est d'ailleurs, dans l'hagiographie médiévale, celui qui christianisa la Gaule belgique.

Ce prieuré a été détruit lors de la Révolution. Aujourd'hui, il reste quelques vestiges de l'enceinte (un bâtiment, une porte et une petite tour à deux niveaux avec escalier à vis accolée et meurtrières).

1914-1918Modifier

La Première Guerre mondiale est un mauvais souvenir dans la commune. La région a été traversée à plusieurs reprises par les armées et la ligne de front restera durablement à proximité de la commune durant toute la guerre. Aussi, les carrières de craie du massif de Thiescourt seront souvent utilisées pour cantonner les hommes de troupe[1]. D'ailleurs, le village et le hameau de Montigny (au nord-ouest - dont il ne reste aujourd'hui qu'un corps de ferme et quelques maisons en partie ruinées) furent le secteur de cantonnement du 86e régiment d'infanterie, avec ravitaillement par une voie ferrée de 0,60 m pour Decauville.

La commune a été décorée de la Croix de guerre.

Les évènements principaux qui ont marqué la commune sont les suivants :

  • Juillet 1914 : Machemont est occupée une première fois lors de l'exécution du l'offensive allemande, puis libérée lors de la course à la mer. Le front se fixe au nord de Ribécourt.
  • Mars 1917 : l'armée allemande réduit son front entre Arras et Soissons et évacue Noyon pour se retirer sur la Ligne Hindenburg.
  • Juin 1918 : lors de la dernière des offensives Ludendorff du printemps 1918, défendu par la 72e division d'infanterie, le village sera occupé et détruit pendant la bataille du Matz.
  • Août 1918 : après les contre-offensives française qui concluent en juillet la seconde bataille de la Marne, l'initiative est passé dans le camp allié. Le déclenchement le 8 août d'une offensive à Amiens visant à récupérer le terrain perdu au printemps impacte la situation sur le Matz. En effet, le succès de l'attaque initiale franco-anglaise, invite l'armée française à élargir chaque jour son effort par bond successif vers le sud en faisant glisser ses moyens d'artilleries le long du front. Conjointement à cette dynamique, le Matz est franchie dès le 10 août et Machemont est définitivement libérée.

1939-1945Modifier

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
  1995 René Guéry    
1995 2008 André Faure    
2008 En cours
(au 10 septembre 2014)
Dominique Pastot   Retraité
Réélu pour le mandat 2014-2020[2]

DémographieModifier

Évolution démographiqueModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2016, la commune comptait 687 habitants[Note 1], en diminution de 4,32 % par rapport à 2011 (Oise : +2,22 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
474524567650602596614634657
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
577567619563548502510472476
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
413430378304409469472437468
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
630719665592687748753728690
2016 - - - - - - - -
687--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Pyramide des âgesModifier

La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (22,3 %) est en effet supérieur au taux national (21,6 %) et au taux départemental (17,5 %). Contrairement aux répartitions nationale et départementale, la population masculine de la commune est supérieure à la population féminine (52,4 % contre 48,4 % au niveau national et 49,3 % au niveau départemental).

La répartition de la population de la commune par tranches d'âge est, en 2007, la suivante :

  • 52,4 % d’hommes (0 à 14 ans = 20,9 %, 15 à 29 ans = 17,3 %, 30 à 44 ans = 19,2 %, 45 à 59 ans = 23,1 %, plus de 60 ans = 19,4 %) ;
  • 47,6 % de femmes (0 à 14 ans = 16,8 %, 15 à 29 ans = 12,7 %, 30 à 44 ans = 20,8 %, 45 à 59 ans = 24,3 %, plus de 60 ans = 25,5 %).
Pyramide des âges à Machemont en 2007 en pourcentage[7]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,5 
90  ans ou +
0,9 
5,0 
75 à 89 ans
6,4 
13,9 
60 à 74 ans
18,2 
23,1 
45 à 59 ans
24,3 
19,2 
30 à 44 ans
20,8 
17,3 
15 à 29 ans
12,7 
20,9 
0 à 14 ans
16,8 
Pyramide des âges du département de l'Oise en 2007 en pourcentage[8]
HommesClasse d’âgeFemmes
0,2 
90  ans ou +
0,8 
4,5 
75 à 89 ans
7,1 
11,0 
60 à 74 ans
11,5 
21,1 
45 à 59 ans
20,7 
22,0 
30 à 44 ans
21,6 
20,0 
15 à 29 ans
18,5 
21,3 
0 à 14 ans
19,9 

Lieux et monumentsModifier

Voir la fiche touristique de la Communauté des Deux Vallées

  • Les ruines de l'abbaye avec le château de Saint-Amand,
  • le château de Roberville,
  • le moulin sur le Matz,
  • les carrières de craie. Elles servirent de cantonnement pendant la Première Guerre mondiale (nombreuses sculptures de soldats sur les murs) - (voir chapitre des associations).
  • L'église Saint-Sulpice de Machemont est récente (1930), elle remplace celle détruite en 1918.
  • Face à la mairie et devant l'église du village, s'élèvent le monument aux morts communal et un monument dédié aux 86e R.I., 38e R.I., 53e R.A. et 4e Génie. Il y est inscrit "À la mémoire des braves tombés au champ d'honneur autour de Machemont, Attichy, La Carmoy et Les Ecouvillon".
  • Au hameau de Montigny, un monument y fut élevé par le 86e R.I., le 38e R.I., le 53e R.A. et le 4e Génie "A la mémoire des braves tombés au champ d'honneur autour de la Carmoy". Ce monument porte l'inscription "Ils sont tombés là, fauchés par la mort au cours d'une ardente défense. O passants, enviez leur sort : ils ont régénéré la France".
  • Au lieu-dit du Pont du Matz, une borne commémorative coiffée d'un casque Adrian indique la limite extrême de l'avance des armées allemandes en 1918.

Personnalités liées à la communeModifier

Activités et manifestationsModifier

  • Le feu de la Saint Jean,
  • La Choule,
  • La fête communale le dernier week-end d'août,
  • Le rallye touristique de l'association La Puce Savante,
  • Site naturel de pêche (parcours le long du Matz, du ru de Saint-Amand et dans l'étang communal).
  • Chemins de randonnée (boucles de 11, 13 et 25 km).

Les associations de MachemontModifier

L'Association des jeunesModifier

L'association des jeunes de Machemont a été créée en juillet 2008 avec l'aide de la mairie. Elle a pour but de rassembler les jeunes et de leur proposer diverses activités comme des jeux au moment de Noël ou de Pâques, ou encore des tournois sportifs en utilisant le City-Stade de la commune.

La MachemontoiseModifier

L'association existe depuis mai 2008 et s'est donné pour vocation de restaurer le patrimoine communal. La première des actions sur le terrain s'exerce sur le lieu-dit les Carrières de Montigny dans les hauts du village. La restauration de ce lieu de mémoire permettra de perpétuer le souvenir de ce site historique.

Les carrières se situent à 110 mètres d'altitude dans un calcaire dit de Saint-Leu et reposent sur des sables dit de Cuise. Elles couvrent plusieurs hectares à ciel ouvert et en souterrain. En 1900 vivaient ici autant d'habitant que dans le village. La grande particularité de ce site est d'être troglodyte pour une partie et cela grâce aux exploitants qui ont bâti leurs maisons directement dans le calcaire, la dernière maison habitée remonte aux années 1970.

L'extraction de la pierre locale (semi-dure de grande qualité, parce que très peu coquillée) a été orientée vers la région au XIXe siècle, puis vers Paris durant le siècle suivant jusqu'à 1960 pour les grands travaux d'ouverture des boulevards de la capitale. Sa fermeture intervient, après de nombreux accidents, sous le contrôle de l'ingénieur des mines du site pour non-respect des piliers de soutènement et des vides d'exploitation. Des productions de champignons de Paris et d'endives suivirent jusque dans les années 70.

Durant la Grande Guerre de 1914 -1918 les carrières ont été occupées par l'armée française avec un hôpital militaire qui leur a permis de rester françaises malgré les nombreux assauts de l'ennemi tout proche. De nombreux bataillons, dont certains de la Légion étrangère, y ont séjourné. Durant la Seconde Guerre mondiale, les carrières ont été investies par l'armée américaine durant de nombreux mois.

Depuis leur abandon, les carrières semblaient figées dans le temps et la nature reprenait sa place et ses droits. Depuis la fondation de l'association, une trentaine de bénévoles s'attachent à faire revivre ce lieu unique. Les travaux avancent grâce au courage des uns, et grâce au prêt de matériels et aux dons des autres. Les habitations reprennent forme avec leur façade et avec les espaces verts. Le site redevient un coin de paradis.

L'association a encore de nombreux projets à exécuter autour de ce site exceptionnel pour le rendre à la vie et pour qu'il soit visitable sur rendez-vous. Des journées spéciales de visites guidées sont organisées par l'Association en mai et septembre. La première reconstitution historique a eu lieu en septembre 2009.

Association Paintball MachemontModifier

L'association paintball Machemont a vu le jour en 2002 regroupant une quarantaine de licenciés. Elle est championne de Picardie, format "Fun Cup", tous les ans depuis 2006. Elle propose deux terrains :

  • un terrain style compétition (pneus + palette + big bag) ;
  • un terrain forêt, tranchées, tonneaux métalliques, fort en bois, pneu, arbres.

L'Olympique MachemontModifier

Le club de football.

ÉvènementsModifier

Machemont entre l'Univers et la PuceModifier

Initié en 1983 par Mme Rina Singer (déjà connue des plus jeunes du village par ses conférences sur l'astronomie à l'école) et par l'association Passerelle 2000, Machemont a fait l'objet d'un événement culturel pilote axé sur la confrontation de sa population (rurale) avec "L'ordinateur" (généralité représentant le monde informatique). Cet événement a été structuré par :

L'initiative s'est conclue après une année et demi, par "Le Procès de L'ordinateur". Sous un chapiteau dressé dans la cour de l'école, ce procès a été instruit par des habitants volontaires (accusation et défense préparées en deux équipes différentes) devant la population et la presse. À l'issue des témoignages et débats, les habitants se sont prononcés par vote sur la culpabilité de l'ordinateur (oui ou non) puis sur sa peine (acquittement, mise sous contrôle démocratique, destruction). Finalement, l'ordinateur a été jugé non coupable mais placé sous contrôle démocratique.

L’événement a donné lieu à des interviews télévisées (7 sur 7). Le matériel informatique (Apple II, TO7) a été légué à une association locale créée pour l'occasion ("La Puce Savante") afin de poursuivre la formation des habitants du village.

Le logo de MachemontModifier

En 1996, la mairie propose aux habitants de participer à un concours dont l'objet est de dessiner le logo du village. Le lauréat (Wilfrid Bouré) a été dévoilé le 20 janvier 1997 lors des vœux du maire. Son logo représente le clocher de l'église en lignes stylisées et ombrées noires. Ce clocher est encadré en haut d'un trait courbe vert, représentant la colline du village couverte de forêt, et en bas d'un trait bleu rectiligne représentant le Matz.

Pour la petite histoire : l'église de Machemont a été reconstruite après la Première Guerre mondiale. Or depuis son clocher présente une silhouette curieuse s'apparentant à celle d'une tête humaine coiffée d'un chapeau conique. Cet effet (paréidolie), connu des habitants, n'apparaît pas lorsqu'on se promène dans les rues proches de l'église. Il est conseillé de se rendre sur la route de Chevincourt pour le remarquer, ou d'attendre des journées brumeuses. Il est donc impossible de fixer ce mirage par photographie. Lors de ses études, l'auteur a cherché à restituer cet effet afin que les habitants s'approprient le futur logo. Après bien des essais, c'est finalement l'emploi d'une photocopieuse, réglée pour contraster très fortement des photos du clocher, qui a permis de révéler l'illusion d'optique.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Courrier picard, 22 janvier 2017, édition Somme, p. 18 et 19.
  2. « Machemont », Cartes de France (consulté le 10 septembre 2014)
  3. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  7. « Évolution et structure de la population à Machemont en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 4 novembre 2010)
  8. « Résultats du recensement de la population de l'Oise en 2007 », sur le site de l'Insee (consulté le 4 novembre 2010)