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Jeunesse étudiante chrétienne

Ne pas confondre avec le groupe JEC

La Jeunesse étudiante chrétienne, plus communément appelée la JEC, est une association de jeunes chrétiens du monde étudiant, qui existe à travers le monde entier.

Sommaire

HistoireModifier

De la naissance à la Seconde Guerre mondialeModifier

Née en 1929, dans la mouvance du catholicisme social, la JEC est d'abord constituée par des étudiants issus de l'Association catholique de la jeunesse française (ACJF) qui s'inspire de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC) de l'abbé Joseph Cardijn, pour mettre en œuvre un apostolat mené « par les étudiants pour les étudiants ». Parmi les fondateurs on retrouve des cadres de l'ACJF : Louis Chaudron, étudiant agrégé et Paul Vignaux, étudiant à l'École normale supérieure.

Le mouvement s'organise en branches spécialisées. La branche des plus jeunes, les Cadets, est notamment créée et dirigée par le futur journaliste de montagne Philippe Gaussot[1].

Le mouvement connaît une première crise en 1933 et dès 1935, la JEC, s'oppose au nazisme. Elle connaît un essor rapide : en 1936, sa première rencontre nationale accueille 4000 participants.

Pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne, les réseaux de la JEC sont actifs dans la Résistance.

Yves-Marie Hilaire dans un témoignage dit "La JEC diffusait une information non contrôlée par le gouvernement de Vichy. Ainsi, en août 1941, dans la montagne ariégeoise, des disciples bordelais du Père Dieuzaide nous ont mis en garde contre Maurras et l'Action française[2]." Le journal de l'Action Française cite lui-même (en la critiquant) une circulaire jéciste datant du 20 novembre 1942 "Attitude à prendre par les mouvements d'Action Catholique de Jeunesse dans les circonstances actuelles". Le premier point dit " Il semble bien qu'à l'heure actuelle, il n'existe plus aucun devoir de loyalisme certain envers le Gouvernement de Vichy.[...] Depuis le mois d'avril le Gouvernement n'est plus entièrement libre...[il] agit [...] sous la pression d'une puissance étrangère... Il suffit de citer l'affaire des Juifs et surtout la lamentable affaire de la Relève." (p291. Michel Alain-René, La JEC face au nazisme)[3]. De nombreux militants Jécistes sont fusillés par les Allemands : Gilbert Dru, Pierre Alviset (fusillé le 16 août 1944), Jean Gay, Jean Desfarges et Jean-Pierre Dudraisil (fusillés de la cascade du bois de Boulogne en août 1944).

de l'Après-Guerre à la Crise de 1965Modifier

En 1946, la JEC est partie prenante de l'élaboration de la Charte de Grenoble, qui stipule que "l'étudiant est un jeune travailleur intellectuel", ce qui "selon une idée de la JEC, pourrait justifier un 'pré-salaire'".(Y-M Hilaire).

Entre 1955 et 1969, plusieurs branches se développent avec des dynamiques propres : lycées (JEC), classes préparatoires aux grandes écoles (JEC-prépas), universités (JEC-U).

Dans les années 1960, alors qu'elle est très influente au sein de l'UNEF, la JEC prend position contre la guerre en Algérie. Pendant la Guerre d'Algérie, la JEC s'illustre en dénonçant la torture et en militant pour l'autodétermination du peuple algérien. Les prises de positions du mouvement et la politisation de la branche étudiante engendrent des tensions avec l'épiscopat en particulier sur la question du "mandat" donné par l'Église aux mouvements d'Action Catholique comme la JEC. En 1965, Mgr Veuillot, président de la commission Episcopale du Monde Scolaire et Universitaire (CEMSU), pose cinq questions aux Secrétaires Nationaux de la JEC et de la JECF d'alors. Henri Nallet, alors secrétaire national (JEC) et une grande partie des équipes nationales JEC et JECF sont poussés à la démission le 29 mars 1965.

Mai 68 et aprèsModifier

Mai 68 marque une politisation très forte des jeunes en général. La JEC n'échappe pas à cette tendance. Nicolas Boulte, ancien secrétaire général de la JEC et secrétaire du Comité Viêtnam national, proche de la JCR, est arrêté le 22 mars 1968, peu après Xavier Langlade, responsable du service d'ordre de la JCR; leur libération fut revendiquée par le mouvement étudiant, et notamment par le Mouvement du 22-Mars de Nanterre.

Le Conseil National d'Amiens en 1970 est une manifestation significative de cette politisation du mouvement dans sa vision de la nouvelle société à construire. Dans les années 1970, le mouvement redevient plutôt lycéen. L'équipe nationale de 1970 signe "de la colère à l'espérance"(éditions du Cerf)[4], un livre préfacé par Vie Nouvelle et Mouvement Témoignage Chrétien.

Le Conseil National de 1973 à Orléans (reporté de l'année précédente), semble aller vers d'autres voies et réaffirme clairement l'identité chrétienne du mouvement.
Un nouveau journal est lancé à l'époque : Aristide Infos (1977).

Les années 1980 constituent une époque de restructuration menée sous la houlette de Anne Ponce puis Pierre Duhau-Laurent. En 1980, L'équipe nationale propose une lecture de la première lettre de Paul aux Thessaloniciens intitulée "Ces chrétiens d'avant les évangiles" (éditions Le Centurion).

Le mouvement doit faire face aux mutations qui affecte la société française ces dernières décennies. L'équipe nationale devient décentralisée en 1988. L'année suivante se déroule la première Rencontre Nationale des Animateurs à Toulouse.

La JEC aujourd'huiModifier

Aujourd'hui, la branche universitaire est à nouveau importante et la JEC s'efforce de remplir au mieux sa mission de formation et d'évangélisation auprès des jeunes qu'elle rejoint.

ObjectifsModifier

  • La responsabilisation des jeunes en milieu scolaire et universitaire.
  • La sensibilisation aux questions sociales et à l'engagement.
  • L'accompagnement dans une démarche de foi.

PédagogieModifier

Les équipes fonctionnent à partir d'une démarche d'éducation populaire fondée sur le « Voir Juger Agir ». Les sujets abordés se rapportent à l'un des quatre « piliers » du mouvement : École, Église, Société et International. La JEC pousse également les équipes à réfléchir à des actions de « transformation sociale » visant à améliorer les différents lieux de vie de chacun (écoles, quartier, université), tout en permettant de faire une expérience de « vivre ensemble ». Un thème de réflexion est proposé chaque année .

Action d'année en 2005 – 2006, « des hommes et des barreaux », réflexion sur le système pénitentiaire et la réalité carcérale ;

en 2006 – 2007, " Engagement et politique "

La Campagne d'année 2007 – 2009 s'ouvre vers l'international et a pour thème : « Jeunes, en France ou ailleurs, quel est ton mode de vie ? »[5]

La Campagne d'année 2010 – 2012 avait pour thème « La solidarité à l'étude ».

Pour 2012-2013 : "Choisir d'étudier autrement"

Pour 2014-2015, les jécistes réunis en Assemblée Générale ont décidé de travailler sur "Aimons et Vivons la diversité ".

Pour 2015-2016, la proposition était d'être "tous J'ECocitoyens !", un thème en lien avec l'encyclique papale Laudato'si et la tenue de la COP 21 en France.

La campagne de 2016-2017 continue à poser les questions d'avenir, mais dans tous les domaines en posant la question "Quel monde pour demain ?".

La JEC propose des outils pour animer des quinzaines des délégués de classe en collèges et lycées, avant les élections des délégués. Des temps forts sont par ailleurs organisés au niveau fédéral comme au niveau national.

OrganisationModifier

Association de jeunes, par et pour les jeunes : collégiens, lycéens pour l'essentiel, et étudiants répartis dans des équipes de base, qui sont regroupées en fédérations. Elles sont présentes en Normandie, en Lorraine, en Alsace, dans le Nord et le Pas-de-Calais, en Île-de-France, en Midi-Pyrénées, en Pays-de-Loire. Des équipes sont en création à Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux...

Elle trouve son unité dans l'équipe nationale, qui regroupe plusieurs membres bénévoles de différentes fédérations, majoritairement étudiants ou lycéens, épaulés par un accompagnateur national. Le bureau actuel se compose actuellement de : Pierre Renard, co-président, Adélaïde Maury, co-présidente, Eunice Gbapo, trésorière, et Cécile Sagna, secrétaire.

CollaborationsModifier

La JEC est membre du CCFD-Terre Solidaire, qui réunit différents mouvements[6] et services de jeunesse, membres du CCFD-Terre Solidaire.Elle a été à l'initiative de travaux intermouvements comme le Laboratoire Pédagogique, créé en 2004, qui avait pour objectif de favoriser la rencontre de mouvements de jeunes chrétiens : JEC, JOC, MRJC, Service Jeunes de la Mission de France, CCFD-Terre Solidaire, et de créer des outils d'animation communs pour les animateurs des équipes locales. Elle a rejoint en 2015 la plateforme ecclésiale pour le service civique où se retrouvent de nombreux acteurs plus ou moins proches de l'institution Eglise Catholique. La JEC participe à l'élaboration de la revue Initiales.

Personnalités de la JECModifier

On compte ainsi parmi les anciens jécistes de nombreuses personnes ayant pris des responsabilités là où elles vivent, dans des domaines très divers. Parmi les anciens jécistes on trouve des résistants pendant dans la seconde guerre mondiale, mais aussi de grandes figures du monde politique, syndical, médiatique, religieux, universitaire ou associatif, parmi lesquelles :Pascal Lamy, Joseph Fontanet, Louis Bertagna, Gilbert Dru (mort en 1944), Maurice-René Simonnet, Louis Althusser, François Mitterrand, René Dosière, Pierre Alviset (fusillé le 16 août 1944), Gay Jean, Desfarges Jean et Dudraisil Jean (tués à la cascade du Bois de Boulogne en août 1944), Vanlaer Jacques, Molière Paul, Reigner David, René Rémond, Patrick Viveret, Pierre Rosanvallon, Geneviève Latreille, Robert Chapuis, Jean-Marie Lustiger, Antoine Spire, Jean-Pierre Sueur, André de Peretti, Georges Montaron, Christophe Hondelatte, Claude-François Jullien, Roger-Henri Guerrand, Renaud Sainsaulieu, Jean-Yves Le Drian, Plantu, Philippe Gaussot, Philippe Meirieu, Jacques Bugnicourt, Jacques Duquesne, Philippe Séguin, Marion Sigaut, Simonne Monet-Chartrand ou Cécile Duflot...

Gérard Cholvy, ancien jéciste, a écrit en 1994 concernant la génération née autour des années trente : "On a du mal à compter pour la seule histoire contemporaine et dans les chaires des Universités de France le nombre des anciens jécistes."

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Philippe Gaussot, Les Cadets de la JEC, éd. SPES, 1937
  • Père Drujon, JEC, 15 ans d'histoire, éd. de la JEC, 1943
  • Joseph Ball, L'Abbé Flory (1886-1949), éd. Besançon, 1978
  • Bernard Giroux, La Jeunesse étudiante chrétienne, éd. Cerf, 2013

Liens externesModifier

ArchivesModifier

Les fonds d'archives des différentes JEC dans le monde se trouvent en différents lieux, celui de la Fonds Jeunesse étudiante catholique (P65) du Québec est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. Les archives de la JECI sont à la BDIC à Nanterre.

RéférencesModifier

  1. Père Drujon, J.E.C., 15 ans d'histoire, Editions de la J.E.C.,
  2. La Jeunesse Étudiante Chrétienne 1929-2009 Textes réunis par Bernard Barbiche et Christian Sorel, Chrétiens et Sociétés Documents et Mémoires no 12.
  3. Michel Alain-René, La JEC face au nazisme, 1988, Presses Universitaires de Lille.
  4. De la colère à l'espérance, Équipe Nationale JEC 1970, éditions du Cerf
  5. « Jeunes, en France ou ailleurs, quel est ton mode de vie ? »
  6. différents mouvements